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"Lors d'une rafle de la Ligue des Ombres, la Lignée décide d'intervenir et de massacrer les hommes de Ra's Al Ghul. Les habitants, excédés par la situation, décident de se révolter, avec le support de l'Empereur et ses troupes. Le G.C.P.D est dépassé et les justiciers n'ont d'autre choix que s'en mêler, Batman en tête."

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 12 août - Journée de la jeunesse

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MessageSujet: 12 août - Journée de la jeunesse   Lun 12 Aoû - 0:48

(HS / Une fois de plus, ce n'est pas un bon jour pour publier, mais je dois respecter mon personnage et l'importance qu'il attache aux dates...)


« La jeunesse est l’avenir de l’homme. En cette journée du 12 août, encourageons l’action en faveur des jeunes » - UNICEF



Centre pénitencier de Blackgate
Gotham City

Cher Monsieur,

Après avoir étudié votre demande d’acquisition du dossier numéro 135, nous vous informons que nous répondons favorablement à votre requête. Nous vous rappelons cependant qu’il est interdit aux membres des forces de l’ordre, aux employés de l’établissement de Blackgate et à tout autre groupe ou toute autre personne autoritaire et spécialisée dans le domaine psychiatrique de parler des dossiers fournis pouvant contenir des informations médicales et judiciaires sur les patients du centre pénitencier et psychiatrique d’Arkham. Afin d’éviter tout litige, nous portons à votre attention la section 2.10 de votre contrat de travail :

« Vous reconnaissez que le centre pénitencier et psychiatrique d’Arkham a consacré du temps, des efforts et des dépenses au développement d’informations confidentielles, et que lesdites informations confidentielles, - dans ce cas-ci volontairement partagées entre les deux établissements après étude de votre demande - donnent au centre pénitencier et psychiatrique d’Arkham un avantage dans son secteur. Vous reconnaissez que toute violation du présent Accord par vous-même, par violation du droit de confidentialité, causera des torts irréparables au centre pénitencier et psychiatrique d’Arkham, dont la portée sera difficile à déterminer, et que des réparations financières ne suffiront pas à y remédier. En conséquence, vous reconnaissez qu’en cas de violation du présent Accord, le centre pénitencier et psychiatrique d’Arkham sera autorisé à demander une injonction légale ou tout autre recours équitable qu’un tribunal ou une cour autoritaire adéquate jugera approprié, en plus des réparations qui pourront être exigées. »

Nous vous remercions par avance de ne pas déroger à cette règle. Pour toute information, n’hésitez pas à contacter le Responsable et Porte-parole de notre établissement.

-----------------------------------------------------------------------------

Dossier numéro 135, patient du centre pénitencier et psychiatrique d’Arkham enregistré au nom de Théodore William Malcolm.

Etat civil :

Né le 17 avril 1975 (38 ans) à l’Hôpital Central de Gotham, veuf, 2 enfants.

Statut judiciaire :

Condamné à quatre années de détention et de traitement médical au centre pénitencier et psychiatrique d’Arkham le 8 février 2007, transféré au centre pénitencier de Blackgate le 27 mai 2009 pour comportement jugé sain et responsable, libéré avec sursis et mise à l’épreuve le 8 février 2011.

Statut psycho-médical :

Patient intelligent à tendance pédophile attiré sexuellement par les enfants. Peut se montrer colérique et brutal. Condamné pour avoir tué ses enfants suite à des coups violents et répétés après avoir abusé d’eux sexuellement durant cinq années. Ne montre aucun signe de culpabilité pour son crime pour la raison qu’il nie que le crime n’ait jamais eu lieu. Considéré comme « atteint psychologiquement » depuis la mort de sa femme le 25 mars 2002 et jusqu’au 27 mai 2009.

Lieu de résidence :

180, 46ème rue, Crown Point – Gramercy Row.

-----------------------------------------------------------------------------

En espérant vous avoir informé ou aidé, nous vous prions d’agréer cher Monsieur, l’expression de nos respectueuses et sincères salutations.

Cordialement,

Centre pénitencier et psychiatrique d’Arkham
Gotham City






Le Calendar Man tenait dans ses mains le dossier confidentiel qui contenait le nom de sa future cible. Théodore William Malcolm, le pédophile repenti. Un tel dossier n’aurait pas dû se retrouver en possession du criminel, seulement, durant l’une de ses nombreuses évasions du pénitencier de Blackgate – dont la dernière remontait déjà à longtemps – il avait pu s’introduire dans les archives de l’établissement et voler un nombre important de dossiers pour son usage personnel. Celui qu’il tenait dans les mains allait lui servir aujourd’hui… La Journée de la jeunesse était enfin arrivée. Julian avait d’abord pensé s’attaquer directement aux jeunes. Aux enfants. Il avait pensé prendre en otage une classe d’école, ou encore une plaine de jeux, mais l’idée n’était pas assez recherchée. Ce n’était pas assez marquant. Non, il fallait faire quelque chose de plus compliqué, de plus audacieux. Il fallait tenter de transmettre un message à la jeunesse.

Dans la nuit du 7 août, le criminel avait été à deux doigts de se donner la mort dans son petit appartement à Gotham Depths. Il avait placé son pistolet dans sa bouche et s’était juré d’en finir, en pleurant. C’était une bien triste période pour lui. Son travail était remis en question ainsi que sa conception de la Vie et de l’humain. Depuis le 11 juillet, il n’arrivait plus à œuvrer parfaitement. Il ne comprenait plus ce qui était en train de se passer. Son modus operandi fonctionnait pourtant depuis toujours. Il tuait, il laissait une piste de son futur meurtre aux forces de l’ordre et il partait. Point. Fin de l’histoire. Mais depuis le 11 juillet il y avait des imprévus qui soit mettaient la vie du criminel en danger soit l’affaiblissaient mentalement. Les « imprévus » portaient bien leur nom. C’était la seule chose qui effrayait désormais Julian. Il ne pouvait pas les anticiper. Il espérait juste qu’ils ne surviennent plus dans son travail. Plus question de se mettre en danger, plus question de se laisser abattre. Il lui fallait simplement concentrer son esprit sur son œuvre et uniquement sur son œuvre. Ne plus espérer de récompense, ne plus espérer trouver un jour le bonheur absolu. Il devait se sacrifier pour la population, pour Gotham. Les prévenir, leur transmettre différents messages, à sa façon. Un mal pour un bien, pensait-il. Une cause noble, qui serait comprise un jour. Etudiée. Suivie.

Julian lisait attentivement le dossier volé. Il s’agissait d’un échange d’informations confidentielles entre l’asile d’Arkham et la prison de Blackgate à propos du dénommé Théodore W. Malcolm. Au fil des phrases, le Calendar Man comprit que la cible était parfaite pour lui. D’après le dossier, l’homme était un ancien père de famille marié. Il avait perdu la tête depuis la mort de sa femme, au point d’abuser sexuellement de ses enfants avant de les tuer. L’idée était devenue claire pour Julian. Il fallait tuer cet homme afin que la jeunesse comprenne que la pédophilie était encore présente et solidement ancrée dans cette ville. Julian admettait ses meurtres, mais il ne tolérait et ne comprenait pas le but de la pédophilie. C’était immonde. Faire du mal à des enfants de la sorte, sans raison, c’était totalement immoral. C’était pire qu’un crime. Il fallait punir cela, sévèrement. C’est ce qu’il comptait faire. Après avoir terminé de lire le dossier, le Calendar Man était prêt à rendre une petite visite à cet homme pour lui rendre la pareille. Lui faire du mal et le tuer ensuite... L’adresse du pédophile était précisée dans le dossier. Une chance.
20h00. Dans le métro vers Crown Point.

Assis sur l’un des sièges de l’engin métallique, sans expression, les bras croisés, le regard plongé sur la vitre en face de lui qui laissait découvrir sa silhouette fine et sadique, Julian attendait désespérément d’arriver à destination. Il n’y avait pas beaucoup de monde dans le métro ce soir-là. Peut-être que les gens avaient peur d’emprunter le réseau souterrain depuis l’incident du 11 juillet. C’était fort possible. Après tout, un accident de métro de la sorte n’était certainement pas le dernier à devoir arriver… Les rares personnes présentes ressemblaient à des zombies. Ils étaient vides, fatigués et blasés. Un bien triste spectacle… A l’arrêt suivant, une femme monta dans le métro, accompagnée d’un petit garçon. Ce petit être aux cheveux blonds devait sûrement lui appartenir. Ils traversèrent le wagon jusqu’à passer devant le criminel. Julian ressentit alors une étrange sensation. Tandis que son esprit était fixé sur l’enfant, Journée de la jeunesse oblige, sa main semblait être attirée vers le couteau dans la poche intérieure de son long manteau rouge. Il ne le voulait pas, mais son instinct criminel le poussait à tuer le petit blondinet. Calendar Man ferma les yeux, il était crispé et transpirait. Il tentait tant bien que mal de lutter contre cette envie si vive, ce besoin de tuer. Par chance, la petite famille trouva une place un peu plus loin et s’éloigna de lui. Sa main put alors se relâcher et se retirer de son manteau. Il rouvrit les yeux et constata qu’un homme situé un peu plus loin était en train de l’épier. Le criminel fixa l’individu qui se décida à concentrer son regard sur autre chose. Il fallait dire que le comportement et le physique de Julian pouvaient sembler très étrange. Rien que son tatouage autour de son crâne dérangeait les gens. Ce n’était pas beau du tout.

Le bruit assourdissant provoqué par les freins du métro fit rappeler au criminel qu’il était sur le point d’arriver à destination. Il était temps.
Crown Point. Prochain arrêt : Orphelinat. – annonça la voix féminine et délicate du métro.

Les portes s’ouvrirent brusquement, les zombies rentrèrent dans le métro et Julian descendit. L’heure était enfin arrivée. Il pouvait à présent suivre l’adresse du pédophile qu'il avait pris soin de noter sur un petit bout de papier froissé.
180, 46ème rue, Crown Point – Gramercy Row.
20h25.

Il pleuvait, encore. Les gouttes d’eau tombaient violemment sur le crâne du criminel qui n’y prêtait pas attention. Il marchait paisiblement, sans se soucier de quoi que ce soit... Le quartier n’était pas le plus beau à visiter. Il n’y avait pas grand-chose à voir hormis quelques usines abandonnées et des immeubles délabrés. Le pédophile se trouvait certainement dans l’un d’entre eux… Quelque quarante-cinq minutes plus tard, le Calendar Man trouva enfin l’immeuble en question. Il entra et laissa claquer la porte se refermant toute seule. C’était un endroit tout à fait banal. A peine quelques décorations, une grande plante séchée à l’entrée et de vieux murs couverts de graffitis. Pas très attirant. Le nom de sa cible ainsi que sa position exacte dans l’appartement étaient inscrits sur l'une des boîtes aux lettres du rez-de-chaussée à côté de la porte principale. Le pédophile se trouvait au vingt-huitième étage dans l’habitation D6. Le criminel emprunta l’ascenseur pour ne pas devoir se coltiner tous les escaliers. Ce n’était pas le moment de se fatiguer inutilement.

Arrivé au vingt-huitième étage, devant la porte D6, Julian sentait la nervosité l’atteindre. Le bout de ses doigts picotait, son rythme cardiaque était monté d’un fameux cran. Il n’avait pas peur d’entrer. Il n’avait pas peur de louper son travail. Il avait peur des imprévus. Mais pour l’instant rien ne laissait paraître que quelque chose viendrait gâcher ce moment important. Il fallait donc agir immédiatement. Julian ouvrit discrètement la porte qui laissait échapper un léger grincement. Elle n’était pas fermée à clé. Une chance pour le criminel, mais une erreur pour le pédophile. Celui-ci était dans la cuisine. Calendar Man pouvait le voir depuis l’entrée. Lui ne le voyait pas. Il était en train de se faire à manger. Il préparait des raviolis en boite. Un vrai plat de célibataire. Le moment était venu. Le criminel s’approcha lentement et silencieusement de sa cible qui était concentré sur sa boite. Arrivé derrière lui, Julian enroula fermement son bras autour de son cou et lui retint le corps avec l’autre bras. Il serrait fort pour éviter que le pédophile puisse se dégager. Les deux hommes luttèrent. Il n’y avait pas un cri qui sortait de la bouche de la future victime. Seulement quelques sons agressifs provoqués par l’acharnement de la lutte. Le Calendar Man s’accrochait fermement au corps et au cou de sa cible telle une sangsue. Théodore essayait de lui faire lâcher prise en reculant à plusieurs reprises brusquement vers le frigo. Julian se faisait mal à chaque impact mais était bien décidé à le tenir. Pour en finir une bonne fois, le criminel agrippa l’une des poêles à cuisiner que se trouvait sur la table. Tout en lui maintenant le cou, il frappa de toutes ses forces le crâne du pédophile qui, cette fois-ci, abandonna la lutte et s’effondra violemment à terre.


Théodore Malcolm reprit conscience, sentant une douleur atroce à sa tête. Il était ligoté à une chaise de bureau, dans le salon. On lui avait retiré tous ses vêtements. Il ne pouvait pas parler, son agresseur avait pris soin de lui mettre du scotch sur la bouche. Celui-ci était assis dans le fauteuil, en face de lui. Il mangeait les raviolis en regardant sa victime. Le pédophile tenta de hurler mais seul un faible gémissement était perceptible.
Permets-moi de te dire que tes raviolis sont très bons.

Théodore continua de hurler, enfin, il essayait. Las de ces vaines tentatives, le Calendar Man déposa son plat, se leva brusquement et se dressa devant sa cible, couteau à la main.

Je veux parler avec toi. Je vais enlever ce bout de papier de ta bouche, et tu as intérêt à être calme, sinon je te jure que je t’enfoncerai cette lame dans ton corps et que je t’arracherai ensuite le cœur de mes propres mains… Tu vas être sage ?

Le pédophile hésita avant de finalement hocher positivement de la tête. Julian retira violemment le scotch de la bouche de sa cible. Les deux individus se fixèrent sans rien dire. L’un attendait que l’autre dise quelque chose. Théodore fut le premier à parler. Sa voix tremblait. Il était apeuré et avait les larmes aux yeux.

Qu’est-ce que… Qu’est-ce que vous me voulez ?

Julian sourit et répondit d’une voix tout à fait calme et reposée.

Sais-tu qui je suis ? Je suis le Calendar Man. Nous sommes le 12 août aujourd’hui. C’est la Journée de la jeunesse. Je tenais à faire passer un message à tous les jeunes. Le danger est partout à Gotham. Et tu représentes une menace pour les enfants.

Je… Je ne comprends rien à ce que vous me dites…

Oh, mais tu sais, moi je me comprends, c’est l’essentiel. Toi tu vas te contenter de mourir, tu n’as plus rien à comprendre. Pour la Journée de l’Indépendance, j’ai tué un garde dans un musée historique. Pour la Journée de la population, j’ai tué quatre personnes qui ne méritaient pas d’en faire partie. Pour la Journée de l’amitié, j’ai recherché quelqu’un qui aurait accepté d’être mon ami. Et ce soir, pour la Journée de la jeunesse, je vais t’ôter la vie. Tu es une abomination de la nature. Tu es un pédophile. C’est bien pire qu’un criminel. Tu as fait du mal aux enfants. Tu ne mérites pas de vivre.

Mais… c’est du passé tout ça !

Le passé nous rattrape toujours. On ne noie pas ses erreurs. Elles refont surface tôt ou tard.

S’il vous plait, pitié… Que voulez-vous ? De l’argent ? J’en ai, je vous le donne si vous voulez !

Je n’ai aucune pitié pour toi. Et ton argent ne m’intéresse pas. Je veux ton âme.

… Me tuer ne servira à rien…

Oh que si. Tu feras partie de mon œuvre. Une nouvelle pièce à ma collection. Tu devrais être honoré.

Vous êtes un monstre !

Non je ne suis pas un monstre. Je suis celui qui ouvre les esprits et libère les consciences. Les vrais monstres, ce sont les personnes comme toi !

Julian remit le scotch sur la bouche de sa victime et lui enfonça froidement un premier coup de couteau juste au-dessus des parties génitales. Le cri de douleur du pédophile était puissant malgré le bout de papier sur son visage. Une scène terrifiante. Le criminel donna ensuite un deuxième coup au milieu du ventre. Il ne se contentait pas de le tuer, il prenait du plaisir à lui faire mal. Un troisième coup de couteau dans la gorge tua Théodore. Il avait brutalement cessé de hurler. Il ne bougeait plus. Sa tête était tombée en avant. Le reste de son corps, étant ligoté, restait immobile. Le sang coulait sur le vieux tapis de salon. Le couteau était resté planté dans sa gorge. Le Calendar Man trempa son doigt dans le sang de sa victime et s’en servit comme encre pour écrire sur un bout de papier qu’il déposa à côté du cadavre.
30 août
Julian quitta l’appartement. Le cadavre restait assis sur la chaise, couvert de sang. Il espérait que les forces de l’ordre trouvent rapidement le corps et le mot. Le jeu du chat et de la souris allait pouvoir recommencer...
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MessageSujet: Re: 12 août - Journée de la jeunesse   Mar 20 Aoû - 15:23

Il y a quelques années de cela, voir Gotham faire semblant de dormir était presque attendrissant. Penchée au fait d'un immeuble gigantesque, à l'effigie de son amant, une silhouette rouge et jaune regardait la ville soupirer, enfler d'une respiration nocturne qui paraissait presque convaincante. Lorsque les lourds nuages noirs partaient à l'assaut du soleil, la ville se taisait, frémissante, comme un homme essayant de faire croire qu'il était décédé afin de ne pas être importuné par un ours sauvage. A l'écoute de ces frémissements, de ces imperfections de la comédie qui révélaient la présence de criminels en action, Kathy passait sa nuit à réagir à chaque tremblement, comme dans un jeu. Désormais, voir Gotham faire semblant de dormir était effrayant, Très effrayant.

La ville bruissait, sa respiration alourdie était causée par la cargaison toujours plus conséquente de corps sans vie qui jonchaient son sol et chaque nuit, et poursuivre les criminels n'était plus un jeu. Appliquer la justice, ce n'était plus une activité à la mode, c'était entrer en guerre, se mobiliser dans les tranchées d'une ville rongée par une pluie d'obus incessante. Devenir un soldat, un pion, se sacrifier sur l'autel d'une cause. Chaque pas dans les ruelles, en robe de nuit, était une chance offerte à la Faucheuse. Dans cet échiquier géant, Kathy avait essayé de sortir son épingle du jeu en réitérant le fameux coup du pion, qui, en traversant toute la zone ennemie et après avoir touché le bord de la zone de jeu, devient une reine. Et pour réussir, elle avait du sacrifier sa vie, passer pour morte des années durant, si longtemps que son souvenir dans l'esprit de ses anciennes connaissances ne devait plus se résumer qu'à des images floues, une lointaine réminiscience, bien loin de l'existence social à laquelle tout humain prétend.

Mais elle avait réussi son coup. Kathy Kane était la Reine de Spyral, et si elle n'existait plus officiellement, elle n'avait jamais autant pesé sur la scène internationale. Désormais déliée des obligations du pion, elle pouvait agir à sa guise, en toute liberté, de tout son pouvoir. Elle n'avait plus peur de traverser la ville.

30 Août. Kathy attendait, assise sur le capot de sa voiture, une Carrera 4S offerte par le SIS après sa mission d'infiltration dans le Rabskrin russe. Elle n'avait pas le type d'une habitante de ces tours anthracites, construites en série, et dans lesquelles s'entassaient les populations les moins aisées d'une ville déja rongée par la pauvreté, mais ne détonnait pas non plus grâce à son cardigan féminin qui criait " gentille voisine" à la face du monde et le fait que tout le monde avait oublié la tête de la première Batwoman depuis bien longtemps. Elle tenait, dans une main près du corps, un M9 de chez Smith et Wesson, et possédait dans son sac un taser et un calibre 22, dissimulé dans un double-fond. Pour faire bonne mesure, un petit tanto était attaché à sa cheville et elle avait son fameux Magnum doré à la ceinture.

Les yeux rivés sur la porte d'entrée du bâtiment D, pas plus grand, ni plus beau, ni plus rien du tout que ses confrères de l'alphabet de l'urbanité ennuyeuse, elle échangeait quelques mots au téléphone avec des agents de Spyral qui surveillaient les yeux. C'est eux qui l'avait appelé, dès que le meurtre avait été constaté. Torture et homicide, l'homme n'avait aucun lien avec les affaires importantes de l'organisation mais elle avait pourtant demandé à être appelée à chaque crime étrange qui pouvait arriver aujourd'hui. Elle avait attendu toute la journée. Spyral, en effet, s'était intéressé au Calendar Man à sa sortie de l'asile, et guettait les dates importantes, sur les traces de ses fantasmes temporels. Bien connu des services de police, et donc des renseignements, Day était un criminel très intelligent et souvent sous-estimé, dont les crimes étaient aussi sophistiqués que dangereux. Aussi prévisibles qu'incontournables.

La police avait d'autres chats à fouetter, et ne savait neutraliser ce genre d'aliénés trop complexe pour leur système judiciaire, le Spyral était donc entré en action. Après les secousses de Juillet, Kathy avait attendu Août pour intervenir, et en cette Journée de la Jeunesse, elle avait fait surveiller discrètement les orphelinats et les écoles, certaine que le Calendar frapperait en leur sein. Mais à seize heure trente, heure de sortie des enfants, les voix des Spyrals avaient empli son communicateur d'une même vague ferme et catégorique, dont l'écume de déception avait frappé les espoirs de Kathy au coeur. Elle n'avait pourtant pas désespéré, et s'était accrochée aux meurtres étranges, à l'écoute de ses agents jusqu'à minuit. Ce crime sordide était son dernier espoir.

C'était des agents infiltrés dans la police qui l'avait appelée dix minutes avant de rejoindre la scène de crime, et elle s'était dépêchée sur les lieux, une fois armée, et parée d'une queue de cheval qui l'éloignait de l'image de Batwoman et sa longue crinière dépassant du masque rouge rétro. Lorsqu'elle eut assez attendu, l'ancienne justicière transperça la rue d'un regard bleu bref et alluma sa torche, tout aussi bleue, qu'elle braqua sur le boîtier des sonneries. Elle appliqua un peu de poudre et contempla le panneau de code pendant quelques secondes, avant de taper quatre chiffres. La porte sonna et s'ouvrit à la brune, qui s'engouffra à l'intérieur sans attendre. Elle monta les six étages qui la séparait de l'appartement du mort et inspecta les escaliers et les couloirs au passage, mais l'assassin n'avait laissé aucun indice. La porte entrouverte ne lui posa aucun problème, aussi découvrit elle le cadavre rapidement.

Les traces de torture ressemblaient finalement plus à de la lutte, signe que l'homme s'était débattu ou que l'assassin n'était pas suffisemment versé dans les arts martiaux pour assassiner sans traces. L'appartement était quelque peu dérangé, une poèle était sortie de la cuisine et un pot s'était brisé au sol. Des traces de sang sur les murs et des petits gouffres dans le papier peint indiquaient qu'il y avait eu des contacts entre les murs et les combattants. Sûrement de l'ADN, donc. Kathy effectua une petite extraction, au cas où, puis se dirigea vers le cadavre. Son regard tomba rapidement sur la petite feuille, qu'elle secoua en l'air avant d'aviser les deux mots inscrits en lettres de sang.

Pas de doute, c'était bien Calendar Man. Après un instant de réflexion, elle rangea le papier dans sa poche, et prit des gants pour attacher la victime à la chaise et mettre en scène ses plaies. Les inspecteurs croiraient à un réglement de compte ou un interrogatoire musclé, pas un meurtre rituel. Calendar Man serait donc uniquement à elle. Elle fouilla l'appartement sommairement, certaine que l'homme n'était pas là, puis jeta un coup d'oeil par la fenêtre mais Gotham se croyait toujours vraisemblable dans son imitation du sommeil. Pas de traces de Julian Day. Tant pis, cette fois, elle allait le traquer, et il comprendrait, lorsqu'il apprendrait que les policiers n'avait pas retrouvé son papier, qu'on le suivait à la trace.

Il allait probablement tester cette invité ou essayer de l'initier, comme tout serial-killer obsédé par un rituel, et donc lui laisser une ouverture. Ses jours étaient comptés. La sirène de la police fendant désormais la nuit, elle se coula entre les immeubles et disparut dans le néant, dans le comfort de l'inexistence qu'elle menait depuis son meurtre, une décennie plus tôt. C'était de là qu'elle allait frapper.
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12 août - Journée de la jeunesse

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