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Ne manquez pas les deux derniers chapitres de Darkwatch, où s'affronteront Le Chevalier Noir et l'Empereur !

Clash of the Warriors & La Révolte

"Lors d'une rafle de la Ligue des Ombres, la Lignée décide d'intervenir et de massacrer les hommes de Ra's Al Ghul. Les habitants, excédés par la situation, décident de se révolter, avec le support de l'Empereur et ses troupes. Le G.C.P.D est dépassé et les justiciers n'ont d'autre choix que s'en mêler, Batman en tête."

(Petit aperçu des évènements en vidéo ici)


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©Les images utilisées appartiennent à leurs auteurs
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©Le contexte de ce forum est inspiré du Batverse, arrangé et rédigé par le Staff. Merci de respecter notre travail.




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 Le Cauchemard (avec Graham Tomkins)

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MessageSujet: Le Cauchemard (avec Graham Tomkins)   Sam 1 Mar - 2:30

S'il y avait bien une chose que l'Epouvantail aimait par dessus tout, c'était Gotham City. La ville était peut être sale et dévorée de l'intérieure par la criminalité mais il y régnait un constant état de peur que l'on ne retrouvait nul part ailleurs pas même dans les seules villes où le nombres de meurtres pas jour était plus élevé, Blüdhaven et Hub City. C'était un genre .. d'atmosphère. Quelque chose dans l'air qui donnait vie aux monstres une fois que le soleil ce couchait. Comment auraient ils fait pour survivre à leur nombreuses blessures sinon ?

Le docteur Jonathan Crane savait très bien de quoi il parlait. Tout au long de sa carrière il avait subi aux mains du chevalier noir et d'autres plus de coups mortels que nombre de ses collègues et certainement autant que le Joker. Et voyez vous, si parfois l'ossature humaine est incroyablement solide, les organes, eux, ne le sont pas. Durant ses études de médecine il avait apprit que les os étaient plus résistants qu'une barre en acier de même poids, la cage thoracique en particulier était aussi souple qu'elle était résistante pour protéger l'ensemble d'organes vitaux qui se trouvaient en dessous. Mais souvent ça n'était pas suffisant. En travaillant comme interne à l'hôpital de Gotham il avait découvert que le cœur pouvait s'arrêter des heures après une rixe, des suite d'un coup porté au thorax, que si une personne restait la tête en bas trop longtemps avant d'être remise sur pieds, il se pouvait qu'elle souffre d'un anévrisme cérébral durant les prochains jours. Et combien de vainqueurs de combat illégaux lui avait on apporté car retrouvés morts le lendemain, sans que le moindre sévice apparent ne leur ait été fait ?

Mais pourtant Batman n'avait jamais tué personne. D'après son savoir médical il savait que c'était virtuellement impossible au vu de la façon dont il les traitait. C'était aussi impossible que la presse essaie de le couvrir, car au contraire les journalistes n'aimaient rien tant que de voir un héros tomber. Sa théorie était que Gotham était habitée par une abomination d'Eldritch, peut être Ctulhlu lui même, et qu'il leur donnait des forces contre Batman. Le pauvre Chevalier Noir s'était résolu à appeler d'autres héros à l'aide mais est-ce que c'était suffisant ?

Et bien l'état dans lequel la Ligue des Ombres avait laissé la ville faisait une réponse amplement suffisante.

Les ponts avaient été détruits, la crasse s'accumulait, l'eau et l'électricité seraient probablement coupés eux aussi et la peur recouvrait toute la ville comme un épais brouillard de guerre. On aurait pu penser qu'un homme aussi organisé que le docteur Crane aurait au contraire détesté le Chaos mais non. Il ne s'inquiétait pas pour ses conditions de vie, après tout il était probablement l'un des seuls à avoir prévu des réserves de nourriture là où il vivait. Il ne s'inquiétait pas non plus du risque de choléra, de peste et de lèpre, au contraire il attendait l'épidémie avec impatience pour la masse de panique qu'elle causerait. Ca, et il allait voler toutes les réserves de médicaments du Laboratoire Médical de Gotham City. Tous les hôpitaux en possédaient au moins une douzaine bien sur, mais à eux tous il n'en amassaient pas plus d'une centaine. Et être capable de dire qui allait vivre ou pourrir dans une ville qui ressemblerait de plus en plus à Bogota au fil des jours c'était le pouvoir. Et le pouvoir se créait par la peur. Il murmura dans sa barbe :

"Gens et bêtes furent couverts d’ulcères bourgeonnant en pustules... "

Livre de l'Exode. Il laissa échapper un rire bas. Il n'avait pas eut le choix et à l'époque il avait du mémoriser des passages entiers du livre. Il trouvait cela rabaissant. Maintenant ? Plutôt inspirant. Et la façon dont les gens s'inventaient des êtres impitoyables qui régnaient par la peur était... fascinante. Comme si la partie la plus primitive de leurs cerveaux leur soufflait qu'ils avaient besoin d'avoir peur.

Mais il étudierais cela en profondeur plus tard. Pour l'instant, il avait un sujet à prélever.

Il s'éleva lentement, précautionneusement entre les toits jusqu'à être à l'endroit parfait et appuya sa carcasse contre les tuiles, ses doigts inhumainement longs croisés sur son ventre.

Depuis des semaines il épiait sa proie. Il l'avait bien observée, pour être sur qu'elle ferait un sujet d'étude parfait. Son père était un commerçant apprécié du quartier, sa mère une infirmière qui était toujours prête à passer gratuitement chez d'autres habitants de leur immeuble lorsqu'il y avait une pénurie de médecin, elle était populaire au lycée, mais sans être mauvaise. Pratiquante, elle aidait le pasteur à préparer l'office, venait souvent aider l'association de retraités du quartier et menait le club d'abstinence.

Jolie, jeune, intelligente, gentille, aimée... regrettée.

Il l'avait bien étudiée avant de faire apparaître des clichés d'elle pris de loin sous son oreiller. Mais au moment où il l'avait fait il savait qu'elle n'avertirait personne. Au fil des jours elle était devenu un peu plus anxieuse. Alors il avait mis en route la deuxième phase et était apparu comme une ombre sur les toits au moment où elle se couchait. Là l'angoisse avait commencé à la dévorer. Son état faisait déjà soupçonner ses proches. Ils avaient peur pour elle, elle avait peur pour eux et ne leur disait rien. Là, les émotions qu'il avait soigneusement préparées étaient à leur paroxysme.

L'heure de la moisson était arrivée.

Il se laissa glisser sur quelques mètres avant de sauter agilement jusqu'au mur d'en face, se raccrochant à la gouttière. Celle ci n'aurait pas supporté le poids d'une personne plus lourde, mais comme l'Epouvantail était squelettique il put s'y raccrocher. Il sortit un rossignol des replis de son manteau et étendit son bras à travers les barreaux. La serrure succomba au bout de quelques secondes et s'ouvrit, laissant s'échapper une bouffée de chaleur venant de la chambre, telle une invitation. Les barres en métal étaient plus décoratives qu'autre chose et il se glissa à l'intérieur comme un fantôme.

La pièce était dans la pénombre. Ouvrir la fenêtre n'avait pas éclairé de beaucoup car il avait tiré sur tous les lampadaires avec un silencieux trois jours auparavant, juste au moment où elle fermait ses volets. L'expression d'horreur sur son visage l'avait rempli d'anticipation. Il s'approcha du lit dans l'angle et se tint quelques secondes au dessus d'elle, tel le monstre de Füssli. Les draps avaient été poussés, preuve d'un sommeil agité et ses paupières tressaillaient sur son visage pâle. Il sourit. Aussi fascinante que pouvait être sa peur, il ne pouvait se permettre de rester trop longtemps. Il échangea le rossignol contre une fiole de chloroforme et une compresse et imbiba le tissu avant de le lui poser sous le nez. En l'espace de quelques secondes, sa respiration se fit plus calme et ses paupières s'immobilisèrent. Il rangea son matériel et ne perdit pas de temps pour entourer sa silhouette blanche de son manteau, plus sombre et moins repérable. Puis il prit le corps inerte dans ses bras, ses cheveux rouges tombant en arrière comme une coulée de sang.

Quelques minutes plus tard, alors qu'il disparaissant dans une bouche d'égout pour se diriger vers le laboratoire qu'il avait préparé pour elle, il eut une pensée amusante. Une jeune vierge en robe blanche, les cheveux rouges comme le sang, disparaissant dans les profondeurs, emportée par l'avatar de la terreur.

Lovecraft aurait adoré.
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MessageSujet: Re: Le Cauchemard (avec Graham Tomkins)   Dim 2 Mar - 22:32

6h,le lendemain: à Crown Point

Tomkins sorti de sa voiture. Il avait un air plus renfrogné que d'habitude et  on distinguait encore la marque de l'oreiller sur son visage. il bailla et se dirigea vers l'entrée de l'immeuble où un flic en faction montait la garde. Il ne lui décrocha pas un mot, se contenta de lui faire un signe de tête et monta au deuxième étage.

Il arriva sur le pas d'une porte ceinte du ruban jaune ou on pouvait lire "Police line, do not cross". Il passa en dessous et se retrouva dans un petit studio où régnait une certaine effervescence. Un membre de la scientifique prenait différents clichés des lieux du crime, deux agents s'entretenaient avec une femme passablement affolée. En voyant Graham, l'un des officiers s'approcha:
-Je suis l'officer Cann, inspecteur.
-Alors qu'est-ce qu'on a ? interrogea Tomkins.
-On n'en sait trop rien inspecteur. Cette femme nous soutient que sa fille a été enlevée. Sa fille....
-Je peux avoir le nom et le prénom de la victime présumé, je me vois mal taper dans mon rapport "sa fille" à chaque fois que j'aurais besoin de la citer!
Tout en prononçant ces mots, il sorti un calepin et un crayon d'une des poche de sa veste.
-Il s'agit de Cassie Andrews, inspecteur! répondit sèchement Cann.

Graham nota dans son carnet le nom et prénom de cette fille ainsi que le mot "enlèvement", ce dernier était ponctué d'un point d'interrogation. Sans aucune forme de politesse, il prit congé de l'agent Cann et s'avança vers son collègue et d'un ton autoritaire, il lui annonça qu'il prenait le relais. L'autre rejoignit son comparse et après avoir lancé un regard assassin à Graham, les deux officiers quittèrent la pièce. Graham se retourna  vers le photographe et lui fit comprendre qu'il devait vider les lieux également.

Une fois seule avec ce témoin potentiel, Graham débuta son interrogatoire. Il prit un ton neutre, il lui expliqua qu'il était inspecteur et il voulait savoir pourquoi elle pensait que sa fille avait été victime d'un kidnapping. La malheureuse étouffa un sanglot et raconta à L'inspecteur Tomkins que sa fille lui avait dit qu'elle se sentait épiée:
-Certes mais ceci ne constitue pas une preuve en soi, Madame andrews.Ce n'est...
Elle le coupa net et le fixa de ses yeux embués de larmes.
-Il n'y a pas que ça, j'ai trouvé cette photo dans un tiroir du bureau de ma fille, il y a de ça une semaine. elle m'a paru étrange alors je lui ai montré, elle m'a dit que ce n'était pas important mais j'ai bien vu qu'elle était terrorisée! Une mère sent ces choses.
-Pourquoi ne pas être venu au commissariat nous en parler, nous aurions pu...

Sans un autre mot, la mère de Cassie tendit la photo en questionà l'inspecteur Tomkins. On y voyait une jeune femme rousse en train de s'habiller; plutôt bien roulée, songea-t-il .Cette observation faite, la première chose qu'il le frappa, le cliché avait été prit au téléobjectif, c'était une certitude. La deuxième, cette photo avait sûrement été prise par un pervers, un maniaque sexuel ou tout autre taré du même acabit.

Une fois qu'il eut terminé de recueillir le témoignage de Madame Andrews, il la raccompagna à la porte du studio et la confia au deux flics qu'ils avaient jetés dehors auparavant. Graham leur ordonna d'emmener Madame Andrews au GCPD afin de prendre sa déposition mais avant ça d'appeler le central et de demander l'envoi d'un expert médico-légal.

25 minutes après....

Graham était occupé à examiner le dessous du lit de Cassie quand Mark Perez, l'expert en médecine légal le rejoignit. Tomkins  tira quelque chose de sous le lit; c'était une compresse humide avec une odeur assez prononcé. Perez tendit sa main gantée et Graham lui donna le tampon qu'il renifla quelques secondes et déclara   :
-C'est du chloroforme!
-On peut dire que vous avez du nez! Donc, cette gosse a bien été enlevée. Son agresseur l'a  chloroformée.Elle ne s'est pas débattue, il l'a eu par surprise, certainement pendant son sommeil... Il fit une pause et reprit:
- Ok, je veux que cette pièce soit passée au peigne fin, empreintes, cheveux, fibres. La totale, quoi! Il faut coincer ce salaud. Je veux votre rapport et vos résultats dans les plus bref délai.

Sur ce, Graham quitta la scène de crime. Une fois dehors et qu'il fut remonté en voiture, il ressorti son calepin et gomma le point d'interrogation qu'il avait placé devant le mot "enlèvement" et le souligna plusieurs fois.
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MessageSujet: Re: Le Cauchemard (avec Graham Tomkins)   Dim 9 Mar - 16:17

Jonathan Crane tourna une page de son journal, impassible. Du temps où il occupait le poste de chef psychiatre de l’asile Elizabeth Arkham pour les malades mentaux à comportements criminels il trouvait que les journalistes étaient la pire engeance qui soit. Ils fouinaient toujours partout et imprimaient tout ce qu’ils trouvaient, légalement ou pas. Mais maintenant qu’il était un criminel recherché il appréciait leur travail. Malgré le chaos ambiant ils continuaient à imprimer sans relâche leurs histoires. Le mieux était que par ces temps de crise ils cherchaient tellement à faire vendre qu’ils ne se préoccupaient plus du tout de la légalité de ce qu’ils faisaient paraître. Ainsi il apprit dans les pages santé que la ville était en grave pénurie de médicaments alors que le choléra progressait à grand pas dans les quartiers les plus pauvres de la ville et que Cassie Andrews avait été enlevée par un pervers sexuel. Il ne put se retenir un sourire en coin.

A vrai dire il n’avait jamais nourri de pulsions sexuelles envers ses sujets d’expérience mais si les proches de la jeune fille le croyaient ça n’était qu’un bonus. Qui sait, peut être qu’il pourrait le lui faire croire à elle ? Quand il lu que des échantillons étaient en cours d’analyse son sourire s’élargit. Il avait hâte que l’on trouve ses empreintes sur les photographies, encore plus que la presse étale la nouvelle dans toutes les maisons. Que chaque parent regarde son enfant et se dise que ça n’arrive pas qu’aux autres. Car les journalistes sauraient. Le GCPD était la force de police la plus corrompue des Etats Unis et rien ne pourrait jamais changer ça. Même dans le pire des cas, si la presse ne parvenait pas à le renseigner alors il y avait toujours les moyens alternatifs. Gotham hébergeait toute une économie parallèle et étant le seul pourvoyeur de médicament de Crown Point, aucun dealer, aucun maquereau ne donnerait la moindre information sur lui. Parce que s’il était derrière les barreaux il ne pourrait plus les approvisionner en médicaments quand la maladie ramperait dans les rues.

Après avoir attentivement lu et relu le journal pour être certain de n’avoir manqué aucun fait important il le plia soigneusement et remonta ses lunettes sur son nez. Il n’était pas en costume pour l’instant. A quoi cela servirait-il de lui causer une crise cardiaque après son premier jour d’incarcération ? N’utiliser que sa toxine pour détruire son esprit manquait cruellement de finesse. Il relit une dernière fois les notes qu’il avait prises sur elle avant de sortir ses clés de sa poche. Il les fit volontairement cliqueter assez fort, les bruits aigus étant marqués dans l’imaginaire humain comme un signe de danger. D’après les appels à l’aide et les sanglots qu’il avait entendu toute la journée il n’en avait pas vraiment besoin mais c’était une seconde nature. Il déverrouilla la porte et l’ouvrit sur la jeune fille rousse enchaînée au mur par sa cheville. La captivité lui avait fait perdre tout son charme. Ses yeux étaient rouges, gonflés et lourdement cernés, ses ongles noirs, ses cheveux sales et emmêlés, son regard perdu et sa peau exsangue. Son expression complètement terrifiée à la vue de son ravisseur était la seule chose qui lui importait.

« Vous… vous êtes le …

Il s’assit sur la chaise dépliante qu’il avait emmenée avec lui et croisa ses doigts sous son menton en l’analysant ouvertement. Depuis le sol elle avait besoin de lever les yeux pour le regarder, forçant immédiatement son autorité sur elle. Elle se tut et baissa le regard quand ses yeux froids croisèrent les siens. Il lui fit un léger signe.

- Poursuivez miss Andrews.

Tremblante, elle releva légèrement la tête.

- Je vous… demande pardon ?

- Poursuivez miss. Qui pensez vous que je suis ?

Elle tordit ses doigts, anxieuse. Cette enfant était un livre ouvert pour n’importe quel psychiatre ayant mérité son doctorat. Elle mesurait ses options, terriblement effrayée des conséquences imaginaires que pourraient avoir sa question. Finalement elle murmura du bout des lèvres en évitant son regard :

- L’Epouvantail.

Il s’appuya contre le dossier de sa chaise et croisa les bras, faisant bien attention à ce que son ton soit le plus cassant possible.

- Incorrect. Je suis le Docteur Crane.

Même l’élève le plus sur de lui à la faculté ne pouvait s’empêcher de frémir quand il employait ce ton. Elle ne fit pas exception à la règle. Puis se souvenant de l’article de presse il ajouta sur un ton beaucoup plus malsain :

- Si vous aviez été en présence de l’Epouvantail, vos jambes seraient beaucoup plus écartées que ça…

Ça, ça eut son attention. Elle le regarda, horrifiée, alors qui lui jetait son sourire le plus cruel.

La séance pouvait commencer.


(J’attends au moins le quatrième post pour te donner des indices sur où je cache la geôle de la demoiselle> :].)
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MessageSujet: Re: Le Cauchemard (avec Graham Tomkins)   Mar 11 Mar - 0:06

2 Jours après l'enlèvement de Cassie Andrews, 23h47_Otisburg

Depuis que Double-face avait investi le quartier général du GCPD, les forces de l'ordre avaient du trouver une alternative pour faire régner un semblant d'ordre. Plusieurs endroits en ville avaient été équipés en catastrophe d'ordinateurs, de bureaux de fortune, d'un fax, de téléphone. L'un de ces lieux était un garage fermé par la municipalité où la police avait effectué une descente et démantelé un réseau de voleur de voiture quelques mois avant...

Tomkins n'avait pas dormi depuis 18 heures et il sentait qu'il ne tiendrait pas beaucoup plus longtemps. Il s'enfonça dans sa chaise et s'étira longuement puis il réexamina le dossier qui était posé devant lui. Il s'agissait d'un petit dealer de Crown Point nommé James Swington Parker. Le casier judiciaire du jeune homme était un plaidoyer en faveur de l'incarcération de tout délinquant! Il avait commis son premier crime à 12 ans, un vol de voiture, il s'était fait pincer mais le juge dans sa grande magnanimité, l'avait placé en maison de redressement. Il en ressorti 19 mois plus tard. Ensuite, il s'adonna à son sport favori, vendre de l’héroïne dans Crown Point. Il se fait arrêter pour possession de drogue et détention d'arme illégale à l'âge de 17 ans. Il est condamné à 2 ans d'emprisonnement à Blackgate mais obtient une remise de peine de 6 mois pour bonne conduite.

Toute cette paperasse mêlé à une autre faillite du système lui donnèrent la nausée, il se leva et se rendit dans la petite pièce aménagé en salle de pause dans cette atelier de mécanique abandonné d'Otisburg. Une cafetière, un évier,  un vieux sofa où trainait un  magazine datant de deux ans constituaient le seul mobilier. Il se servit une tasse de café non sans pester contre le manque d'hygiène de ses collègues et porta la tasse à ses lèvres...

Si j'étais vous, je toucherai pas à ce jus de chaussette sauf si vous voulez dégueuler inspecteur!

L'officier Cann venait d'entrer dans la salle de détente à son tour et s'allongea dans le sofa. Graham posa sa tasse vide sur le rebord de l'évier:

Si les flics savaient faire le café, ça se saurait! Ironisa Graham. Il continua sur un ton plus neutre:
Qu'est-ce que tu fais là Cann, je te croyais chez toi avec ta famille?

Cann venait de s'allumer une cigarette et se redressa dans le sofa:

Je me sentais mal à l'aise de vous laisser tout seul, inspecteur! Je me suis dit que vous pourriez avoir besoin d'un coup de main et puis je me suis engueulé avec ma gonzesse....

Cette conversation prenait un ton trop personnelle et Graham senti l'urgence d'y mettre fin avant que Cann lui propose d'aller boire une bière, que la soirée se termine en beuverie, qu'il soit obligé de ramener Cann ivre mort chez lui et d'expliquer à sa copine pourquoi son mec puait le parfum bon marché! Ôtant cette idée de son esprit, il déclara d'un ton sec:

Quand tu aura fini ta sèche, colle toi devant un bureau et relis tout ces rapports de police qu'on a compilé depuis pas loin de 2 jours. Qui sait, il se pourrait qu'un détail dans les dépositions nous permettent d'obtenir une piste!

Il quitta la pièce et se rassit à son poste. Il était conscient que le travail qu'il venait de confier à l'officier Cann était celui d'un inspecteur et pas celui d'un flic de base. Cependant, malgré le fait que l'officier lui tape sur les nerfs, avec sa grande gueule et son air hautain. Il sentait qu'il ferait un bon inspecteur... un jour! Si quelqu'un lui mettait le pied à l'étrier, il pourrait faire ses preuves; Merde, voila que je me mets à penser au bien-être de ce mec, il est vraiment temps que j'aille me coucher!!!

45 minutes plus tard,

Graham examinait pour la centième fois les clichés de la scène de crime. Il les faisait défiler en les détaillant minutieusement et une fois terminé, il les posait toutes côte à côte sur son bureau et essayait de comprendre la logique du ravisseur. Au bout d'une dizaine de minutes, une idée lui vint; et si Cassie Andrews n'avait pas été enlevé par un prédateur sexuel. Après tout, il n'y avait pas de trace de sperme, aucune trace de violence physique avéré, pas de sang. On aurait dit qu'un pase-muraille avait fait le coup. C'était beaucoup trop propre! Le mobile n'était pas non plus un enlèvement en vu d'obtenir de l'argent, les Andrews n'étaient pas riche et de toute façon, le ravisseur aurait déjà fait sa demande de rançon . Plus il avançait dans l'enquête, plus il trouvait que cette affaire n'avait aucun sens...en tout cas pour le moment. Il jeta un œil vers le bureau où Cann s'était installé. Ce dernier épluchait toujours les témoignages et prenait régulièrement des notes!

Il consulta sa montre, il était près de deux heures du matin. Il fallait vraiment qu'il dorme mais il ne voulait quitter sous aucun prétexte le commissariat: Le sofa déglingué de la salle de repos ferait l'affaire. Il prit congé de Cann et une fois dans la salle de détente, il s'affala dans le canapé et s'endormit presque aussitôt.

Il fut réveillé  4 heures plus tard par Cann qui le pressait tout en lui tendant un téléphone. Il le prit:

Salut Graham, c 'est Perez de l'équipe scientifique! Je ne te dérange pas?

Graham fit signe à Cann de sortir, bailla bruyamment et répondit d'une voix encore empreinte de sommeil:

Non, ça fera bientôt deux jours que j'ai pas pioncé. Javais trouvé le moyen de faire une sieste mais visiblement Bouddah, Dieu ou une foutu divinité cosmique refuse de me foutre la paix!

Perez ne releva même pas cette pique, il était tellement exité qu'il s'en moquait et continua son rapport:

C'est ça, c'est ça.. Au lieu de dire des idioties, écoute plutôt ce que j'ai à dire. Je sais qui a enlevé cette fille à Crown Point...

Accouche, qui? le coupa Tomkins. Il n'était plus du tout fatigué et même semblait totalement reposé comme si il avait passé une bonne nuit de sommeil!

J'ai réussi à avoir une empreinte partielle sur le montant du lit de Cassie Andrews, je l'ai fait analyser et j'ai une concordance... mais ça va pas te plaire!

Graham avait perdu patience, il détestait les gens qui se donnait cet effet thêatral qui consistait à donner les informations au compte goutte. Il n'eut pas le temps de terminer sa réflexion:

C'est le Dr Jonathan Crane, Graham!

Il avait reçu cette nouvelle comme un direct à l'estomac, il se radoucit et remercia Perez tout en lui demandant de le prévenir si il avait du nouveau et il raccrocha. Il quitta la pièce à toute vitesse et se précipita sur son ordinateur, il était rouge de colère. Voyant Tomkins dans cette état, Cann hésita à risquer une question. Il n'eut pas besoin de le faire, Graham Tolkins comme à son habitude s'adressa à lui assez abruptement:

Ok, on sait qui a kidnappé Cassie Andrews! C'est ce cinglé de Jonathan Crane!  Je me concentre sur le dossier de Crane et ses complices potentiels. Que ça plaise ou non à la hiérarchie, tu es mon partenaire à cette seconde! Tu vas essayer de trouver tout ce que tu peux sur les planques que l'épouvantail a eu ces dernières années!
Mais avant ça, tu vas aller chez toi et mettre des fringues civiles, cette après-midi, on va avoir du monde à interroger et hors de question que je me balade avec un mec en uniforme!
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MessageSujet: Re: Le Cauchemard (avec Graham Tomkins)   Mer 12 Mar - 16:24

20 heures après l’enlèvement de Cassie Andrews, quelque part à Crown Point.

Passer des semaines à être terrorisée avait lentement mais sûrement endommagé le moral de Miss Andrews. Il avait fait en sorte d’alourdir ses techniques d’intimidation petit à petit pour que l’angoisse torde ses entrailles avant de l’enlever. La peur était surtout dans l’anticipation, s’il commençait à tester son produit sur elle dès leur première séance elle s’habituerait et briser son esprit serait plus ardu par la suite. Mais le docteur Crane avait fait ça plus d’une centaine de fois auparavant, il savait s’y prendre. Avant même d’avoir obtenu son doctorat il était devenu maître dans l’art de manipuler chaque petite pensée, faire semer le doute pour récolter panique et angoisse. Cassie Andrews était juste un sujet d’expérience parmi tant d’autres et elle était déjà terrifiée à l’idée qu’il puisse la violer à cause d’un tout petit sous entendu malsain. Juste un cas de routine.

Le dos toujours appuyé sur le dossier de sa chaise il l’observa attentivement. Pupilles rétractées, son muscle sterno-cléïdo-mastoïdien ressortait vivement sur le reste de sa gorge et ses épaules étaient légèrement penchées en arrière. Elle avait peur mais il pouvait faire beaucoup mieux que ça. Il voulait sa terreur. Ça ne serait pas très compliqué. Elle était extrêmement croyante contrairement au reste de sa famille, ce qui voulait dire que quelque part dans les recoins sombre de son psyché devait se cacher une sorte de Théophobie. De par la façon qu’elle avait de s’entourer à chaque heure, chaque minute de sa journée cette peur se manifestait sous forme d’une crainte de l’abandon. Ce qui expliquait pourquoi être enfermée seule pendant toute la journée avait été si éprouvant pour elle. D’après sa qu’il avait vu de sa vie de famille et lu dans son journal, sa peur était née d’un fort isolement. Ses deux parents travaillant beaucoup ils la laissaient  avec une nourrice, parfois pendant des semaines entières. La nourrice étant protestante elle l’introduisit à sa religion. L’idée d’un être supérieur qui ne l’abandonnerait jamais avait été très rassurante pour l’enfant, comme un ami imaginaire.

La première chose qu’il avait faite avait donc été de lui retirer sa croix. Lui faire comprendre qu’il était un pervers et ne dirait pas non à l’idée de lui voler sa virginité avant qu’elle ne se marie était pour elle une menace d’abandon de son Dieu. Mais pour cette séance, il resterait sobre.


« Vos parents n’ont pas encore déclaré votre disparition.

Elle releva les yeux, blessée. Touché.

- C’est assez classique croyez moi. Pas de traces d’effraction ou de lutte, ils ont probablement pensé que vous étiez juste partie à la faculté un peu plus tôt. Ils devraient se rendre au poste de police le plus proche d’ici un jour ou deux.

Sa glotte trembla.

- …Pourquoi vous me dîtes ça ?

- J’avais pensé que savoir que vos parents se portaient bien vous rendrait plus coopérative à la thérapie.

Elle baissa les yeux et il se permit un sourire cruel. Les humains étaient naturellement égoïstes. Elle avait espéré que ses parents souffrent de sa disparition, il l’avait fait s’en rendre compte et à l’instant elle s’en voulait d’avoir souhaité leur malheur. Il ordonna ses expressions en un masque froid avant de continuer.

- Avez-vous déjà lu Jean-Mon-Hérisson ?

Elle fit signe que non.

- Ce n’est pas étonnant ce conte n’est pas très connu. L’histoire d’un petit garçon qui naît avec une difformité, est abandonné par ses parents puis après une suite d’aventures revient les chercher pour qu’ils vivent dans son château. Un peu comme le Petit Poucet ou Hansel et Gretel. J’imagine que vous les avez lus ?

- O-Oui.

- Pourquoi sont-ils abandonnés Miss Andrews ? Regardez-moi quand je vous parle.

Elle le regarda dans les yeux, continuant de tordre ses mains alors que la crainte s’étalait sur son visage.

- Parce que leurs parents étaient trop pauvres pour les élever ?

Il hocha la tête et se pencha vers elle, joignant ses mains sous son menton.

- Précisément. Ils ne sont pas abandonnés par choix, pas vraiment et dès qu’ils sont de nouveau capables de les nourrir ils acceptent volontiers leur retour. Et c’est là la grande différence avec Jean-mon-hérisson. Avant sa naissance il était espéré, ses parents n’avaient pas encore d’enfants. Mais voyez vous son père blasphème pendant la grossesse et Jean naît avec des piquants. Symboliquement ils représentent une interdiction d’aimer, ordonnée par son père. Celui-ci le rejette continuellement, ouvertement. Sa mère ne l’aime pas non plus parce qu’elle a honte de lui, de ce qu’il est devenu. Vous suivez miss ?

Ses mains tremblaient. Bien sûr qu’elle suivait. Il voulait juste être certain qu’elle se sente touchée. Ne se sentant pas suffisamment confiante pour pouvoir parler sans pleurer elle hocha simplement la tête, trop craintive pour détourner ses yeux. Parfait.


- Au final Jean-Mon-Hérisson n’est pas abandonné, il est rejeté. Il part alors qu’il n’a que trois ans. Ce n’est pas une fugue irréfléchie non, c’est une réponse à ce rejet, la seule possible. Les aventures ne sont pas importantes, quiconque ayant lu au moins un conte de Grimm sait d’ores et déjà qu’il finira par perdre sa peau de bête et épouser une princesse. Mais ce qui est intéressant avec ce conte est que Jean revient chez ses parents des années plus tard.  Son père ne le reconnaît pas et dit qu’il n’a jamais eut de fils, parce qu’il l’a déjà oublié après l’avoir tant rejeté. La forme la plus totale d’abandon. Mais c’est un conte, il faut qu’il y ait une belle fin. Jean lui dit qu’il est son fils, qu’il est devenu riche et son père vient vivre avec lui au château.

Il fit une pause dramatique pour lui laisser le temps de digérer l’information. Cette fois les larmes coulaient ouvertement sur ses joues.

- Notez  que contrairement au Petit Poucet et à Hansel et Gretel  Jean-Mon-Hérisson ne rentre jamais chez lui. Ses parents ne l’acceptent jamais tel qu’il est et même une fois qu’il est devenu un prince ils ne l’invitent pas à revenir au logis familial.

Elle laissa échapper un sanglot et baissa la tête, sa respiration accélérée. Maintenant il ne manquait plus que la touche finale.
Il se leva lentement, prenant sa chaise avec lui pour qu’aucun signe de sa présence ne reste avec elle et verrouilla la porte en sortant.


- Ils n’iront pas vous savez ? »

En sortant de la cachette, il entendit que ses sanglots ressemblaient déjà davantage à des cris.

Une séance très productive…
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MessageSujet: Re: Le Cauchemard (avec Graham Tomkins)   Jeu 13 Mar - 11:59



Graham avait à peine eu le temps de retourner chez lui prendre une douche et changer de costume que son portable se mit à sonner. Le numéro était masqué.
C'était sûrement un vendeur d'aspirateur, d'assurances ou je ne sais quoi. Il ignora le téléphone jusqu'à ce que ça cesse.

24 Minutes plus tard, Amber's café_Grammercy road

L'inspecteur Tomkins entra dans le restaurant et s'assit à une table,interpella la serveuse, lui commanda un café et un donut. Cette dernière partie dans l'arrière-cuisine pour préparer la commande. Graham consulta sa montre, il avait donné rendez-vous à l'inspecteur "aspirant" Cann à 8h30 précise et il était déjà 8h45. Il fit un effort surhumain pour ne pas s'énerver et rongea son frein en attendant que Cann se pointe. Au même moment, la serveuse posa le café brûlant et le beignet sur la table et retourna vaquer à ses occupations. Tomkins se calma en sentant la bonne odeur de café qui s'échappait du gobelet en carton. Il le but à petites gorgées tout en observant l'intérieur de la gargote. Les nombreuses lézardes et fissures, les 3 fenêtres brisées, calfeutrées avec des planches de bois et le trou béant au milieu de la salle était des vestiges du tremblement de terre. Il termina sa tasse, fourra le gâteau dans la poche de sa veste et se leva de table. Il s'arrêta au comptoir et paya les 8 dollars que la jeune serveuse lui demanda. 8 dollars, les prix étaient devenus exorbitants après le No Man's Land, sans doute à cause de la difficulté pour s'en procurer. Il sorti un billet de dix dollars de son portefeuille et le lui tendit:

Pardon mademoiselle, je suis l'inspecteur Tomkins de la police de Gotham! Puis-je vous poser quelques questions?

B...Bien sûr!

Graham sorti une photo de Cassie Andrews de la poche intérieur de son blouson de cuir et la montra à la jeune femme. Elle examina la photo pendant une seconde:

Non, je ne l'ai jamais vu!! Malgré sa déclaration sans équivoque, elle paraissait chamboulé et Graham remarqua ce détail. Il décida de pousser l'interrogatoire plus loin:

Vous en êtes sur?

Je ne l'ai jamais vu et puis j'ai du travail!! Il avait dû toucher un point sensible car ses mains tremblaient et son regard fuyaient le regard de Graham:

Écoutez mademoiselle, je suis flic depuis assez longtemps pour savoir quand on me ment et là vous êtes en train de me monter un bateau. Vous connaissez Cassie Andrews assez pour vous en inquiéter! Vous étiez amis, c'est ça?

La serveuse nia une nouvelle fois  mais sans la même assurance que la première fois. Graham sentit la moutarde lui montait au nez, il n’avait pas que cette fille qui vraisemblablement mentait soit parce qu'elle avait peur, soit parce qu'elle savait quelque chose. Il y avait aussi le fait que Cann soit en retard:

On va arrêter de jouer! Cassie a été enlevé, il ya deux nuits de ça, dans son appartement par je ne sais quel détraqué sexuel qui va la violer, la débiter en morceaux et la manger!...Et  peut-être pas dans cette ordre!

Tout en disant ces mots, Graham fixait la jeune fille de son regard impitoyable. Ce coup de bluff sur le tueur dépeceur et cannibale allait-il marcher. Visiblement oui car elle parut horrifiée et finit par craquer:

Elle venait tout les lundi prendre un café, elle s'asseyait à cette table et lisait la bible pendant une heure mais on était pas amis juste des connaissances! Je ne sais rien d'autre, je vous le jure!

Graham prit note dans son calepin de ces faits et hocha la tête doucement. Son intuition l'avait encore bien servi, il avait peut-être une piste:

Elle venait seule ou accompagné? Ces derniers temps, elles avaient l'air préoccupé?

Elle était toujours toute seule quant au reste, je me borne à servir du café et des pâtisseries! Cela dit si ça peut vous aider, ça fait quelques semaines qu'elle ne venait plus!

Combien de temps exactement?

J'en sais rien, un mois ou deux!

Ok, je peux avoir votre nom?

Maggie Carter!

Graham Tomkins nota ces dernières informations dans son calepin et donna son numéro à Maggie au cas ou elle se souviendrait de quelque chose d'inhabituelle puis il sorti du café. Une fine pluie commençait à tomber, il remonta le col de sa veste et retourna à sa voiture. L'horloge du tableau de bord annonçait 9h30; Il se fout vraiment de ma gueule!, maugréa t-il.

Quelques minutes après, la voiture de Cann se gara sur le petit parking attenant au Amber's café. Il en sorti sapé comme un prince et courut jusqu'à la voiture de Graham. Il avait à peine ouvert la porte que Graham lui jeta un regard mauvais et lui lança:

On t'a pas appris la ponctualité à l'école de police!?qu'est-ce que tu foutais, nom de Dieu?

D'abord pas de blasphème! Il se signa en même temps qu'il prononçait ces mots, Graham leva les yeux au ciel mais ne dit rien qui pourrait fâcher cette grenouille de bénitier:

Ensuite, je suis à la bourre parce que j'ai passé une demi heure fort instructive avec un des anciens hommes de mains de l'épouvantail!

L'inspecteur Graham Tomkins ne sut pas quoi dire. Voyant l'expression de surprise sur le visage de son collègue, Cann reprit:

Il s'appelle Xander Alice, il a bossé pour l'épouvantail il y a deux ans! Il s'est fait serré par Batman et a fini à Blackgate. Il en est sorti, il y a à peine un mois et bosse comme commis de cuisine dans un Fastfood de Otisburg. Il dit qu'il ne sait rien sur l'enlèvement mais il m'a filer deux ou trois adresses au Crane avait ses habitudes. Il y a un hangar abandonné sur Dixon Docks avec accès au égouts, le 1200 Hillcrest à Otisburg qui a été détruit pour cause d'insalubrité, il ya 1 an et le 144 Sunset Street à quelques kilomètres du domicile de la victime! Une équipe de deux agents est parti inspecter l'entrepôt des quais!


Graham esquissa un léger sourire et félicita son collègue, il démarra la voiture et se mit en route vers le 144 Sunset Street. Pendant le trajet, il lui expliqua à son tour ses investigations au Amber's Café:

Voila, ça n'apporte rien de nouveau mais on est sûrs d'une chose à présent!

Cann se hasarda à demander de quoi pouvaient-on être sûrs:

Ces photos que Crane ou que l'un de ses hommes prenait, n'avait qu'un seule but: la terroriser! Le résultat a du être au delà de ses espérances car elle l'était au point de ne plus faire ce qui était dans ses
habitudes comme se rendre au café. Son petit jeu devait durer depuis un bout de temps et puis il y a deux soirs, il est passé à l'action, il l'a enlevé! Il n'y a qu'un truc qui me chiffonne, pourquoi elle?


Il se tut. La Chevrolet venait de se garer devant le 144 Sunset Street. Il s'agissait d'un vieux bâtiment décrépi qui avait été jadis une manufacture de coton. Les deux hommes descendirent du véhicule et observèrent la bâtisse. Graham fit le tour de la voiture jusqu'au coffre, il l'ouvrit et en sorti 2 gilets pare balle ainsi qu'un calibre 12. Une fois équipé, ils marchèrent prudemment jusqu'à la porte. Graham et Cann tendirent l'oreille, il n'y avait pas un bruit. Couvert par son équipier, Tomkins fit tourner la poignée de la porte qui s'ouvrit sans effort:

GCPD! Hurlèrent-ils de concert en pénétrant dans l'usine désaffecté. Il n'y avait rien dans cette surface de 125 mètres carré environ hormis des tonnes de poussières. Au fond de l'usine, une petite pièce qui avait jadis du être le bureau du contremaître et qui maintenant devait servir de dortoir aux laissés pour compte. Après une fouille approfondies n'ayant abouti à rien , les deux policiers comprirent qu'ils n'étaient toujours pas sur la bonne piste.



Dernière édition par Graham Tomkins le Lun 17 Mar - 22:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Cauchemard (avec Graham Tomkins)   Ven 14 Mar - 0:11

Deux jours après l’enlèvement de Cassie Andrews, quelque part à Crown Point, 22 heures.

La jeune étudiante se révélait être un sujet d’expérience particulièrement coopératif, pour la plus grande joie de l’Epouvantail et du Docteur Crane. Il n’était pas encore certain lequel mènerait la deuxième séance. Généralement il attendait au moins la troisième pour venir en costume mais sa peur de la solitude, de l’abandon était telle qu’après seulement deux jours d’isolement il pouvait voir les dernières lueurs de sa santé mentale s’éteindre derrière ses pupilles, remplacées par l’ombre de la terreur. S’il s’y prenait bien, s’il parvenait telle une araignée à tisser ses mensonges dans les recoins sombres de son esprit il était certain qu’il pouvait transformer ses angoisses primaires en véritables Phobies.

Car appliquer le terme de « phobie » à n’importe quelle peur était impropre et une erreur commune de ces ignares qui l’avaient remplacé à l’asile d’Arkham. La peur est une émotion ressentie en présence ou dans l’attente d’un danger, d’une entité perçue comme une menace. Tout simplement la capacité à reconnaître le danger. Une des raisons pour lesquelles il n’aimait pas travailler avec des enfants, c’est qu’étant moins expérimentés ils avaient toujours moins peur de leur aînés et la foi qu’ils plaçaient en la justice était proprement agaçante. Oh bien sur s’il excitait suffisamment leur Amygdale grâce à sa toxine ce petit problème était réglé mais il appréciait tout particulièrement briser l’esprit de ses victimes avant de leur injecter son produit. Mais la peur en elle-même était un état très positif, parfaitement sain. Ses collègues de l’université n’étaient que des sots pour le contredire !

Pour en revenir aux phobies, sa pathologie favorite, celles-ci se caractérisaient par l’appréhension constante d’une chose ou d’une situation. Et quelle appréhension ! Tremblements soudains, vomissements, crises de panique, d’hystérie, d’épilepsies, terreurs nocturnes, troubles pathologiques du sommeil, crises cardiaques… mort. Morts de peur, ah ! C’en était terriblement tentant.

Son humeur contrastant vivement avec son costume d’Epouvantail il arriva dans ses geôles improvisées guilleret. Tout en faisant bruyamment cliqueter ses clés, le bruit se réverbérant contre les parois, il se permit une petite comptine.

« Trois souris sans vue…

Dès la première phrase il entendit nettement une inspiration brusque à l’intérieur de la cellule. Son ton se fit plus grinçant pour son auditoire.

- VoYEZ comme elles ont COURU…

Peut être était-il un peut trop en joie, mais pouvoir sentir sa peur même à travers la porte en métal le rendait quelque peu… fou. Il déverrouilla la serrure avec des gestes un peu plus désordonnés que quelques minutes avant.

- Elles couraient TOUTES après la femme du ferMIER !

Et avec un grand geste il poussa violement la porte, la faisant claquer sur le côté. Cassie poussa un cri et se jeta aussi loin de lui que sa chaine le permettait. Il la fixa une seconde et se permit un sourire cruel en continuant lentement, doucement.

- Qui leur a coupé la queue au couteau à dé-pe-cer…

Elle resta une seconde sans bouger, l’observant comme une biche dans les phares d’une voiture. Trop terrifiée pour pousser le hurlement silencieux qui se dessinait sur son visage. Il s’approcha de la démarche désordonnée, telle ivre qui caractérisait l’Epouvantail et elle se recroquevilla sur elle-même. Joueur, il tourna autour d’elle pour tapoter, caresser, pincer les carrés de chairs qu’elle ne pouvait pas protéger avec ses bras, les trois premiers touchers lui arrachant de petits cris.

- As-tu peur Cassssssssie ? Mais de quoi ?

Il lâcha un petit rire grinçant devant sa détresse et elle ferma ses yeux, les larmes coulant sur ses joues pâles. Il lui avait donné à manger mais elle sembla déjà plus maigre. Elle se boucha les oreilles pour occulter sa voix et murmura entre deux sanglots.

-« …il me fait reposer dans de verts pâturages, il me dirige près des eaux paisibles... ».

Ah, pour la théophobie c’était un peu raté. Oh bien sur il pouvait mais ça ne serait pas la première. Il continua à circuler autour d’elle comme un vautour, la faisant trembler un peu plus à chaque fois qu’il la touchait. Quelle serait sa première ? Autophobie ? Elle commença à se balancer légèrement d’avant en arrière

- « … il restaure mon âme, il me conduit dans les sentiers de la justice, à cause de son nom… »

Ohhh c’était bien parti pour, il ne lui restait plus qu’à lui injecter sa toxine. Mais s’il essayait de lui insuffler deux phobies ? Peut êtres trois ? Mais lesquelles ! Décisions, décisions…

Il approcha son visage tout près du sien et il vit à sa glotte et à la façon dont sa gorge se serrait quand elle parlait qu’elle se retenait de vomir. Haptophobie ! Oh que c’était amusant…

-« … Quand je marche dans la vallée sombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi… »

Puis il regarda sa posture, ses pieds tournés vers l’intérieur, les jambes resserrées contre elle, ce qu’il lui avait dit sur l’Epouvantail, la réaction qu’elle avait eut en le voyant…

Erotophobie.

Que Scarlett n’aime pas travailler pour Crane, c’était assez compréhensible. Il ne la payait pas, la terrifiait jusqu’à l’os, était horriblement cruel et le seul fait de penser à ce qu’il lui ferait si elle lui désobéissait lui donnait envie de vomir. Déjà qu’il était glauque avec les pauvres types qui faisaient rien d’autre qu’être au mauvais endroit au mauvais moment mais ceux à qui il en voulait… Elle avala la bile qui lui monta à la gorge en pensant à sa dernière revanche sur un homme qui l’avait arnaqué. Il lui avait donné une vidéo et lui avait ordonné d’aller voir les gros dealers qu’elle connaissait –tous ceux de Crown Point- et leur proposer un marché. Des médocs contre l’épidémie et échange de « services ». Elle avait du revoir la vidéo à chaque fois, pour les dissuader de faire des magouilles apparemment. Au bout de la quatrième elle avait arrêté de vomir ses tripes. Se type comptait se tailler un territoire dans la partie la plus merdique de la ville. Pourquoi ? Elle n’avait aucune envie de le savoir.

Son talon glissa et elle manqua de tomber dans l’eau répugnante où flottaient…ça non plus elle ne voulait pas savoir. Un autre inconvénient à travailler pour le taré ? Que des endroits crades. Au bout de quelques minutes, elle finit pas rejoindre un croisement et suivit ses … « instructions ». Il lui avait dit de suivre les hurlements.

Genre le psychopathe il bouffe du toutou grillé sur des tartines. Au p’tit déj.

Prenant son courage à deux mains, la fixeuse et prostituée entra dans le faux conduit et clama fièrement.

« Salut sac à foin ! Alors la bande de débile est complètement ok, en mê…

Puis son regard se posa sur le docteur, à fond dans son humeur de taré-psychopathe-qui-mange-des-Scarlett et sur la fille au sol. Recroquevillée sur elle-même. Nue.

Oh bordel.

Elle fut horrifiée quelques secondes avant de retrouver l’usage de la parole.

- On vous a déjà dis que vous étiez dégueulasse ?

En moins de deux enjambées de cafard mutant il fut juste en face d’elle, ses petits yeux de malade mental la regardant cruellement. Elle et sa grande gueule…

- Voudrais-tu la rejoindre ?

-NON !

- Alors tais toi et continue.

Elle se força à regarder ailleurs. Mais quel immonde rat, quel sale… Pauvre gosse. Le pire c’est que si c’était bien qui elle pensait, ils étaient à trois rues de chez elle. Juste… plus en dessous.

- Ils sont d’accord. Il faudra juste livrer les médocs et ils les veulent le plus tôt possible.

L’avatar de la peur fit quelques calculs rapides dans sa tête. Il n’avait pas de main d’œuvre en ce moment, ne faisait aucune confiance en Scarlett et Cassie Andrews était encore enchaînée… Il lâcha une dose dans la cellule, ferma la porte à clé pour s’isoler un peu des gaz et prit la prostituée aux cheveux roses par le bras. Ah, elle tremblait. En avait elle respiré un peu ? Tant mieux, elle était trop agaçante au naturel.

- Hey z’êtes peut être fermier mais chuis pas un sac à patate !

Il la fit taire d’un regard et continua à la traîner vers la sortie des égouts.

- Tu vois, le problème avec moi ...

Elle en voyait beaucoup mais valait mieux pas lui dire. Il tangua légèrement tout en marchant d’un pas vif.

- Quand je m’amuse beaucoup j’ai UN PEU de mal à conduire et j’ai tendance à… RePENDRE des viscères sur la CHAUssée… Ouvrir…

Paniqué par son ton elle le coupa.

- CA VA ! Je conduis ! Je conduis ! »

Il se mit à grincer et un frisson remonta le long de son dos.
Elle jeta un coup d’œil derrière son épaule.

Pauvre gosse.
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MessageSujet: Re: Le Cauchemard (avec Graham Tomkins)   Lun 17 Mar - 22:15

144 Sunset Street, Grammercy Row_12H30


Perez sorti de la fabrique avec sa malette qui devait être pleine de coton tige, de sac pour scellé, de luminol etc... Il avait l'air plutôt énervé et n'avait pas adressé la parole aux deux inspecteurs depuis qu'il était arrivé sur les lieux. Les deux inspecteurs étaient assis sur le capot de la Chevrolet. Graham, en bras de chemise commençait sérieusement à s'impatienter et Cann tordait nerveusement ses doigts. Perez s'avança vers eux:

Alors, Turner et Hooch!! ironisa-t-il.
Vous avez trouvé rien de mieux que de flinguer mon jour de repos en l'air et pourquoi pour venir récupérer des échantillons de pisse de tous les SDF de Gotham!

On t'a appelé pour que tu fasses ton boulot, Mark!

Cette remarque piqua le technicien médico-légal qui monta d'un cran dans sa mauvaise humeur:

T'insinues que je fais pas mon boulot consciencieusement, Tomkins?


Graham s'était levé  et se planta devant Perez. Sa lèvre supérieur se soulevait nerveusement et il serrait et desserrait son poing sans arrêt:

Tes états d'âme, je me torche avec Perez. On t'a appelé parce qu'on pensait tenir une piste sérieuse sur le lieu ou pourrait être retenu Cassie Andrews. Peut-être qu'elle n'a jamais été détenu ici ou peut-être qu'elle était là mais que Crane la fait déplacer!!

Il fit une pause et reprit avec un air mauvais:

Et si le seul moyen de la retrouver, c'est de te faire analyser toutes la pisse de l'ensemble des habitants de Gotham City, sois assuré que je le ferais sans problème!

Pendant une seconde, les yeux de Perez parurent lui sortir des orbites et il avança d'un pas vers Tomkins avec la ferme intention de lui en coller une. Il se ravisa une seconde avant de frapper et se retourna.


Otisburg, 4 heures plus tard

Graham lisait pour la énième fois le rapport sur Cassie, il espérait trouver un petit détail, quelque chose qu'il n'aurait pas vu et qui lui révélerait la clé de mystère.
Hélas,rien ne sauta aux yeux de l'enquêteur et il poussa un soupir de découragement. Il jeta un oeil à son équipier qui continuait d'examiner des dossiers de suspect et qui avait l'air aussi dépité que lui. Soudain, il eut une révélation et comme un diable, il bondit de son fauteuil et se précipita vers la salle de repos. Cann leva les yeux de ses papiers et s'apprêtait à demander ce qu'il lui prenait. Il n'en eut pas le temps, Graham revenait déja de la pièce avec un exemplaire du Gotham Globe à la main. Il se planta devant le bureau de son jeune équipier et lui tendit le "canard." En première page s'étalait le titre suivant:

GOTHAM CITY AU BORD DU GOUFFRE-LE VOL D'UNE IMPORTANCE CARGAISON DE VACCIN. A QUI PROFITE LE CRIME?

Cann haussa les épaules et se tourna vers son mentor:

Et alors?

Je me suis souvenu de cette article que j'ai lu, il y a quelque jours!ça ressemblait à un banal vol alors j'y ai pas porté attention plus que ça mais  maintenant mon instinct me dit que l'épouvantail est l'auteur de ce cambriolage!!

Je piges toujours rien!!

Graham soupira:

Tu es sérieux, faudrait peut-être que tu changes de métier dans ce cas!

Les yeux de Cann montrait qu'il ne comprenait toujours pas:

Je t'explique, Jonathan Crane est un ancien psychiatre spécialisé dans les peurs et les phobies!

Oui!...Balbutia Cann.

Il y a cinq jours, on a volé au à l'hôpital central de Gotham, un stock conséquent de vaccin contre le choléra.la plupart des caméras de surveillance de l'air de chargement ont été détruites lors d'un acte de vandalisme mais une situé juste au dessus de la guérite du gardien était toujours en état de marche. Elle a filmé l'arrivée et le départ d'un camion de dératisation à respectivement 1h 12 et 1h19. Le gardien a été retrouvé mort mais l'autopsie n'a rien révélé...

Et....

Suis mon raisonnement! Admettons que ce soit l'épouvantail qui ai piqué cette cargaison, il pourrait la vendre au plus offrant. Les gens ont la trouille de crever de cette sale maladie et il serait près à payer n'importe quel prix pour survivre!

Nom de dieu!, s'exclama Cann qui se signa aussitôt pour se corriger!

Je te le fais pas dire, mon pote cependant je vois deux problèmes à mon explication!

Ah oui et lesquels?

Premièrement, ça n'explique toujours pas pourquoi, il a enlevé Cassie Andrews! Deuxièmement, le seul moyen d'écouler un stock de médicaments aussi importants, ce serait de passer par des revendeurs... J'ai un coup de fil à passer! Va chercher la voiture et laisse tourner le moulin.

Un peu plus tard, la Chevrolet banalisé fonçait sur la route défoncé qui conduisait à la vieille clinique de désintoxication de Grammercy Row. Graham était concentré sur la route et essayait d'éviter les crevasses causés par le tremblement de terre. D'un seul coup, un homme jaillit du coin d'un immeuble. Graham écrasa la pédale de frein et s'arrêta à quelques centimètres du piéton inconscient. L'homme les toisa pendant une brève seconde et finit par traverser la rue et alla se perdre dans un des passages sombres de la rue. Un peu abasourdi, Graham et Cann furent incapable de dire un mot en voyant le type se faire la valise comme si de rien n'était. L’inspecteur Tomkins contrôla à plusieurs reprises qu'aucun autre danger public ne se trouvait dans les environs et redémarra en prenant soin cette fois de rouler à 30 milles à l'heure. Le reste du trajet se fit sans incident notable et il stoppa la voiture banalisé devant un bâtiment à la façade décrépite. La vitrine avait été recouverte de peinture blanche et un graffiti obscène décorait la porte d'entrée. Graham descendit du véhicule aussitôt imité par Cann. Graham frappa à la porte pendant que Cann surveillait les environs. Il n'y eut aucune réponse et l'inspecteur Tomkins frappa de plus belle. Toujours rien, Graham s'apprêtait à frapper de nouveau quand Cann qui s'était retourné lui fit remarquer  que la porte avait été forcé. Les deux flics dégainèrent leurs armes:

Passe par devant! Moi, je fais le tour par derrière et fais gaffe!

Cann s'engouffra dans le bâtiment et Graham passa par la ruelle attenante à la clinique. Il trouva la porte de service qui s'ouvrit sans opposer la moindre résistance. Il devait être dans le débarras. La pièce était plongé dans le noir et on y voyait goutte. Graham sorti sa lampe-torche de la poche de son pantalon et éclaira les alentours. Dans le halo de lumière, il repéra une porte en face de lui. Il fit un pas dans sa direction et entendit plusieurs craquement sous ses pieds. Il braqua sa lampe sur le sol et vit ce qui avait provoqué ce bruit. Des seringues usagées; il devait y en avoir une dizaine au bas mot. Il balaya le reste du petit local et distingua des cuillères brûlées et un petit réchaud. Cette clinique dont la raison d'être était d'aider des individus à décrocher de substances illicites était devenu par l'ironie du sort, un palace trois étoiles pour camés. Il sorti du débarras et il se retrouva dans la pièce qui donnait sur la rue. Il avait une épaisse couche de poussière par endroit mais de nombreuses traces de pas témoignait de fréquentes allées et venues. Il avisa la porte ouverte face à lui et s'y aventura. Avant de monter, il prit la précaution de signaler à Cann sa présence. Ce dernier lui répondit qu'il pouvait monter. Une fois en haut des marches, une odeur nauséabonde le prit à la gorge. Cann était penché sur un seau et s'était étalé un mouchoir sur le visage. Il se releva et désigna le seau d'un signe de tête avec une expression de dégoût que même le mouchoir n'arrivait à masquer:

On se croirait dans les chiottes du métro!


Graham fit une grimace et préféra porter son attention sur les 5 matelas crasseux qui s'étalait par terre. Des fringues roulés en boule, quelques capotes usagés,d'autres vieilles seringues et même un rat crevé. Cette endroit lui donnait envie de vomir.Il était pressé de partir et son équipier l'était tout autant. L'inspecteur Cann prit quelques photos avec l'aide de son portable et les deux homme redescendirent.Il allait sortir à l'air libre, quand Cann qui précédait Graham s'arrêta net et pointa son revolver sur un homme noir d'une trentaine d'année qui regardait à travers de la vitre de la Chevrolet:

Retourne toi vite et pas de gestes brusques! ordonna-t-il à l'inconnu.

L'homme se retourna:

Ecoute mec, je suis venu voir l'Inspecteur Graham Tomkins...et puis pose ton flingue! Tu me rends nerveux!

Cann rangea son calibre et laissa Graham passer devant lui:

Salut Otis, ça faisait un bail!

8 ans et des poussières, Mec! répondit Otis tout en comptant sur ses doigts

Cann jeta successivement un coup d’œil aux deux hommes et finit par dire:

Vous vous connaissez?

Et comment, monsieur l'inspecteur qui est là m'a sauvé la vie, mon gars! Si Graham Tomkins n'avait pas été mon ange gardien, je serai enterré dans la décharge de Metropolis!

Tu pousses un peu, Otis! Est-ce que tu as un truc pour moi?

ça se pourrait! Y a pas mal de bruits qui courent en ce moment sur un gros coup qui se préparerait avec les gros pourvoyeurs de came de Gotham!

Quel genre de gros coup?

D'après ce qui se dit dans la rue, une meuf un peu givré sillonnerait les quatre coins de la ville et rendrait visite à ces dealers!

Quelle fille? interrogea Graham visiblement très intéressé!

Pour ça, j'en sais foutre rien mais je sais qu'elle ne paye pas ces types ou en tout cas pas d'après mes sources!

Cann grimaça:

Aucun dealer qu'il soit important ou non que je connais ne travaillerait pas pour rien! T'es en train de te foutre de nous!

Tomkins lui fit comprendre d'un regard qu'il avait tous intérêt à se calmer. Il connaissait bien Otis. Il avait été son indic pendant plusieurs années quand il était encore à la criminelle de Metropolis. Un gars, Tommy Valent avait descendu deux officiers en patrouille pour éviter de se faire serrer pour possession de drogue. Après ce double assassinat, les flics de Metropolis étaient sur les dents et était près à tout pour coincer l'ordure qui avait tué deux des leurs. Graham venait de serrer un petit dealer nommé "Otis Leroy" et au cours de son interrogatoire, Otis avait dit savoir qui était l'auteur du meurtre mais il ne le donnerait que si il obtenait un marché. Près à tout pour serrer un tueur de flic, Graham eut le feu vert pour placer un mouchard sur Otis et l'envoyer faire avouer Valent. L'opération se déroula comme prévu Valent se vanta d'avoir descendu ses deux "flicards", Graham et son équipe l'arrêtèrent. Un procès eut lieu ou le témoignage d'Otis enfonça Tommy Valent. Après la condamnation de Tommy, Otis devint "persona non grata" à Metropolis. Bizarrement, Graham appréciait Otis, il lui fila de l'argent et un billet d'avion pour Gotham City afin qu'il puisse éviter de connaître l'agonie d'un mec déchiqueté dans un broyeuse à bois. Otis lui était redevable et une amitié naquit entre les deux hommes.

Ecoute, gamin! Il toisai Cann de son mètre 90.
De mon temps, les mioches attendait que les adultes ai fini de parler avant de l'ouvrir! Alors ouvre grand tes oreilles! Il ne les paye pas parce qu'ils ont la trouille du commanditaire de cette fille. Apparemment, il y a une vidéo que cette meuf doit montrer à ces salauds et une fois qu'ils l'ont matés, il se chie tellement dessus qu'il accepte de bosser pour rien!

Tu pourrais nous avoir cette vidéo? le questionna Graham.

Pour toi mon pote, je pourrais avoir de la colombienne pur à 97 %...

C'est pas ce que je te demande et je suis flic! L'oublie pas!


Otis réfléchit pendant un court laps de temps:

Ok, je tâcherai de la dégotter! Y a un bar à environ à deux rues d'ici, viens-y vers 23h. J'aurai ce que tu me demandes!

Je te remercie Otis et fais gaffe à toi!

Tu me connais, mec!

Il tourna les talons et laissa les deux hommes seuls. Au fond de lui, Graham se doutait que ce mystérieux commanditaire ne pouvait être que l'épouvantail et son instinct lui criait qu'une fois en possession de cette vidéo, il serait en mesure de retrouver cette fille, de remonter jusqu'à Crane et peut-être de sauver Cassie Andrews.
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MessageSujet: Re: Le Cauchemard (avec Graham Tomkins)   Sam 22 Mar - 0:50

Cling cling, cling cling…

Encore une fois le docteur Jonathan Crane faisait cliqueter son trousseau de clés. Le son se réverbérait sur les murs humides des égouts, produisant un écho aigu. Les bruits de la rue au dessus étaient assourdis par le petit couinement que faisait le métal quand il le faisait tourner autour de son doigt. Il parvenait tout de même à entendre quelques vrombissements de voitures et sentait le tremblement occasionnel sous ses pieds quand une rame de métro passait à toute allure, chargée de la vermine qui arpentait ces rues. Même avec l’épidémie, la crasse, le chaos, le danger ambiant dans les rues en cette période de crise ils continuaient à mener leur quotidien aussi normalement que possible. C’étaient des Gothamites après tout, leur insuffler la peur de vivre était beaucoup plus difficile. C’était pour ça qu’il les aimait tant.

Mais à l’instant tout son intérêt était tourné vers la cellule cachée dans un conduit. Il ne savait pas à quoi elle avait servi avant qu’il ne s’en empare mais ça n’était pas important. Pensant avec délectation à ses hurlements lors de leur dernière séance, il commença à fredonner la berceuse de Brahms. Le bruit grave et rocailleux, mêlé aux sons clairs des clés faisait écho contre l’eau stagnante au rythme des gouttes qui suintaient du béton. A son grand regret il n’entendit pas d’inspiration brusque, de sanglots ou de hurlements en déverrouillant la serrure et se demanda un instant si elle n’avait pas fait une crise cardiaque. Pourtant il avait bien fait attention à lui administrer un dose très légère… Il poussa la porte, prenant un malin plaisir à la faire grincer et la vit allongée sur le sol. Après un rapide examen il se rendit compte qu’elle dormait, tout simplement. Il avait eut un doute en voyant ses yeux entrouverts mais elle faisait juste une terreur nocturne. Il sourit.

Même en rêve elle ne pouvait pas lui échapper.

Il s’accroupit à ses côtés et fit quelques tests. Pouls, tension, reflexes… Puis il tira de sa mallette du désinfectant, de la gaze et du scotch de déménageur. Le métal de ses chaines avait mordu à travers la peau de sa cheville quand elle s’était débattue et s’il ne la soignait pas elle risquait une septicémie. Si elle voulait mourir soit, mais après qu’il en ait fini avec elle. Alors qu’il nettoyait la plaie avec de l’alcool ses paupières commencèrent à papillonner. Habilement il finit son bandage et le recouvrit de scotch pour qu’il reste protégé des bactéries.

Ses bras se resserrèrent contre elle-même et elle respira profondément avant que sa tête ne se tourne vers lui. Aussitôt ses yeux se remplirent de terreur et elle essaya de ramper loin de lui. Il se contenta de tirer d’un coup sec sur sa cheville, lui arrachant un hurlement et l’attirant sur ses genoux. Alors qu’elle se débattait avec toute la force du désespoir il arrêta de fredonner. Sa patience avait des limites. Agacé il lui asséna une gifle et elle poussa un nouveau cri mais arrêta de bouger pour se recroqueviller sur elle-même en sanglotant. C’était déjà mieux.

« Miss Andrews reprenez vos esprits.

Son ton était sec et sa voix la faisait trembler. Ou alors était-ce son toucher ? Il laissa un de ses longs doigts glisser dans le bas de son dos et les tremblements s’intensifièrent. Il ne savait pas si c’était dû à l’érotophobie ou à l’haptophobie mais c’était définitivement traumatique. Malgré son ton froid et sec elle continua de regarder ses genoux. Ca ça ne lui plaisait pas, il voulait voir la terreur dans ses yeux. Il la prit par la mâchoire et la tourna de force vers lui. Beaucoup mieux.

- Qu’avez-vous vu ?

Elle voulu secouer sa tête mais il raffermit sa prise sur son os, ce qui la fit gémir.

- Si vous ne me répondez pas miss Andrews je me montrerais beaucoup moins patient à votre égard.

Non pas qu’il ne l’ai jamais été mais ça elle ne le savait pas. Si elle ne coopérait pas, il serait obligé de deviner ce qu’elle avait vu, c’était mieux que rien mais il avait besoin que ça soit elle qui le lui dise. Pour être certain qu’il exerçait un contrôle total sur sa psyché. D’après la honte qu’il voyait au fond de ses yeux et sa réaction de dégoût intense quand il la touchait, c’était probablement sexuel. Tant mieux, l’instinct de reproduction était aussi fort de l’instinct de survie, une des bases de l’esprit humain. S’il parvenait à jouer avec ça, le reste de son esprit basculerait très vite dans la folie. Il recommença à fredonner et serra la jeune fille contre lui.

-Ohh… Vous avez pensé à moi n’est-ce pas ?

- Non !

Mais l’expression d’horreur sur son visage disait oui. Il la sentit le repousser de toutes ses forces, c’en était presque insultant. Mais qu’avait-elle vu d’autre ? Ses parents évidement, son sentiment d’abandon était déjà fort avant qu’il ne lui injecte le produit. Il essaya de lui voler un baiser pour l’entendre appeler au secours tout en réfléchissant à comment il pourrait bien tourner les choses. On est un psychiatre fou ou on ne l’est pas alors il trouva assez vite.

- Sais tu où nous sommes Cassssie ?

Elle secoua la tête négativement mais le regarda dans les yeux. Bien.

- A quelques rues de chez toi. Près de la librairie où tu achètes tes livres, celle qui a des volets verts.

Ca n’avait pas l’air de l’émouvoir plus que ça mais il continua sur sa lancée.

- Tous les journaux ont dit que tu avais été enlevée, que je t’avais emmenée avec moi, ce que j’allais te faire et pourtant… Ils ne sont toujours pas allés au commissariat. Comme s’ils me donnaient délibérément la permission…

Il passa une main dans ses cheveux emmêlés, les tirant douloureusement alors qu’elle étouffait un haut le cœur et qu’elle cessait de se débattre, ses sanglots emprunts de désespoir.

- Amusant non ? »

Et prête pour une dose plus forte.
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MessageSujet: Re: Le Cauchemard (avec Graham Tomkins)   Lun 24 Mar - 11:58

O' Corrigann's Bar, Grammercy Row_23h24

Les deux inspecteurs furent dévisagés dès leur arrivée dans le rade par les quelques clients. Graham et Cann rejoignirent le bar, commandèrent deux sodas et allèrent s'asseoir à une table situé dans la pénombre. Quelques minutes plus tard, le patron leur servait leurs consommations, Graham paya les deux dollars cinquante demandé, ni plus ni moins! Voyant qu'il n'obtiendrait aucun pourboire, le barman jeta un regard de dépit au billets qui se trouvait dans sa main et prit congé des deux hommes.

Graham sirotait son deuxième verre de soda quand Otis fit son entrer dans le "O' Corrigan's". Malgré le faible éclairage de l'établissement, Grahama put constater qu'Otis était agité et avait le visage tuméfié. Graham se leva et alla à la rencontre de son ami. Dans un premier temps, il lui semblait qu'Otis ne le reconnaissait pas et il en eut la confirmation quand celui-ci essaya de le frapper. Graham parvint à éviter le coup de poing mais il fut suivi d'un coup de pied si rapide qu'il ne put rien faire et reçu un violent coup dans les côtes. La douleur l'obligea à se cambrer et Otis aurait pu l'étendre si Cann qui venait de sortir des toilettes n'était pas venu à son secours:

Arrête, espèce d'enfoiré ou je te colle une balle dans la tête!

Et joignant le geste à la parole, Cann avait sorti son Beretta et le pointai sur la nuque d'Otis. L'indic' fit volte-face et tenta de s'emparer du pistolet du jeune inspecteur. Otis avait des yeux de fou et essayait de retourner le canon de l'arme vers Cann et celui-ci avait toutes les peines du monde à l'en empêcher. Tout d'un coup, le bruit d'une arme qu'on charge, détourna l'attention d'otis qui lâcha prise un instant et se tourna dans la direction du bruit. Derrière le bar, le patron le menaçait avec un fusil à pompe Benelli M4:

Tire toi de mon bar et fissa....

Cann profita de ce répit pour assener un violent coup de crosse sur l'occiput d'Otis. Le forcené s'écroula au pied du jeune inspecteur pendant que Graham
reprenait son souffle. Les choses semblait s'améliorer jusqu'au moment où Cann sorti ses menottes et les passa au poignet d'Otis. En apercevant les bracelets, trois gros bras qui été accoudé au bar lâchèrent de concert:

Les flics, mer...

Ils s'arrêtèrent en voyant Graham Tomkins debout se massant les côtes de la main gauche et braquant son arme de service vers eux de la main droite! Il déglutit et leur déclara de la façon la plus autoritaire:

Police de Gotham!! On est pas là pour le trafic de drogue ou tout autre chose illégale... Du moins pas ce soir! Laissez nous sortir et aucun de vous ne finira à la morgue... Je vous préviens, je plaisante pas!

Les yeux de Graham lançaient des éclairs et les 3 guignols reportèrent leur attention sur le verre de bière et reprirent leur conversation comme si rien de spécial ne venait de se passer. Cann releva son prisonnier et sorti en premier suivi de l'inspecteur Tomkins qui ne rangea son arme qu'une fois en sécurité dans la voiture.

Otisburg, 3h45

Le sous-sol du garage "QG" servait de salle d'interrogatoire. L'atmosphère et l'ameublement était parfait. Il n'avait aucune fenêtre, la seule lumière provenait d'un néon qui éclairait d'une lumière crue la table et les deux chaises pliantes situés en dessous. Cann était assis face au prisonnier, les manches remontés, sa cravate dénoué, une cigarette se consumant entre ses doigts, il dévisageait Otis.
Graham les bras croisés, adossé au mur se trouvait derrière son indic. Otis, l'oeil hagard paraissait ne pas comprendre pourquoi il était menotté et enfermé dans cette pièce avec ses deux flics:

Tu peux m'expliquer pourquoi tu as agressé Graham dans le bar! Je croyais que vous étiez pote tout les deux...

Otis ne semblait pas savoir de quoi parlait le jeune inspecteur et balbutia:

De...de quoi, est-ce que tu parles?

La réaction de Graham ne se fit pas attendre, il s'avança vers Otis et lui colla une grande claque derrière la nuque:

Tu te rappelles de m'avoir tabassé y a quelques heures au "O' Corrigan's ",non!

Je vois pas de quoi tu parles, Graham, je.....

Ecrase, Otis! Je me demande bien avec quoi tu as pu te défoncer pour être incapable de me reconnaître!

Le prisonnier baissait la tête à mesure que Graham parlait, il avait vraiment l'air affecté. Cann s'en aperçut et le fit remarquer à Tomkins d'un signe de tête:

Mettons que je crois à ton histoire, tu ne te souviens pas de m'avoir dérouiller, d'avoir essayer de descendre mon équipier et de te faire étendre par lui! Admettons, est-ce que tu te rappelles pourquoi tu m'avais donné rendez-vous dans ce bar glauque?

Otis releva aussitôt la tête et se mit à parler à toute vitesse, il avait l'air terrorisé:

J'ai pas pu obtenir la vidéo, c'était vraiment trop chaud! Par contre, j'ai appris plusieurs choses qui peuvent vous intéresser mais avant que je me mette à table, je veux qu'on m'enlève ces bracelets!!!

Tu es vraiment gonflé de demander ça après ce que tu ai essayé de nous buter tout les deux...

La ferme, Graham! Coupa le coupa violemment Cann.

Cann venait de se lever et son regard transperçait Graham. Ce dernier resta interdit puis quitta la petite pièce furibond. Une fois seuls, Cann libèra Otis de ces entraves. L'indicateur se massa les poignets et jeta un regard plein d'admiration au jeune flic:

Jamais j'aurai cru de mon vivant, voir quelqu'un tenir tête à Tomkins! Chapeau, gamin! Bon, j'ai des infos sur la cargaison de médicaments volés.  D'après ce que j'ai pu entendre, une grande partie de la cargaison a été détruite et le reste a été vendu ou donné.

A qui?demanda le jeune policier en tirant une bouffée de sa cigarette.

J'en sais foutre rien mais j'ai pas fini! Je connais l'identité de la fille qui était chargé de faire visionner la vidéo à tout les dealers du coin! C'est Scarlett

A ce moment, Graham refit son entrée et fit signe à son équipier qu'il reprenait l'interrogatoire en main. Cann écrasa sa cigarette sous sa semelle, la jeta par terre et laissa sa place à Graham Tomkins. Néanmoins, il resta près de Graham au cas où Otis serait repris d'une soudaine crise de violence hystérique. Ce dernier s'assit face à son indic' et posa son calepin sur la table:

Scarlett comment?

Je te dis que je sais pas, répondit Otis avec un pointe d'agacement dans la voix. Cependant, les regards furieux de Graham et Cann le firent se radoucir aussi sec:

Mais je sais que c'est un pseudo, qu'elle est dangereuse ... Voilà tout ce que je sais!

Graham nota ces éléments dans son carnet:

Tu sais ou elle se trouve en ce moment?

Otis hocha la tête et reprit:

Un des dealers qu'elle a rencontré me devait un service, il l'aurait suivi jusqu'à ce qu'il perde sa trace aux alentours d'une librairie dans Crown Point... Ah oui, cette boutique a des volets verts! C'est tout.

OK, une dernière question. Qui t'as vendu la dope qui t'as retourné le cerveau? Et ne me dis pas que tu n'as rien prisparce que ce serait insulté mon intelligence et je vais vraiment me foutre en rogne!

Il s'appelle Donnie, il bosse sur Dixon docks. Il m'a certifié que cette poudre me ferait décoller et j'ai marché! Quel con, j'ai pu être...

Je te le fais pas dire, souffla Tomkins sur un ton de reproche. Cann se leva et quitta la pièce suivi de Graham malgré les supplications d'Otis. Une fois, la porte fermé, Cann interrogea son mentor:

Qu'est qu'on fait maintenant?

On envoie un patrouille sur Dixon docks, je veux qu'il serre ce Donnie! Quant à nous, on va aller faire un  tour du côté de cette librairie.


Tu crois qu'il s'agit de la librairie qui est a quelques rues du domicile de Cassie Andrews?

La seule façon de le savoir, c'est d'aller vérifier mais j'ai le sentiment qu'on trouvera quelque chose dans ces parages.!

Cann s'apprêtait à gravir les marches qui les conduirait hors du sous-sol mais son supérieur l’attrapa par le bras et le tira sèchement vers lui:

La prochaine fois que tu me dis de la fermer devant un suspect ou un témoin, tu morfles. Je suis assez clair!!
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MessageSujet: Re: Le Cauchemard (avec Graham Tomkins)   Mar 25 Mar - 13:00

Crown Point, 3 jours après l'enlèvement de Cassie Andrews:

Si cela avait été un conte de fée l'héroïne -blonde, plantureuse et conne comme une poule- se serait réveillée au piaillement guilleret des petits oiseaux avant de chanter avec eux.

Mais ça n'était pas un conte de fée et Jonathan Crane - roux, maigre et méchant comme la gale- se réveilla au son strident du réveil qu'il avait programmé sur son portable et vu sa tête il aurait été plus enclin à étriper les oiseaux qu'à chanter avec eux. Il tendit un long bras vers le gadget et éteint l'alarme avant de passer une main épuisée sur son visage. Bien qu'il soit un criminel et l'avatar de la terreur il ressemblait au commun des mortels en cela qu'il n'aimait pas avoir à se réveiller à une heure du matin. Il ne prit pas le temps de s'étirer et se contenta de se relever de sa table de travail pour éteindre le bec bunsen. Il avait profité de ce que son produit prenne beaucoup de temps à être purifié pour faire la sieste. Dans ce métier, il prenait le sommeil où il pouvait. Il décrocha l'erlenmeyer et remplit précautionneusement plusieurs fioles. Il faudrait qu'il en fasse vaporiser deux et qu'il les mette en réserve, la troisième venait avec lui. Les commissures de ses lèvres s'étirèrent en un sourire cruel. Il avait fait cette préparation tout spécialement pour cette chère Cassie Andrews. Il prit son manteau et sortit d'un pas vif de sa planque. Soudainement beaucoup plus vif et sa fatigue complètement oubliée il se glissa agilement dans une bouche d'égout dont la sécurité avait été brisée il y a bien longtemps, peut être même avant sa naissance.

Il avait entendu dire par certains clochards qu'il y a longtemps, alors que l'ordinateur n'existait pas encore et que les Waynes et les Cobblepott étaient amis, Grammercy Row avait été un quartier résidentiel assez chic où le gens venaient quand ils en avaient les moyens. Pleins de promesses et d'espoirs qui étaient partis en fumée quand les vents avaient fait stagner la pollution des industries naissantes là où vivaient la classe moyenne de Gotham, entrainant asthmes, malformation, maladies pulmonaires, fausses couches et mort prématurées. Ceux qui l'avaient pu étaient partis, laissant les autres à leur sort. Objectivement, ça l'arrangeait beaucoup. Cet exode massif avait laissé un grand nombres de bâtiments à l'abandon, trop chers pour être rachetés, pas assez importants pour se donner la peine de les détruire ou de s'en occuper. Depuis ils s'étaient remplis de la lie du New Jersey : prostitution, tueurs à gages, clubs de combats, drogues, receleurs... L'avantage pour un homme comme le docteur Crane, c'est qu'il pouvait trouver tout et n'importe quoi au marché noir, du moment que les importations se faisaient. Bien sur en ce moment elles étaient coupés et il devait travailler au ralenti mais il avait dans l'idée de changer ça.
Au bout d'une heure de marche il se retrouva à quelques pas d'un conduit très familier...

L'anticipation fit remonter un frisson le long de sa colonne vertébrale et, sourire cruel aux lèvres, il fit cliqueter ses clés. Si le son lui semblait presque joyeux, les hurlements hystériques lui firent savoir que tout le monde n'étais pas de son avis.

"... Tourne, tourne auTOUR des roses"

Les hurlements, désormais entrecoupés de hoquets et de sanglots paniqués firent monter son excitation d'un cran. Ah oui ! Il avait presque oublié que lors que la dernière séance il avait pu éveiller en elle une très amusante musicophobie. La medorthophobie aussi... Mais il fallait qu'il voit quel effet aurait son produit sur ses fonctions vitales d'abord. Il aurait tout le temps de jouer après lui avoir injecté sa toxine. Il jongla avec ses clés, continuant de chanter entre deux ricanements.

"... les POCHES remplies de mauves"

Il déverrouilla la serrure avant de pousser violement la porte avec son pied. A sa grande surprise il fut accueillit par un cri de douleur quand Cassie tomba en arrière. Pourtant sa chaine était trop petite pour atteindre la porte ! La jeune fille -femme d'un point de vue plus traditionnel- ne lui laissa pas le temps de réfléchir à la question et se jeta sur lui en hurlant. Sans se départir de son sourire il prit le poignet tenant une brique et lui fit une clé de bras avant d'enfoncer violement son front dans le sol. La petite "rébellion" avait duré moins de deux secondes et lui avait fait lâcher son arme de fortune. Trop groggy pour se débattre il la traîna sur le matelas et l'y laissa tomber comme un fétu de paille. Une fois qu'il fut certain qu'elle ne comptait plus bouger il observa les dégâts.

D'après l'état de ses doigts et le trou dans le mur, elle était parvenue à gratter le ciment suffisamment profondément pour pouvoir déloger une brique. Un ou deux maillons de la chaîne portaient des marques de coups répétés, mais étaient trop solides. Elle avait du abandonner. A la place elle s'était attaquée à un élément beaucoup plus fragile : sa cheville. D'expérience, il savait que les coups répétés sur un os brisé provoquaient une douleur bien au delà des mots. Il était assez impressionné, il avait rarement eut des sujets aussi combatifs, la détruire allait être un défi qu'il serait ravi d'entreprendre. Il referma la porte avant de s'accroupir à ses côtés et d'ouvrir sa mallette. Il commença à découper les restes du précédent bandage, faisant attention à ne pas endommager le membre tuméfié. Une fois que cela fut fait il désinfecta tout cela, retirant les morceaux de ciment et de saleté alors que sa victime regardait le plafond en pleurant silencieusement, ses yeux emplis d'horreur.

" Pourquoi vous faites ça ?"

Il répondit sans même la regarder tout en re-cassant certains os, son perfectionnisme de médecin l'empêchant de laisser une patiente dans un tel état.

" Par pur intérêt scientifique."

Après une série de cris plus inhumains les uns que les autres il finit de recoudre sa peau et l'entoura de gaze. Il tira alors sèchement contre ses bras qu'elle gardait près d'elle. La rousse poussa un cri et pleura un peu plus fort mais ne se débattit pas. Avait elle abandonné ? Probablement pas. Il avait cru avoir brisé sa volonté lors de leur dernière entrevue mais vu la surprise qu'elle lui avait faite au retour ça n'était pas le cas. Pas tout à fait. Il avait cru qu'il n'aurait qu'à mettre des bandages sur des doigts mais cette idiote avait essayé de s'entailler les veines avec ses ongles, gravant des croix sous ses paumes. Il aurait du penser à les lui couper, il avait toujours demandé à ce que cela soit fait pour tous les occupants de l'asile quand il avait été aux commandes. Une bonne chose qu'il soit incroyablement difficile de se suicider de cette manière. Une fois son travail achevé il resserra la menotte de la chaîne autour de la cheville valide. Elle ne toucherait pas à celle là, il la pensait suffisamment maline pour se rendre compte qu'elle ne pourrait pas aller bien loin si ses deux chevilles ressemblaient à une charpie sanglante. Il se pencha jusqu'à ce que la seule chose qu'elle puisse voir soit ses yeux à travers son masque et agrippa sa mâchoire.

" Qu'avez vous vu ?"

Un son s'échappa de sa gorge entre le hurlement, le sanglot et le soupir. Mais pour la première fois elle lui répondit.

"VOUS ! Je vous vois vous et vous êtes couvert de... de craquelures, de... de bile noire, de cafards et vous chantez, vous vous moquez, et j'entends mes parents, j'entends vos CLES et vous... Vous..."

La suite était trop inintelligible pour comprendre quoi que ce soit, sa respiration devenue trop saccadée, tremblements et sanglots plus forts que jamais. Elle refaisait une crise d'hystérie. Deux en si peu de temps ? Son sourire s'étendit sous la toile de jute. Il était tout près du but ! Se faire aussi mal n'était pas l'acte d'une personne saine d'esprit, quelle que soit la raison. Alliant la cruauté à la perversion, il décida d'emmêler un peu plus ses pensées. Il s'allongea à côté d'elle et la prit dans ses bras en faisant attention à ne pas lui faire mal. Elle se figea, s'attendant au pire et il caressa ses cheveux. Si CA ça ne lui faisait pas se poser des questions sur sa santé mentale et sa perception de la réalité, il ne voyait pas ce qui pourrait marcher. Il sortit une seringue de sa poche et elle se mit à hurler. Mais il y avait du progrès, elle n'essaya même pas de se débattre. Se prenant au jeu il tourna son visage vers lui et fit semblant de la réconforter.

"Chut, chut Cassie... Allez arrêtes... Voilà c'est mieux. Quand ça sera fini, quand tu n'auras plus besoin de thérapie, il n'y aura plus de honte, plus de souffrances, plus de peur..."

Il aurait presque rit en voyant la lueur d'espoir dans ses yeux pleins de larmes mais parvint à se retenir. Il sentit sa main serrer la toile de jute de son costume.

"Promis ?"

Et bien c'est un sujet débattu dans le monde de la médecine mais il est majoritairement accepté qu'un légume ne peut pas ressentir grand chose. Il souffla sa réponse dans son oreille en enfonçant la seringue dans sa jugulaire.

"Promis."
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MessageSujet: Re: Le Cauchemard (avec Graham Tomkins)   Dim 30 Mar - 22:26

Otisburg, 7h30

Graham fit son entrée dans le garage "QG". Il avait pu rentrer chez lui et dormir une heure. Il en avait même profité pour prendre une douche et changer de costume. Il se sentait un homme nouveau et la perspective de retrouver Cassie  le mettait de bonne humeur. Il rejoignit son bureau et remarqua le dossier déposé dessus. Il retira sa veste de cuir, la pendit sur son siège en prenant soin de ne pas la froisser et s'assit pour étudier le dossier. C'était celui d'une dénommé Ashley Drew A.K.A Scarlett. Graham étudia le casier judiciaire de la jeune criminelle pendant une bonne trentaine de minutes tout en prenant régulièrement des notes. Une fois sa lecture terminé, il descendit au sous-sol jusqu'à la salle d'interrogatoire improvisé.Les bras croisés sur la table et la tête posé dessus, Otis  Leroy somnolait. Graham s'en approcha en prenant garde à ne pas faire le moindre bruit et frappa de toute ses forces sur la table. Le fracas assourdissant réveilla le prisonnier en sursaut et faillit tomber de sa chaise:

T'es vraiment con par moment, tu sais ça!, lança Otis à l'inspecteur.

J'en ai autant à ton service, Otis! Tu vas me donner le nom de ce mec qui te devait un service et où je peux le trouver!

Otis Leroy se redressa sur sa chaise et tendit ses deux mains menottés vers Graham avec une lueur de défi dans le regard:

Et pourquoi je ferais ça après que tu m’ait laissé passer la nuit ici comme un vulgaire criminel! Tu peux aller te faire foutre...

Graham s'assit sur un coin de la table, croisa les bras et dévisagea son indic avec un regard plein de consternation:

T'as jamais été très malin, mon gars! Que tu le veuille ou non, tu vas me filer son nom. Maintenant c'est à toi de voir, si tu veux que ce soit de la manière douce ou la manière forte.

Otis se leva d'un bond et se mit à hurler:

T'as l'intention de me casser la gueule, Monsieur l'inspecteur! Ben vas-y, je te dirais QUE DALLE!

Graham se releva lui aussi vif comme un tigre, attrapa son indic par le col et le plaqua au mur:

Te casser la gueule, j'en ai pas l'intention! Je vais t'envoyer à Blackgate et je m'arrangerais pour que tout le monde sache que tu es une balance!

Graham relâcha son étreinte, fit un pas en arrière et reprit d'une voix doucereuse:

A ton avis, combien de temps tu tiendras dans la cour de la prison lors de la promenade?...1 minute... 2 minutes? Franchement, je serai étonné que tu tiennes plus longtemps!!

il fit volte-face et se dirigea vers la porte. Il s'apprêtait à tourner la poignée quand Otis hurla comme un damné:

Manny Guiterrez, il s'appelle Manny Guiterrez, il bosse dans une épicerie à 3 blocs d'ici!! Je t'en prie m'envoie pas en taule, Graham! Je t'en supplie!

Graham se retourna et vit Otis affalé par terre en larmes, il était visiblement sous le choc. L'inspecteur Tomkins s'avança vers lui et s'agenouilla à ses côtés. Il sorti une petite clé de sa poche et retira ses menottes au prisonnier. Ce dernier se massa les poignets, toujours secoué par les sanglots:

Merci! finit-il par articuler.

Évite de reprendre de la drogue, je serai pas aussi coulant la prochaine fois! Allez viens, je te raccompagne!

Epicerie chez Mike, environ 1h après_Otisburg

Graham et Cann entrèrent dans l'épicerie à quelques minutes d'intervalle. Cann entra le premier se dirigea vers le frigo à boissons et fit semblant de choisir une bière tout en surveillant les lieux. Graham entra 2 minutes après et demanda au caissier ou était Manny Guiterrez. Le caissier, un portoricain d'une quarantaine d'année eut l'air méfiant jusqu'à ce que Graham lui montre sa plaque. En la voyant, l'homme leur expliqua qu'il était la personne qu'il recherchait mais que la marijuana qu'il avait sur lui n'était que médicinale et qu'il avait une ordonnance qui l'attestait. Graham écouta son laïus puis lâcha un bâillement, il lui expliqua à son tour qu'il se foutait complètement de la drogue et qu'il ne venait que pour lui poser quelques questions:

Vous connaissez Otis Leroy?

Si, Otis est oune bon copain à moi. Il a des ennuis?

Non, le rassura Graham vraisemblablement amusé pour l'accent à couper au couteau de Guitterez.
Il nous a appris que vous aviez suivi une jeune fille à sa demande!

Manny eut comme une hésitation et finit par bredouiller:

....SI....si, y'ai suivi oune fille à sa demande mais...mais je ne lui ai rien fait!

Je sais, je veux juste savoir si c'est bien cette femme que vous avez vu cette nuit- là?

Graham sorti de son portefeuille la photo du dossier de Scarlett et la tendit à Manny Guitterez:

Si, c'est elle! Ye la reconnais, elle a disparu devant oune librairie!

Merci de votre aide, Monsieur Guitterez.

Librairie Johnson, Crown Point_14h25

Graham gara la Chevrolet devant le bâtiment aux volets verts et en sorti suivi de Cann. La bâtisse avait connu des jours meilleurs: plusieurs fenêtres avait été brisés, des tags ornaient la façade et une lézarde d'un mètre vingt courait le long du mur de crépi fatigué. Un escalier de trois marches conduisait à une porte en verre sale. Les deux hommes gravirent les marches et poussèrent la porte d'entrée de la librairie. Une clochette tinta et les quelques clients de la boutique se retournèrent instinctivement pour regarder les nouveaux venus. Sur leur droite, Un homme d'un certain âge s'évertuait à classer des piles de livre posé sur un vieux comptoir en bois. En fond sonore, une chaîne HIFI avec une baffle crachotante passait "Don't Fear the Reaper" du groupe Blue Oyster Cult. Graham et Cann s’avancèrent vers celui qui était en toute logique un employé ou même le patron. Les deux hommes sortirent leurs plaques et annoncèrent de concert:

Police de Gotham! Nous souhaiterions parler au propriétaire de ce magasin?

L'homme âgé laissa son classement et se tourna vers les deux importuns. Il portait un T-Shirt des "Grateful Dead", des lunettes de vues rondes et ses cheveux longs grisonnants lui tombait sur les épaules. Il examina ses deux types et déclara:

Je suis Eric Lloyd, propriétaire de cette boutique depuis 1984! Je vous écoute messieurs mais faites vite.

Monsieur, Lloyd, je suis l'inspecteur Graham Tomkins et voici l'inspecteur Cann! Nous enquêtons sur la disparition de Cassie Andrews.

En entendant ce nom, l'homme se radoucit et sourit aux deux flics mais il se mit à parler avec une pointe de tristesse dans la voix:

Pauvre Cassie, j'espère que vous la retrouverez saine et sauve et que vous arrêterez le pourri responsable de son enlèvement!

On y travaille monsieur Lloyd mais vous connaissez la victime?

L'homme parut choqué qu'un policier en sache aussi peu sur la victime d'un enlèvement:

Bien entendu que je la connais, elle venait... vient ici régulièrement pour consulter des livres qui traite souvent de religion et de théologie.

Excusez moi monsieur Lloyd, vous avez dit consulter mais ce n'est pas une bibliothèque ici, vous ne vouliez pas plutôt dire acheter!

Eric Lloyd jeta un regard noir à Cann et lui lança:

J'ai bien dit consulter, monsieur l'inspecteur. Cassie n'avait pas énormément d'argent mais c'était une... c'est une si gentille gosse que je lui permettais de prendre des livres et de me les ramener une fois qu'elle les avait lues!

Ce qui est tout à votre honneur, monsieur Lloyd! Auriez-vous une liste des livres qu'elle vous a "emprunté" dernièrement?

Eric Lloyd regarda Graham avec une grande perplexité et finit par lâcher:

A quoi ça pourrait bien vous servir?


Je ne veux rien négliger! Vous avez une liste de ce genre?

Oui dans mon bureau. Je reviens dans un instant.

Lloyd quitta son comptoir pour entrer dans une petite pièce et disparut derrière une vieille porte tapissé d'une affiche avec la couverture du "From Hell" d'Alan Moore et d'Eddie Campbell. Il en revint quelques minutes plus tard avec une fiche plastifié à la main qu'il donna à Graham:

Voila ces derniers emprunts même si je ne vois pas en quoi ça vous aidera: Les épitres de Paul et La divine comédie!

Graham reposa la fiche plastique sur le comptoir. Il fouilla dans sa poche et en sortit la photographie de Scarlett et la montra à Eric Lloyd. Le gérant de la librairie déclara ne l'avoir jamais vu et que si il en avait fini il avait du travail. Graham et Cann le remercièrent pour sa coopération. Avant de partir, ils montrèrent à tous les clients de la librairie la phot de Scarlett dans l'espoir que quelqu'un l'aurait vu. Hélas, personne ne la reconnut et les deux hommes sortirent de la librairie Lloyd. Arrivé à leur voiture, le téléphone portable de Graham sonna et il décrocha:

Allô, je vous préviens je suis de mauvaise humeur alors faites vite!

La voix de perez retentit au bout du fil et il semblait très enthousiaste:

Graham, c'est Perez! Vous en êtes où sur la disparition de Cassie Andrews?

A ton avis, on piétine et je commence à en avoir marre! répondit-il, la voix pleine d'amertume.

Alors tiens toi bien, j'ai réanalysé tous les prélèvements que j'ai recueilli dans l'appart de Cassie Andrews et j'ai découvert quelque chose...

Graham  lui signifia de continuer d'un simple grognement:

Ok, j'ai trouvé des traces d'oxyde de fer, d'excréments de rattus norvegicus et d'eau avec un forte teneur en urine et en matières fécales...

Graham le coupa net et avec une voix proche de celle du psychopathe qui est sur le point de passer à l'acte, il déclara:

Je ressemble à un putain de chimiste à ton avis, Perez! Alors tu as plutôt intérêt à traduire tout ça pour que je le comprenne ou je me ferais un plaisir de te botter le cul une fois cette affaire réglé!!

Graham l'entendit avaler sa salive et fit un clin d’œil à son coéquipier qui appréciait autant l'instant que lui. Au bout d'une seconde, Perez réussi à articule:

Je suis persuadé qu'il la retient dans les égouts!

Merci du tuyau, on avance! J'ai plus qu'à faire quadriller près de 30 kilomètres d'égouts que compte cette foutu ville et avec du bol, on la retrouvera!

Graham raccrocha sans remercier Perez et affranchit son équipier de la découverte qui venait d’être faite. Celui-ci eut un air penaud et Graham prit un air abattu :

On a besoin de repos et on verra ça demain!

Tomkins venait de démarrer et vérifiait dans son rétroviseur et son angle mort que personne n'arrivait pour pouvoir quitter sa place. Cann avait ouvert la fenêtre et jetai un regard vide sur la chaussée. Soudain, il cria à Graham de stopper. Tomkins freina d'un coup sec et failli emboutir la voiture devant lui, il s'apprêtait à engueuler Cann alors que ce dernier avait déjà ouvert la portière,jailli du véhicule comme un diable de sa boîte et se tenait devant une bouche d’égout:

Scarlett a disparu devant cette librairie d'après Manny et Perez dit qu'elle est retenu dans les égouts! Tu vois ce que je veux dire?

Graham regarda successivement la bouche d'égout et Cann. Un sourire carnassier se dessina sur son visage:

Bordel de dieu! Allons la chercher! cracha-t-il, plein de détermination.







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MessageSujet: Re: Le Cauchemard (avec Graham Tomkins)   Lun 31 Mar - 18:48

Alors que l'eau tiède coulait sur sa tête, Jonathan Crane réfléchissait. Pourquoi sous la douche ? Parce que d'après de nombreuses études et son expérience personnelle la créativité n'était pas une question de cerveau mais de contexte. Il fallait à la fois relaxer les fonctions exécutives de cerveau , favoriser les sécrétions de dopamine et créer une distraction suffisante pour permettre à l'inconscient de faire remonter des idées vers la conscience. Bien sur il y avait d'autres moyens de réunir ces trois critères, mais dans l'immédiat c'était ce qu'il avait de mieux. Il ne pouvait pas aller se promener, sa taille imposante et sa maigreur le rendaient trop facile à reconnaître. Même avant que sa double-vie ne soit révélée il avait toujours été difficile pour lui de sortir au grand jour. Son physique était trop bizarre, anormal même. Il ne comptait même plus le nombre de fois où un passant l'avait interpellé pour lui demander quelle taille il faisait ou combien il pesait. C'était incroyablement agaçant et le mettait de mauvaise humeur mais dans un sens c'était bon pour sa créativité d'imaginer mille et une façon de leur faire regretter leurs remarques. A la longue il était devenu très original.

Mais là il réfléchissait plutôt au cas de Cassie Andrews. Les séances avaient été de plus en plus longues pour endommager au fur et à mesure son psychée. Contrairement à ce qu'on pourrait croire il ne faisait pas ça par plaisir. Bon si, en partie. Il tentait plusieurs approches au niveau de la thérapie, alternant entre venir dans son costume d'Epouvantail et en civil pour voir ce qui était le plus intimidant: une personne normale capable de commettre des actes abominable ou une chose sortie des pires cauchemars ? Cela dépendait des gens. Miss Andrews avait plus peur de lui lorsqu'il mettait son habit en toile de jute. Considérant son attachement envers sa religion c'était probablement parce que son inconscient le reconnaissait comme un démon. S'il avait pu "emprunter" le python de Nygma il aurait été amusant de l'y confronter, si ses souvenirs étaient exacts le péché originel avait été en partie l'oeuvre du Diable déguisé en serpent géant. Il pourrait probablement déclencher une Ophiophobie qui serait rapidement suivie par la theophobie, son but avec ce sujet ci. Malheureusement le Sphinx portait une affection déraisonnable envers l'animal de compagnie et il ne connaissait pas de receleur ayant d'aussi gros serpents à disposition. Il faudrait qu'il se renseigne auprès de Scarlett.

Cette fois ci la séance avait duré des heures. Il aurait continué encore un peu plus longtemps mais après trois injections entrecoupées de petits... interludes, elle avait fait un "closing in". Elle respirait, ses fonctions vitales étaient parfaitement fonctionnelles, ses yeux étaient ouverts et réagissaient à la lumière mais elle ne bougeait plus. Elle était littéralement enfermée à l'intérieur de son corps, son esprit en pause pour la protéger d'un trop lourd dommage. Il était habitué à ce genre de réaction, c'était le premier il ne durerait pas très longtemps, les autres un peu plus. Mais il voulait les éviter le plus possible, il ne voulait pas que son système nerveux lâche avant d'avoir atteint son but. Il voulait déclencher chez elle la peur de son dieu ou détruire sa croyance, la base de sa personnalité. C'était difficile parce que c'était ce à quoi elle se raccrochait le plus, une constante dans sa vie, mais justement si cela avait été simple ça n'aurait pas été intéressant. Son étude portait sur sa réaction lorsque ce point serait retiré et comment en gérerait-elle la disparition. Si elle finissait dans un état catatonique... et bien tant pis, il retrouverait quelqu'un d'autre. Mais si elle survivait il faudrait qu'il la suive à l'avenir, voir ce qu'elle devenait sur quelques années. Ces recherches sur la réparation du cerveau après un traumatisme prenaient du temps et il lui fallait plusieurs sujets mais les résultats étaient fantastiques, tout ce qu'il pouvait découvrir...

Ca, c'était de la science.

Il sortit de la douche et se rhabilla, passant dans la petite cellule. Cassie n'avait pas bougé, elle restait recroquevillée sur elle même, regardant dans le vide alors que ses bras étaient serrés contre sa poitrine. Il parcouru du regard son corps nu. Il aimait beaucoup les rousses, pas particulièrement à cause de leurs cheveux mais surtout pour leur peau. Si blanche, sans la moindre imperfection. Désormais son corps était recouverts de petits bleus quand ses doigts s'étaient enfoncés dans sa chair, de traces de morsures, de griffures de suçons comme autant de taches d'encres sur une page, racontant une histoire. Bien sur la majorité partirait, mais pas les points de suture sur sa cheville et ses poignets. Les cicatrices étant trop profondes pour être retirées au laser elle garderait à vie un souvenir de son passage. S'accroupissant à côté d'elle il caressa des marques sur ses hanches et elle trembla. Ca, ça voulait dire que le "closing in" était terminé.

"Un problème miss Andrews ?"

"Je n'ai rien vu."

Son ton n'était même plus effrayé ou désespéré. Sa voix était monocorde et seuls ses yeux laissaient transparaître l'horreur qu'elle ressentait.

"Veuillez élaborer miss."

"Je n'ai rien vu. Je suis morte et je n'ai rien vu."

Il sourit. Il avait été beaucoup plus proche qu'il ne le croyait. Mais ça, c'était probablement parce qu'elle avait survécu à sa tentative de suicide. S'entailler les veines est toujours un appel au secours, que l'acte soit commis dans le but de mourir ou non. Que les cicatrices soient en forme de croix avait été hautement symbolique, c'était son dieu qu'elle appelait à l'aide et ça n'avait pas fonctionné. Suivant la maxime "aide toi, le ciel t'aidera" elle avait essayé de s'enfuir mais ça non plus ça n'avait pas marché et elle avait du endurer leur pire entrevue à ce jour. Puis sa conscience s'était éteinte pendant quelques instants et elle n'avait eut aucune vision du paradis. Par conséquent elle commençait à se remettre en question.

"Et qu'est-ce que cela veut il dire miss Andrews ?"

Elle secoua légèrement sa tête, refusant de répondre. Il la prit par les épaules pour la relever et l'obliger à le regardait. Il l'aurait bien giflée pour la réveiller mais à ce stade là c'était bien trop délicat. Il avait besoin qu'elle en vienne à la conclusion elle même. La psychologie était, après tout, l'art d'emmener les gens à faire leurs propres conclusion pour que les effets soient irréversibles. Il était si proche ! Elle fondit en larmes.

"Je... je ne sais pas!"

NON! Ca n'était pas le moment d'être difficile ! Il voulait qu'elle coopère MAINTENANT ! Elle était dans l'état d'esprit parfait pour qu'ils en arrivent à une conclusion, si la révélation ne se faisait pas MAINTENANT, il lui faudrait des jours pour revenir au même point ! Retenant sa frustration il prit son visage entre ses mains et essuya ses larmes avec ses pouces. Puis il reprit, sur un ton infiniment plus doux.

"A quoi pensez vous ?"

Elle serra ses poignet comme une bouée de sauvetage et ses sanglots redoublèrent d'intensité mais elle se mit enfin à parler.

" Que ... qu'il ne m'aime plus, que je ne vaux plus rien... mais! Mais j'ai rien fais ! Et il a rien fait et .. et je..."

Allez, allez...

" Je sais pas... s'il existe vraiment ?"

OUI !

Si le docteur Crane avait été un homme plus expansif, il aurait levé son poing en l'air en signe de victoire ou se serait mit à danser comme le Chapelier Fou. Mais il ne l'était pas, et c'était tant mieux pour la thérapie parce que sinon tous ses efforts auraient été réduits à néant. A la place il la serra dans ses bras pour qu'elle ne voit pas le sourire cruel qui s'étirait sur son visage. Parfait. C'était parfait. Il resta une bonne heure comme ça, la jeune fille refusant de le lâcher alors qu'elle pleurait de plus belle et qu'il se félicitait mentalement pour son bon travail.

Tout d'un coup il entendit des pas faire écho contre les murs. L'avantage des cachettes dans les égouts c'est qu'il pouvait entendre les intrus arriver de loin. Il fit un rapide calcul dans sa tête. Au bruit ils n'étaient pas nombreux et il avait encore de la toxine sur lui. S'il voulait il pouvait les tuer tous les deux et continuer ses expériences. D'un autre côté, s'il voulait vraiment voir comment évoluerait son traumatisme il fallait bien qu'elle sorte à un moment ou à une autre. Hmm...
Décidant que ça n'en valait pas la peine, il se détacha d'elle et l'allongea sur le matelas. Etant trop fatiguée après avoir tant pleuré elle se laissa faire. Il hésita un instant avant de laisser les clés à côté d'elle. Cassie n'y toucherait pas de toute façon, elle était physiquement et psychologiquement trop endommagée pour tenter de s'enfuir. Puis il sortit de la cellule et se dirigea vers un trou au fond du conduit. Pour une personne normale c'était un cul de sac, mais pour lui qui était impossiblement maigre c'était un moyen de s'échapper rapidement. Il ne savait pas comment le boyau étroit avait été crée mais il ne figurait sur aucune carte et ainsi il était sur de ne pas être suivi. Il lui fallu des heures pour remonter à la surface et quand il émergea il se trouvait dans Park Row. Curieux, il croyait que ça menait au Burnley ? Mais soit.

Enfonçant ses mains dans ses poches l'avatar de la terreur se mit à siffler, des images de mèches rouges sur une nuque blanche imprimées derrière ses paupières, ses cris résonnant encore dans ses oreilles comme de la musique douce.

Celle ci allait lui manquer.
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MessageSujet: Re: Le Cauchemard (avec Graham Tomkins)   Ven 4 Avr - 23:00

Crown Point_14h54

Tomkins s'agenouilla et entreprit de bouger la plaque de fonte au initiale de Gotham City. Il la saisit des deux mains et tenta de la retirer en y mettant toutes ses forces. L'opération s'avéra compliqué et Graham transpirait à grosse goutte tout en déplaçant millimètre par millimètre l'imposante masse circulaire. Au bout d'une dizaine de minutes, il parvint enfin à dégager l'entrée de l'égout. Il prit une seconde pour reprendre son souffle et rejoignit Cann à la voiture. Ce dernier s'était déjà équipé de son gilet pare-balle. Graham ôta sa veste de cuir qu'il posa délicatement sur la plage arrière du véhicule et enfila à son tour sa protection en kevlar. Ensuite, Il vérifia son arme afin qu'elle ne fasse pas "long feu" pendant l'opération. Ce genre de truc arrivait et Graham avait vu un flic se faire descendre à cause de son arme mal entretenue qui s'était enrayé face à deux cambrioleurs armés de Tec-9. Pour finir, il resserra son holster pour qu'il se place bien sous son aisselle, une précaution indispensable si il lui fallait dégainer rapidement et vérifia que sa lampe de poche fonctionne parfaitement. Les deux hommes ainsi équipés, Tomkins lui expliqua le plan:

Bon inutile de jouer au héros, on ne sait pas sur quoi on va tomber là-dessous! Je passe devant! Toi, tu prends le calibre 12 et tu me suis! Tu es la pour me couvrir alors tu ouvres bien l’œil, c'est compris gamin!

Cann hocha la tête et se contenta de répondre:

Compris mais on appelle pas de renforts...

On n'est plus assez nombreux depuis que Dent a flingué les trois quarts des effectifs! Il nous enverront des renforts et une équipe médicale si on retrouve Cassie!

Graham remarqua que Cann était anxieux mais il ne lui fit pas l'affront de lui faire comprendre qu'il l'avait vu. Il se contenta de lui donner un tape sur l'épaule et de lui dire:

Si un comité d’accueil nous attend là-dessous, il est fort probable qu'on s'en sortira pas... Tu peux encore décider de rester là, je comprendrais!

Mais et...toi???

Moi, je vais chercher cette gosse, elle a assez souffert comme ça!

Pour toute réponse, Cann chargea le fusil à pompe qu'il avait entre les mains et regarda Tomkins avec un air des plus décidé:

Au fait Graham, moi c'est John! Pas fiston!

Graham fut le premier à descendre l'échelle métallique qui conduisait dans le tunnel sombre. Une fois en bas, il balaya avec le faisceau de sa lampe l'étroit corridor qui se situait devant lui. Un tunnel de brique, sale, recouvert d'immondices et au milieu circulait un mince filet d'eau que Graham refusa d'identifier. Il appela Cann qui descendit à son tour. Ils s'engagèrent dans l'étroit boyau circulaire, Graham en 1ère ligne et Cann en arrière garde. Au bout d'une vingtaine de mètre, ils arrivèrent à un croisement. L'inspecteur Graham étouffa un juron:

Merde, on va devoir se séparer! Toi tu prends celui qui va vers l'est et moi je prends celui qui va au nord!

Les deux flics partirent chacun dans leur direction. Graham dégaina son 9 mm s'avança dans un boyau encore plus exigu que le précédent où l'odeur était encore plus insupportables. Il eut plusieurs fois des hauts le cœur mais le fait de retrouver Cassie Andrews l'exhortait à continuer et à oublier son envie de vomir. Au bout d'une cinquantaine de mètre, le boyau se rétrécissait encore et sa hauteur diminuait si bien que Graham du s'accroupir pour continuer son chemin. Il rampa dans la fange et l'urine pendant trois minutes qui lui parurent une éternité! Il accéda enfin à un boyau beaucoup plus vaste. Il examina rapidement son costume souillé avec un air de dégoût  et reprit son exploration. Soudain, il entendit un bruit sourd venant de derrière lui. Une goutte de sueur glacé lui coula dans le dos et il se retourna l'arme braqué sur l'anfractuosité dont il venait de sortir. Un autre bruit se fit entendre celui d'une pierre qui tombe dans une flaque d'eau. Graham s'avança prudemment vers le trou et tenant son arme d'une main et la lampe de l'autre:

Sortez les mains en l'air, je sais que vous êtes là!

A sa grande surprise, ce fut la voix de John Cann qu'il entendit et il semblait plutôt énervé:

Enfoiré de cinglé d'épouvantail! Se planquer dans les égouts, faut vraiment être le dernier des cons!

Graham poussa un soupir de soulagement, rangea son pistolet, tendit la main à Cann qui l'attrapa et s'extirpa du trou. Une fois sorti, il expliqua à Graham Tomkins que le boyau qu'il avait exploré finissait en cul de sac. Remis de leurs émotions, les deux hommes reprirent leur marche. Graham braqua sa lampe sur la gauche et la droite de cette galerie. A une dizaine de mètres d'eux se trouvait une échelle métallique semblable à celle qu'il avait emprunter pour descendre ici. Le faisceau de la lampe monta et à environ 3 mètres au dessus de leur tête, il virent une autre plaque d'égout. Graham contracta sa main sur la poignée de la lampe de poche:

Et dire que si on avait trouvé cette entrée , on aurait pu s'abstenir de se vautrer dans la merde! Dieu doit me haïr!

Dis pas ce genre de chose!, lui dit John Cann sur un ton du reproche tout en se signant.

A u même instant, il entendirent le bruit significatif de quelqu'un en train de courir dans des flaques d'eau. ça venait de devant, les deux hommes pressèrent le pas et suivirent le boyau qui bifurquait brusquement vers la droite.Tout était redevenu silencieux et ils n'entendirent plus rien à part leur propre respiration. Au bout de cinq minutes en continuant leur recherche, la lueur de la lampe leur fit distinguer les contours d'une porte situé une bonne trentaine de mètres devant eux. Prudemment et en prenant soin d'observer chaque recoin sombre, histoire qu'un gus ne se planque pas et qu'il les canarde ou pire encore. Les deux inspecteurs arrivèrent enfin jusqu'à la porte. C'était une vieille porte métallique couverte de rouilles. La serrure était quant à elle en excellent état, ce qui indiquait aux enquêteurs que quelque chose de précieux devait être gardé ici. l'inspecteur Cann se plaqua au mur et Graham ouvrit la porte d'un coup sec. Il débarquèrent dans une petite pièce humide de5 mètres carré de côté.

Cann aperçut en premier Cassie et se précipita à son chevet suivi de Graham Tomkins. Le spectacle horrible qui s'offrait à eux glaça le sang des deux hommes. Cassie est allongé sur un matelas, elle était complètement nue et elle avait des bandages autour des poignets. Cann prit son pou et constata avec bonheur que son pouls battait très faiblement. Il ordonna à John de rester avec elle et lui irait à la surface pour appeler les secours!

Crown's Point_35 Minutes après le sauvetage de Cassie

L'ambulance parti sirène hurlante en direction de l’hôpital de Gotham City. La foule de badauds attirés par l'odeur du sang se dispersa peu à peu pour retourner vaquer à ses occupations. Graham et Cann s'accordait un repos bien mérité en sirotant un soda adossé au capot de la Chevrolet:

Comment elle va? interrogea Cann.

Graham prit un air grave:

Elle a des contusions, elle souffre de blessures importantes au poignets. Sur le plan psychologique, on devra attendre qu'elle soit examiné par un psy!

Mais on l'a sauvé, non?
Rétorqua Cann, enthousiaste.

Graham baissa les yeux:

On l'a sauvé mais un peu tard et puis Crane a réussi à se tirer! ça me rend malade!

Cann se releva du capot, s'étira et regarda son coéquipier, un grand sourire sur les lèvres:

La première tournée est pour moi!
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