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NEWS :

Ne manquez pas les deux derniers chapitres de Darkwatch, où s'affronteront Le Chevalier Noir et l'Empereur !

Clash of the Warriors & La Révolte

"Lors d'une rafle de la Ligue des Ombres, la Lignée décide d'intervenir et de massacrer les hommes de Ra's Al Ghul. Les habitants, excédés par la situation, décident de se révolter, avec le support de l'Empereur et ses troupes. Le G.C.P.D est dépassé et les justiciers n'ont d'autre choix que s'en mêler, Batman en tête."

(Petit aperçu des évènements en vidéo ici)


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©Les images utilisées appartiennent à leurs auteurs
©Les bannières ont été crées spécialement pour le forum Gotham City Rpg par Deimos Hellhammer
©Le contexte de ce forum est inspiré du Batverse, arrangé et rédigé par le Staff. Merci de respecter notre travail.




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 In Mytho Veritas

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MessageSujet: In Mytho Veritas    Mer 28 Mai - 21:35

Gorgés par le souvenir des pas citadins et des jours meilleurs, les pavés de Old Gotham observaient dans leur immobilité toute minérale le ciel d'un noir d'encre qui baignait la ville. Bientôt cependant, brisant le fond sonore du ressac lointain des eaux du vieux port, le bruit du mal qui rôde retentit.

Sprotch...Sprotch...Sprotch

Chaque pas de la créature infâme qui avait surgi des eaux, suintait le mal en devenir - et l'eau croupie aussi. Sa silhouette harassée par un tour du monde forcée, sculptée par la rudesse d'un monde criminel sans classe et sans éthique se tenait telle un roseau frappé par la tempête et s'agitait de droite à gauche tandis que ses chaussures détrempées scandaient lamentablement leur cri de souffrance. Les ténèbres de la nuit de Gotham étaient épais, tellement à dire vrai que Drury, puisque tel était le nom de l'infâme scolopendre malveillant qui venait de jeter ses amarres dans cette ville, craignait de se cogner dedans. Son parcourt aurait pu être purement rectiligne, mais il préférait se déplacer par sauts de puce, d'une auréole de lumière piteusement pleurée par des réverbères fatigués de vivre à une autre.  

L'important, se disait-il, c'était de rester moins de deux secondes dans l'ombre ambiante. C'était puéril et digne d'un enfant de quatre ans, mais l'avantage des réflexes d'enfant c'est qu'ils permettaient d'atteindre l'âge adulte! Pourquoi s'égrèneraient-ils au fil du temps? Entre chaque petite course, Killer Moth (ou ce qu'il en restait à l'heure actuelle) levait la tête vers la lumière blafarde protectrice. C'était là encore stupide, mais tellement rassurant. Cela lui laissait le temps de se rappeler tout ce qui venait de se passer.

Sa sortie des eaux boueuses du port d'abord. Manquant de s'étouffer à cause d'une algue qui s'était plaquée stratégiquement sur son visage, l'obligeant à avaler dans la plus grande panique quelques coulée d'eau brunâtre, il avait cru ne jamais pouvoir fouler de nouveau les rues de sa vile bien-aimée. Après être passé par tant d'épreuve, le ciron du crime était heureux de retrouver la civilisation criminelle de Gotham. Ahhhh, Gotham, il avait tant rêvé des bruits de sirènes, de coups de feu, de hurlements de pauvres victimes, du brouhaha incessant des cargaisons que l'on vidait de jour comme de nuit, de sentir les odeurs des vendeurs de hot-dogs à la sauvette ou d'une foule de traîne-misère, bref, le monde moderne lui avait manqué. Et il fut déçu. Le terme n'est peut-être même pas assez fort! Pour être honnête, Drury avait été consterné, désabusé, trompé, trahi! En résumé et pour le pire, il était amer et déconfit. La ville était un monde de silence.

Il avait d'abord cru à l'eau répugnante et taquine qui aurait bouché ses conduits auditifs, mais une fois la vase noirâtre curée à grand renfort de gémissements dégoûtés, le silence avait persisté, seule la mer, secouant ses mauvais souvenirs et son bruit sourd osait, semble-t-il, discuter avec la nuit. Cette torpeur était d'ailleurs effrayante. Pas un bruit dans un port qui avait un temps débordé d'activité, pas de groupes de clochards, pas de criminels en vadrouille, pas un couple sur un retour tardif du théâtre, même pas un chat. Non pas que l'absence de ses cruels félidés lui manquent, mais leur présence instillait tout de même un minimum de vie.

Il avait donc décidé de regagner son sublime logis au plus vite. Cameron Van Cleer devait toujours exister et de facto, son penthouse devait toujours être là, quelque part - sans doute au même endroit qu'avant son départ mais à Gotham rien n'était une certitude. Aussi avait-il commencé son jeu de saut de lampadaire en lampadaire. Seulement la vie lui réserva l'un de ses tours pendables. Alors que jusqu'ici la situation avait été sous contrôle, ou presque, la mite en tenue violette et verte délavée par l'océan, recouverte de croûtes de sel, avait bon gré mal gré suivit le chemin blanchâtre des lumières déprimées jusqu'à un point précis, celui où il se trouvait actuellement.

Il était face à un cruel dilemme. Derrière lui, le chemin accomplit, devant lui, une rue. Une rue simple, sans grande originalité par rapport aux précédentes, des immeubles de chaque côté, un trottoir au pied, une rue pavée et des lampadaires. Sauf que les lampadaires, par un miracle sordide, étaient éteints. Le crime, fait de surprise et d'improvisation était une aventure permanente mais niveau aventure, le baromètre de courage de Drury le limitait à celle qui consistait à s'affaler dans un canapé - mou de préférence - avec des oreillers, après une bonne douche chaude et du bacon.

Déglutissant face à cette terrible menace, il se préparait psychologiquement à devoir parcourir le reste du chemin dans les ténèbres. Inconsciemment d'ailleurs, le tyroglyphe s'était accroché au lampadaire. L'instinct sans doute, songea-t-il en se décollant conscient du ridicule de sa posture (une fois n'est pas coutume et cela n'en fait pas un règle). Il ne savait que faire, aussi ne fit-il rien. Les bras pendants, la bouche à moitié ouverte, Killer Moth contemplait un écran noir qui ne laissait rien filtrer. Il fallait qu'il se donne de bons conseils! N'était-ce pas ainsi que Drury Walker avait commencé son célèbre, mais méconnu, ouvrage "l'Art de la Guerre II, ou le retour de Sun Tzu"?

L'inspiration qu'il prit devant l'imminence du danger dans lequel il allait se lancer nécessitait qu'il s'encourage. Tandis que l'air pénétrait en lui, il sentait s'infiltrer la force de jadis, le courage désespéré des situations impossibles, il sentait de nouveau les ailes du mal lui pousser dans le dos. Lentement sa silhouette se redressa, lentement son œil s'illumina d'une lueur maligne (seulement la lueur, mais c'était un début), lentement sa bouche se ferma et se contracta. Ses cordes vocales se libérèrent comme une fleur au printemps s'extirpant d'une terre encore meuble. Son inspiration se stoppa et son bras droit se leva doucement. Il pointa la purée d'ombres qui enserrait l'atmosphère, aspirant la lumière et les sons.

Il eut enfin La réplique, celle qui allait bientôt résonner dans cette rue, celle qui allait faire vibrer les vitres et les morceaux de bois qui entravaient les fenêtres défoncées et il hurla.

- JE SUIS KILLER MOTH!!!!!!!

Puis il s'engouffra les yeux fermés dans les ténèbres qui l'engloutirent. Il continua de beugler comme un demeuré un puissant "HAAAAAAA" tandis que ses chaussures faisaient "SprotchSprotchSprotchSprotchSprotch". Puis vint le drame. Il sentit le sol se dérober sous lui, son pied se posa sur ce qui ressemblait à une marche traîtresse avant qu'il ne dévale l'escalier de béton et de ferraille qui conduisait tout droit vers le métro. Ses cris furent entrecoupés par chaque contact avec une étape de sa descente rapide et douloureuse. Fait étrange, les décibels ne descendirent pas, bien au contraire, ils s'accrurent au fur et à mesure.

Lorsque le monde redevint immobile et qu'il récupéra le contrôle sur son focus oculaire, il put distinguer plusieurs silhouettes en haillons. Elles le regardaient toutes avec des yeux comme des vrilles. Drury eut peur. Leurs airs hagards en vérité étaient bien plus effrayants lorsque l'on découvrait dans la pénombre les couteaux et les battes qu'ils avaient dans les mains. Drury les découvrit. Il tenta de se relever, provoquant une posture défensive chez les locataires des lieux. Il voulut ouvrir la bouche mais une voix traînante le coupa dans son élan.

- Il a l'air bon....

Les airs hébétés se muèrent par la force d'une idée malsaine semée dans la fange d'esprits réduits au stade le plus vil en des mines terrifiantes. Les couteaux se levèrent, des ricanements avides percèrent de la masse informes et puante qui avançait, bref la situation devenait tendue pour la pauvre mite déjà salée pour la potée. Drury sentit monter la réplique et ne put la retenir.

- Fichtre...
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MessageSujet: Re: In Mytho Veritas    Sam 31 Mai - 21:17

Dans la rue calme d’Old Gotham, une canette tomba, son tintement se réverbérant contre les murs.

Enigma s’immobilisa, le cœur battant, les mains serrées sur sa veste. Mais après quelques secondes de panique, comme rien ne bougeait elle se permit un soupir. Elle n’aurait vraiment pas du dire ça.

Son employeur, enfin son père adoptif, manquait vraiment d’humour. L’ennui c’est que elle, elle manquait cruellement de talent pour faire des devinettes. La plupart du temps elle se taisait ou se contentait de répondre aux siennes mais arrivait toujours le moment fatidique où il lui demandait de mettre ses propres neurones à l’épreuve. Elizabeth détestait ces moments là, parce que quoi qu’elle invente, non seulement il trouvait en moins d’une seconde mais en plus il se moquait de la simplicité de ses énigmes. Oui et bien entre le travail avec la cellule informatique, aider le Neo-GCPD et s’entraîner elle avait beaucoup de mal à garder un moment pour satisfaire les caprices de gosses du Sphinx.

Cette session là n’avait pas été très différente des autres. Betty avait répondu à quelques énigmes avec brio et était fière d’elle, puis quand vint son tour son sourire avait fondu comme une boule de neige en enfer. Après quelques secondes à tripoter ses mèches, se mâchouillant les lèvres en cherchant désespérément elle sortit la première chose qui lui vint à l’esprit.

« Que dit un citron policier à un voleur ?

Le bureau de Nygma n’avait jamais été aussi silencieux alors que son sourcil gauche s’élevait, s’élevait…

- … Plus un zeste ? »

Il l’avait regardé, avec ce regard qui lui faisait penser qu’elle avait l’intensité intellectuelle d’une moule coincée entre la sauge et la casserole. Une fois qu’elle avait été proprement gênée il l’avait envoyé en exploration dans les quartiers. Elle devait y aller, fouiner un peu partout comme elle savait si bien le faire et revenir lui faire un rapport. Quels quartiers ? Tous les quartiers. Naturellement elle avait été outrée, lui avait dit que ça allait lui prendre des jours.

« Et bien commence sur l’heure. »

Tortionnaire !

Au final, elle aurait de loin préféré être coincée dans la cellule informatique. Il y faisait un peu trop chaud à cause de toutes les colonnes, les moniteurs lui faisaient mal aux yeux et la pulpe de ses doigts s’aplatissait de jours en jours à cause des heures passées à taper sur un clavier mais elle faisait des progrès phénoménaux et surtout c’était mille fois moins dangereux que de sortir. La ville était ravagée par le choléra, les gens s’entretuaient, les déchets s’amoncelaient, les corps jonchaient les rues dans le centre ville. Personne n’allait plus dans certains quartiers qui devenaient aussi vides et silencieux que des mausolées à ciel ouvert. Quiconque était prit là signait son arrêt de mort. Il y avait un terme pour ça.

No Man’s Land.

La zone du champ de bataille située entre les deux armées, criblée de balles, de crevasses, de sang et d’ordure. Elle avait beau chercher elle ne trouvait aucun mot qui pourrait mieux qualifier ce qui était autrefois les plus beaux quartiers. Enigma n’y était pas retournée depuis la destruction des ponts. C’est en se demandant si l’école de théâtre de Gotham U était encore debout qu’elle avait heurté la canette, perdue dans ses pensées. Elle se remit rapidement en marche, ses yeux habitués à l’obscurité changeant sans cesse de direction. Elle avait son sceptre au cas où, actuellement scindé en deux cannes d’armes dorées et caché sous sa veste mais elle préférait ne pas le sortir. Ou même ouvrir sa veste. Depuis la nomination du Sphinx à la tête du GCPD, porter un point d’interrogation sur son pull faisait d’elle une cible.

Sprotch. Sprotch.

Le bruit mouillé et boueux la fit se jeter derrière une poubelle. C’était beaucoup trop proche pour qu’elle se sente bien. La jeune fille sortit un miroir de sa poche et le posa devant elle silencieusement pour observer la rue sans être vue. D’abord elle ne vit rien. Puis après l’avoir incliné dans la bonne direction elle vit une grande figure noire qui bougeait. Elle plissa les yeux mais elle ne voyait toujours pas ce que ça pouvait être. Quand la chose passa sous la lumière d’un lampadaire, Enigma retira prestement son miroir, les yeux comme des soucoupes, absolument épouvantée. C’était impossible ! Ca faisait des mois qu’on ne l’avait plus revu ! Le Sphinx pensait même qu’il ne reviendrait pas avant la reconstruction des ponts. Bon il fallait qu’elle se calme, qu’elle ne bouge pas, qu’elle ne fasse pas le moindre bruit parce que contre lui elle ne tiendrait mais pas une seconde. Comment aurait-elle pu ? Il était plus vieux, plus expérimenté et infiniment plus fort. Pour l’amour du ciel pourquoi son père avait-il décidé de la fouttre dehors pile le soir du retour de Gueule d’Argile ?

Elle attendit en tremblant que le silence revienne pour remettre son miroir en position. Le monstre était toujours là, il n’avait pas bougé. Pourquoi ? Est-ce qu’il l’avait entendu ? Cette pensée la fit paniquer de plus belle. Betty se trouvait beaucoup, beaucoup trop jeune pour mourir. Mais en fait la masse de boue se contenta de lever le poing vers les ténèbres de la rue opposée à celle où elle était. Elle passa sa tête derrière les poubelles, sourcils froncés. Qu’est- ce qu’il allait faire ? Se changer en Power Rangers ? Crier « je suis force bleue » ?

- JE SUIS KILLER MOTH!!!!!!!

Ah.

C’est avec une certaine fascination que l’adolescente regarda le truc nommé Killer Moth courir à l’aveuglette dans la ruelle sombre en criant, avant de glisser sur la boue qu’il mettait partout et de disparaître de son champ de vision.

Ah.

Mais d’après les cris en crescendo, il n’avait disparu dans les ténèbres, mais dans un escalier dans lequel il s’était jeté.

Ah.

Elizabeth Nygma n’avait jamais entendu parler de Killer Moth, mais avec une attitude pareille ça devait probablement être un nouveau.

Une fois que l’écho des cris de… de la chose fut emporté par le vent, le calme revint. Plus un bruit, plus rien. C’était impressionnant à quel point tout pouvait être silencieux. Pas de chats errants, mangés ou trop malins pour sortir, pas même de rats, alors que ça pourtant les gens n’y touchaient pas. Ils avaient une sale réputation, celle d’être porteurs de maladie, alors seuls les plus désespérés les mangeaient. D’ailleurs il n’y avait pas eut des gens fusillés en essayant de récupérer des vivres dans le coin. Si. Si, il y avait eut des morts ici, moins d’une semaine plus tôt. Ce qui se passait en ce moment, c’est qu’on laissait les gens pour morts et l’odeur des carcasses empuantissait l’air. Mais où étaient les corps ?

Son sang se glaça dans ses veines.

Sans même s’en rendre compte, elle s’élança hors de sa cachette et couru aussi vite que possible vers l’entrée du métro tout en rassemblant des deux parties de son sceptre, ses pieds battant contre le pavé. Enigma ne savait pas qui pouvait bien être Killer Machin, mais elle était assez certaine qu’il ne méritait pas de se faire bouloter par une bande de cannibales. Sautant les marches quatre à quatre, elle s’enfonça dans les ténèbres. Une fois que le sol redevint plat elle prit une position défensive en attendant que ses yeux ne s’habituent à l’obscurité. Pour l’instant ce qu’elle voyait n’avait rien d’engageant. Killer Truc était entouré par les charognards et ces derniers faisaient peur à voir. Famélique, vêtus de haillons, sales, leur odeur seule retournait l’estomac de Betty et lui donnait vraiment envie de rebrousser chemin. Après tout sauver les gens c’était pas son truc, mais celui du Sphinx. Et encore, c’était des demoiselles en détresse, pas des tas de boue nauséabonds. Un des vagabonds se retourna vers elle, ses traits émaciés s’étirant en un rictus qu’elle trouva fort malsain.

« Celle là est bien dodue !

Elle sentit le rouge lui monter aux joues.

- Dodue ? Comment ça dodue ?

Perdant toute trace d’hésitation Enigma fit tourner son bâton et se jeta sur lui, l’élan lui permettant de lui écraser son point d’interrogation dans le visage de ce goujat avec suffisamment de force pour l’assommer sur le coup.

- ET MAINTENANT QUI C’EST QUI EST DODUE ? »



[HRP : Enigma est Elizabeth Nygma, un de mes PNJ ^^’ ]
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MessageSujet: Re: In Mytho Veritas    Mar 3 Juin - 12:48

Bien, bien, bon... bien...

Le cerveau de Killer Moth s'était automatiquement enraillé lorsque la masse informe s'était lentement agglutinée autour de lui. Le disque rayé de ses émotions hésitait encore entre "peur panique" et "terreur noire". Son regard, caché derrière sa cagoule durcie par la peinture à la bombe violette qui lui avait permis de retrouver ses couleurs d'antan, ne trouvaient pas de point précis où se poser, il vaquait de lames émoussées couvertes de rouille aux lourdes chaînes en passant par les mille et une subtilité de l'art de la débrouillardise souterraine. C'est fou ce que l'on pouvait faire avec une boîte de conserve et des préservatifs. Les canifs étaient rassurant aux côtés des lourdes haches composées de bois taillés au couteau de chasse avec en guise de lame des panneau de signalisation aiguisé par la seule force de l'imagination.

Le cercle fit un nouveau pas en sa direction, la mite plia ses jambes pour entamer une course éperdue dans une direction purement aléatoire, car il importait moins de savoir où il allait, que de savoir que sa destination était loin de cette masse cliquetante refoulant le cafard passé au micro-onde - expérience à l'appui dans le cas de Drury. Il sentit cependant que sa chute dans l'escalier avait eu raison des dernières résistances de ses membres meurtris. Une puissante décharge lui déchira la cuisse et il dut se redresser pour éviter de pleurer de douleur. La fin était proche... Incapable de fuir, les capacités défensives de Killer Moth était désormais à -10 pourcent. Ainsi allait donc périr le parangon du crime! Sans une réplique? Sans un bon mot? Sans savoir que dire? Mais que nenni, songea-t-il, lui, mourir le silence à la bouche avant de finir en amuse-bouche? JAMAIS!

Il leva son index le plus menaçant et voulut parler avant d'entendre une voix infâme et déformée par le vice suinter une parole pleine de sous-entendu sur le physique d'une autre personne qui avait eu l'imprudence de descendre en ces lieux maudits par l'Humanité. Vraisemblablement la personne n'apprécia pas qu'on lui accole le terme de "dodue". La voix démotrait que l'individu était une femme, mais il était difficile de distinguer quoi que ce fut dans ce lieu à peine éclairé par les flammes qui jaillissaient des barils métalliques disposés dans le plus grand désordre. D'autant plus d'ailleurs, nota la mite pour elle même, que la voix jaillissait pour l'heure de derrière une barrière de clochards fétides qui s'était instinctivement retournée à la mention de quelque viande fraîche.

Un bruit semblable à celui que ferait sac poubelle prit pour un ballon de foot suivit du profond silence qui accompagnait généralement le pire laissa penser à Drury que la situation allait se rapporter à un cas de figure qu'il avait mille fois rencontré : la survie dans la plus grande panique. Puisse Dame Fortune se pencher sur lui en cet instant et lui donner un petit coup de pouce. Deux choix s'offraient au ciron vipérin, la fuite, simple, efficace mais tellement peu digne d'un Grand Criminel! Et enfin, affronter le danger avant d'établir une retraite stratégique, mais avec la gloire d'avoir accompli un exploit! Non décidément, il ne pouvait décemment pas s'enfuir avant d'avoir rossé ces malandrins avec son talent inné du combat rapproché. Qu'importe sa cuisse abîmée, ses côtes douloureuses, ses bras ankylosés, son mal de crâne et l'envie de vomir, la mite allait leur montrer ce que le verbe rouer signifiait!

- Merci à vous, inconnu(e)? Votre intervention ne sera pas sans récompense! cria-t-il pour une personne qui se situait dans son dos autant que pour se donner du courage d'affronter ce qui allait se révéler une succession de catastrophes, comme d'habitude... Le temps de m'occuper de quelques malandrins et je suis à vous!

Avant toute action précipitée, le stratège et le tacticien observent leur environnement. En l'occurrence, ils auraient vu que la masse de clochard qui se tenaient derrière Drury était retournée vers la jeune femme, ou l'homme à la voix très efféminée, qui avait fait irruption tandis que face à lui se tenait une horde toujours plus puante d'individus armés d'assez d'objets pointus et tranchant pour équarrir l'arche de Noé. Ils auraient donc préconisé une approche visant à attaquer les individus de dos et tâcher de s'ouvrir une ouverture vers l'escalier et l'air "libre". Killer Moth avait lus et rédigés nombre d'ouvrages pour les stratèges et les tacticiens, mais il considérait, comme nombre d'homme sur cette Terre, que les conseils sont bons pour les autres et qu'il n'y a qu'une tactique qui compte, celle qui vient des ocelles et du fin fond du jabot! Et comme la discrétion suit chacune des étapes de son périple comme un nuage suit le voyageur, de loin et sans jamais réellement intervenir, il allait sur-coucher son intervention par une petite réplique de son cru.

- Ainsi vils vagabonds vauriens, commença-t-il à hurler avec sa voix criarde abîmée par sa baignade dans l'eau glacée du port, vous avez voulu sans vergogne me cogner! Voilà de quoi me mettre en rogne! Moi le sublime, l'infini, le merveilleux, l'inaltérable méchanceté qui fait fuir les ténèbres, le sublime... euh je l'ai déjà dit... magnifique... euh... oui, celui là je l'ai pas déjà dit... le magnifique disais-je...

Mais la cohorte qui se trouvait devant lui commença à avancer, voyant son futur repas reprendre du poil de la bête. Killer Moth n'acheva pas sa réplique de peur qu'elle ne soit écourtée d'un coup de machette rafistolée avec du chatterton. Son cerveau ordonna un recul complet, ce que chacun de ses membres interpréta, semble-t-il, différemment. Sa jambe droite parti à gauche tandis que la gauche cherchait le panneau qui disait droite, sa main droite parti en arrière et son buste tenta une malhabile quoique spectaculaire rotation inversée par rapport aux jambes et sa tête tenta de rester au même endroit. Sa colonne vertébrale fit un bruit qui rappelait du papier bulle et la mite partit en arrière en faisant des petits bonds, tentant de reprendre un équilibre. Mais, laissés à eux mêmes, privés de directive d'un cerveau focalisé sur les sinistres éclats de lumière que reflétaient les quelques morceau de métal non corrodés de ses ennemis, ses jambes bondissaient en désordre et ses mains peinaient à rétablir son centre de gravité.

Heureusement pour lui, son dos bouscula bientôt un miteux manteau. Il avait finit par atteindre de ses petits bonds maladroits le mur pestilentiel qui était derrière lui. Son équilibre, las, prit des vacances définitives et le mite s'effondra lamentablement sur l'étrange et molle matière faisandée. Il entendit quelques grognements ses mains s'accrochèrent à ce qu'elles purent. Là un châle de laine imbibé d'eau croupie, ici une écharpe trouvée comme une tomme de fromage, il tira d'ailleurs un peu fort dessus. Un clochard gargouilla une insulte et se tourna vivement pour voir la silhouette frêle de Drury tenter de se rétablir. L'heure n'était plus à la réflexion, les autres avaient arrêté d'avancer et admiraient avec une fascination morbide leur repas faire un dernier numéro de claquette. Il était vraiment devenu un amuse-gueule, et gueule était un mot aimable lorsque l'on voyait les dents noircies de ses "hôtes" - lorsqu'il en restait.

Drury tenta un direct du droit sur le pauvre erre dont l'écharpe lui servait pour le moment à lutter contre la gravité. Son bras s'était tendu comme si un ressort avait cassé quelque part sous cette couche de vêtement mal assortie. Comme étranger à la scène, Killer Moth observa son poing fendre l'air épais de graisse et de saleté pour le voir s'écraser contre le faciès mal rasé et probablement plein de puce... blêêê... La surprise fut générale de tout côté. L'homme à l'écharpe, surpris, fit quelques pas en arrière et son nez commença à saigner. Drury effaré, conscient que plus rien ne s'opposait à ce qu'on le découpe séance tenante lâcha l'écharpe et balança un direct du gauche.

Ses cours de savate lui revenaient au fur et à mesure. Il entendait la voix de son professeur lui prodiguer quelques bons conseil, cela semblait lui remonter à des années et des années... De loin l'on aurait dit une poupée mécanique folle dont on aurait trop remonté le ressort et qui faisait des gestes aussi inutiles que nombreux. Peu de coups atteignaient leur cible, mais cette soudaine rapidité prit totalement en défaut l'anthropophage. L'homme s'écroula finalement devant les regards rageurs de ses "amis"? collègues? compagnons d'infortunes? camarades? Killer Moth eut le rire gêné de celui qui venait de faire la blague qu'il ne fallait pas*. Sur un malentendu on le laisserait peut-être tranquille. Ou pas...

- On va te crever! beugla un homme (sans doute) en postillonnant généreusement.

Derrière lui les autres étaient toujours semble-t-il focalisés sur la nouvelle venue et n'avait pas fait grand cas de leur... enfin du... bref de l'individu de sexe non identifié que Drury avait étalé. En y réfléchissant, la mite se massait maintenant les phalanges tellement elle avait mal. Sa check liste mentale avait coché "Action d'éclat", il lui restait maintenant à faire la seconde étape du plan: FUIR!

Il bouscula sans vergogne le mur qui se trouvait derrière lui et utilisa ses bras et ses coudes comme s'il nageait une brasse pour tenter de s'extraire de là. Lorsqu'il émergea de l'autre côté il découvrit une jeune femme habillée comme un as de pique avec un point d'interrogation, sans doute une illuminée fan de cosplay, mais il n'allait pas faire la fine bouche! La mite, privée des soutiens que représentaient les différents membres de l'océan de sueur s'écrasa au sol comme une bille de plomb. Il se dépêcha alors de ramper au sol et de couiner un appel à l'aide improvisé.

- Pitié, aidez-moi, ils veulent me manger!

Pour beaucoup ce n'était pas à proprement parlé une supplique ni un acte de couardise, c'était une stratégie qui n'avait rien de détestable, celle de disparaître aux yeux de ses agresseurs pour qu'ils se focalisent sur la jeune femme! Mais en fait non, Drury était réellement terrorisé du sort que l'on pouvait à tout moment lui réserver et il préférait avoir une épaule pour le soutenir que d'être seul. Mais conscient de sa situation, il se releva d'un bond douloureux.

- Je suis Killer Moth! La terreur de Gotham! Le Ciron du...

- Mais y ferme jamais sa gueule? s'énerva alors un putois humain.

Le groupe chargea alors...

* Du genre "c'est deux mites dans un ascenseurs...." en plein gala de charité.
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MessageSujet: Re: In Mytho Veritas    Ven 6 Juin - 21:32

Après qu’elle ait lâché son cri de rage et ait assommé un de ses assaillants, le reste du groupe recula précautionneusement, observant son bâton comme si c’était un serpent particulièrement vicieux. Elizabeth se félicita mentalement d’avoir réussi à les intimider, surtout quand c’était eux les plus effrayants. Leurs airs affamés, leurs physiques faméliques et leurs yeux caves faisaient remonter des frissons le long de sa colonne vertébrale et l’adolescente avait beaucoup de mal à tous les regarder dans les yeux sans montrer la moindre frayeur. Les secondes s’égrainèrent à une lenteur atroce et avec elles s’enfuyaient le peu de courage qu’elle avait réussi à trouver. Mais combien étaient-ils ? Elle était pratiquement certaine qu’elle devait être entourée maintenant. Sentant quelque choses bouger côté d’elle elle jeta un petit coup d’œil rapide, espérant qu’ils ne la voient pas paniquer avec la pénombre.

Mais ces pauvres âmes en peine étaient tels des animaux, ils sentaient sa peur. A partir du moment où la jeune fille commença à regarder autour d’elle au lieu de les toiser avec confiance, ils sentirent son malaise, virent ses défenses se briser et se rapprochèrent. Leurs bouches se remplissaient de salive et leurs estomacs grognaient, le désespoir leur faisant oublier tout semblant de décence. Tel un seul homme ils firent tous un pas en avant, sauf Betty qui fit un pas en arrière. Ce fut probablement une grosse erreur de calcul, car en la voyant agir ainsi quelque chose qui aurait put vaguement ressembler à un sourire – en penchant la tête, en plissant les yeux, de dos par une nuit de pleine lune avec une jambe enroulée dans du jambon- s’étirer sur leur visages. Elle avala audiblement. C’est fou le peu de dents qu’ils pouvaient avoir.

Un cri retentit derrière eux, provenant du type recouvert de boue. Elle n’avait pas trop compris le début, ses neurones s’étaient reconnectés à mi chemin. Mais ce qu’elle avait compris c’est qu’il essayait de lui faire croire qu’il allait « s’occuper » des « malandrins ».

Ben s’il s’en occupait comme il s’était occupé des escaliers ils étaient pas rendus.
Quoi qu’apparemment pas très utile son intervention eut au moins le mérite de réveiller Enigma. Elle assena un puissant coup de sceptre à la personne à sa gauche en lui demandant très (peu) poliment d’aller entreposer son panneau dans son rectum. Les autres reculèrent de plus belle face à ses attaques aussi brutales que vicieuses, mais voyant que la blonde continuait de les frapper ils se jetèrent tous sur elle en même temps. Elle sourit. C’est ce qu’elle attendait depuis le début. Un petit « clic » fut noyé dans l’océan de cris, suivit un instant plus tard par un grésillement, d’une double dose de hurlement et d’une odeur de cochon grillé et de graisse brûlée.

Elizabeth Nygma se s’appelait pas la fille du Sphinx pour rien, et avait intégré à son sceptre une option taser qui eut tôt fait d’allonger trois … choses au sexe non identifié. Ce fut suffisant pour faire reculer les autres, un air d’épouvante ayant remplacé l’air affamé sur leurs visages.

Maintenant qu’elle avait la situation en main, la jeune fille se rappela qu’elle était venue aider quelqu’un. Bon, en fait c’était surtout parce qu’elle commençait à entendre du bruit derrière. Parce que personnellement tout ce qu’elle voulait faire actuellement c’était rebrousser chemin, retourner au théâtre et se cacher sous sa couette. Sauf que de toute façon elle ne pouvait pas rentrer avant d’avoir fait tous ses rapports, et elle voulait se faire bien voir de son père en ajoutant qu’elle avait sauvé quelqu’un.

Observez l’altruisme.

C’était bien joli tout ça mais comment elle passait la marée de vagabonds ? Prostrée comme un animal, elle avança précautionneusement. Si elle partait à droite, ils allaient à gauche et ainsi de suite. Faisant fonctionner ses cellules grises elle essaya de trouver un chemin qui lui permettrait d’accéder à son tas de boue en détresse sans perdre de vue la sortie du métro avec cette variante assez dangereuse du quadrille. Mais pour la première fois depuis le début de cette soirée elle eut de la chance, parce que le… le pseudo héros dont elle avait la pseudo responsabilité fendit la foule en jouant des coudes et rampa sur le sol dans sa direction.

Parce que oui, c’était forcément un héros. D’après la Loi du Slip, tout ce qui portait ses sous vêtements par-dessus ses collants et n’était pas un échappé des années soixante dix était du côté de Batman. Logique.

Elle recula légèrement en faisant une mine dégoûtée. Il était de ce côté, les autres semblaient… Oh non !

Voyant une possibilité pour leurs proies de s’échapper la foule s’était jetée sur eux dans un dernier geste de désespoir. La pauvre Enigma qui n’en avait pas tant demandé ne put retenir autant de corps en mouvements et poussée en arrière par la foule, elle trébucha sur le pied du truc et son postérieur atterrit douloureusement à un endroit où aucun homme ne devrait être blessé.

Coincée en sandwich contre une brêle qui sentait l’égout actuellement en train de couiner et une foule atteinte de toutes les maladies pestilentielles possibles qui griffait et mordait chaque carré de peau qu’ils pouvaient atteindre, Elizabeth se crut au premier jour des soldes. Mais sa grande expérience de se genre de situation lui permit de réagir tout aussi violement qu’eux, hurlant des invectives en se débattant comme une folle. Elle parvint finalement à se sortir de là, les repoussant tous une dernière fois. Sans perdre une seconde elle empoigna le truc par l’épaule et couru vers la sortie. Puis, se souvenant qu’il fallait tout de même qu’elle place une énigme quelque part elle rajouta :

« Que huff… dit l'oignon à l'échalote avant de … heh… de partir ?

Elle augmenta l’allure, ses muscles fatigués de traîner l’homme revigorés en entendant les cannibales rugir.

- Faut qu’j’y aiiiiiiiille ! »

Betty gravit les dernières marches en hurlant la réponse, puis elle lâcha le type et couru à toute vitesse dans une direction au hasard. Elle espérait qu’il suivrait parce qu’elle en avait déjà pas mal fait pour les sortir de là. Mais elle ne s’inquiétait pas trop. D’expérience elle savait qu’on ne pouvait pas être aussi nul et toujours en vie à Gotham si on ne courait comme une grand-mère de quatre vingt balais.
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MessageSujet: Re: In Mytho Veritas    Mar 10 Juin - 22:01

Clopinant dans les escaliers, l'esprit désormais aussi meurtri que le corps, Drury tentait de remettre en ordre les petites pièces du puzzle de ces cinq dernières minutes. Ses pied rebondissaient de marches en marches, le projetant aléatoirement dans une direction. Ses synapses jouaient donc au docteur Maboule tandis que les différentes parties de son corps lui rappelaient l'étendu de leur cruel traitement. Il se souvint du groupe qui les avait chargé, lui et... ben, l'espèce de jeune femme, autant qu'il pouvait en juger depuis les étranges ténèbres environnantes*. Sa voix avait été plutôt douce, mais son entrejambe se souvenait qu'elle n'avait rien de légère. Il eut une décharge électrique lorsque le souvenir le percuta une seconde fois. Il avait senti le limon visqueux et les résidus d'algues coincés dans son pantalon s'écarter et remonter par quelques trous de circonstances tandis que la masse de la jeune femme avait attenté au printemps de son arbre généalogique. C'était le grand problème d'être un combattant de la Justice mâle - lisez bien mâââââle-. Les femmes comme les Batgirl et compagnie étaient agiles et elles ne risquaient pas un coup dans... enfin dans... bref, les ovaires étaient des cibles bien moins évidentes à atteindre que... enfin voilà.

Mais alors que Drury peinait à suivre celle qui lui avait "sauvé la vie", bien que le terme plus exact fut qu'elle différa la date de sa mort, ses souvenirs se chevauchaient et les armoires de sa pensée se renversaient joyeusement au gré de sa foulée dont la technique semblait être inspiré du mouvement Brownien. Il se souvenait de l'image d'une gousse d'ail. Il ne savait pas pourquoi, sans doute une image sur un panneau publicitaire troué par des balles? A moins que la fille n'en ait vaguement parlé, il y avait en tout cas un truc avec de l'ail. Mais quoi? Son esprit aurait dû se concentrer sur la silhouette de la jeune femme et son costume, mais non, il préférait se perdre dans le sentier à peine défriché de l'ail qui le conduisit sur le terrain de la salade. Il avait faim et son estomac ne se priva pas de lui épingler une note sonore dans le fond des tripes.

Une lance, semble-t-il taillée dans un ancien poteau de signalisation, frappa le sol à coté de lui et lui arracha un cri de surprise proche de celui que ferait une souris lorsque le piège se referme. L'étrange tube rebondit en émettant un son léger dans l'air du soir, plus léger en tout cas que les beuglements belliqueux du troupeau des bidonville qui les coursait.

Il était étonnant que ces primates décérébrés et leur corpulence filiforme puissent tenir une telle cadence, surtout face à lui, le grand et le puissant le.... GROUIIIIIIIIARIIIIC.... l'affamé Killer Moth...

Il croisa les bras sur son monstre gémissant et leva les yeux pour apercevoir la pointe de l'église d'Old Gotham! La luciole de son esprit s'alluma! OUI!!!!!! C'était LA solution, THE solution, Niark NiarkOUIIIIIAC! Il accéléra légèrement et se trouva à peu près au niveau de son alliée de circonstance. Il tourna son visage encapuchonné vers elle et la dévisagea presque. Il s'écarta légèrement sous le choc. Mais elle était en cosplay de Nygma?! On voit de ces tarés de nos jours pensa-t-il, lui le ciron du mal, celui qui va dans les villes de Gotham affronter le monde en tenu de mite chatoyante, lui la lumière des cieux! La vraie parcelle de ténèbres de cette ville. Bon, elle l'avait tiré d'un bien mauvais pas, il pouvait bien l'aider et puis, le code moral qu'il s'était lui-même construit en lisant des ouvrages sur le XVIIIème siècle mélangés avec des lectures romantiques à outrance l'obligeait à consentir à ce sacrifice honorable.

- J'ai LA Solution, se contenta-t-il de dire.

L'explication viendrait sans doute lorsqu'elle se serait proprement formulée dans la voûte gothique de son esprit empoisonné par la stupidité. Il pointa un doigt victorieux vers le pic de la cathédrale, manquant de peu le visage de celle qu'il voulait sauver. Sans une once de bon sens, il tourna à gauche, passant juste devant la groupie du Sphinx en pleine course elle-même. Maintenant que la mite avait un plan - dans les grandes lignes - sa fatigue semblait s'être envolée; en réalité elle était terrée dans un coin et rédigeait la facture qu'elle viendrait bientôt lui réclamer.

- Vous allez voir... han...han, cria-t-il, tentant d'avaler de l'air en abondance en même temps - performance assez spectaculaire à admirer-, nous serons sauvés GROUIIAAAAAC!

Se disant, observant le visage de son interlocutrice, la mite ne vit pas se rapprocher l'étrange mais solide barricade qui entravait sa route. Ses mollets embrassèrent avec force une barre métallique tordue, ses genoux jouèrent des percussions avec une barrière de police brisée, le monde se pencha, sa tête rebondit contre une poubelle verte rouillée qui semblait tenir tout un pan de la pièce montée recyclée et la mite repartit avec autant de force en arrière. Drury voulut couiner une interjection forte à propos mais sa mâchoire eut fort à faire avec les pavés. Un souper un peu trop lourd à son goût.

- GNnn... Mais... mais qui a gnosé? machouilla-t-il. Qu...qui k'a fait...gn...ça?

Il voulut se relever avec superbe, manquant de reprendre un rabiot de chaussée dans son lit de saletés, et battit de ses maigres bras dans le vide à la recherche d'une assaillant dont le seul nom était "maladresse". Calmé par les hurlements qui venaient de débouler d'un virage serré, Drury se sentit l'âme d'un chevalier.

- N'ayez criante.... gnnn.... je saurais vous protégerOOOUUUIAC, affirma-t-il à la légère tandis que son dos craquait comme une biscotte, gnnn...  escaladez la première cet amas!

Mais le bruit devenait orage.

- Il doit y avoir assez de place pour deux là dessus, conclut-il en se jetant sur la barricade affreusement haute.

Ses mains s'accrochaient sur ce qu'elles pouvaient, sac poubelles, morceaux de bois, pics ferreux, os humains.... Son esprit s'interrompit lorsque son gant de fortune se referma sur un os parfaitement lisse sauf en quelques endroits où l'on reconnaissait des empreintes de dents. Dents qui, soit dit en passant, n'étaient pas celles d'un animal sauvage mais plutôt d'une Humanité réduite aux pires excès. Réagissant comme la pucelle qu'il était devenu malgré lui dans le métro, il tira un grand coup sur l'objet de sa terreur en hurlant d'une voix qui aurait brisé des vitres s'ils en restaient une dans un endroit pareil. L'objet s'arracha de la masse avec un bruit de cartilage de poulet (poulet bien humain en l'occurrence puisqu'il y avait un reste d'uniforme du GCPD dessus).

Le monticule informe dont la stabilité tenait du miracle s'ébranla légèrement. Un morceau s'affaissa et quelques gravas instables roulèrent gaiement sur son flanc. Puis plus rien. Killer Moth avait cru à un terrible éboulement qu'il allait regretter, mais ce ne fut qu'un étrange soupir nauséabond suivit d'un affaissement, comme un oncle qui retirerait sa ceinture après un bon repas et s'étalerait sur le canapé, la masse n'avait pas changé mais elle s'étendait un peu plus que d'habitude. Doucement, mais avec la conscience que ses poursuivants étaient toujours des poursuivants, Drury fit la technique du caméléon, un pas en avant puis lorsqu'il levait une main, il prenait soin de faire un mouvement en avant suivit d'un retour arrière et enfin il se décidait à agripper un... un truc, il valait mieux qu'il ne réfléchisse plus à la question.

Il tourna la tête et chercha la jeune femme mais ne la trouva pas tout de suite. Mais où qu'elle était?


Drury Walker était-il finalement seul?
L'avait-on abandonné à son triste sort?
Est-ce que la jeune femme avait été lasse de sa sublime compagnie?
La masse de cannibales allait-elle lui faire découvrir la joie des repas entre amis?
Drury allait-il finalement découvrir l'Amour de près?

Vous le saurez dans le prochain post de : Enigma l'énigmatique jeune femme qui a manqué une occasion de rendre un fier service à GOTHAM!    

* A la lumière des barils de fortune, les ombres n'étaient pas moins épaisses, elles étaient juste dissociées et l'on pouvait admirer différentes teintes de noir, les formes, quant à elles, restaient d'approximatives masses floues.
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MessageSujet: Re: In Mytho Veritas    Ven 13 Juin - 17:49

Par cette nuit épouvantable dont elle ne verrait peut être jamais la fin, les seules choses qu’Enigma pouvaient entendre étaient le claquement de ses bottes sur le macadam défoncé, sa respiration haletante, les pulsations effrénées de son cœur et le rugissement des cannibales. Pour un peu, elle se serait crut à la place de la blonde qui criait comme une oie avant de mourir dans les films de zombies. Généralement elle aimait bien ce genre de films et derrière son écran et riait bien en voyant les derniers moments de ces greluches. Si elle s’en sortait, elle jurait de ne plus jamais se moquer de ces filles. Elle monterait même une fondation pour la reconnaissance des greluches blondes s’il le fallait mais là elle voulait surtout ne pas succomber au cliché de film d’horreur de base et se casser la figure. Elle alternait entre regarder devant elle pour une ruelle dérobée qui ne soit pas un cul de sac, vérifier que le bitume sur lequel elle devait marcher était encore en état et lever les yeux vers le ciel pour se donner du courage. A aucun moment elle ne regarda derrière elle pour voit si le type multicolore suivait toujours.

Au moment où il lui passa devant, la faisant brusquement reculer elle se dit qu’elle aurait peut être du.

Emportée par son élan, elle fit trois pas maladroits avant de tomber sur le bitume. Ses mains la rattrapèrent et elle s’en sortit sans trop de casse à par pour un de ses genoux qui rentra à grande vitesse dans le bitume. Son cri de douleur fut noyé par les hurlements des pseudo-sauvages qui redoublèrent d’efforts pour les poursuivre, voyant là une occasion en or de… non, ne pas y penser. Elizabeth jeta un petit coup d’œil derrière elle, vers les visages affamés, les yeux fous, les dents jaunes, les membres rachitiques de ses poursuivants et crut être un steak haché. Contrairement aux maladroites du cinéma, elle parvint tout de même à se relever. Non le terme est incorrect. La jeune fille bondit comme un diable hors de sa boite et prit ses jambes à son cou en traitant l’abruti couvert de boue qui l’avait faite tomber des noms les plus orduriers auxquels elle pouvait penser.

Un deuxième coup d’œil rapide lui informa que si la majeure partie l’avait suivie elle, certains étaient à la poursuite d’autre chose. Probablement du type. Donc semer ceux là d’abord et aller sauver l’autre ensuite, elle ne s’était pas mise dans ce pétrin pour rien ! Maintenant comment se débarrasser d’eux ? Mais la panique et la course n’aidaient vraiment pas et elle se retrouva à se traiter d’idiote. Le Sphinx aurait trouvé lui ! Mais pourquoi, pourquoi avait il fallu qu’elle sorte une ânerie pare…

Soudainement une puissante odeur de métal et un bruit de mouche furent interceptés par le cerveau de la fille. N’écoutant que son instinct (de survie) elle se jeta dans la première ruelle qu’elle vit. Trois cadavres encore frais, n’ayant pas tout à fait eut le temps de pourrir gisaient dans l’allée. L’un, un homme pour ce qu’elle en voyait dans les ténèbres, gisait contre une benne à ordure avec trois balles dans l’abdomen. Une femme en costume gris était étalée sur le bitume. Son visage était contre le sol mais Betty pouvait voir un trou béant à l’arrière de son crâne. Le troisième elle ne voyait pas de quoi il avait pu mourir, mais à sa tête rasée et son blouson de cuir elle comprit que c’était un skinhead.

De toute sa vie elle n’avait jamais été aussi heureuse que le taux de meurtres à Gotham City soit un des plus hauts des Etats Unis.

Ne perdant pas de temps, elle se jeta sur la benne à ordure et sauta jusqu’à l’échelle incendie. Elle remonta son corps uniquement à l’aide de ses bras et couru vers le toit en ignorant les bruit peu ragoûtants de combat et de déchirures plus bas. Un instant elle fut tentée de regarder, mais un bruit mouillé de tripes lui souleva le cœur et elle préféra continuer son ascension. Pas question qu’elle retourne vers ceux là.

Une fois sur la toiture elle eut tout le loisir de s’asseoir sur la rambarde pour regarder ce qu’il se passait dans la rue principale, ses jambes se balançant tranquillement dans le vide. Pour quelqu’un d’aussi peu doué il avait beaucoup de chance, la grande majorité des clodos avaient été à ses trousses et le reste était momentanément à terre. Probablement parce que l’un d’entre eux était tombé et le reste avait suivit par un effet domino. Mais le Killer truc lui-même ne semblait pas s’en être rendu compte, trop occupé qu’il était à escalader ce qui semblait être un monticule de détritus. Elizabeth le regarda faire, se demandant très sincèrement si ça valait bien la peine d’aller l’aider. Après tout ça ferait quoi ? Un nouveau justicier à la gomme dans les rues ou un casse croûte légèrement faisandé pour ces pauvres âmes en perdition. Et ça l’obligerait à bouger. Mais ça rendrait son père adoptif/employeur/mentor fier si elle lui racontait tout ce qu’elle avait du faire pour arriver à lui sauver la peau.

Dilemme…

C’est avec un soupir exaspéré que le désir de prouver sa valeur à son paternel l’emporta. Se relevant, elle décrocha de sa ceinture le Batgrappin qu’elle avait volé à robin quand elle était encore chez les Titans. Ne sachant pas trop s’en servir elle ne l’utilisait que très rarement mais il n’était pas question qu’elle repasse par l’allée pleine de cadavres à moitié dévorés alors elle visa un bâtiment, tira et se lança avec un hurlement qui ressemblait plus à celui des demoiselles susmentionnées qu’à un cri de guerre.

Le vol fut court, l’atterrissage fut douloureux, et le câble en acier se ré-enroula dans le manche quand sa propriétaire s’écrasa contre la pile de déchets telle une étoile de mer contre une vitre d’aquarium. Par pur réflexe elle se raccrocha à la première chose qu’elle put, qui se trouva être un squelette. Elle poussa un nouveau hurlement, qui cette fois ci aurait été digne de la plus blonde des actrices du cinéma d’horreur, lâcha son appui, s’agrippa à son camarade de malchance et se tourna vers lui une fois le choc passé.

« Mais vous êtes complètement malade ! On peut pas aller là ça doit être rempli de cannibales ! »

Ceci dit étant elle-même habillée au couleurs du Sphinx, Enigma ne pouvait pas non plus prétendre être extrêmement saine d’esprit.
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MessageSujet: Re: In Mytho Veritas    Dim 22 Juin - 19:05


Sur une planète rongée par plus de 7 milliards d'individus, il était toujours possible de trouver toutes les personnalités possibles, aussi était-il fort surprenant en posant une loupe sociale sur l'amalgame de vie que représentait Gotham City, vaste ville s'il en est, de la voir doter d'un potentiel de folie assez spectaculaire. Heureusement, pour contrebalancer cette fâcheuse tendance, l'univers est capable de prodige encore plus formidable, comme par exemple de contre-balancer la folie dévastatrice d'âmes perdues par un quota tout aussi impressionnant de stupidité condensée. Et une partie de cette stupidité se débattait pathétiquement sur les parois poisseuses d'une barricade de fortune. D'un côté, elle avait revêtu le vêtement vomitif d'une mite que le plus grand impressionniste aurait désavoué et de l'autre, celui d'une jeune femme qui était, d'un simple hurlement, capable de rivaliser avec un castra enroué.

Désormais, il semblait que les deux individus aient pris la peine d'engager un débat sur l'aspect raisonnable de leur escapade. Ayant d'abord entendu un petit bruit de filin métallique caractéristique de l'arrivée d'un quelconque crétin en collant - sauf lui qui avait de la classe - Drury avait pu admirer le mouvement pendulaire remarquable qu'avait fait la cloche en vert - encore une fois ce n'était pas lui, que le lecteur reste concentré. Elle avait paniqué, de l'amateurisme à l'état brut, avait-il songé en l'entendant percer la nuit d'une pointe sonore à peine supportable. Lui était capable du plus pur stoïcisme et savait garder son calme et sa retenue en toute circonstance. Tsaaaargl....

Ces pensées s'étaient momentanément interrompues lorsqu'il sentit que la femme qu'il allait sauver* s'agrippait à lui. Dans un bruit de déchet renversé, il s'agrippa à ses côtés et il reçu de plein fouet un reproche qu'il ne pouvait laisser dans cet état! Qu'allait-elle penser là? Un danger à la fois devant et derrière? Ha ha ha, il se riait de ce genre de circonstances et savait mordre la situation la plus coriace à coup de mandibules puissantes, il allait la calmer cette folâtre qui semblait prendre ceci trop à cœur. Il lui tint à peu près ce langage:

- Si notre babillage se rapporte à notre courage alors nous sommes les survivants des mets de ses lieux, lança-t-il, aussi n'oubliez pas que tout cannibale vit au dépend de celui qui en a peur!

Il n'était pas peu fier de cette improvisation entièrement originale et dont il se pensait le digne créateur.

- Il nous faut rejoindre l'Eglise, c'était là qu'il y avait LE Passage, compléta-t-il, mystique en prenant bien soin de prononcer le "P" majuscule, il faut y arriver, comme ça, hop, dans le Thomas Wayne Metro et direct à la Moth-Cave!!!! Hin hin hin! Nous serons ainsi saufs et je vous donnerais votre récompense!

Il ricanait comme un damné, accroché à son monticule glissant de saletés tandis que ses poursuivants s'entassaient comme des rats affamés.

- Une fois là-bas, tout ira bien! prophétisa-t-il.

Se disant, il recommença à escalader l'infâme parois, animé par les ailes de l'espoir et renforcé dans sa détermination par sa vision toujours très à-propos des événements. Inconscient d'être arrivé dans une Gotham pervertie plus qu'avant son départ et outrageusement versée dans les pires travers qu'une civilisation puisse espérer, le ciron n'avait qu'en tête une chimérique rédemption et un retour à la normal dès le lendemain, autant dire une éternité avant que ce ne soit réellement le cas.

- Suivez-moi vers le Gloire et l'Eternité! Celle de la gloire hein, pas celle de la Mort, hin hin hin! ricana-t-il pour se donner du courage.

Arrivé au sommet suppurant, Killer Moth enfonça une botte dans un rocher spongieux dont émanait une odeur de rat crevé. Il put observer que la barricade semblait un peu plus pentue de se côté, comme si quelques éboulements avaient formé une pente naturelle de déchets organiques, sans doute aidé par les ordures balancés depuis les fenêtres par le voisinage s'il en croyait les marques noirâtres qui cascadaient depuis les fenêtres. Il se pencha vers la jeune femme et l'aida à sa manière, c'est-à-dire en lui faisant perdre un temps qu'elle aurait pu employer plus utilement en ayant agit seule. Drury se pencha ensuite vers un morceau de tôle et eut une idée. C'était généralement à cet instant que tout pouvait basculer en mode "Nightmare". Il tira fort pour désincarcérer le morceau de métal rouillé et manqua de tomber une première fois lorsque l'objet ne lui opposa plus de résistance. Il déposa soigneusement sa trouvaille à ses pieds et posa une botte victorieuse dessus.

- J'ai trouvé un moyen de nous faire gagner du temps, déclara-t-il sans comprendre qu'un gain de temps sur le court terme pouvait représenter une perte considérable de gain de temps sur le long terme (notamment par une mort prématurée).

Il allait rouvrir la bouche pour s'expliquer lorsque son pied libre glissa. Quelque part dans les cieux, s'il y eut un grand architecte pour s'intéressé à lui, alors il aurait lancé un tonnant "Finish Him". Killer Moth s'agrippa au bras de la jeune femme en espérant qu'elle tienne bon...

* Fait autrement plus remarquable que sa mauvaise foi, Drury était capable d'un mouvement psychique de retournement de situation qui laisserait perplexe le plus fin psychologue, lequel en viendrait à penser que l'individu disposait d'une impressionnante réserve d'estime personnelle alors qu'en réalité Killer Moth était surtout peu conscient de sa misérable petitesse.
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MessageSujet: Re: In Mytho Veritas    Ven 27 Juin - 0:00

Dès le moment où il s’était agrippé à elle, Betty avait compris que ça n’allait pas s’arranger. Mais alors vraiment pas. Pourquoi ? Parce que s’il avait essayé de la rattraper façon chevalier servant prenant une jeune blonde sous son bras en regardant l’horizon, ça lui rappelait plus un poulpe qui tenterait de faire une prise de catch. En le voyant carrément regarder au loin -ici le sommet du tas de déchets- en débitant des âneries elle sentit ses traits se liquéfier. Un peu comme si l’horreur de la situation coulait sur son visage pour se figer en une expression… assez moche. Mais non content d’avoir réussi lui faire perdre toute sa foi en l’humanité en quelques phrases, il décida aussi d’ignorer totalement ses craintes de se retrouver face à encore plus de cannibales. Craintes qui étaient pourtant tout ce qu’il y a de plus rationnelles envoyant que plus ils s’élevaient et plus ils retrouvaient de corps encastrés entre les déchets. Alors qu’elle regardait d’un air aussi dégouté que terrifié le visage en putréfaction à dix centimètres du sien elle couina encore une fois.

« Vous êtes sur qu’il y a pas d’autres chemin pour aller à votre… votre cave ? »

A son ton hautement sceptique, on pouvait entendre qu’elle pensait qu’il devait y avoir plus de vins que de mites. Et d’ailleurs pourquoi des mites ? Ce type commençait franchement à l’inquiéter. Ceci dit un type complètement stupide portant un costume de la gay pride couvert de boue serait toujours moins terrifiant qu’une horde de cannibales. Néanmoins elle avait vraiment un très mauvais pressentiment, le genre qui faisait remonter des frissons le long de sa colonne vertébrale et lui donnaient envie de rebrousser chemin. Mais n’écoutant que l’écho du vide entre ses deux oreilles, son sauveur autoproclamé la prit par l’épaule et la tira sans ménagement vers le haut, ne se rendant pas compte qu’il l’empêchait ainsi de se servir de son bras pour grimper. Bien évidemment elle l’insultât copieusement, mais l’écho devait être vraiment fort parce qu’il n’y fit pas attention. Non, à la place il fouilla comme un demeuré dans la pile de déchets pour en retirer une plaque en métal et là la pauvre Betty eut un mouvement de recul. Il ne comptait pas faire comme dans les Looney Tunes ? Non. Non personne n’est assez stupide. C’était biologiquement impossible, quelqu’un d’aussi attardé serait mort à cause de la sélection naturelle.

Fier comme un coq, le justicier bariolé posa la plaque en métal sur le haut du monticule et mit une de ses bottes crasseuse dessus. Il reprit la pose comme un caméscope usagé, le regard vers la ligne d’horizon –cette fois le smog de pollution- et tonna d’une voix exagérément forte :

- J'ai trouvé un moyen de nous faire gagner du temps !

Quoi, faire du skate avec un plateau repas ? C’était bien sa veine, en plus d’être con maintenant il se prenait pour Bugs Bunny. Enigma ouvrit sa bouche pour lui dire où il pouvait se mettre son plan mais elle fut coupée par le dernier numéro de cirque concocté par son aimant à poisse personnel. Il vacilla, son poids entraîné par son pied, son pied entraîné par la plaque, la plaque entrainée par une traînée de moisissure, le tout retenu par le peu de force d’une pauvre gamine d’un côté et d’un bol en porcelaine de l’autre.

Pendant une seconde les deux restèrent ainsi, Elizabeth maladroitement accrochée au bras de Killer Moth les deux se regardant dans les yeux sans savoir que faire en entendant la céramique craquer, craquer…

CRACK !

Et c’est ainsi que faute d’un bol, les deux énergumènes perdirent leur équilibre précaire. Ils glissèrent en hurlant, l’un sur son plateau en fer blanc, l’autre traînée par le bras tenant ses pieds bien en face d’elle comme si elle faisait du ski nautique sur la vague de déchets à ceci près que le bruit du ressac était remplacé par le vrombissement des mouches et l’air marin par les relents de pourriture. Si la descente avait été digne d’un duo de cascadeur, l’atterrissage n’en fut pas moins spectaculaire de là où elle se trouvait. Quand le sol fut plus proche, la mite fut envoyée en avant. Sa partenaire de malchance lui rentra dedans avec tellement de force qu’elle rebondit, fit un vol plané aussi court que déconcertant et tomba lourdement sur son dos avec un hurlement de douleur.

Il lui fallu quelques secondes pour reprendre ses esprits, sa vision trouble, la tête et les membres douloureux. Elle commença à bouger et une douleur violente explosa au niveau de ses côtes. Se recroquevillant à demi elle poussa un gémissement plaintif. C’était bien sa veine ! Voilà qu’elle s’était cassé une côte. Ah je t’en ficherais des moyens de gagner du temps !

Poussant précautionneusement sur ses bras pour se relever sans trop de casse elle fit ainsi face au parvis de l’église. Et même à travers la brume imposée par le coup porté à son crâne elle ne put manquer les inscriptions en lettres de sang qui maculaient les murs, les portes qui s’ouvrirent sur un attroupement d’individus faméliques aux maquillages de clowns, les yeux fous du pasteur.

- Mes frères et sœurs ! Maudis soyons nous car dans son infinie malice l’Odieux nous a envoyé ces rebus de l’humanité pour que nous ressentions la Glorieuse Souffrance une nuit de plus !

Et quand les « paroissiens » hurlèrent, Elizabeth Nygma comprit enfin les inscriptions sur les murs.



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