« Mesdames et messieurs, nous arriverons à l’Aéroport de Gotham City dans quelques instants. Veuillez boucler vos ceintures. »
Le voyant s’alluma au-dessus de la tête de John Bannerman, qui n’y prêta pas attention. Il était oocupé à regarder l’immense ville qui s’étendait sous lui. Gotham City. Il avait quitté la ville depuis plusieurs mois, pendant que la ville se déchainait. Un fou nommé Somatine voulait capturer Pandora. L’Iroquois avait été capturé par Dagget puis conduit dans une église. Il s’en était échappé, puis avait quitté la ville, conscient de ses faiblesses. Il était parti se ressourcer loin de cette ville démoniaque, où il fallait lutter chaque jour pour sa survie. Il avait pris conscience qu’il ne pouvait plus être efficace face aux nouveaux criminels que la métropole voyait naître chaque jour.
« Veuillez boucler votre ceinture, Monsieur. »
John leva les yeux sur une jolie jeune femme âgée d’une vingtaine d’années aux cheveux blonds. Son phare à paupières était assorti à ses yeux bleus. Elle était mignonne et John se savait séduisant malgré son âge avancé, mais l’homme n’était pas intéressé. Il avait la trentaine bien tassée et il avait passé l’âge de ces enfantillages. De plus il n’était pas revenu à Gotham pour ses merveilleuses femmes. Il la fixa quelques secondes avec ce regard profond qui avait perturbé bien des gens, puis attacha sa ceinture.
L’Iroquois avait rejoint des amis en Europe. Avec eux, il avait médité des heures durant pour trouver son oasis intérieur et la maîtrise de soi. Rester des heures durant en tailleur, l’esprit vide, à ressentir tout ce qui l’entourait. A écouter le silence. Cela avait dur pour lui, lui qui avait toujours été impatient. Il avait réappris les arts martiaux depuis le début, lui qu’il les avait appris près de deux décennies auparavant, alors qu’il faisait partie de l’armée. L’un des moments les plus sombres de son histoire. Il s’était engagé sur un coup de tête, suite à un événement qui avait bouleversé sa vie. Charlotte…
L’atterrissage le tira de ses souvenirs douloureux. Le brutal choc des roues contre la piste. Il ressentit l’infime moment de peur que ressentir les passagers à ce moment. Il avait plus senti que vu le frisson de terreur qu’avait eu sa voisine. Mais lui était calme. Seul une petite boule d’angoisse était nichée dans son ventre. Pas à cause de l’avion, mais à cause de la ville. Il avait l’impression d’être parti depuis des mois, des années, une éternité.
John posa le pied sur l’asphalte brûlant. Il mit une paire aviateur. Les rayons du soleil tapaient sur sa peau bronzée et craquelé par l’astre. Du haut de ses deux mètres, il vit l’aéroport de l’une des plus dangereuses villes du monde. Il s’était passé dans de choses pendant ces quelques mois dans Gotham. Le meurtre de Quincy Sharp, l’élection de Shreck, la création des Justiciers d’Etat et de New Gotham City. Que d’histoires. Le justicier devait se mettre en relation avec ses informateurs le plus vite possible. Il devait revoir Azrael au plus tôt. Il était le seul en qui il avait encore confiance dans cette ville. Le connaissant, il devait déjà savoir qu’il était revenu.
Dans le hall de l’aéroport l’attendait Richard, son chauffeur. Ce dernier avait déjà récupéré les bagages de son patron. L’un de ces bagages était une valise diplomatique, contenant le nouvel arsenal du sioux. Grâce à ses nombreux contacts dans l’armée, John avait réussi à transporter ses nouvelles armes. Il grimpa dans sa Bentley. La voiture quitta l’aéroport. L’indien était enfin de retour chez lui.