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Ne manquez pas les deux derniers chapitres de Darkwatch, où s'affronteront Le Chevalier Noir et l'Empereur !

Clash of the Warriors & La Révolte

"Lors d'une rafle de la Ligue des Ombres, la Lignée décide d'intervenir et de massacrer les hommes de Ra's Al Ghul. Les habitants, excédés par la situation, décident de se révolter, avec le support de l'Empereur et ses troupes. Le G.C.P.D est dépassé et les justiciers n'ont d'autre choix que s'en mêler, Batman en tête."

(Petit aperçu des évènements en vidéo ici)


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 Deux contes mêlés [PV Dr. Crane / L’Épouvantail]

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MessageSujet: Deux contes mêlés [PV Dr. Crane / L’Épouvantail]   Lun 24 Mar - 23:55

Deux contes mêlés
[PV Dr. Crane / L’Épouvantail]

L'université ressassait plus de surprises que ne l'aurait pu croire Jervis. Combien de temps était-il là, sur ce banc, à observer cette fine silhouette qui s'agitait devant son tableau noir ? Il la voyait à travers les grandes fenêtres du bâtiment, passant entre des rangs de pupitres occupés. Ses cheveux clairs voltaient légèrement quand elle marchait, hypnotisant Le Chapelier qui ne pouvait regarder ailleurs. Comment une femme pouvait-elle le captiver autant ? Son sourire était béa quand il lui semblait croiser son regard. Mais elle l'ignorait poursuivant son cour avec le sourire. Encore son jeu d'amnésie. Il resta toute l'après-midi sur son banc pour observer chacun de ces mouvements. Son déhancher lui donnait l'eau à la bouche, la voyant déjà porter sa jolie robe bleue avec son petit tablier blanc, Alice... il bandait, fantasmant sur ses hanches généreuses et ses petits seins. Vissant son chapeau sur sa tête, il s'apprêtait à approcher la blonde qui venait de sortir dans la coure intérieure. Mais elle n'était pas seule, le faisant s'arrêter dans son élan. Une autre femme était près d'elle, riant et papotant de choses intelligibles. Alice était tout de même bien plus intéressante que sa collègue. Brune, les yeux verts... Jervis ne s'attarda pas trop à décrire le reste de sa personne.

Ce fut à ce moment-là qu'il prit par à une illumination ! Elle pouvait très bien intéressé Jonathan ! Son lapin serait bien content de se trouver quelqu'un en même temps que lui. Cela le rendrait peut-être moins grincheux. La grande icone de l'Épouvantail était, pour Le Chapelier, son fidèle ami le lapin auburn. C'était un grand grognon, mais Jervis savait que le plan qu'il venait d'établir allait lui plaire. Sans plus attendre, l'homme au chapeau déserta les lieux, sautant sur son fidèle cheval blanc -son scooter- pour retrouver son vieil ami et ancien co-détenu d'Arkham à Crown Point. En plus d'avoir passé du temps avec ce sac de paille, ils s'étaient rendu compte qu'ils étaient plus proches qu'ils ne le croyaient en dehors de l'asile. Tout du moins, c'était ce que Jervis avait découvert. Il fallait dire que Crane n'était pas un grand bavard. Ils avaient tout de même fait ami-ami, malgré le fait que Le Chapelier tapait parfois sur les nerfs de l'Épouvantail avec ces monologues sans queue, ni tête et ces histoires interminables. Le Madde Hatter n'avait, certes, pas sa langue dans sa poche, ça ne voulait pas dire qu'il débitait tout son savoir et ses secrets. Jonathan savait qu'il pouvait lui faire confiance, du moins, assez pour lui dévoiler où il se planquait.

Le Chapelier prit le temps de garer son cheval de fer avant de regarder les alentours. Il avait toutes les chances de se le faire piquer, mais il s'en fichait bien. C'était un animal libre, il en trouverait un autre. Jervis finit tout de même à sortir sa montre à goussette. Il allait bientôt être seize heures, l'heure du thé. Pas le temps de trop observer les lieux s'il ne voulait pas risquer d'être en retard. Il poussa les portes de la vieille bibliothèque en se mettant à chantonner la cantine "Joyeux non-anniversaire" en sautillant dans le hall d'entrée. Les couinements des rats furent la seule chose qui l'accueilli et il leur souhaita à tous une bonne journée, accompagné d'un salut du chapeau. Au moins, cela laissait le temps à Crane de l'entendre arriver. Cependant, Jervis ne chercha pas son ami en premier lieu. Non. Il se rendit dans une petite salle délabrée qui aurait dû servir autre fois de pièce de repos pour les employés de la bibliothèque. Il y avait un évier et de quoi faire cuire de l'eau et il était prêt à parier qu'en fouillant un peu, il allait tomber sur une tasse et une cafetière. Pour ce qui était des sachets de thé... Jervis entrouvris sa veste et fouilla une de ces poches intérieures. Il était dur de se trimbaler la vaisselle dont il avait besoin, mais les sachets d'épices... Le Chapelier en avait toujours sur lui.


- Mon Lapin !, appela-t-il d'une voix chantante, tu as intérêt à prendre une tasse de thé avec moi ! C'est important... et ça va bien accompagner ce que je dois te dire !

La bonne humeur régnait en le Madde Hatter, en plus de respecter la cérémonie du thé avec bien des invités -Jonathan et les rats-, il avait retrouvé Alice et en plus de ça, il avait trouvé la fille parfaite pour Crane. Une jolie lapine... son rire se fit plus grand encore. Il lâcha son sachet dans la cafetière, la retirant du feu pour éviter que l'eau ne bouillis. Cette fois, il allait falloir se passer de sucre. A moins que l'épouvantail en gardait sur lui ? Deux tasses dans une main, la cafetière dans l'autre, Le Chapelier retourna dans le coeur du royaume du livre en interpellant Crane par son identité animal, lui priant de se dépêcher de venir pour ne pas se faire châtier à son retour pour la cérémonie du thé. Seize heures n'allaient pas tarder à sonner.
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MessageSujet: Re: Deux contes mêlés [PV Dr. Crane / L’Épouvantail]   Mar 25 Mar - 19:19

Au fin fond, des tréfonds des bas-fonds de Gotham se terraient un grand nombre de choses que personne n'aurait voulu croiser. Et pour cause, les habitants de certains quartiers de la ville étaient en grande majorité constitués de rats, de virus, de détritus, de cafards, de criminels et de l'occasionnelle victime potentielle. C'était un grand problème pour les gens considérés comme "normaux", ceux qui payaient leurs factures, avaient un emploi stable et vivaient ailleurs. Pour ceux qui habitaient là et n'avaient jamais connu autre chose, souvent des petites frappes, des dealers, des receleurs, ou tout autre membre de l'économie parallèle l'état des rues d'Otisburg, de Crown Point ou de l'East End était parfaitement normal. C'était même pratique, ils connaissaient chaque recoins et pouvaient fuir les officiers du GCPD ou leur tendre des embuscades, savaient ce qui se cachait derrière chaque façade abandonnée et la désolation qui régnait en ces lieux était très bonne pour le commerce.

C'est en partie pour cela que L'Epouvantail avait élu domicile à Crown Point. Il obtenait quelques rentrées d'argent, juste ce qui lui fallait pour continuer ses expériences, il n'avait qu'à sortir pour se trouver des collaborateurs et beaucoup de bâtiments étaient inoccupés. La petite boutique qu'il avait faite sienne avait été une bibliothèque il y a des années. Raisonnant que le quartier serait plus respectable si les gens avaient un meilleur accès à l'éducation, la mairie avait fait ouvrir quelques petites bibliothèques où les Gothamites pourraient se rendre comme ils le voulaient. Jonathan Crane ne savait pas pourquoi celle ci avait fermé, tout ce qu'il savait c'est que tous les livres ainsi que la majorité des meubles avaient été retirés et que le sous sol était très spacieux. Quand il était arrivé le lieu était un squat pour les junkies en tout genres. Ils étaient devenus les premiers habitants de la cave. Depuis il avait aménagé des cellules en bas qu'il utilisait lorsqu'il n'avait aucune autre cachette en ville. La majorité du rez de chaussée avait été laissé dans le même état de déliquescence que celui dans lequel il l'avait trouvé, mais le reste et le premier étage avaient été sommairement nettoyé et légèrement réaménagé. A part pour le laboratoire. Il avait passé une journée entière à désinfecter toute la pièce avant d'y installer tout le matériel qu'il avait volé, se recréant une salle de jeu dédiée à la fabrication de produits chimiques en tous genres.

Actuellement il était en train de fabriquer des bombonnes de toxine de peur. Pas extrêmement original mais il arrivait qu'on lui en achète et il avait utilisé tout son stock lors de sa dernière alliance avec le Joker. Le travail était répétitif, ça le reposait de devoir passer des heures devant son tableau Veleda à refaire ses calculs encore et encore pour son dernier projet en date. Celui ci n'avançait pas assez vite à son goût et il devait se retenir de mettre son costume en toile de jute pour aller harceler quelques personnes, histoire de se détendre un peu. Mais voilà, il préférait éviter. Son Modus Operandi était très facile à reconnaître et après Cassie Andrews il préférait éviter de recommencer pendant quelques semaines. L'état de la jeune femme avait légèrement agacé un certain officier. Quel dommage ! Ils s'amusaient tellement bien...

Il fut sorti de ses pensées par une comptine. Il se tendit mais une seconde plus tard il se rassit en levant les yeux au ciel après avoir reconnu la voix. Ah. Jervis.
Pour être honnête il était probablement le seul Rogue auquel le docteur Crane accordait une confiance modérée. Il était tout aussi intéressé par le cerveau humain et les comptines que lui, était remarquablement intelligent et il trouvait sa conversation très agréable... quand il ne divaguait à propos de ses sornettes habituelles. Les humeurs du Chapelier étaient aussi changeantes que la direction d'une girouette mais il avait trouvé plusieurs moyens d'influer sur son comportement. S'il lui donnait du thé, il parlerait du Pays des Merveilles, s'il arrivait à le faire rentrer dans son laboratoire ils auraient une conversation très productive qui se finirait sur de nouvelles idées de toxines pour lui, de gadgets pour Jervis. Distraitement il regarda sa montre. Seize heure. Tant pis pour la conversation. Une voix chantante vint lui confirmer cela.

"Mon Lapin !"

Oh non.

"Tu as intérêt à prendre une tasse de thé avec moi ! C'est important... et ça va bien accompagner ce que je dois te dire !"

...

Jonathan se frotta l'arête du nez, déjà épuisé. Oui, ça allait être un de CES jours. Vu le ton, il avait retrouvé une Alice, ça c'était une certitude. Mais en entendant le petit rire qui suivit un frisson désagréable remonta le long de son dos et fit se dresser ses cheveux sur sa tête. Il ne savait pas ce qui pouvait bien trotter dans la cervelle du Chapelier mais il n'était pas certain que ça allait lui plaire, surtout avec une telle entrée en matière. Néanmoins il se dirigea vers ce qui lui servait de cuisine d'un pas vif. Le thé de Jervis était très bon et il avait déjà vu ce que son collègue pouvait faire aux gens qui "avaient trois jours de retard". Il avait beaucoup d'imagination, ça on ne pouvait pas le lui retirer. Il trouva l'autre Rogue au milieu de sa cuisine, une cafetière fumante dans une main, deux tasses dans l'autre et un grand sourire dévoilant ses dents de lapin aux lèvres. La différence de taille entre les deux hommes était ridicule, l'un trop petit et l'autre beaucoup trop grand. Le haut de forme de Tetch n'atteignait même pas le menton de Crane. Il vit, amusé, qu'il n'avait rien trouvé d'autre dans sa cuisine. Mais heureusement pour lui il -l'Epouvantail- prévoyait toujours quelque chose au cas où le Chapelier lui rendrait visite. Il étendit ses bras squelettiques vers l'étagère la plus haute -ça c'était Crane- et tira des gâteaux et du sucre pour Tetch. Tout en fouillant dans son frigo pour trouver du lait il le salua nonchalamment.

" Bonsoir Jervis. Que me vaut le plaisir ?"

Sans attendre la réponse, il s'assit dans une chaise au hasard et lui fit signe de faire de même avant de prendre une des tasses. Avec un peu de chance, le thé l'aiderait à digérer ce que le Chapelier Fou lui avait encore concocté.
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MessageSujet: Re: Deux contes mêlés [PV Dr. Crane / L’Épouvantail]   Mer 26 Mar - 12:45

Deux filles, deux coeurs ravis


Ses yeux pétillèrent en voyant le grand homme roux entré dans la pièce. Jervis devait bien avouer qu'avec le silence qui régnait dans le bâtiment, il n'était pas sûr que son ami soit là. Cela aurait été bien embêtant pour la cérémonie du thé... il fit tinter les deux tasses qu'il avait dans sa main gauche comme pour presser Crane de s'asseoir. Que fabriquait-il encore ? Observant son corps famélique, il le vit sortir d'un placard trop haut pour lui de quoi faire une véritable cérémonie du thé. Tous les ingrédients étaient maintenant regroupés sur la table. Du sucre ! Des épices ! Et des tas de bonne chose ! Tel était au départ les ingrédients servant à peaufiner le plan de Jervis... mais il nota que l'Épouvantail avait fait exprès de placer aussi haut toutes ces bonnes choses, ce qui valut à ce dernier une grimace poursuivit d'un "gngngn". Mais Le Chapelier ne pouvait se mettre à lui faire une scène ou se sentir vexé, non, pas avec son idée encrée sous son haut-de-forme. Jonathan sortait encore du lait ? Ce cher Jervis du se mordre la langue pour réprimer une nouvelle grimace. C'était du gâchis ! Du lait dans du thé... quelle idée. Cela allait anéantir son somptueux goût.

- Bonsoir Jervis. Que me vaut le plaisir ?
- Tout dépend de ta notion du plaisir, mon lapin ! Cela peut-être juste prendre une tasse de thé en ma compagnie ou... ou bien t'emparer d'un oryctolagus cuniculus avec moi.

Madde Hatter lâcha un petit rire avant de s'asseoir en face de lui. Il aimait bien tourner autour du pot et lâcher quelques indices avant de vraiment mettre à table son interlocuteur. Mais avant... il servit le thé et mit plus de trois cuillères à sucre dans les deux tasses. Puis il déblatéra un petit discoure abrégé sur les bienfaits de ces réunions, qu'Alice allait être de retour auprès de lui et que son Lapinou préféré allait enfin pouvoir quitter sa vie solitaire, sa main droite pouvant reposé en paix... A la fin de toutes ces belles paroles, Le Chapelier fit tinter les tasses entre elles en portant un toast à Wonderland et bu une bonne gorgée. Avant que Crane ne s'impatiente trop, Jervis se décida à lui raconter ce qu'il avait derrière la tête, lui faisant déjà un petit résumer de ce qu'il avait vu à l'université cette après-midi. Le Madde Hatter n'avait pas pu se retenir de lui décrire sa belle Alice dans les moindres détailles et il finit par lui parler de l'amie de sa blonde. Il n'eut pas droit au même descriptif, Jervis s'étant arrêté sur le fait qu'elle aille des cheveux bruns. Mais elles étaient amies ! Tout comme Crane et lui ! Alors, il allait de soit que cette brune soit la personne parfaite pour son fidèle lapin. Soudainement, Le Chapelier eut une absence, plongé dans ses pensées. Une brune... un épouvantail... sa mémoire frôlait, mélangeant les écrits de son enfance. Quelques minutes passèrent et pour sortir de son état végétatif, l'homme au chapeau avait chuchoté un nom. Dorothy.

L'étonnement marquait le visage de Jervis qui semblait avoir fait une découverte grandiose. Mais il ne mit pas longtemps avant de reprendre ses esprits et se mettre à rire comme un dément. Maintenant, il en était convaincu. Cette jeune femme était parfaite pour Crane.

Se remettant de son état d'euphorie, Le Chapelier proposa alors à l'Épouvantail de les enlever toutes les deux. Bien sûr, il s'attendait bien à ce que son lapin refuse ce coup. Trop grincheux pour se mettre en tête que son âme soeur était toute proche. Le fait qu'il ne voie pas plus loin que le bout de son nez ne l'aidait pas. Le pourquoi le thé qu'il partageait en ce moment n'était pas si inoffensif que ça. Aillant choisis un de ses sachets contenant un peu de drogue, lui permettant d'influencer sur le choix de l'Épouvantail. Aussi, Jervis ferait en sorte que son lapin ne remarque pas son entour-loupe, ne voulant pas risquer de l'irrité et de perdre toute sa confiance. Madde Hatter regardait maintenant Jonathan d'un nouvel oeil, comme si ce dernier était plus qu'un ami, qu'ils étaient plus semblables qu'ils ne le pensaient.

- Accompagne-moi dans cette danse, mon cher ami ! Tu seras loin d'être déçu, tu peux me croire sur parole ~

Attendant la réponse de son ami, Le Chapelier se saisit d'un petit gâteau et se mit à fredonner une mélodie entraînante. Sa bonne humeur n'était pas prête de partir. Pourquoi la perdre, après tout ? Sachant qu'il s'imaginait déjà de nouvelles cérémonies du thé en compagnie d'Alice, de son lapin et de Dorothy... il ne pouvait qu'en être heureux. Mais avant de déguster tous ces bons moments, il allait falloir les attraper. Dorothy devait jouer le même jeu qu'Alice. Toutes les femmes adoraient se faire chasser de cette manière... cela devait les exciter plus qu'autre chose pour qu'elles se poussent à autant jouer la comédie. Jervis était persuadé qu'après cette partie de chasse-cache, Crane pourrait enfin comprendre à quel point il était palpitant d'enfin mettre la main sur sa belle et de se prêter au jeu du kidnappeur -oui, un jeu. Alice était consentante !- et de finir par se retrouver au lit pour taire ces vagues d'hormones qui les consumaient.

Qu'avait-il de mieux comme activité pour rapprocher deux amis et développer leur complicité ?


[Désolée, c'est un peu court...!]
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MessageSujet: Re: Deux contes mêlés [PV Dr. Crane / L’Épouvantail]   Dim 30 Mar - 15:18

- Tout dépend de ta notion du plaisir, mon lapin ! Cela peut-être juste prendre une tasse de thé en ma compagnie ou... ou bien t'emparer d'un oryctolagus cuniculus avec moi.

Le docteur Crane haussa un sourcil. Oryctolagus Cuniculus… Un lapin ? Il soupira alors que Jervis s’asseyait en face de lui, ses grands yeux fous pétillant d’une lueur malsaine. Ah, il allait donc essayer de se reconstituer un pays des merveilles. Ce ne serait que la, oh, quinzième fois ? Quoi que non. Si cela avait été son plan il ne l’aurait pas formulé de cette façon. Le Chapelier adorait partir dans tous les sens et perdre son interlocuteur afin de pouvoir le surprendre quand il révélait enfin le fond de sa pensée. Mais Jonathan avait été un des meilleurs psychiatres que l’Asile Elizabeth Arkham ait connu avant son licenciement alors il ne se laissait jamais avoir par des tactiques aussi grossières. Pourquoi kidnapper un lapin ? Faisant fonctionner les rouages de son cerveau, ne faisant même pas attention à son hôte. Alors que celui-ci remplissait les tasses de sucre la lumière se fit.

Il avait prit l’habitude d’être confondu pour le « lièvre de Mars », animal semblant fou dans le conte d’origine. Mais ce que les enfants lisant les aventures d’Alice ne savaient pas, c’est que le mois de Mars était la saison des amours pour les lièvres. Il n’était donc pas fou mais en chaleur. Ce qui, dans l’esprit malade de Jervis, signifiait qu’il était lui aussi sexuellement frustré. Si on ajoutait à cela le ton qu’il avait prit en disant le mot « plaisir » et le petit nom qu’il lui avait donné plus tôt… Il se prit la tête entre les mains, ses épaules s’affaissant du poids de sa malchance. Il voulait lui trouver une petite amie. Encore. Les deux derniers fiascos ne lui avaient-ils rien apprit ? Si jamais il le ré-inscrivait sur Craigslist il lui tordrait le cou.

Il fut tiré de ses pensées par le tintement des tasses l’une contre l’autre. Il prit la sienne, avala d’un coup le thé brûlant et trop sucré. A chaque fois qu’il lui faisait une proposition pareille il droguait son thé. Il était devenu un peu plus résistant désormais. Il se resservit une autre tasse. Même la première fois qu’il l’avait fait Jonathan avait su qu’il y avait quelque chose. S’il s’était cru discret avec son grand sourire et son regard se tournant toutes les cinq secondes vers le liquide ambré il était hautement déluré. Ceci dit c’était beaucoup que d’attendre un peu de sens commun de la part d’un schizophrène.

Entendant une référence à l’Onanisme il se servit une troisième tasse. Il savait à quel point Tetch pouvait être persistant et il finirait par accepter de toute manière alors il préférait le faire en se sentant complètement stone. Après avoir vidé la théière alors que Jervis divaguait à propos de sa belle, se noyant dans le breuvage pour le pas avoir à écouter le descriptif TRES poussé qu’il fit, l’Epouvantail se sentait très serein. Calme et un peu endormi. Bon l’autre Rogue allait en profiter éhontément mais il avait moins envie de l’étrangler comme ça. Le reste de son discours lui passa complètement au dessus de la tête, le grand homme maigre s’étant étalé sur le dossier de sa chaise, un léger sourire aux lèvres. Ca lui rappelait l’université, quand il avait utilisé ses compétences en chimie pour se relaxer. Rien de mieux que le LSD, mais faute de mieux le thé spécial n’était pas mal non plus. Il fut légèrement réveillé par un rire dément. Ah, il avait raté quelque chose. Probablement rien d’important.

- Accompagne-moi dans cette danse, mon cher ami ! Tu seras loin d'être déçu, tu peux me croire sur parole ~

- Hmm ? Oh oui, oui bien sur…

Alors que le Chapelier se mettait à fredonner la musique des super nanas en pillant sa boîte de gâteaux Crane se demanda s’il n’aurait pas du écouter plus attentivement… Naaannnnn. Plus drogué que Lindsey Lohan en soirée il pencha sa tête à droite et à gauche, s’amusant des ses troubles de la vision. Il lui semblait sentir quelque chose sur sa tête. Levant sa main pour tâter ses cheveux il cru sentir une paire d’oreilles de lièvre.

Hmm.

Soit Jervis avait amélioré sa formule, soit il en avait trop prit.

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MessageSujet: Re: Deux contes mêlés [PV Dr. Crane / L’Épouvantail]   Lun 7 Avr - 10:17

Futur Wonderland


Avec toutes les tasses que Crane avait bu, Jervis n'avait pas peur d'essuyer un refus. Et comment pouvait-il d'ailleurs ?! Le thé n'était qu'une assurance, après tout. Le blond savait très bien qu'il aurait accepté au simple fait qu'il lui annonce avoir trouvé sa perle rare. Bon, il se serait joué grand timide et aurait au début refuser de suivre son ami. Du moins, c'était ainsi que Le Chapelier l'interprétait. Il lâcha un petit cri de joie et finit sa pâtisserie avec plus de vigueur. Question bonne humeur, il en était presque débordant. Presque. Il ne le serait qu'une fois Alice sur ses genoux et Dorothy dans les bras de son lièvre.

D'ailleurs, il n'y avait pas de temps à perdre. Avalant sa dernière bouchée, il se frotta les mains l'une contre l'autre et planta son regard dans celui de Crane. Hum... ce dernier semblait trop enivrer par son thé pour qu'il puisse lui refuser quoi que ce soit. Parfait ! Jervis avait mal aux joues à force de sourire comme un imbécile heureux et comme pour calmer sa joie, il engloutit le contenu de sa tasse. Alice l'avait très certainement reconnu, même si elle protesterait le contraire. Une joie le jeu lancé, la jeune femme était à fond dans son rôle, prête à se débattre et à appeler de l'aide de ces viles habitant des Merveilles. Cela forçait le Madde Hatter à bien réfléchir sur son enlèvement pour éviter trop d'ennuis.

Il avait beau vouloir aider la GCPD et les justiciers à retrouver leurs "véritables" esprits, il voulait aussi passer du temps avec sa douce. Aider les méchants à devenir gentils était un processus très long... alors attendre que tout le monde soit revenu normal pour profiter de son Alice, c'était la plus terrible des tortures ! Et puis, il doutait que son amour soit contente qu'il ignore leur jeu et ses talents d'actrices aussi longtemps.

Maintenant, il allait falloir établir un plan pour capturer et enlever les deux jeunes femmes. En vue de l'état de Crane, le Madde Hatter avait bien compris qu'il ne pouvait compter que sur lui-même. C'était un spécialiste des kidnappings, avec tous ceux qu'il avait fait, il s'était fait la main. Mais là, il allait devoir relever un défi. Ce coup était beaucoup plus difficile que tous les autres... car oui, ça change tout quand on doit faire disparaître discrètement deux jolies filles. Il y a plus de risque, moins de chance de passer inaperçu, bref, il fallait prendre son temps avec les deux dames avant de passer à la phase "disparatus". Sans oublier que Jervis allait avoir dans les pattes un novice. Bon, certes, Jonathan n'était pas maladroit, ni même empoté de la cervelle, mais il allait devoir se familiariser à quelques règles au cas où si cela dérapait, ainsi que de prendre quelques réflexes.

Parlant de discrétion, le Chapelier se mordit la lèvre inférieure en regardant son ami. C'est qu'il était grand... peut-être trop. Son bon petit lièvre allait devoir se tenir à l'écart quand Jervis s'approcherait de leur deux victimes. Les femmes ont tendance à être plus méfiantes avec les hommes grands. Même Dorothy. La pauvre petite lapine, elle croirait être démasquée et essayerait de fuir. Entraînant avec elle, la belle Alice.

Après de longues minutes de réflexion, Madde Hatter finit tout de même par trouver quoi faire. Mais il allait falloir s'arranger avec son cher Crane pour savoir où ils planqueraient les demoiselles. Un soupçon de lucidité vint éclairer Jervis. Il était logique que s'il les menait dans son Wonderland, une de ces cruelles créatures masquées les retrouveraient plus vite que si elles étaient en ces lieux. Après tout, qui disait blonde enlevée, rimait avec Jervis Tetch. Il était déjà arrivé à l'homme au chapeau de se faire interroger par un de ces terribles justiciers qui le soupçonnait d'enlèvement de femmes qu'il n'avait vu de sa vie. En prenant en compte qu'elles ne s'appelaient pas Alice et qu'il ne l'avait pas retrouvée depuis un moment.

-
Tu as une salle ici qu'on pourrait se servir pour nos deux belles amies, mon lapin ?

Il aurait été judicieux de demander au roux si ça ne le dérangeait pas d'accueillir ici deux donzelles. Mais le Chapelier ne voulait pas perdre son temps à négocier avec lui s'il refusait. Il avait beau être dans un état second qui ne lui permettait pas de trop contester les dires de Jervis, mais ce dernier préférait éviter de lui tendre la perche.

-
Demain mon ami, il faut qu'on soit prêt de l'université à quinze heures moins dix. Toi, tu attendras bien sagement dans ton coin et tu me laisseras faire. Les filles adorent venir en aide aux enfants malades... -retient un ricane- oh oui ! Alice et ta petite hase vont craquer ! Craquer, je te dis ! Et alors, quand je reviendrais vers toi, Dorothy s'accrochera à ton bras et on s'en ira ni vu, ni connu !

De nos jours, il n'y avait pas plus anodin d'être harcelé par des oeuvre caritative ou des associassions soutenant les animaux ou encore les personnes souffrant du cancer. Quoi de mieux pour approcher quelqu'un de cette manière et l'inciter à faire une photo avec un chapeau "fabriquer par un de ces enfants hospitalisés". Alice avait bon coeur, le Chapelier la voyait très mal refuser. Quant à la Dorothy, cela devait être pareil. Et même si elle devenait réticente, la blonde l'encouragerait à faire un geste de bonté. Geste qui les mènera tout droit dans le monde fabuleux qu'est Wonderland.

Sûr de son plan et son euphorie calmée, Madde Hatter ferma les yeux en gardant un sourire satisfait aux lèvres. Quand il les rouvrit, il se leva et observa la bibliothèque depuis le pas de la porte. Pour un endroit de Wonderland, cela manquait cruellement de décoration. Pas assez de couleurs, pas assez de meubles bizarre et d'objets rigolos. Et puis, par-dessus tout, Jervis se devait d'installer une longue table pour faire une véritable cérémonie du thé ! Il profiterait de faire tout cela une fois que Crane aille le dos tourné. Histoire de lui faire la surprise. Car oui, il comptait bien rester squatter dans ces lieux jusqu'au lendemain.

Il allait aussi lui falloir prendre plusieurs bandes neuro-électroniques pour les souris. Autant qu'elles se joignent à la partie pour le prochain thé ! Et pour Alice, il allait partir à la recherche de Cheshire, sachant qu'elle appréciait beaucoup ce félin et que cela devait faire un moment qu'ils ne s'étaient pas vus. Aussi, cela ne devait pas non plus déranger Crane d'avoir un chat dans le coin.
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MessageSujet: Re: Deux contes mêlés [PV Dr. Crane / L’Épouvantail]   Mar 8 Avr - 13:14

Jonathan Crane, aussi connu en temps que l'Epouvantail, l'avatar de la terreur, l'homme qui était passé au rang de légende urbaine à Gotham, celui qui était censé enlever les enfants pas sages selon les mères excédées, celui qui avait causé plus de cauchemars que le croque mitaine, Bloody Mary, Slenderman, la Llorana et la Dame Blanche réunis... était actuellement plus stone qu'une brique. Ceci dit, les briques n'étaient pas en pierres alors cette phrase n'avait aucun sens. Ou si ? A ce propos en quoi étaient faites les briques ? A l'instant il ne se souvenait pas. Et comment faisait on du chèvrefeuille ? Il eut soudainement la vision mentale d'une petite chèvre toute mignonne qu'on roulait dans un tas de feuille avant de l'écraser sauvagement et de mettre son sang dans un flacon. Hmm. Hypothèse intéressante.

Les pensées du docteur tressautaient, tournoyaient et batifolaient joyeusement sans ordre ni raison, mais il n'y voyait aucun problème parce qu'il se sentait extrêmement bien. A la fois apaisé et profondément satisfait, bref heureux de vivre. Le sentiment était si bizarre que c'est probablement pour cela qu'il arrivait à garder un tant soi peu de contrôle sur lui même. Ca lui rappelait l'université. Il y a très longtemps alors qu'il était jeune et moins expérimenté qu'il ne l'était à présent, il avait eut l'idée de produire son propre LSD. Le jeune homme était excellent chimiste, il l'avait prouvé en causant la mort de sa grand mère. L'opération n'était pas difficile et très vite il put tester son propre produit. Il fut extrêmement satisfait du résultat. Bien entendu il ne pouvait pas hurler sur tout le campus qu'il avait de la drogue dans sa chambre, le doyen l'aurait renvoyé. Non, à la place il s'incrusta dans une soirée. Il n'était pas très discret à l'époque mais il n'y avait pas autant de prévention contre l'alcool que maintenant alors ce ne fut pas un problème. Il en versa une bonne dose dans les verres de quelques filles légèrement pompettes et évidemment elles finirent complètement droguées. Il ramena une jolie rousse dans sa chambre d'étudiant, passa une excellente nuit et ne se fit même pas attaquer en justice pour viol parce qu'elle pensait qu'elle avait trop bu. C'était le bon temps.

- Tu as une salle ici qu'on pourrait se servir pour nos deux belles amies, mon lapin ?

La question de Jervis le sortit de ses pensées. Deux belles amies ? Depuis quand avaient ils des amis ? Il associa sa demande avec un kidnapping, pourquoi il ne s'en souvenait plus, et associa le kidnapping avec les sujets d'expériences. Expériences... Non il devait répondre à la question d'abord. Où mettait il les cobayes d'habitude ?

- Il y a ... des cellules dans la cave et une réserve avec une serrure.

Une serrure. Il oubliait quelque chose d'important. Serrure... Porte... Clé !

- Je ne sais pas où est la clé.

Il aurait essayé. A sa décharge qu'il soit capable de former des phrases cohérentes à ce niveau d'intoxication relevait soit d'une résistance inhumaine à la drogue de Tetch, soit une très grande accoutumance. Connaissant leurs relations amicales et l'utilisation très libre qu'ils faisaient du narguilhé de la chenille bleue, c'était plutôt la deuxième option. Mais en même temps de la part d'un docteur fou dirigeant le carrefour de la drogue et d'un scientifique qui vivait perpétuellement dans un monde rempli de lapins en vestons de velours, où le consentement était une notion facultative, il eut été idiot de s'attendre à autre chose. Devant les yeux, les yeux hagards de Jonathan dansaient un ballet de petites huîtres roses - depuis quand les huîtres dansaient, étaient roses et avaient des jambes il n'en avait cure- sur une chanson dont les paroles étaient "c'est toujours très gai et on en a jamais assez; avant arrière dessous dessus; Pour nous réchauffer faisons la source saugrenue !". S'il n'avait pas su que c'était une chanson tirée d'un film de Walt Disney, il l'aurait trouvée hautement perverse. Alors qu'il observait les fruits de mers exécuter une chorégraphie digne des Dallas Cowboys Cheerleaders il entendit la voix de Jervis. Mais elle semblait venir de loin, loinnnnn... Et elle était entrecoupée de ... cancanements ? Mais il était dans un état second et entre ce qu'il croyait entendre et ce qu'il entendait réellement il y avait une sacrée marge.

Ca, c'est ce que Tetch dit:

- Demain mon ami, il faut qu'on soit prêt de l'université à quinze heures moins dix. Toi, tu attendras bien sagement dans ton coin et tu me laisseras faire. Les filles adorent venir en aide aux enfants malades... -retient un ricane- oh oui ! Alice et ta petite hase vont craquer ! Craquer, je te dis ! Et alors, quand je reviendrais vers toi, Dorothy s'accrochera à ton bras et on s'en ira ni vu, ni connu !

Ca, c'est ce que Crane entendit :

- Demain mon ami, il faut qu'on soit coin coin coin coin coin coin coin coin. Toi, tu attendras bien sagement dans ton coin coin coin coin coin coin coin coin coin coin venir en aide aux enfants malades... -retient un ricane- oh oui coin coin coin coin craquer ! Craquer, je te dis ! Et alors, quand je reviendrais vers toi, coin coin coin ton bras et on s'en ira ni vu, ni connu !

Dans ces condition il est parfaitement compréhensible que, ne comprenant rien à ce que le Chapelier Fou pouvait bien raconter, il se contenta d'acquiescer benoîtement. Il ne se demanda même pas s'il aurait du réfléchir avant de hocher la tête parce que les drogues étaient parvenues au summum de leurs puissance. Son amygdale ultrasollicitée et son cerveau embrumé lui envoyaient des images psychédéliques et il ne savait plus du tout quoi penser. En fait il n'était pas du tout capable de penser. Enfin si, mais d'ordinaire il n'aurait pas appelé ça "pensées" mais "sottises tetchaises". Parce que oui, il raisonnait désormais en termes de montres, de temps alternatif, de lapins et de mobilier dansant. A ce propos, si sa tasse voulait bien arrêter de bouger il n'était pas contre reprendre un peu de cet excellent thé.
La suite de la soirée fut très bizarre, même du point de vu d'un bipolaire drogué, c'est dire. Il n'en gardait pas beaucoup de souvenirs. Il croyait avoir dansé à un moment. Avec qui, avec quoi, il ne savait pas, mais il avait dansé. Avec un balais peut être ? Ou alors avec Jervis. Beaucoup plus probable, après tout le Chapelier se mettait tout le temps à danser quand il était de bonne humeur et il lui semblait se rappeler qu'il avait parlé de danser à un moment. De "l'accompagner dans cette danse" plus précisément. Donc il devaient avoir dansé. CQFD. Quoique. Le chapelier était fou, et donc immunisé contre les démonstrations scientifiques. Pouvait on seulement y être immunisé ? Question intéressante.

L'énorme carcasse couverte de cicatrices qu'était le Docteur Jonathan Crane se releva le lendemain matin, le cerveau encore embrumé. Mais cette fois c'était par le sommeil et pas par le thé de Jervis.

Le thé de Jervis !

Il soupira profondément et se frotta le visage pour se réveiller. Qu'avait il encore fait cette fois ? Il se remémora autant que possible la soirée de la veille mais à partir d'un certain point il ne comprenait plus rien aux visions qu'il avait gardées des évènements. Il observa le sol pendant quelques secondes comme un condamné observant la potence avant de se relever d'un geste souple, presque félin. Il prit tout son temps pour s'étirer, faire ses exercices matinaux et s'habiller, il n'avait pas envie d'affronter l'état dans lequel était sa planque tout de suite. Mais quand il eut finit il prit une grande inspiration et du se résoudre à sortir. Il traversa les couloirs le plus vite possible, ignorant totalement son sens de la vision et se guidant à l'habitude vers la pièce à vivre. Il entra, ses yeux toujours aveuglées par les œillères qu'avaient posé son esprit. Malheureusement il ne pu ignorer ce qui s'était passé la veille plus longtemps quand il vit les aimants en forme des tasses de thé sur son frigidaire.

Comme une blonde dans un film d'horreur il se retourna lentement, observant le paysage de désolation qui s'offrait à lui. En fait... c'était pas si terrible. Il avait dessiné sur les murs, ou plutôt d'après les petits dessins de seringues ILS avaient dessiné sur les murs. De toutes les couleurs évidement. Mais après un coup d'oeil rapide il vit que ce n'était que du crayon, ça partirait. La table de sa cuisine improvisée avait été remplacée par celle qui se trouvait originellement dans son laboratoire, beaucoup plus longue. Et les rats du rez de chaussée étaient là, répétant un numéro de cirque avec de petites bandes sur leurs têtes de rongeurs. Il nota mentalement qu'il devrait désinfecter. Tournant autour du divan il vit là le chapeau de Jervis. Celui ci ne se déplaçait jamais loin de son couvre chef, il était donc dans l'autre chambre. Ca n'était pas la première fois que le Chapelier partageait sa cachette alors il n'en s'en formalisa pas et mit de l'eau à chauffer avant d'aller voir si Tetch avait osé désacraliser son labo. Après une inspection rapide il vit que non, il n'était pas suffisamment fou pour cela. Et tout ce qui avait été auparavant entreposé sur sa table était désormais proprement rangé sur ses étagères, chaque chose à sa place. Il sourit.

Rien que pour ça, ça valait le coup de supporter Jervis.

Il finit de préparer le thé de Tetch, avec trois sucres, et son café, prit les tasses et ce qu'il restait des biscuits et chercha dans quelle chambre était son ami. L'étage n'était pas très grand, il trouva la petite silhouette assoupie assez vite. Il posa le tout sur une commode avant de secouer légèrement Jervis pour le réveiller en lui disant bonjour. Il était largement l'heure. Puis il s'appuya contre un mur et sirota son café. S'il se souvenait bien, il était venu pour qu'il l'aide à kidnapper quelqu'un, connaissant l'autre Rogue c'était une Alice, s'il le voulait avec lui, c'était pour lui kidnapper une petite amie. Depuis le temps il connaissait la "logique" -ou manque de- du Chapelier il pouvait prévoir ses plans. Cela tombait bien, il avait récupéré un camionnette brune il y avait à peine deux jours.

-Je pense avoir eut quelques... absences hier soir. Il me semble que nous devons kidnapper plusieurs personnes et j'ai comme l'impression d'avoir déjà accepté.

Il prit une longue gorgée du liquide brûlant avant de reprendre.

-En tout cas il y a du chloroforme et du gaz anesthésique dans mon labo, des cellules dans la cave, et la réserve à une serrure, la clé est dans mon manteau. Quand partons nous ?

A ce stade là de la matinée, il espérait juste qu'il ne s'était pas embarqué dans quelque chose de trop bizarre.

Puis il vit un chat bombé en violet et vert passer qui le regarda en miaulant d'un air désespéré, comme pour le prendre à témoin de son sort dégradant.

...

Jonathan Crane se frotta les yeux. Cette journée partait pour être très longue.
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MessageSujet: Re: Deux contes mêlés [PV Dr. Crane / L’Épouvantail]   Ven 2 Mai - 10:45

Bonté abusée

Quelle délicate attention avait eu Crane de préparer une bonne tasse de thé à ce cher Chapelier qui courrait toujours dans ses rêves. Gentil, oui. Mais sur le coup, le blond avait plus eu l'envie de lui briser le poignet quand ce dernier le secoua pour le retirer des bras de Morphée. Il faisait un si beau rêve... il dansait avec Alice, tournoyant dans un verger avant de s'amuser à se courir après dans un labyrinthe de roses rouges. Et ce sac de paille l'avait empêché d'embrasser sa douce, alors que tout était parfait ! Assis sur un banc, les roses les entourant, l'un contre l'autre, se dévorant du regard, la serrant contre lui et les lèvres de la jeune femme qui l'attiraient de plus en plus... qu'elle fut sa surprise quand le Madde Hatter osa ouvrir les yeux pour voir un roux le saluant. Le romantisme avait quitté son être. Si encore il avait été une femme à la chevelure d'ange, cela aurait passé, mais là... Jervis pris une mine boudeuse avant de pousser un petit râle comme un enfant. Il finit quand même par s'asseoir sur son lit improvisé et tout de suite... il tata sa tête. Il paniqua légèrement à l'idée d'avoir perdu son si beau chapeau. D'un bond, le Chapelier fut sur ces pieds. Il snoba la tasse de thé que Crane lui avait préparé et retrouva vite son couvre-chef avant de revenir calmer en visant son haut de forme sur sa caboche. Maintenant, il pouvait se saisir de sa tasse et en boire une gorgée.

Son lièvre de Mars finit par prendre la parole et ses dires étonna le Chapelier. Il avait eu des absences ? La mine boudeuse de Jervis s'aggrava et il gonfla ses joues en fronçant les sourcils. La colère monta doucement. Gardant ses yeux plantés sur le roux, Madde Hatter appréhendait qu'il finisse par rejeter son plan de kidnapping. Et comment Crane avait-il pu oublier tout ce qu'il avait fait hier soir ? Il s'était passé tellement de choses que cela lui paraissait insensé que l'Épouvantail aille pu tout oublier. Jervis avait complètement zappé que son ami était sous les effets de son thé. On aurait dit une femme aillant pris sur le fait son mari la tromper dans leur lit conjugal.

La soirée passée avait été des plus amusantes ! Après que Le Chapelier avait finit d'exposer son plan à son lièvre, ils s'étaient mis à parler de la décoration de la planque et tout était à partir en une "danse party" avec les rats qui étaient sous le contrôle de l'homme au chapeau. C'est là qu'était apparu Chesire, intéressé par les rongeurs. Bien que le pauvre avait perdu ces belles couleurs, ainsi que la parole. Peut-être avait-il donné sa langue à un autre chat? Et c'est en partant d'un fou rire que Crane et Tetch s'étaient mis à courser le pauvre animal dans tout le bâtiment pour le peinturlurer en violet et en vert. Satisfait de leur travail, ils relâchèrent finalement le chat qui disparut comme Cheshire savait le faire. Puis, les deux hommes s'étaient remis à danser avec les rats jusqu'à ne plus tenir debout. C'est là que Jervis mis la main sur une boîte de crayon de couleur dans un tiroir de la bibliothèque. Incitent son ami à décorer les murs avec lui... ils avaient commencé à bavarder de tout et de rien en produisant des chefs-d'oeuvre avec leurs coups de crayons. L'Épouvantail avait finit par s'endormir, laissant le Madde Hatter vadrouiller sans lui. Le blond armé de son crayon bleu trouva vite le laboratoire de Crane et il fut ravagé. Comme Diable pouvait-il travailler dans un tel bordel ?! Son crayon tombé d'entre ses mains, il s'était mis à ranger tout son beau fouillis avant de vraiment être épuisé. Certes, Le Chapelier était aussi un homme qui rependait le chaos dans chacune des pièces qu'il passait mais... il n'y avait pas pure maniaque que lui dans un laboratoire. Le seul endroit où la notion de Jervis reprend du poile de la bête. Mais il fut trop fatigué pour se rendre compte de sa propre folie. Il eut juste conscience de ramener ses petites fesses là où il se trouvait maintenant et d'avoir sombré dans le Pays des Rêves. Pays qui ressemblait énormément à celui des Merveilles.

La tasse quitta les lèvres du docteur.

-
En tout cas il y a du chloroforme et du gaz anesthésique dans mon labo, des cellules dans la cave, et la réserve à une serrure, la clé est dans mon manteau. Quand partons nous ?

Oh. Il était toujours partant? Le Chapelier eut un sourire jusqu'aux oreilles et ne tarda pas à déposer sa tasse avant de foncer vers son lièvre pour le serrer contre lui. Il était si heureux que le roux ne le déçoive pas... toujours en le serrant contre lui, Jervis éleva la tête pour le regarder et lui répondre.

-
Le mieux serait d'y être à quinze heures trente. Chic, chic, chic ! Nous allons enfin vraiment pouvoir profiter de la vie avec elles, mon lapin !

Il finit par lâcher l'Épouvantail et se recula en tournant sur lui-même en écartant les bras. Alice sera enfin à lui... il sera enfin entre ses jambes... il pourra enfin s'emparer d'elle... la goûter... la dévorer... la faire crier.... la posséder. Tout sourire, il saisit dans ses bras Chesire qui était arrivé dans la pièce et reprit son calme en caressant le félin. Madde Hatter répéta à Crane ce qu'il devait faire arriver sur place et sans plus tarder, il finit sa place avant d'aller lui aussi chercher quelques matériels dans sa planque.

Le temps passa vite et l'heure de kidnapping approchait à grands pas. Les deux affreux étaient sur place. Habituellement, Jervis était des plus jovial et des plus confiant avant un enlèvement. Mais cette fois, il était quelque peu nerveux. Est-ce que Dorothy allait lui plaire? La question était plutôt "pourquoi elle ne lui plairait pas?". Le Chapelier n'était pas du tout intéresser par cette brune, mais... son instinct lui disait que c'était la bonne pour Crane. Plus que les autres filles qu'il avait essayé de caser sous le bras de son lièvre. Ce n'était plus le moment d'hésiter de toute manière. Il avait aussi pris le temps de modifier son costume. Son identité était connue du publique après tout et Batman l'avait fait passer pour un grand vilain méchant. Il fallait donc éviter d'apeurer leurs victimes en faisant en sorte qu'elles ne fassent aucun lien entre lui et sa réputation de fou de la théière.

Un panier remplit de diverses chapeaux, diadèmes et autres, le Madde Hatter approcha les deux femmes quand elles sortirent de l'université. Il plaida pour une association pour les enfants atteints de leucémie dont les parents n'avaient pas les fonds pour payer les soins nécessaires. Il continua de les baratiner sur ce sujet, en leur proposant deux couvre-chefs en échange d'une simple photo. Photo qui était bien sûr pour les enfants malades, les prouvant que des gens les soutenaient dans leur combat. Dorothy restait méfiante, mais quand sa belle amie -qui a cru sur toute la ligne Jervis- mit le diadème d'Alice, la brune finit par suivre le mouvement. Enfilant, elle aussi le diadème aux oreilles de lapin. Le sourire du Chapelier se fit plus grand, amplifiant l'éclat de folie qui illuminait ses yeux. Et tout en chantant cette comptine d'un joyeux non-anniversaire, il arriva vers l'Épouvantail accompagné des deux jeunes femmes. En douceur et sans violence. Du chloroforme et du gaz anesthésique ? Pfff, démodé !

Comme les sages petites filles qu'elles sont, Alice et Dorothy s'installèrent à l'arrière du fourgon. Le Chapelier entra aussi pour les ligoter. Question de sécurité. Elles avaient beau être sous son contrôle, le risque qu'elles perdent leurs diadème durant le trajet était présent. Il n'y avait plus qu'à rentrer pour déguster ce qu'il avait attrapé.

-
Alors, mon lapin ? Comment tu la trouve ?
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MessageSujet: Re: Deux contes mêlés [PV Dr. Crane / L’Épouvantail]   Mer 21 Mai - 0:56

En entendant que Jonathan était toujours prêt à venir kidnapper de pauvres jeunes filles sans défenses avec lui Tetch avait été… Disons, enthousiaste. Euphemisme ne décrivant pas vraiment la façon dont le Chapelier s’était jeté sur son collègue pour le serrer contre lui. Et le gêner horriblement. S’il avait été homme à aimer les câlins, il aurait fait « Bisounours » comme plan de carrière, pas « Dieu de la Peur ». Fort heureusement il finit par le lâcher pour se rabattre sur le pauvre félidé bariolé tout en babillant sur leur plan à venir. Il ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel en voyant l’animal. S’il n’était pas parti, c’est qu’il comptait rester. S’il comptait rester, cela voulait dire qu’en plus de lui trouver une petite amie, cette fois ci Tetch lui avait aussi trouvé un animal de compagnie.

Il avait un mauvais historique avec les animaux. Il en avait adopté trois en tout. Un chaton que Granny avait noyé, une pie qu’il avait appelée corbeau et une corbeau qu’il avait appelé cauchemar. Il n’était pas doué pour les nommer, ni pour s’en occuper, ni pour les garder. Ainsi donc, il décida que le nom dont le chat serait affublé serait Sayonara. Ca irait plus vite.

Vers quinze heure, alors que Crane était au beau milieu d’une expérience, son très exubérant collègue le prit par sa blouse et le traina à sa suite. Le maître des phobies eut à peine le temps de prendre ses clés et deux doses de toxine au vol qu’ils étaient déjà sortis de la librairie et qu’il l’exhortait à se dépêcher. Pour l’aller, Tetch prit le volant.

Ce n’était pas une erreur que referait le Docteur Jonathan Crane.

Il conduisait la voiture de la même façon qu’il parlait dans un sens, tournant dans tous les sens à une vitesse bien supérieure à la limite autorisée, renversant des poubelle, évitant les piétons de peu, ignorant toutes les lois de sécurité élémentaire et que le diable l’emporte mais il était certain qu’à un point donné Jervis avait tenu le volant avec ses genoux. Il n’avait pas vraiment eut peur, il avait vécu bien pire merci, mais cela ne l’avait pas empêché de se cramponner à son siège. Crane préférait éviter de passer par la case hôpital pour cette fois. La seule raison pour laquelle ils ne furent pas arrêtés était qu’il n’y avait presque plus de policiers en ville, lesquels devaient gérer des problèmes autrement plus grave qu’un chauffard dans le quartier universitaire.

Cependant si Tetch était le pire conducteur qu’il lui avait été donné de rencontrer, il était un excellent criminel. Il resta dans la camionnette, observant de loin le « professionnel » à l’œuvre. Jervis avait une stature peu imposante. Ses joues rondes et ses incisives un peu trop longues lui donnaient un air benêt. Les gens se sentaient rarement menacés par lui, c’était probablement sa meilleur armes. Les deux jeunes femmes y succombèrent donc, bien que la brune semble émettre quelques réticences. Rapidement, mais pas trop pour ne pas éveiller les soupçons, Tetch revint vers leur moyen de transport avec ses « prises » semblant très fier de lui.

- Alors, mon lapin ? Comment tu la trouve ?

Pour être très honnête elle n’était probablement pas son genre mais pour l’instant il était plus préoccupé par leur fuite. Il avait beaucoup de choses à faire et absolument aucune envie de se retrouver derrière les barreaux pour un crime aussi futile. Il répondit donc assez distraitement en prenant le volant, pressé de s’éloigner.

- Elle est charmante en effet, mais je pense qu’il vaudrait mieux que nous partions assez vite. Je n’ai peut être pas autant d’expérience dans les kidnappings que toi mais quand je collecte des sujets d’expérience je retiens toujours trois mots. Rapide. Discret. Efficace.

Sans rajouter quoi que ce soit il prit une paire de lunettes de soleil, cachant ses yeux si distinctifs et mit le moteur en route. Comme il s’en était douté la traversée fut entrecoupée d’un long discours de Jervis. Il racontait à sa Alice flambant neuve tout ce qu’il avait fait pour la retrouver, parlait de leur « jeu », du fait qu’ils resteraient chez Crane quelques temps… Quoi ?

Merci de le prévenir. Enfin, ça aussi il s’en était douté. Mais des fois il se demandait si c’était la folie de Tetch qui l’avait rendu ainsi, ou si c’était tout simplement parce qu’il ne possédait pas une once de décence dans ton son corps chétif.

Très vite Tetch prit Alice par le poignet pour faire Dieu sait quoi. Bon d’accord, Crane aussi savait quoi. Il préférait juste l’ignorer quand ça se passait chez lui et à ce stade là il se disait juste qu’hôte ou pas, le Chapelier se débrouillerait pour nettoyer la chambre. Et enlever le cadavre quand l’heure viendrait. L’Epouvantail n’était pas dupe, il savait très bien comment marchait le cerveau du scientifique fou et pour l’avoir vu rejouer ce même scénario macabre maintes et maintes fois il savait aussi comment ça se terminerait.

Ceci dit, il avait un autre problème sur les bras.

Il regarda la jeune femme de haut en bas. Elle était effectivement attirante mais son regard complètement vide lui retirait tout son charme. Tetch ne voudrait probablement pas qu’il expérimente sur sa « petite amie », pour je ne sais qu’elle raison sortie de son cerveau malade et il ne voulait pas le contrarier inutilement. De plus, Jonathan Crane lui-même n’était pas très intéressé par le sexe. C’était plutôt l’épouvantail et ce dernier n’était pas présent à l’instant. Il se retrouvait donc avec une jeune femme affublée d’oreilles de lapin plantée comme un piquet au milieu de sa pièce à vivre et il ne savait pas du tout quoi en faire.

Il poussa un profond soupir, las. Puis sentant le mal de crâne poindre, il se dit qu’il réfléchirait à tout cela plus tard. Le docteur prit un exemplaire élimé de La Traque par Richard Matheson et se laissa tomber dans son sofa. Au bout de quelques pages, se rendant compte que de la savoir plantée comme un piquet gênait sa lecture, il émit un petit son agacé et s’adressa sèchement à elle.

« Viens t’asseoir. »

Lentement et sans se départir de son air morne elle s’avança et s’assit à côté de lui. Pour faire bonne mesure, il passa son bras autour de ses épaules… C’était encore plus bizarre. Hmm. Il s’y ferait probablement.

De toute façon soit c’était ça, soit Jervis allait bouder pendant des semaines.

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MessageSujet: Re: Deux contes mêlés [PV Dr. Crane / L’Épouvantail]   Dim 25 Mai - 0:56

Plus, il en faut plus.

Rentrés au bercail, il tardait à Jervis de passer du temps avec Alice en toute intimité. Il fallait dire que cela faisait longtemps qu'ils n'avaient pas pu profiter du corps de l'un et de l'autre. C'est en se faufilant dans "sa" chambre qu'il fit bien comprendre tous ses intentions sur l'activité qui allait suivre. Et puis, ce n'était pas une mauvaise chose que sa blonde et lui restent rien que tous les deux. Cela laissait Crane et sa lapine faire plus ample connaissance et peut-être qu'ils... passeraient déjà à l'action ? Après tout, son lapin de Mars devait être très enclin à prendre possession de sa nouvelle copine. Qu'est-ce que Le Chapelier était fier ! Au point qu'il ne put s'empêcher d'en parler à Alice une fois leur long ébat terminé. Allongés sur le lit, il caressait le dos nu de la jeune femme en la regardant dans les yeux. Qu'est ce qu'elle était belle... à chaque fois qu'il la retrouvait, elle gagnait en beauté. A croire que leur jeu l'aidait à bien s'épanouir. Elle restait une enfant dans l'âme, adorant toujours leur jeu de chasse. Les tous petits jouaient à chat, se laissant tour à tour pourchasser. Les grands, eux, préféraient pimenter la partie. Toujours le même prédateur, toujours la même victime et toujours la même récompense. Le sexe.

Alice lovée contre lui en le fixant de ses yeux mornes, Madde Hatter se mit à réfléchir tout en jouant avec les mèches de cheveux de sa belle. Oui, il était très heureux maintenant qu'elle soit là. Et il devait avouer qu'il avait adoré le temps qu'il avait passé avec l'Épouvantail. Il formait un petit Wonderland à eux quatre. Mais Jervis savait bien que ça n'allait pas durer. Il allait devoir rentrer à Storybook land et ça, sans Crane et Dorothy. Le couple mère de son histoire allait se retrouver seul dans un lieu aussi immense. Le sourire s'était vite estompé à l'idée d'être à nouveau habité par le vide. Il avait beau avoir Alice et quelques invités toujours sur le siège de sa longue table blanche, mais ils étaient tous très peu loquasse. Non... là n'était pas le problème. C'était lui qui les forçait à parler. Avant même que ces gens n'ouvrent leur bouche, il savait déjà ce qu'il allait entendre. Ils étaient sous son contrôle. Ils ne pouvaient répéter que ce que leur maître leur avait ordonné de dire. Rien de plus. Ce n'était qu'à de rare moment qu'il s'en rendait compte. Se mentir à sois-même était tout ce qu'il s'était fait depuis sa tendre enfance et ce depuis qu'il avait lu ce conte du pays des Merveilles. Il n'aimait pas et n'aimerait jamais Jervis. Il préférait être le Chapelier et il allait tout faire pour le rester. Montant sa pièce d'année en année, il se rendait bien compte que quelque chose clochait. Son monde était là, mais il y avait toujours un trou béant qu'il ne savait pas comment boucher.

-
Quelque chose ne va pas mon Madde Hatter ?, demanda Alice.

Le Chapelier sonda le regard bleuté de sa belle sans lui répondre. S'il lui retirait son diadème, est-ce qu'elle se serait fait du soucis pour lui ? Est-ce qu'elle lui aurait posé cette question sans qu'il n'y ait pensé pour pouvoir faire la conversation ? Il était peut-être fou, capable de faire la conversation durant des heures, mais il devait lourd de dicter aux autres ce qu'ils devaient dire. L'homme au chapeau avait besoin de quelqu'un prêt à rester près de lui dans son repère et qui partagerait le même grand centre d'intérêt que lui. Wonderland. C'était ce qui lui manquait pour être véritablement heureux. Jervis finit tout de même par sourire, embrassant Alice avant de lui dire que tout allait bien. Puis il sortit du lit pour s'habiller et laissa la blonde faire de même pendant qu'il sortait rejoindre Crane et Dorothy.

Un baume se glissa sur son coeur en voyant ses deux lapinous. Ils avaient l'air si bien l'un contre l'autre. Heureux.

-
Tu lui lis une belle histoire, j'espère ?, plaisanta-t-il.

Sa notion de sa réalité s'évapora aussi vite qu'elle était venue. A la différence que maintenant, Madde Hatter savait qu'il allait lui falloir une technologie plus avancée pour ces puces ainsi que de nouveaux soldats à sa solde. Il y avait plus d'un membre important du pays des Merveilles qui manquaient à ses côtés après tout ! Et il n'allait pas dire non à d'autres habitants de participer activement à la remise en forme de leur monde perdu.

Son regard se perdit sur Crane. Il allait encore avoir besoin de lui. Encore fallait-il qu'il accepte. L'heure du thé arriverait-elle plus vite que prévue ? Non. Il ne pouvait pas bafouer les heures. Attendre de lui en parler ? Il y songea quelques instants avant d'oublier cette idée. Jonathan était son ami, son lapin, il ne pouvait refuser de donner de lui donner encore un peu d'aide ! Et puis il ne lui demandait pas d'aller décrocher la lune. Juste de... repérer des gens qui pourraient bosser pour lui et de les kidnapper. Ce n'était pas la mer à boire. Puis ça ne pouvait que renforcer le CV de Crane ! Le kidnapping, c'est l'avenir ! Et le monde du stalkage ne s'apprenait pas des plus facilement. Chose qu'il faut connaître pour faire un bon enlèvement. Au final, tout ça n'était qu'une bonne entraide. C'est sur cette bonne pensée que le Chapelier s'installa sur le canapé à côté d'eux, assis à la droite de Crane. Son grand sourire indiquait bien qu'il allait lui demander un service. Il se retenait, attendant sagement que son lapin finisse sa phrase et lève son nez de son bouquin. Bouquin dans le nom lui plaisait bien.

-
Tu sais que tu es mon meilleur ami et que personne ne pourra te remplacer, hein mon lapin ? Mais vois-tu... je sais que tu ne veux pas venir vivre dans mon bon quartier. Alors, je me sens seul. Oui, j'ai Alice maintenant, mais ce n'est pas la même chose ! Tu sais comment sont les femmes, non ? On ne peut pas tout leur dire et pas plaisanter sur tout. Et puis... Alice ne pense qu'à jouer. Ce que j'aime beaucoup, bien sûr ! Mais il me faudrait d'autres habitants qui pourraient m'aider à restaurer Wonderland. J'avais pensé à Tweedledum et Tweedledee. Mais il me faudrait aussi d'autre membre pour m'aider à diriger les habitants qui ont retrouvé leur identité.

Il fit une pause. Il n'avait pas vraiment formulé de question, tout simplement parce qu'il ne savait pas comment s'y pendre. Mais Jervis espérait bien qu'il ait compris où il voulait en venir avec tout son baratin. Et s'il venait tout de même à refuser ? Il ne ferait aucun doute que l'homme au chapeau tirait la gueule et forcerait Crane à venir vivre avec lui à Storybook land. Il se verrait essuyer un deuxième refus. Chose qu'il ne supporterait pas. Alors, les deux hommes risqueraient bien de finir pas se taper dessus. Malheureusement, celui qui souffrirait le plus de cette dispute, se serait le Madde Hatter. Il adorait bien trop son lapin pour voir le lien se réduire à celui d'ennemis. A n'en pas douter qu'il s'en mordrait les doigts, ou même à manger son haut-de-forme.

-
Un peu de thé ?

Se levant, Jervis était bien décidé à en remplir toute une théière à ras bord en espérant que son nectar ravirait assez son lapin pour qu'il accepte son dernier caprice de se créer une nouvelle équipe. Bien sûr, le Chapelier pourrait bien faire ça seul. Mais cela prendrait bien plus de temps que si l'Épouvantail ne lui donnait pas un peu d'aide. Gotham avait beau être une grande ville, on ne trouvait pas de parfaits candidats au coin de la rue la plus proche. Comme en plus Crane était devenu un homme assez "populaire" sur son territoire, le Chapelier espérait qu'il puisse lui donner des informations lui permettant de trouver assez vite des personnes prêtes à se battre pour reconstruire Wonderland.

Pendant que l'homme au chapeau était parti faire son thé, Alice était arrivée vers les deux lapins. Le chat bariolé, joliment nommé Sayonara, dans les bras, la blonde se mit à faire la conversation, se comportant comme la véritable Alice. Elle ne demandait que des choses bien basiques à Crane, lui rabâchant aussi le fait qu'il fallait plus de membre à leur équipe pour vaincre le jaberwockies et tous ces monstres qui étouffent Wonderland avec cette ville infâme du nom de Gotham. Tout cela en espérant que l'avatar de la peur accepte de donner un coup de pouce à Jervis. Ce dernier revenu et servi à tous une tasse bien remplie de sa spécialité. Surtout celle de Crane.
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MessageSujet: Re: Deux contes mêlés [PV Dr. Crane / L’Épouvantail]   Mar 27 Mai - 21:32

Assis confortablement dans son divan, les choses semblaient plutôt positives pour Crane, ce qui était assez rare. Tetch était trop occupé pour l’enquiquiner, Batman avait disparu, il avait désormais du temps libre puisqu’il avait délégué certaines tâches à Karla et Scarlett, sa cachette était confortable, sa formule chimique était en train de décanter, il avait un livre excellent sur les genoux et une fois habitué, il fallait admettre que la « lapine » faisait un repose bras très décoratif.

Naturellement, ça ne pouvait pas durer.

- Tu lui lis une belle histoire, j'espère ?

Et bien ça dépendait de ce qu’il entendait par une belle histoire. Selon Crane, suivre d’heure en heures un homme fuyant pour sa vie était particulièrement amusant, mais les goûts et les couleurs ça ne se discute pas et tout le monde n’aime pas les romans d’horreurs. Il observa son invité qui s’était invité tout seul du coin de l’œil, refusant de se détourner de son ouvrage. Comme d’habitude il avait vu juste pour ce qui était de ses occupations. Le Chapelier était bien heureusement rhabillé, mais il pouvait voir que ses joues étaient roses et brillantes et ses cheveux encore un peu ébouriffés. Son sourire fit remonter un frisson désagréable le long de sa colonne vertébrale. Tetch allait encore lui demander un service. L’Epouvantail en aurait mit sa main au feu. Il se raidit. Pas question. En moins de vingt quatre heures le schizophrène avait peint son chat, re décoré sa cuisine, squatté chez lui, l’avait traîné dans un kidnapping, lui imposait la présence d’une captive aussi utile qu’un portemanteau alors il estimait qu’il en avait assez fait. Si Jervis voulait encore quelque chose il allait le payer.

Le blond s’assit à la droite du roux et lui jeta un regard qui n’aurait pas déteint sur un merlan frit.

Non.

Sentant son regard sur son épaule, Crane leva les yeux de sa lecture pour le regarder en fronçant les sourcils. Comprendrait-il le message ?

- Tu sais que tu es mon meilleur ami et que personne ne pourra te remplacer, hein mon lapin ?

Son regard noir s’intensifia.

-Mais vois-tu... je sais que tu ne veux pas venir vivre dans mon bon quartier. Alors, je me sens seul. Oui, j'ai Alice maintenant, mais ce n'est pas la même chose ! Tu sais comment sont les femmes, non ?

Non.

-On ne peut pas tout leur dire et pas plaisanter sur tout. Et puis... Alice ne pense qu'à jouer. Ce que j'aime beaucoup, bien sûr ! Mais il me faudrait d'autres habitants qui pourraient m'aider à restaurer Wonderland.

Crane leva les yeux au ciel. Cela faisait un certain temps qu’il avait arrêté de compter le nombre de fois où il lui avait dit ça.

-J'avais pensé à Tweedledum et Tweedledee. Mais il me faudrait aussi d'autre membre pour m'aider à diriger les habitants qui ont retrouvé leur identité.

Il y eut une pause, que le docteur mit a profit pour lui lancer un regard profondément sceptique.

- Un peu de thé ?

Et il partit vers le coin cuisine. Crane soupira profondément et laissa tomber son livre sur la table basse. Tetch voulait encore le traîner avec lui dans ses kidnappings. Probablement qu’il établisse un profil psychologique des futures victimes tant qu’à faire. Il envoya la brunette jouer ailleurs tandis qu’il réfléchissait. Ca allait lui prendre du temps. Beaucoup de temps. Et le Chapelier squatterait chez lui pendant tout ce temps. Il pouvait comprendre sa haine pour la solitude. Cela n’était que la nature humaine après tout. Mais pour l’amour de la raison, si Jervis continuait à le prendre pour un bleu il aurait du mal à se retenir de le gazer. L’Epouvantail avait commencé le meurtre, le vol, la confection d’armes chimiques et autres joyeusetés alors qu’il n’avait que quinze ans. Non, il n’avait pas besoin qu’on lui enseigne quoi que ce soit. Sauf peut être comment se comporter de façon sociable mais de ce qu’il savait son collègue était loin d’être le mieux placé pour ce travail là.

Très vite il entendit l’eau frémir et Jervis chantonner en remplissant sa théière. Un coup d’œil vers les petits dessins sur son mur convainquit Crane qu’il avait prit suffisamment de drogue pour le restant de la semaine. Plus que ça et il risquerait des dommages irréversibles. Il aimait son cerveau. Il l’avait servit fidèlement durant les trente trois dernières années.

L’Epouvantail croisa les bras en voyant le blond arriver avec son grand sourire qui ne trompait personne et remplir une tasse pour la fourrer entre les mains de Crane. Le psychiatre prit tout son temps pour alterner entre regarder Tetch et le breuvage, sourcil droit arqué pour lui montrer qu’il savait ce qu’il y avait dedans et était fort peu impressionné par son attitude. Le sourire du Rogue se fit immédiatement moins confiant.

- Je croyais que ça mettait le Temps en colère quand tu ne prenais pas ton thé à seize heures ?

Il reposa lentement la tasse, sachant parfaitement qu’il n’insisterait pas. L’avantage d’écouter toutes les niaiseries de Jervis, c’est que par la suite il pouvait les retourner contre lui. Joignant ses mains calmement il le fixa quelques instants pour le faire se sentir mal à l’aise.

- Ca fait combien de temps qu’on se connait ?

Question tout à fait rhétorique dont ils connaissaient la réponse tous les deux : un certain nombre d’années. Au moment où son collègue ouvrit la bouche pour répondre il le coupa.

- En toutes ces années t’ai-je une seule fois faussé compagnie ? Ai-je jamais refusé de t’aider à reconstruire ton Wonderland malgré le nombre de fois où Batman nous es tombé dessus ?

Encore une fois la réponse était évidente. Le Chapelier et lui étaient amis, ils étaient plus que des alliés et l’Epouvantail savait à quel point ce genre de liens étaient précieux dans une ville telle que Gotham City. Mais tout cela il le disait surtout pour le faire se sentir coupable, ce à quoi il excellait. Ca, c’était pour avoir refait la décoration. Il prit l’anse de la tasse avec deux doigts et la renversa pour remettre le liquide dans la théière.

- Je n’apprécie pas ce genre de stratagèmes Jervis. Je suis ton ami, non ?

Et ça c’était pour le pot de fleur humain. Et la touche finale…

Crane soupira en se levant, faisant apparaître une toute petite pointe de rancœur dans sa voix.

- Après tout ce temps, j’aurais espéré que tu me fasses un tant soi peu confiance. Je vais me faire du thé.

Non mais.
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MessageSujet: Re: Deux contes mêlés [PV Dr. Crane / L’Épouvantail]   Lun 23 Juin - 16:37

Honneur du chapeau


Jervis n'aurait pas pensé que la situation se retourne contre lui. Du moins, pas aussi durement.

-
Je croyais que ça mettait le Temps en colère quand tu ne prenais pas ton thé à seize heures ?

Ô oui ! Très en colère, même ! Il fallait même éviter d'en parler, de peur que le Temps ne s'intéresse à la discussion et se décide de sévir. Il n'aime pas qu'on parle de lui et encore moins être au centre de l'attention. D'ailleurs, dès que l'Épouvantail finit de poser sa question, Le Chapelier ne put se résister à regarder de tous les côtés pour être sur de ne pas avoir attiré ce dernier. Il frissonna aussi légèrement à l'idée de voir le Temps tonner sa colère. C'était pire que d'avoir le ciel qui lui tombe sur la tête ! Ce qui étonnait aussi le Mad Hatter, c'est que son lièvre lui en fasse la réflexion. D'habitude, il s'en fiche un peu. Beaucoup même. Avait-il compris à l'avance les autres services que Jervis allait lui demander ? Bon, il était vrai que le regard du roux lui avait mis sur la piste. Mais bien qu'il s'y force, l'homme au chapeau ne comprenait pas sa réaction. Ce n'était pas la mer à boire de l'aider à kidnapper d'autres habitants spécifique à Wonderland pour les remettre sur le bon chemin. Si ? Mais c'était pour le pays des Merveilles, bon sang ! Il fallait bien qu'il aille plus d'aide pour pouvoir avancer dans sa quête de reconstruction.

Pour une raison qui lui était inconnue, Mad Hatter était mal à l'aise. Il n'avait pas l'habitude de ressentir ce genre de choses, et cela le fit légèrement se s'agiter sur son siège. Peu à peu, il prenait conscience du travail qu'il imposait à son ami. Crane enchaîna en lui demandant quand ils s'étaient rencontrés, mais il ne laissa pas le blond répondre.

-
En toutes ces années t'ai-je une seule fois faussé compagnie ? Ai-je jamais refusé de t'aider à reconstruire ton Wonderland malgré le nombre de fois où Batman nous es tombé dessus ?

Conscience: Oui Jervis, tu ne peux pas lui demander ça ! Il a autre chose à faire que de subir tes échecs. Tu es un grand garçon, tu dois te débrouiller tout seul.

Mais ne faisait-il déjà pas assez tout seul ? Le Chapelier n'était pas un homme à rester dans son coin, coupé des autres. Et on ne pouvait pas dire que ces invités aux repères soient très bavard. Ils étaient même tout mort... la tête en bas, les yeux vident figés et ouverts, la bouche ouverte, de la salive dégoulinant, les insectes venant se repaître de leur chaire putride... tant dit qu'Alice... et bien, Mad Hatter s'attendait tout bientôt à ne trouver qu'un mannequin dans son lit et sa belle de retour en cavale dans la ville. Il n'avait personne d'autre. Il n'avait que son Épouvantail. Il avait besoin de lui pour battre Batman et refaire vivre son monde perdu.

-
Je n'apprécie pas ce genre de stratagèmes Jervis. Je suis ton ami, non ?

Conscience: Nous allons trop loin. Il a raison. Comment ai-je pu lui faire ça... à mon seul ami !

Stra-ta-gèmes ? Pourquoi avait-il remit son thé dans la théière ? Pourquoi voulait-il se faire lui-même du thé ? La conscience disparut et sa culpabilité suivi. Non, Jervis n'était pas capable de comprendre. Ou alors, un tout petit peu. Mais pour lui, ce n'était pas si dramatique. Pour lui, il ne dépassait pas les bornes. Incrédule, il regarda Crane se lever et se diriger vers la cuisine.

-
Mais je te fais confiance !

L'incompréhension pouvait se lire sur son visage. Il croisa les bras, étant à deux doigts de bouder. Il se retenait de le faire, vraiment. Mais il savait plus que tout qu'il avait besoin de lui pour trouver ces prochains sbires. Peut-être pas pour les enlever, mais au moins pour trouver les personnes pouvant remplir le poste. Il n'avait beau pas comprendre, Le Chapelier essayait d'aller dans son sens.

-
C'est le dernier service que je te demande. Après, tu auras la paix. Je ne viendrai plus t'embêter, si c'est ça que tu désires.

Le peu de conscience qui lui resta souffla avec peine une question qui rendit Le Chapelier aigris. "En es-tu sûr que tu n'auras plus à lui quoi que ce soit ?", Jervis répondit à haute voix des "non" qui se faisait de plus en plus colérique. Voyant sa tasse tremblée entre ses mains, il se décida à en prendre quelques gorgées pour essayer de se calmer. Il n'avait beau pas être touché par la culpabilité, cette histoire lui avait fait comprendre une seule chose. Son honneur était touché. Le cerveau étriqué du blond lui criait que c'était ça le message que son lièvre voulait lui faire passer. Il était le Chapelier, le Gardien de Wonderland, pas un simple homme à chapeau qui réclame toujours de l'aide de droite à gauche. Plus il y pensait, plus il s'énervait. Il n'attendit pas le retour de l'Épouvantail.

Accompagné de son Alice, Le Chapelier vagabonda dans les rues jusqu'à retourner à son repère. Laissant la jeune femme emballer les corps de ses anciens invités dans des sacs plastiques avant de nettoyer le lieu, Jervis s'était enfermé dans son labo. Il effectua une recherche internet en se servant de plusieurs réseaux sociaux. Cela semblait irrationnel d'employer ce genre de site, mais beaucoup de monde ignorait les perles qu'on pouvait trouver dessus. Au bout de quelques heures, une liste de noms défila sur l'écran informatique. Mad Hatter prit le temps de s'informer sur eux et il finit par envoyer les données à l'Épouvantail. Finalement, Jervis n'aurait besoin de son ami que pour deux personnes. Sa future licorne et son futur lion. Deux hommes pleins de force qu'il ne pourrait approcher sans un peu d'aide. Jervis savait déjà comment il pourrait entrer en contact avec le cheval à la corne. Ce dernier était un grand sportif, bien qu'il ne soit pas connu du publique. De ce que Jervis avait pu grappiller comme infos, ce cher étalon venait de se faire quitter par sa femme et se devait de voir un psy étant tombé dans la dépression. Si les souvenirs du Chapelier n'était pas mauvais... il lui semblait que son cher lapin avait fait profession en tant que psychologue. Peut-être que renouer avec son ancien métier lui ferait plaisir ? Du moins, juste quelques minutes, le temps de lui servir un de ses thés spécial. Pour son gang, le blond ne pouvait pas se contenter de lui coller une de ses cartes sur le front. C'était beaucoup plus complexe... quant à son félin, il allait devoir réfléchir à sa technique d'approche. Il n'avait pas réussi à avoir beaucoup d'informations sur ce dernier. Tout ce qu'il avait pu en tirer, c'était qu'il était un boxeur amateur assez populaire dans les combats clandestins. Pour dresser un fauve, il faut lui faire peur. C'est le seul moyen d'obtenir son respect. Un peu de gaz de terreur lui ferait le plus grand bien ?

A savoir si l'Épouvantail allait accepter de faire ça pour lui. Patiemment, Jervis attendait une réponse à son mail, profitant d'aider Alice dans son ménage. Il fallait trouver un endroit où mettre les corps de ses anciens invités. Les pauvres... il fallait bien leur trouver un toit. Sa blonde se saisissant de pelles et deux hommes masqués encore en vie se saisissant des corps, ils suivirent le Chapelier à l'extérieur pour trouver le parfait coin de terre où les placer. Il repensait aux paroles de Crane tout en regardant ces sbires creusés le sol. Avait-il abusé de lui ? Vraiment ? Jervis n'arrivait pas à se faire à cette idée. A l'avenir, il se promit de ne plus se reposer sur les épaules du roux.
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MessageSujet: Re: Deux contes mêlés [PV Dr. Crane / L’Épouvantail]   Dim 29 Juin - 22:04

Quand l’Epouvantail se retourna, tasse de thé à la main et un air profondément satisfait sur le visage, il fut assez surpris. Oh bien sur il avait entendu les protestations du Chapelier. Comme quoi c’était bien évidemment le dernier service qu’il lui demanderait et cætera… Mais le docteur savait prendre ces promesses avec un grain de sel. Honnêtement, le jour où il arrêterait de venir lui demander de l’aide n’était pas prêt d’arriver et c’était tant mieux. Sinon comment se verraient-ils ? Ces sorties permettaient à Crane de se socialiser, ce qui était mieux pour tout le monde puisque c’était bon pour sa santé mentale. Sauf que voilà, Jervis était partit.

Jonathan ne sut pas vraiment comment réagir, alors dans le doute il se contenta de hausser les épaules, boire son thé et se remettre à ses expériences. Oui, il avait d’autres choses à faire que d’aider Jervis. Notamment mettre son nouveau produit au point. Celui-ci devrait encore en plus lui permettre de coquettes rentrées d’argent. Comment ? Simple.

La nouvelle drogue sur laquelle il travaillait avait pour effet d’inhiber la peur des autres. Tous ceux à qui il avait injecté le médicament jusqu’à présent avaient étés libérés de leurs peurs pour une bonne heure avant que celles-ci ne soient décuplées. Le problème c’est qu’ils tendaient à mourir lors de la deuxième phase et ça il ne le voulait pas. C’était assez dur de fidéliser les clients s’ils mourraient après la première seringue. Dans un contexte tel que le No Man’s Land les gens s’arracheraient un serum capable de leur faire oublier leurs peurs et l’effet secondaire les forceraient à en prendre encore et encore…

La population restait à peu près calme parce qu’ils avaient trop peur de ce qui pourrait se passer s’ils se désorganisaient. Faire disparaître temporairement cette peur causerait le chaos, ce que recherchait le Joker. Le chaos causait la peur, ce que recherchait l’Epouvantail. Ca plus la contrepartie financière et l’Epouvantail serait un homme très satisfait une fois que tout serait prêt.

Il n’entendit pas parler du Chapelier pendant une bonne journée après que celui-ci soit partit, mais ne s’inquiétât pas outre mesure, occupé qu’il était. Mais comme les bonnes choses ne durent jamais, son calme fut bientôt troublé. Pas par Tetch pour une fois, mais par les jurons de Scarlett. Crane l’avait contactée un peu plus tôt pour qu’elle lui ramène un sujet d’expérience comme il en était à la phase où il allait devoir tester son produit sur des humains. D’après ce qu’il pouvait entendre le sujet était assez volumineux. Ou alors c’était juste parce que son employée était menue et que traîner des hommes plus grands qu’elle sans aide n’était pas chose facile. Il aurait probablement du l’aider… Ou pas. Après tout il la payait pour faire son sale travail, alors pourquoi se déranger. Cependant il avait beau la payer, elle restait tout aussi bornée et téméraire alors s’il lui demandait de lui faire un café il se le prendrait dans la figure. Il le savait, il avait essayé.

Assis à son bureau, l’Epouvantail profitait d’une pause pour consulter les journaux internet et boire son café en paix. Soudainement une petite sonnerie retentit, lui signalant qu’il venait de recevoir un message sur sa boîte mail. Il cliqua dessus assez rapidement. Habituellement quand il faisait suffisamment confiance à quelqu’un pour lui donner son adresse personnelle c’est que c’était important. Effectivement c’était Jervis, un de ses trois contacts, qui lui demandait de l’aide pour attraper un des membres potentiels de son pays des merveilles. Il voulait qu’il remplace son docteur et lui fasse boire le thé spécial de Jervis.

Est-ce que Jervis se rendait compte que sa tête était mise à prix et qu’il était très mauvais en déguisements ? Son meilleur essai incluait une fausse moustache orange, une paire de lunettes de soleil en pleine nuit, un imperméable de pervers sexuel et un fez rouge vif. Sur le moment il avait cru que c’était une bonne idée.

La drogue probablement.

Mais ce qui le fit tiquer, ce fut le ton hautement dramatique de la missive de Tetch. Le maître de la peur leva les yeux au ciel. Peut être qu’il l’avait fait un peu trop culpabiliser, voilà maintenant qu’il parlait de se débrouiller seul. Un instant il eut la vision mentale du petit Chapelier essayant vainement de mètre une carte sur la tête d’un homme qui faisait deux fois sa largeur. La vision était humoristique, mais l’état de son ami le serait beaucoup moins. Alors mieux valait qu’il se mette en route maintenant, tant que le ciel était noir et la lune haute. Le psychiatre prit son costume, ses aérosols et sa faux, empoigna sans délicatesse son assistante et ils furent en route vers le parc d’attraction de Jervis assez vite. Comme d’habitude Scarlett était au volant de la camionnette de dératiseur et lui caché dans les ténèbres. Le trajet fut assez silencieux. Le docteur n’avait pas besoin de lui indiquer le chemin et ils ne s’aimaient pas alors il se taisaient. Mais au bout d’un moment, en voyant ses lèvres pincées, sa glotte qui bougeait difficilement, la moiteur de ses mains, il ne put s’empêcher d’esquisser un sourire mauvais. Sans prévenir il appuya la lame glaciale d’un de ses scalpels contre sa nuque, la faisant sursauter. Heureusement pour eux deux elle était habituée à ce genre de comportement venant de lui et ne les envoya pas dans le décor.

« Tu me ssssemble… angoissée.

- Sans déc’. C’est sur que c’est hyper fun d’aller se balader dans un parc d’attraction rempli de zombis avec un violeur dedans. Est-ce que j’ai oublié de dire que c’est un meurtrier taré ?


L’Epouvantail laissa alors glisser la lame contre sa peau, pas assez fort pour la faire saigner, mais assez pour la faire frissonner.

- Sois polie avec le Chapelier Ashley.

Ca, ça eut son attention. Scarlett n’aimait pas qu’on lui rappelle son vrai prénom et tout ce qui allait avec. Juste pour pousser un peu le bouchon, il rajouta une petite pique en enlevant son scalpel.

- Après tout qui sait… peut être qu’il pourrait trouver que tu ferais une charmante lapine.

Elle pâlit et un rictus dégoûté apparu sur son visage. Il ricana. Elle avait eut l’occasion de le voir nu récemment et n’avait pas du tout apprécié la vision. Elle était très loin d’être la seule, il se savait repoussant alors ça ne le gênait plus depuis le temps. Mais les autres si, alors autant en profiter. Après cela ils arrivèrent assez vite devant le domaine de Tetch. Or si son assistante préférait attendre devant qu’il leur ouvre le maître de la peur avait une toute autre idée. Il sauta à l’avant et écrasa son pied sur celui de son employée, faisant brusquement foncer la voiture dans la grille. Le pare-choc gagna une déformation de plus mais ils passèrent en trombe à travers le parc d’attraction, écrasant les âmes en peines ornées de masques qui étaient trop lents pour bouger. Il ignora la prostituée qui se débâtait pour reprendre le volant en le traitant de cinglé et à la place il repoussa sa tête contre la vitre tandis qu’il écrasait la pédale de frein -et son autre pied- et tournait le volant vers la gauche. La vieille camionnette grinça, tourna, se tînt sur ses deux roues droites pendant un instant, puis s’abattit lourdement sur les quatre, immobile.

Comme sa conductrice était au bord de l’attaque de panique et ne semblait pas être capable de lui ramener le Chapelier, il ouvrit la portière et sortit à demi pour hurler à pleins poumons :

- Jervis Tetch espèce de PISSENLIT, viens immédiatement dans cette camionnette ! Tu veux voir comment on kidnappe des employés ? Je vais te montrer !

Car, et ça Scarlett pouvait témoigner, il était de loin le meilleur des Rogues dans cette discipline.
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Deux contes mêlés [PV Dr. Crane / L’Épouvantail]

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