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Ne manquez pas les deux derniers chapitres de Darkwatch, où s'affronteront Le Chevalier Noir et l'Empereur !

Clash of the Warriors & La Révolte

"Lors d'une rafle de la Ligue des Ombres, la Lignée décide d'intervenir et de massacrer les hommes de Ra's Al Ghul. Les habitants, excédés par la situation, décident de se révolter, avec le support de l'Empereur et ses troupes. Le G.C.P.D est dépassé et les justiciers n'ont d'autre choix que s'en mêler, Batman en tête."

(Petit aperçu des évènements en vidéo ici)


CREDITS

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 [WA] Le Sang de la Déchirure

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MessageSujet: [WA] Le Sang de la Déchirure   Sam 29 Mar - 17:58

Ou étais tu lorsque j'ai posé les fondations de la Terre ?
Déclares le si tu possèdes l'intelligence.

Livre de Job

C'ETAIT ROUGE

14 Juillet 2006.


La fumée l'a envahi. Elle a pris possession de ses artères, noyé ses poumons dans un éclair de crasse acide. Elle s'empare de son corps, sans résistance, ennemi évanescent qui ne connaît pas de barrières, qui traverse les différentes fenêtres de sa demeure corporelle comme un espion invisible, laissant derrière lui une traînée acide incurable. Il tousse, irrité, et toute la fumée qu'il a avalé reprend le chemin inverse, elle traverse ses vieilles lèvres sombres, elle s'évanouit dans l'air, juste en face de ses yeux plissés par les rides, elle remonte sur sa peau plissée, rencontre l'air conditionné qui règne dans la pièce et vient toucher le plafond, cent cinquante centimètres au dessus de lui. Il respire lentement et les derniers volutes grisés s'échappent de ses narines, sans grâce. Sa respiration s'est accélérée, il bat des paupières et ses poumons croulent désormais sous la cendre vaporisée, mais il a l'habitude : ce n'est pas son premier cigare. Cela dit, c'est peut être son dernier. Il continue à tousser, essaye de se débarrasser des derniers volutes acres, et dans sa main, le bout du cigare rougit, un rouge sang, un rouge puissant, comme si le cigare s'était délecté des difficultés respiratoires du vieil homme, comme s'il allait s'enflammer et emporter dans un bruissement brûlant le responsable américain des services du Majestic 12. Ce dernier cligne des yeux, serre l'objet de ses toussotements et attend que l'écran de fumée se dissipe devant lui. Peu à peur, sa vision s'éclaire, les formes floues qui lui faisaient face gagnent en netteté et il reprend son attente, assis contre la vitrine de son appartement, loué par l'Etat, au cinquième étage de l'un des buildings les plus réputés de Manhattan, New York.

Devant lui, sous lui, sur lui, des vitres teintées, des bureaux, des résidences à riches traders, avec leurs cuisines sur commande, fabriquées en magasin, sur un modèle unique, avec le petit salader de pomelos et de sculptures en peau d'orange plastifié. L'empire des riches. Un Empire que tout ses habitants finissaient par détester, mais que lui adorait, et pour une excellente raison : il le contrôlait. Il contrôlait l'Amérique Entière. Le seul président qui avait tenté de se rebeller contre le MJ-12 et d'empêcher leur contrôle complet de la société, ils l'avaient assassiné. Et Oswald était le seul condamné. Il se racla la gorge, se serra un peu mieux au creux de son manteau de silence et au fond de sa chaise rembourrée. C'est à ce moment précis qu'elle fit son apparition. Il ne la vit pas, les vitres de l'appartement étant bien trop propres pour acceuillir le moindre reflet, mais il entendit la porte s'ouvrir derrière lui, grincer un court instant puis se refermer doucement. Il sourit et, du bout du doigt, nettoya les bords du papier filtre de son cigare, caressant la brûlure rougeaoyante qui l'ouvrait, et faisant tomber sur le sol lustré les dernières cendres inutiles, signe qu'il n'avait aucune intention de le nettoyer. Il tendit l'oreille, lui tournant toujours le dos, assis devant sa fenêtre. Elle avait mis des talons hauts : il l'entendait, il le sentait au rythme de ses pas qui s'éloignaient vers la cuisine puis qui revenaient. Des pas assurés, clairs et rapides. Pas le genre de pas auquel il s'attendait. Elle devait se trouver juste derrière lui désormais, et il l'imaginait, droite, élégante, comme à son habitude, son arme dans une main tremblante, aux ongles vernis en rouge, comme le sang des énarques qu'elle venait probablement de massacrer. Son sourire s'accentua lorsqu'il se mit à imaginer son visage, ses yeux larmoyantes, à l'eyeliner effacé, en train de le regarder. Mais son sourire fondit comme neige au soleil lorsqu'il sentit son regard dans son cou. Il ne le voyait pas mais il le sentait, et il n'était pas larmoyant, humide ou déprimé. Le regard de cette femme lui brûlait le cou, et il sentait que, s'il se retournait, s'il croisait ce regard en train de le fusiller, il allait se consumer comme traversé par le regard d'un démon au fond du Maleborgia. Le regard de la Méduse. Aucun de ses agents ne l'avait jamais regardé ainsi, même dans son dos. Elle savait bien qu'il avait capté sa présence et qu'il s'apprêtait à lui parler. Il se détendit, oublia la chaleur sur l'épiderme de son cou et reprit une bouffée de son cigare, qui se remit à rougoyer avec puissance et force. Comme un phare dans la nuit. Il s'accrocha à cette lueur rouge, se remit à tousser pour empêcher les vapeurs d'arsenic et de goudron d'alourdir et de noircir ses poumons, puis accrocha à nouveau un sourire sur son visage vieillissant. A sa chemise, un bouquet de capsules de Mufleir frissonna et tremblota, comme touché par la brise. Il décida d'ouvrir la conversation.

- Agent..

Son évocation du nom et du prénom de la femme furent dissimulés par le bruit d'une assiette qui se brisait sur le carrelage de la cuisine. Visiblement, elle avait essayé d'attraper un verre pour se servir un raffraîchissement bienvenu, mais elle avait fait tomber de la vaisselle dans le processus. Personne n'entendit donc jamais ce nom, ni ce prénom et il fut le tout dernier à le prononcer, de sa voix râpeuse, sous le cliquetis d'une assiette qui se fracasse. Il n'en prit cure, et continua à parler.

- Vous avez fait du bon boulot. L'agent McTaggert m'a donné son rapport il y a une heure, il se trouve sur un fauteil, dans la pièce d'à côté. Je ne cautionne aucunement ce que vous venez de faire, mais je le comprends. C'était votre mari après tout, et j'ai moi aussi déjà goûté aux plaisirs de la vengeance. Cela soulage, n'est ce pas ?

Elle ne répondit pas. Il entendit le bouchon d'une bouteille d'alcool tomber sur le comptoir, le verre du récipient et de la bouteille s'entrechoquer brièvement, mariage cristallin qui précéda le glouglou du liquide versé à la hâte dans un verre. Il comprenait son silence, et décida de continuer.

- Le MJ-12 ne condamnera pas vos actes, nous fermerons les yeux sur ce massacre. Par contre, vous êtes relevée de vos fonctions dans le cadre de notre opération au sein du gang de ce criminel. Comment s'appelle il déjà ? Griffe Rouge, c'est ça ? Vous êtes réorientée, on va vous placer dans une ville proche de la mégalopole. Gotham City, vous connaissez ? Cette fois vous devrez vous infiltrer dans...

Elle était partie. La porte venait de claquer, juste après sa mention de Griffe Rouge. Quelque chose n'allait pas. C'était une agent sage et appliquée, pas le genre à laisser son supérieur hierarchique parler dans le vide, et à le laisser seul en claquant la porte derrière elle pendant qu'il lui donnait ses ordres. Quelque chose s'était il mal passé ? Brûlait elle encore de la vengeance qu'elle venait d’appliquer contre ceux qui avaient tué son équipier, était-ce peut être un déclic qu'elle avait eu après avoir été mise à jour et être passée à un cheveu de la mort ? Une désagréable sensation, alliée à une mauvaise odeur, lui secouèrent l'estomac et il sentit son cœur se serrer dans sa poitrine. En voulait elle au MJ-12, dont la part de responsabilité de l'affaire n'était pas négligeable ? Il se retourna, lentement, non sans douleur, et écarquilla les yeux lorsqu'il comprit ce qu'il se passaot. La porte était verrouillée de l'extérieur, elle avait dû prendre la clef sur le comptoir. Tous les tuyaux de gaz étaient crevés, déchiquetés au couteau avec la célérité que le MJ-12 lui avait inculquée, et surtout, elle avait allumé la cuisinière qui brûlait à toutes flammes, carbonisant au passage le paquet entier d’allumettes dont elle s'était servie. C'ETAIT ROUGE.

Avant que son monde n'explose, l'autre homme le plus puissant d'Amérique se rendit compte qu'il était fasciné par cette dernière seconde, avant la mort, avant un tir de sniper ou un événement grave, cette seconde entre la vie et la mort, entre le vide et le feu, où rien ne se passait, rien n'était encore définitif, comme si le temps reprenait son souffle, et s'arrêtait afin d'encaisser mieux. Ce jour là, le temps se prit un sacré coup de pied dans les fesses.

…..


RAPPORT du 15 Juillet 2006, édité par le FDNY ( Fire Department, City of New York)

L'explosion a eu lieu à 22h34 précises, au sud-est de Manhattan, dans le cinquième étage du building « Azure ». L'origine de l'incident est une fuite de gaz visiblement criminelle et généralisée. L'explosion a totalement broyé l'étage entier, ce qui a provoqué la chute de l'étage d'au dessus, qui s'est écrasé sur le quatrième, juste en dessous. L'incendie a débuté juste après l'explosion mais a été rapidement maté par les forces de l'ordre, qui ont éteint la dernière flamme à 1h07 du matin. Après des recherches de vingt deux heures et une identification assurée au NYPD à 15h00 par les familles, l'explosion aurait fait huit victimes, treize blessés, dont deux graves, et une disparue. D'après les enquêtes des assurances architecturales et au vues des dégâts humains et matériels, la perte totale de l'état s'éleverait à 116 153 euros..

ADDENDUM TOP-SECRET – National Security Agency.

Le major Tom Craver, ancien directeur assistant de l'ATF et délégué au ministre des renseignements extérieurs, suspecté d'appartenir au MJ-12 – aucun membre du gouvernement n'a voulu dévoiler cette information – est mort dans l'incident, mais son décès a été maquillé grâce à une identité alternative. Le Bureau Fédéral pense qu'il serait la véritable cible de cet attentat, et ouvre une enquête officieuse en relation avec la NSA
.


….

Elle a les mains en sang. Elle n'avait pas prévu que l'explosion serait plus rapide, et une partie du bâtiment lui était tombé dessus pendant qu'elle s'enfuyait dans l'ascensceur. L'engin s'était bloqué à hauteur du second étage, et elle avait du s'en extirper, puis fuir avant que les pompiers n'arrivent. Des gens l'avaient vue dans la rue, ils l'avaient montrée du doigt. Elle avait pris l'habitude d'agir sous couverture, de n'être qu'un corps caché sous un turban au sein du Mossad ou de s'exposer comme une femme en porte jaretelles dans les missions plus « littéralement » sous couvertures, mais jamais elle n'avait eu à fuir une opération, les mains en sang, le visage couvert de cendres, le souffle court et le corps couvert de cicatrices. Elle s'en fichait. Après tout, ce n'était rien à côté de ce qu'on avait infligé à son esprit. En réalité, elle se sentait soulagée. Comme si elle venait soudainement de renaître dans cette ruelle noire où elle se traînait, et qu'une toute nouvelle vie s'ouvrait à elle. Comme si ses menottes avaient sauté pendant l'explosion. Seuls inconvénients : elle avait du mal à marcher, ses jambes n'arrivaient plus à la porter et sa progression s'accompagnait de petits gémissements et de petits cris de douleurs que sa respiration brisée n'arrivait pas à juguler. Elle ne le savait pas encore, elle ne le sut jamais vraiment, mais elle avait tué, directement ou indirectement, trente et une personne ce soir là. Trente et une personne. C'est presque plus qu'elle n'en avait ordonné ou provoqué la mort durant toute sa vie d'agent spécial. Et étrangement, aucune de ces morts ne l'attristaient. Au contraire.

Elle se sentait libérée.

Alors qu'elle évoluait dans les chemins tortueux qui constituaient le Manhattan du dessous, celui que les touristes ne visitaient pas, elle subit le regard interrogateur des clochards qui l'interpellaient pour lui demander avec fort peu de politesse de leur offrir son corps, chose à laquelle elle préférait ne pas penser du tout, ou se demandaient, pour les plus malins d'entre eux, pourquoi est-ce que ses mains, reliées à un corps aussi blanc, renvoyaient des reflets rouges et se trouvaient être extrêmement ensanglantées lorsqu'elle passait sous la lumière. De petits bouts de métals étaient entré dans son corps au niveau de son épaule et à sa cheville et elle s'arrêta sous un reverbère pour les retirer, insouciante au réaction que ses compagnons nocturnes avaient à chaque fois qu'elle hurlait de douleur. C'ETAIT ROUGE. Elle les haîssait. Ces pouilleux barbus incapables de s'élever au delà de leurs cartons sales, qui passaient leur journée à pester contre la société et contre les passants sans en comprendre le plus faible éclat. Elle les haîssait, tout comme les riches qu'elle venait de quitter, comme ses beaux hommes pressés, ses femmes aux cascades de cheveux et aux bijoux discrets, ses mans toujours accrochées à une malette, eux qui avaient le monde entier entre leur doigt et qui ne pensaient qu'à s'enrichir encore plus, qui jamais ne lâcherait rien, ces fils d'un actionnaire bedonnant et d'une catin arrogante, dans son manteau à fourrures, ces banquiers et ces économistes qui avaient tout et ne partageaient rien, sinon leurs lits, mais pas trop longtemps. Ils étaient pressés. Elle les haissait, elle haïssait tout le monde. Elle haissait les citadins arrogant, faussement cultivés, lobotomisés, employés de bureau dont la vie était bien compartimentée, rangée, dont la vie sentait l'eau de cologne. Entre les jeunes cadres qui tentaient d'empiler les diplomes pour arriver jusqu'au sommet de la pyramide, tout en haut, quitte à marcher sur les autres, à se débattre comme des poissons tentant d'échapper à leurs filets, et les patrons qui survolaient le monde, accrochés à leurs parachutes dorés, un verre de whisky dans une main et la croupe de leurs secrétaires dans l'autre. Elle les détestait tous : les ouvriers inutiles, inintelligents, inintelligibles, les ruraux et leurs haines de l'autre, sans culture et sans avenir, consanguins,  beaufs, une bande d'incapables embourgeoisés. Les jeunes ne cherchaient qu'à se rebeller, à être le plus original possible, critiquer tout ce qui leur passait sous la main sans jamais être satisfaits, ni heureux, ils s'amusaient à s'entretuer et à violer tous les mœurs sous le couvert du nom de liberté, en beuglant les enseignements du Carpe Diem. Elle les détestait. Les vieux ne cherchaient qu'à s'entrephagocyter, ils haissaiient les jeunes, abhorraient les autres vieux, ils se détestaient eux mêmes et passaient leurs temps à traîner leurs rides dans les bus, sous les chauffages, sans jamais penser à se mettre une balle pour tout arrêter.

Elle les haissaient.

Elle haîssait les professeurs inutiles et leurs manières, leur vie répétitive qui n'avait jamais connu le moindre changement depuis qu'ils avaient commencé l'école. Elle haissait les dépressifs, ces égoistes qui n'avaient trouvé que la complaisance et les attraits du noirs pour attirer l'attention. Elle haissait les gens laids, comme si c'était de leurs fautes. Elle haissait les gens respectacles, les responsables d'associations et les représentants de syndicats qui n'avaient trouvé pour avoir une vie que la lutte démagogue, qui passaient leurs temps à donner des leçons à tout le monde et n'attendaient que qu'on leur tape dessus pour pouvoir bougonner avec un plaisir non dissimulé, et condamner pour se sentir plus fort. Elle abhorrait tout, tous, tout le temps. Elle détestait les journalistes, les publicistes, les éditeurs et animateurs, ces créateurs d'images et d'apparences, et elle détestaient toutes les ménagères et les jeunes idiotes qui dévoraient tout cela avec avidité. Elle haissait l'administration, détestait son pays, les USA, et tous les autres. Elle leur avait tant donné, et ils ne lui avaient jamais rien rendu, sinon un salaire dont elle ne pouvait pas profiter, manque de temps. Le seul bonheur qu'elle avait eu, il s'était évanoui de leur faute. Entre ses doigts. Il était mort. Elle haissait les anarchistes, les hippies, les faux lutteurs qui n'aimaient pas la société parce qu'ils n'avaient jamais eu leur chance, et qui ne pensaient qu'à la recentrer vers eux. Ce n'était finalement que des capitalistes qui n'avaient pas tiré le bon numéro. Le bonheur n'existait pas, tout avait été inutile, et elle ne le connaîtrait plus jamais.

Alors, à quoi bon vivre ?

....

PDA de l'agent ******* du MJ-12, disparue le 15 Juillet 2006 :

Prière pour ne plus me reveiller :

Merci mon dieu pour tous vos bienfaits
Merci pour l'existence, merci pour la conscience
Pour la vie qui se dissipe en vain
Pour la pensée qui n'aggripe rien
Merci, mon dieu, pour tous vos bienfaits
Merci pour l'abandon, merci pour la trahison
Pour la mère qu'on renie
Pour l'amant qui oublie
Merci, mon dieu pour tous vos bienfaits
Merci pour la Shoah, merci pour le Sida
Pour l'angoisse du mourant
Pour la détresse des survivants
Merci pour l'opium, merci pour le vallium
Pour le répit qu'ils procurent
Pour le néant qu'ils augurent
Merci, surtout, de ne plus me réveiller.

.....

Les lumières de la ville l'aveuglèrent alors qu'elle sortait son arme de service, un Makarov et essayait de la maintenir dans sa paume tremblante, sanglante, cicatrisée. Une main de femme perdue, la main d'une femme qui n'avait vécu que pour la tenir contre sa tempe et appuyer sur une gâchette. La somme lumineuse de tous les réverbères, phares de voitures, enseignes clignotantes des pubs et des commerces de la ville ses rétines avec une telle force qu'elle retarda son geste pour se poser une main devant les yeux. La douleur faillit l'arrêter à mi-geste, mais elle continua – après tout, plus rien ne pouvait lui faire de mal désormais – et habitua son regard bleu à ce nouvel environnement. Il y avait des gens, principalement des femmes en plein shopping, des couples en pleine balade nocturne, et surtout des voitures, qui s'étaient arrêté. Au loin, une lumière bleue et rouge tournoyait dans la nuit. Au fur et à mesure que les secondes tombaient avec force bruit dans le tonneau des Danaîdes géant qu'était le temps, la voiture de police arriva à la hauteur de Lady et freina brusquement. Le véhicule qu'elle poursuivait, une horrible Gremlin vert, tenta de l'éviter, mais fut dérroutée et buta contre le trottoir avant d'être projetée contre un mur, juste derrière la jeune femme. C'ETAIT ROUGE Elle essaya de s'enfuir, ayant dèjà eu une nuit assez mouvementée, mais ses jambes la lachèrent lorsque les policiers s'extirpèrent de leur habitacle et braquèrent l'accident derrière elle. Ses hommes, qu'elle avait l'habitude de commander, d'utiliser comme chair à canon pour faire régner l'ordre, la braquaient désormais avec des armes et elle se trouvait dans le rayon de leur colère. Quelque chose la souleva, l'attrapa par le cou comme si elle eut été une poupée et elle comprit que le fuyard, le propriétaire de la voiture verte, avait survécu à l'accident et qu'il comptait l'utiliser comme bouclier humain. Il était doté d'une force incroyable et la maniait avec une facilité déconcertante : il n'aurait pas fait autrement si elle n'avait été faite de chiffons. Lorsqu'elle fut plaquée contre son torse, elle comprit qu'il devait également être très très grand et, lorsqu'il tendit un bras armé pour menacer en retour les représentants de la NYPD, elle tomba de très haut à la découverte de ses biceps énormes, rongés par les veines. La chose qui la tenait n'était pas un homme, c'était soit un monstre, soit le fils de Hulk Hogan et de Zanghiev, le combattant russe de Street Fighter IV. Il y eut des ordres de hurlé, des réponses cinglantes, des menaces sourdes et des grognements virils.

Mais elle n'avait pas la tête à cela. Il lui fallait un défoulloir, un catalyseur. Trouver le moyen de se libérer totalement et de ressortir soulagée de cette terrible nuit. Elle ne réfléchit pas. Arrachant l'arme du géant qui la tenait, elle fit aussitôt feu sur les trois policiers, qui, surpris, n'eurent pas le temps de répondre. Sans se soucier des conséquences, elle vida le chargeur devant elle, sans le moindre cri, sans prendre en compte la moindre seconde la douleur que le recul de l'arme infligeait à son bras blessé. Elle qui faisait toujours feu quasiment à bout  portant, lorsque le méchant était à deux doigts de l'exécuter, ne prit même pas le temps de viser et se contenta de délivrer la mortelle ration droit devant elle, dans un acte libérateur que le fuyard qui la tenait toujours n'osa pas arrêter. Les claquements sinistres durèrent une minute : elle avait donné soixante sept coups de feu, et deux des trois hommes étaient morts depuis longtemps, le corps criblé de plomb, transformés en tas de chair fraîche qu'il serait difficile d'identifier. Le dernier, touché à l'épaule, à l'abdomen et au genou, décéda quelques minutes plus tard, sur le chemin de l'hôpital. Quant au véhicule, il ne ressemblait plus à rien.

Perdue dans ses pensées, elle observait avec un mélange d'horreur et de plaisir la scène macabre lorsque le criminel lui parla une première fois. Elle ne l'entendit pas, aussi recommença il une seconde fois.

- Vous m'avez été très utile, Lady.

Elle hésita.

- Je ne suis pas réellement une Lady, je travaille pour...

- Oh si, vous êtes une Lady. Et pas n'importe laquelle. Vous êtes la Lady. Je ne sais pas ce que les forces de l'ordre vous ont fait, mais si vous avez l'habitude de vous venger d'eux comme ça, je ne donne pas cher de la peau de ce pays dans les dix prochaines années.

Nouveau silence. Une idée se formait dans l'esprit de la jeune femme. Une nouvelle voie, une nouvelle qui lui tendait les bras. Elle répondit, imperturbable.

Quel est votre nom ? Que vous voulaient il ?

L'homme était vraiment très grand, et ses origines hispaniques évidentes ne cachaient pas ses cheveux visiblement pas lavés depuis quelques jours et son uniforme de prison, numéroté et apposé par le directeur de SingSing, qui lui avait semble il réservé un acceuil spécial. Soit il venait de s'échapper de prison, soit il avait fui et volé un véhicule alors qu'on le transportait vers un autre centre pénitentiaire. Il déploya sa musculature colossale et jeta un coup d'oeil aux passants qui avaient tout filmé avec leurs portables.

- Dans mon métier, on m'appelle The Walking Apocalypse. Je suis.. un exécuteur, un briseur de... volonté.. professionnel. Le meilleur. Seuls les meilleurs ont droit à un pseudonyme Lady, vous devriez penser à cela. Partez, avant que des renforts n'arrive, ou que les civils se jettent sur vous. L'humanité est de plus en plus violente, ce sera pire d'année en année. Devenez comme eux, je ne sais pas ce que vous faisiez avant mais devenez une maîtresse de la violence, canalisez là, servez vous en. C'est seulement ainsi que vous arriverez au sommet. Lorsque le monde sera à vos pieds, rappelez moi, j'ai une dette à vous faire valoir.

Et il disparut, par le même chemin qu'elle avait emprunté pour rallier ce lieu maudit. Aussi rapide qu'il était fort. Elle avisa les deux armes qu'elle tenait dans ses mains, celle de Walking Apocalypse et la sienne, avec laquelle elle avait prévu de mettre fin à ses jours. Cette idée lui paraissait désormais totalement idiote, et elle avait un tout autre projet en tête. Pour l'accomplir, il faudrait agir vite, et elle pourrait se procurer un véritable avantage pour plus tard.. Après s'être déposée un masque insensible sur le visage, telle la criminelle froide et habituée qu'elle allait bientôt devenir, qu'elle avait toujours été au fond d'elle, la jeune femme que le monde dénommerait bientôt The Lady vida les chargeurs de ses armes et les remplaça par des nouveaux. Il fallait agir vite.

Battre le fer tant qu'il était encore chaud, et rouge. Rouge Sang.


Alors le serpent dit à la femme: Vous ne mourrez point; 5mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.…
Génèse

A suivre.....
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[WA] Le Sang de la Déchirure

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