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Ne manquez pas les deux derniers chapitres de Darkwatch, où s'affronteront Le Chevalier Noir et l'Empereur !

Clash of the Warriors & La Révolte

"Lors d'une rafle de la Ligue des Ombres, la Lignée décide d'intervenir et de massacrer les hommes de Ra's Al Ghul. Les habitants, excédés par la situation, décident de se révolter, avec le support de l'Empereur et ses troupes. Le G.C.P.D est dépassé et les justiciers n'ont d'autre choix que s'en mêler, Batman en tête."

(Petit aperçu des évènements en vidéo ici)


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 Pourquoi le Train sifflerait trois fois?

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MessageSujet: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Sam 1 Juin - 13:41

C'était comme si Yves Klein avait abandonné ses recherches sur le bleu pour se lancer dans l'exploration infinie des teintes de jaunes, allant du jaune Soleil qui brûlait les pupilles et faisait vibrer l'air au brun rocheux des montagnes dont les veines rouges permettaient seulement de dissocier ses pentes escarpées. Le sable d'une couleur ocre crissait sous les fer du cheval de Calamity Moth. La matinée était bien avancée et le Soleil poursuivait sa longue et cuisante route de l'Est vers l'Ouest, illuminant les plumes noires jais des vautours qui se régalaient autour d'un cadavre de cheval. Probablement le malheureux d'une pièce d'attelage de la diligence qui avait fait montre de trop de faiblesses. L'Ouest est comme ça, il ne pardonne pas.

Le large chapeau peint d'un vert indéfinissable tellement il paraissait surréaliste du criminel qui avait fait trembler Carmenian City* bougea, juste assez pour que le regard de Drury Walker puisse admirer chaque côté du paysage poussiéreux. Son large cache poussière violet à capeline claquait au gré des quelques petites brises qui daignaient raviver un peu ses pérégrinations. La prochaine ville, il le savait, était un oasis pour les parias comme lui. Il ricana seul sur son mustang alors que ses bottes oranges frappaient sur les flancs de son compagnon qui commençait à perdre en allure. La chaleur devenait étouffante et il aurait donné cher pour pouvoir s'arrêter, mais quiconque se stoppe à cette heure ci finit dans l'estomac des vautours.

Enfin l'horizon commença à se déchirer. Des formes bien connues d'une fripouille comme lui: des toits, un clocher et les bruits. Après le silence des coups de sabots et des hennissements, entendre claquer les fouets, écouter tournoyer les roues de charrettes en cadences avec les coups du maréchal ferrant avait de quoi vous raviver les humeurs. Oui, il arriva à Gotham Gulch, ville réputée pour ses banques florissantes, sa compagnie de train magnifique et ses saloons aux danseuses et aux filles de plaisir (un jour il faudrait qu'il se renseigne sur l'utilité de ces dernières).

Il pénétra par la grand rue. Une bourrasque souleva l'arrière de son manteau, un enfant le regarda. Il lut de l'admiration dans ses deux grands yeux sales, il avait face à lui une vraie légende après tout!

- Eh regardez, v'nir le pied tendre! Y va finir au bout d'une corde avant queul Soleil ne s'couche ! hurla-t-il en ricolant, emportant quelques uns de ses petits camarades.

Outré, le vaillant Calamity Moth enleva un pied de ses étriers et passa par dessus sa selle. il essaya tout du moins. Son pied tapa dans le cul (ou croupion) de son animal. Son éperon s'enfonça dans la chair du canasson qui partit au grand galop après s'être cambré. Ayant réussi l'exploit de se maintenir dans sa position précaire, le criminel eut le loisir de parcourir les grandes échoppes en lèche vitrine accéléré. Défilèrent devant ses yeux l'Iceberg Saloon, la gigantesque Banque qui lui arracha un sourire sardonique et enfin l'immense demeure de la Famille Wayne. Son cheval fit un virage serré, manquant de le laisser sur le bas côté. Il entendit au milieu de ses cris d'appels à l'aide le soufflet du maréchal ferrant. Une forme floue et colorée lui indiqua qu'il venait de passer devant l'épicerie et l'odeur âcres d'huile préparatrice et de formol lui informa que le croque-mort n'était pas loin, ça lui serait sans doute utile.

Une main surgit du décor mobile et attrapa ses rennes. L'arrêt fut assez brutal pour éjecter le bandit des grands chemins et le faire atterrir en pleine rue. Il roula un temps alors que son coccyx l'insultait copieusement et il se frappa la tête contre l'abreuvoir à chevaux installé devant la boutique du barbier. Ça commençait fort pour lui. Il ne savait pas qui était son sauveur, mais il comptait le remercier à sa juste valeur. Alors qu'il se relevait, des cow-boy rirent de son gilet en soie violette qui recouvrait une chemise jaune et son pantalon de la même couleur. Ils pouffèrent en admirant sa winchester "personnalisée" avec une lunette de vue et une cross mauve frappée d'une petite mite verte peint sans le moindre talent et l'un d'entre eux se tint les côtés en voyant qu'il avait deux colts Smith & Wesson redécorés à la même sauce. Heureusement pour eux, ils n'avaient pas regardé ce que contenaient ses deux sacoches de cheval, sinon ils étaient bons pour l'hospice d'Arkham, le seul bâtiment de soin de toute la région et qui, semblait-il marchait plutôt bien.

Il s'étira en se relevant et fit claquer son chapeau contre sa jambe pour le dépoussiérer, il ne répondit rien aux grosses brutes qui se moquait de lui, il n'allait pas se rabaisser à leur niveau tout de même! Il leva la tête et avec un large sourire entreprit de déclarer:

- Merci à toi, tu n'as point sauver en vain le vaillant Calamity Moth, la terreur de l'Ouest, le ciron des maisons closes, l'ineffable enfant de la sauvagerie!

* Comprenez qu'il l'avait fait littéralement en allumant une cigarette trop près de la poudrière de feu le vieux Bimbleweed, là aussi littéralement.
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Snake

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MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Lun 3 Juin - 16:00

[HRP : Tout d'abord, je tiens à remercier Killer Moth qui exauce l'un de mes souhaits depuis des années, à savoir jouer un RP au farwest au 19éme siècle ! Étant grand fan des western spaghettis de Sergio Leone, ce sujet me comble de bonheur et j'espère que mes postes seront à la hauteur de mon immense motivation !]

Revenons quelques secondes en arrière, et arrêtons-nous un instant sur cette main qui avait fermement agrippé les rennes du cheval, de façon à le stopper net dans sa course effrénée. Car ce membre humain, outre le fait qu'il était muni de cinq doigts longs et épais qui, repliés sur eux-mêmes, donnaient à son poing la largeur d'un boulet de canon, n'avait rien de banal. En effet, c'était une main à la peau épaisse mais abîmée, écorchée par endroits, et couverte de croûtes et de crevasses qui donnait l'impression que l'individu était resté quelques heures de trop au soleil. Une peau sèche et malade, qui n'était pas rouge comme celle des sauvages natifs de la région, ni même noire comme celle des esclaves venus de l'autre côté de l'Atlantique, mais qui arborait plutôt des teintes kaki virant sur le jaune à divers endroits, et le tout recouvert d'une couche de saleté noire. Mais la couleur de peau et l'épaisseur de l'épiderme n'était pas forcément l'élément le plus choquant de cette main qui tenait les rennes. Si l'on y regardait plus en détail, on pouvait remarquer un bracelet en fer serré autour de son poignet, qui était accroché aux maillons d'une chaîne qui s'interrompait brusquement, sur un maillon qui avait été écarté puis fendu. Vous l'aurez compris, il s'agissait de la moitié d'une paire de menottes !

L'homme à qui appartenait cette main était grand, très grand même, il faisait facilement plus de deux mètres. C'était une véritable montagne de muscles aux épaules larges qui le rendaient imposant. Il portait un long cache-poussière marron qu'il gardait ouvert, laissant apercevoir une chemise à carreaux bleue et blanche, dans laquelle il avait l'air serré et qui était rentrée dans son pantalon en jean bleu foncé. Sa taille était encerclée par une ceinture marron avec un holster dans lequel était rangé un colt mis en évidence. Le visage du colosse était protégé du soleil par un chapeau également marron. C'était un visage à la peau aussi abîmée que celle de ses mains. Il avait des traits durs, les traits de quelqu'un qui n'était pas habitué à plaisanter, et un air extrêmement sérieux et calme. Mais il y avait quelque chose d'encore plus frappant que son visage. Son cou, ou plutôt, ce qui l'entourait tout en reposant sur ses larges épaules. Un serpent à sonnettes, l'un de ceux que l'on trouvait en abondance dans ces déserts arides, était en endormi sur ses épaules, son long corps aux écailles sèches et poussiéreuses faisant le tour de sa nuque sans pour autant l'étrangler. Sa queue, si caractéristique de par ses clochettes naturelles, retombaient devant le torse du colosse sur son côté droit, tandis que la petite tête aplatie du crotale était posée sur son épaule gauche.

Le colosse n'avait guère prêté attention à l'inconnu qui semblait avoir séché les cours d'équitation. Alors que la plupart des cowboys aux alentours se moquaient de lui pour son accoutrement aux couleurs vives et peu banales, lui s'était contenté de l'ignorer. Alors qu'il lui adressa la parole, l'homme porteur d'une maladie de peau non contagieuse grimpa sur le cheval qu'il venait d'arrêter, et passa une jambe de l'autre côté de la selle. On pu sentir la douleur du cheval lorsque ce géant l'avait monté, car il ne devait pas être léger. C'était d'ailleurs la raison pour laquelle son destrier précédent s'était effondré à quelques centaines de mètres de Gotham Gulch, épuisé après deux jours intensifs de galops sans repos. Sa dépouille avait au moins servi à rassasier le criminel colossal tout juste évadé, avant que les restes ne soient servis aux vautours sur un plateau d'argent.

Du haut de sa nouvelle monture, la Brute fixa dans les yeux le nouveau aux couleurs étranges qui venait de le remercier de lui avoir sauvé la vie. Puis, ses lèvres épaisses et écorchées se mirent à bouger, et une grosse voix gutturale et caverneuse, qui donnait l'impression qu'il avait passé sa vie à fumer dix cigares par jour, se fit entendre :


"Merci à toi pour l'cheval."

Il mastiqua sa chique pendant plusieurs secondes avant de la cracher devant les pieds de ce Calamity Moth, puis donna un coup d'éperon dans la cuisse du cheval qui démarra aux galops et s'éloigna de la place.

A une dizaine de mètres de là, sur le mur en bois du bureau du Shérif Gordon, était collée une affiche avec un dessin peu flatteur du géant au serpent :


WANTED
Croc the Ugly
killer Croc
500 $ - Mort
1000 $ - Vivant

Mais lorsque les cowboys présents ici s'en rendraient compte, le criminel que l'on surnommait Croc the Ugly était déjà loin.
... Pas si loin que ça, puisqu'on pouvait retrouver le cheval qu'il venait de voler, atteler près de l’abreuvoir devant l'Iceberg Saloon qui appartenait au redoutable maire corrompu, Oswald Cobblepot, dont ceux qui s'amusaient à le surnommer le Manchot se retrouvaient pendus hauts et courts au bout de la rue.
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Andrew Blake/L'Artiste

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Vous à Gotham : Ancien commissaire de la ville. Possède une double identité en tant que justicier d'Etat sous le nom de l'Artiste et en tant que commissaire sous le nom d'Andrew Blake.
Citations : Chapeau, L'Artiste.

MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Mar 4 Juin - 15:07

La petite pancarte en bois du bureau du shérif ne cessait de faire cet horrible aller-retour dû au vent, laissant à chaque tour s'échapper ce grincement horrible parvenant jusqu'aux oreilles du nouveau mainteneur de l'ordre en chef dans la ville. Gordon avait souffert d'une grave maladie et avait dû être emmené au médecin de la ville, un vrai charlatan celui-là ! Ce plouc avait donné l'ordre qu'on mette le vieil homme en quarantaine pendant quelques mois, le temps que sa maladie aille mieux mais tout le monde se demandait en attendant qui ferait régner l'ordre dans la terrible ville de Gotham Gulch. Une ville où le crime ne dormait pas, même dans la froideur terrible de la nuit accompagnée du hurlement des meutes de loups du désert, des vrais charognards soit dite en passant.

Se présenta donc le vrai remplaçant de la ville, presque du même âge que Gordon. Mais l'âge n'était pas une notion importante quand on voyait l'hurluberlu qui avait accepté de le remplacer. Andrew Blake, nouveau shérif de la ville, était ce qu'on pouvait appeler d'une crapule et d'un homme impulsif. Du haut de ses bottines en cuir de vache accompagnées de leurs éperons d'argent, on pouvait remarquer que le drôle d'oiseau faisait quelque peu attention à son habillage, par soucis du détail sûrement. Un beau pantalon en tissu noir accompagné d'une chemise blanche accompagnée d'une cravate noire recouverte d'une petite veste rouge sans manche, tout du plus classe au plus cher. Et enfin on arrivait à la tête du bonhomme, patibulaire et armée de son cigare. Les rares cheveux restant était modelé dans une espèce de mèche mal faite vers la gauche tandis que tout le reste était coiffé vers l'arrière.



Ce jour-là, le soleil tapait encore dur sur la ville. Des températures presque record, du jamais vu en autant d'années disait les anciens du village. Surtout le vieux Joe qui fumait sa pipe près du chemin de fer, mais il fallait avouer que le vieux Joe n'avait plus tout sa tête depuis qu'on lui avait extrait une balle de pistolet de sa caboche... Dommage, il avait fait un bon adjoint en son temps malgré le fait qu'il fut toujours quelque peu abruti. Bref, revenons à la chaleur. Rien de tel pour faire passer une telle température qu'un bon verre d'alcool bien fort et mauvais, n'est-ce pas ? Blake s'empara rapidement d'un de ses verres sales, car personne ne les lavait- la crasse donnait du goût il parait - puis se servit une bonne dose de sa gourde et l'avala cul-sec dans une grimace, ça brûlait toujours la gorge cette merde.

Une fois le claquement du verre sur le bureau en bois montrant la fin de la dégustation d'alcool, le shérif put voir le petit Billy Jager rentrer dans la bâtiment. Billy était un des quatre adjoints du shérif, le plus jeune et le plus fougueux.


"Shérif Blake ! On a repéré le terrible Croc the Ugly dans la ville ! Il est parti vers l'Iceberg Lounge ! On va le poursuivre hein ? Dites qu'on va le poursuivre ?" fit hâtivement et activement le petit Billy du haut de ses vingt bougies.
"Calme toi gamin." répondit le shérif dans tapotant légèrement dans le torse du jeune homme. "Chaque chose en son temps, j'ai pas envie qu'on commence à canarder à la n'importe comment dans ma ville. La dernière fois en plus, on a buté le chien de la vielle Maria, elle m'a emmerdé pendant un mois pour que je lui en rachète un autre."
"Bah on fait quoi alors m'sieur Blake ? On va pas encore aller jouer au poker au saloon ?"
"Imbécile... Appelle Big Sam, Ted le boiteux et Jack le borgne. Je vous veux vous quatre dans un quart d'heure au pas de la porte. On va aller voir ce que veut ce maudit Croc." finit le shérif en remuant son cigare du bout des dents.

Billy décampa en courant comme un dégénéré dans la ville, laissant de nouveau le shérif seul dans sa baraque en bois. Ça aurait pu être silencieux si il n'avait pas arrêté hier pour la onzième fois Teddy Barston... Ce type était une plaie, et une plaie pas maligne en plus. Arrêté cinq fois pour vol de cheval, trois fois pour avoir espionné des femmes qui faisaient la vaisselle et trois fois pour avoir essayé de braquer des diligences avec un vieux pistolet rouillé caché dans une chaussette sale et trouée. C'était pas grave, Teddy finissait pas avoir l'habitude des cellules et avait même aménagé un petit coin à lui où il s'amusait à compter les cailloux, le problème étant qu'il ne savait pas compter. Vraiment pas une flèche, ce Teddy...

Le shérif se décida à se mettre sur la petite avancée du bâtiment en bois pour regarder ce qu'il se passait dans la rue. Rien de spécial, les mêmes gamins jouaient encore à cache-cache sous les yeux de leur mère qui faisait comme à l'habitude de la couture avec leurs épingles. Blake fit un rapide tour là où les chevaux du département de la loi étaient attelés et caressa lentement son cheval personnel. Un bel étalon brun nommé "Red Dead", ce cheval était une vraie rédemption pour le shérif en plus. Il avait déjà dû faire la guerre aux Indiens à pied et marcher pendant des lustres dans le désert, ce qui lui faisait de plus en plus apprécier la compagnie du canasson.

Après deux rapides claques sur le postérieur de l'animal, il se redirigea rapidement vers l'entrée du bureau pour attendre ses quatre adjoints. Il en profita rapidement pour cracher le tabac qui lui collait au dent dans le petit réceptacle en métal situé au bas de la porte, puis grognant dans le silence de la baraque, il en profita pour se plaindre :


"Encore une journée de merde en vue, ça promet..."

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MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Mer 5 Juin - 22:45

[HRP]N'ayant aucun talent musical, j'ose espérer que mes lyrics ne déclencheront pas de vagues de suicides.[/HRP]

Un homme avait observé la scène entre les deux outlaws et s’approchait à pas mesurés du cavalier malchanceux. Vêtu d’un pancho noir aux motifs rouges et coiffé d’un Stetson assorti, l’étranger faisait remuer la poussière, s’accompagnant d’une mélodie de son cru composée sur sa guitare et chanta cet air d’une voix d’outre-tombe :

Croc the Ugly, Croc the Ugly,
De l’humanité, tu es la lie !
Dans les marais du bayou,
Tu es né sans le sou,
Mais comme t’avais la peau dure,
T’es donc parti à l’aventure,
Mais avec ta tête de cauchemar
Que personne ne pouvait voir,
T’avais pas le choix,
T’es devenu un hors-la-loi !
Et jusque dans l’ouest hostile,
On parle de l’homme crocodiiiile !
Croc the Ugly, Croc the Ugly,
De l’humanité, tu es la lie !
Quant à ceux qui te trouvent pas beau,
Ils finiront en gumboooo !
»

A ce moment-là, la rumeur se propagea parmi ceux de la populace qui avaient reconnu le sulfureux Nick El Diablo, qui chantait les exploits des gunsligers de l’Ouest, dont il ne venait pourtant pas. Celui dont on disait qu’il avait été initié aux plus noires coutumes des Apaches voire même qu’il avait vendu son âme au Grand Fourchu. Sa venue annonçait toujours le malheur ou plutôt le suivait comme les rats suivaient la peste. Il n’avait même pas de cheval : sans doute avait-il sauté d’un train où il avait pris place en clandestin à la hobo bien qu’il n’en ait pas eu le besoin car on le disait riche. Il se pencha vers Calamity, lui révélant son teint pâle contrastant avec son bouc et sa queue de cheval bruns et surtout, son œil gauche mort blanc comme la Lune.

Mais toi, qui est-tu l’ami ? Un étranger pour sûr et tu n’es pas recherché, je me trompe ? Pourtant quelque chose en toi m’inspire, c’est l’endroit qui veut ça. Allez, je t’invite à raconter tout ça autour d’un verre à Nick El Diablo. »
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MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Jeu 13 Juin - 21:15

L'individu qui avait stoppé la fougueuse monture du gringo le plus dévastateur de ces contrées désolées se révéla être une sorte d'indien, enfin il le supposait. Le colosse bâtit façon totem indien (large, volumineux et impressionnant) avait deux splendides bracelets en verroterie pure, sans doute un cadeau de l'armée fédérale pour acheter la Terre de ses Ancêtres et sa peau n'avait pas la couleur de celle d'un homme blanc. Drury avait compris que faire d'avantage de catégories que deux relevait d'une complexité supérieure au temps dont il disposait pour régler la question aussi avait-il tout simplifié en "homme blanc", "autre". Calamity pensa un temps que cet être avait été banni, son faciès aurait pu être celle d'un balayeur d'asile psychiatrique. Il n'avait jamais vu un hôpital psychiatrique mais il avait une bonne intuition sur les choses qu'il ne connaissait pas et ce type méritait d'être appelé "Grand chef" dans un asile. Son collier était très chouette en tout cas, une sorte de serpent ou alors le boudin de cuir le plus vivant qu'il n'ait jamais rencontré. Son chapeau marron était extraordinairement commun mais une fois sur sa tête il était impressionnant, à croire que l'ombre qu'il projetait sur ce visage de poterie trop cuite était un vêtement à part entière, sans elle l'individu était nu.

Mais point de mauvais esprit sur ce dernier et sa tenue. Alors qu'il remettait son chapeau, Drury ouvrit la bouche pour lui faire moult compliments qui allaient à leur bonne part flatter son égo et lui faire comprendre que Calamity Moth était une terreur qui ne rechignait pas à reconnaître les mérites. Malédiction transdimensionnelle oblige, il n'eut pas le temps de terminer avant que son sauveur ne devienne son voleur à grand renfort de glaviot noirâtre suintant. Sa monture promptement escamotée par ce grotesque et grandiloquent gredin, le grand gaillard qu'était Calamity Moth grognait de rage. Heureusement, une musique piquée par les cieux éthérés des muses de ces contrées vint refroidir les ardeurs virulentes du vil et villipendieux Walker. Lequel tourna la tête vers l'individu qui s'approchait. N'ayant plus rien à perdre que des vêtements et des accessoires qu'il trouvait géniaux et que le commun des mortels définissait comme pitoyables, il s'autorisa à laisser l'étrange type avancer.

Poncho de braise et sonorités enchanteresses ne furent pas de trop pour redonner au criminel de grande renommée le calme dont il avait besoin pour affronter la situation. Sa chanson parlait du fameux Croky the Ugly, un criminel de premier ordre, enfin c'est ce que disait ses vers et quoi que puisse dire une chanteur, c'était nécessairement la vérité vraie, sinon il ne se casserait pas les cordes vocales à le chantonner. Logique. Drury leva alors la tête vers l'ombre qui se découpait dans le bain de lumière solaire qui grillait les alentours de sa chaleur de plomb. Il plissa le visage comme s'il cherchait à détailler le petit post-scriptum écrit à la va-vite par sa grande tante atteinte de Parkynson. Il ne connaissait pas Nick El Diablo, mais l'individu lui paraissait sympathique. C'était une appréciation qui rejoignait l'image de canari sympathique qu'il avait des vautours. Les rumeurs qui grouillaient autour d'eux étaient unanime et une jeune femme qui avait suivi la scène observait tour à tour l'ancienne position du cheval et une affiche collée sur un mur de bois verni.

- C'était... c'était....

Elle s'évanouit sans demander son reste. Waouh, ce chanteur à la sauvette était doué au point de faire tressaillir les femmes de sa seule voix. Elle n'avait même pas réussi à articuler un "merveilleux" ou un "sublime". Drury avait appris quelques temps plus tôt que les riches hommes d'affaires devenaient des mécènes et finançaient des artiste pour qu'ils puissent se produire. Dans l'Ouest on finançait surtout les danseuse de cabaret pour qu'elles finissent entre des draps, mais l'occasion de faire comme les grands de ce monde était trop belle. Le criminel se fendit d'un sourire aimable et sincère, du genre que l'on retrouve chez un banquier qui vient de finir des comptes ultra positifs.

- Salut à toi Nick El Diablo, ton talent honore ta politesse. Comme le disent les grands de ce monde...

Il chercha une phrase qui convenait correctement à la situation et pencha en faveur d'une conclusion parlante de concision.

- ..."merci". Je suis Calamity Moth, la terreur de l'Ouest sauvage, criminel a temps plein, grand bandit des plaines, la terrorisante angoisse des... diligences et... franchement le.... Devant moi la cavalerie fuit, je laisse un sillon continue de veuves et d'orphelins, il n'y a pas de verrous de banque qui puissent.... euh.... c'est quoi la suite? Ah oui.... qui puissent me résister! Je suis.... Calamity Moth! Mince, je l'ai dit trop tôt avant. Bon attend, fais comme si je n'avais rien dit, je recommence. Hum hum.... Je suis...

L'effet était de toute façon raté.

- Je suis assoiffé, allons donc rejoindre le saloon le plus proche.

Il se souvint alors que sur son cheval, il y avait (une selle certes mais aussi et surtout) ses sacoches! Il se frappa le front avec l'un de ses gants bariolés recouvert de poussière et toussota. Il fallait impérativement qu'il mette la main dessus! Il commença à regarder de tous côtés. Rah fichue poussière, impossible de distinguer la moindre trace. Il soupira. Lui qui avait mis des semaines à les préparer. Il bougonna en rejoignant l'allée principal. Une bâtisse de bois un peu plus loin semblait être un bar acceptable. Il dépassait les bâtiments alentours en taille et proportions et de nombreux chevaux s'abreuvaient devant son estrade de bois verni. Il y avait par dessus une immense enseigne qui disait "Iceberg Saloon". Un nom qui jetait une froid dans un endroit pareil.

Lorsqu'il avança, accompagné de Nick El Diablo auquel il racontait n'importe quoi, notamment qu'il avait acheté ses bottes chez l'un des plus prestigieux producteur de cuir et qu'il les avait teinte tout seul à grand renfort de graisse de première qualité et de pigment naturel volé à une tribu d'indien. Bon d'accord, il avait payé des bandits pour le faire à sa place, mais il n'était pas obligé de le dire que Diable! Ils laissaient derrière eux une masse de badauds rigolards, franchement ils étaient cruels, le poncho de Nick n'était pas le plus beau qu'il ait vu, mais tout de même se moquer de lui de la sorte, surtout avec le talent qu'il avait.

- OH! s'écria-t-il en voyant son cheval boire allègrement à l'abreuvoir métallique. Mais c'est mon mustang!

Il trottina jusqu'à lui, manqua de se faire botter par une fougueuse monture qui se désaltérait à côté et posa une main sur sa croupe. Les deux sacoches de cuir y étaient toujours. Il les détacha sans une explication et les posa à cheval sur son épaule. Cet indien allait payer son tour pendable!

- Je t'offre ton verre et tu auras même le plaisir de me voir descendre un peau roug...vert... enfin bref le type avec ses bracelets de pacotilles! Suis-moi!

Il essaya de faire claquer ses bottes sur le bois de l'entrée, l'on eut dit un pachyderme. Il poussa les portes à battant, la porte droite claqua et revint lui broyer une main toujours tendue. Il réprima un cri, esquiva la deuxième porte, voulut s'appuyer sur l'autre et se renversa vers l'avant. Il cogna dans une serveur qui renversa ses boissons. Entrée triomphale.  Il chercha des yeux autour de lui une fois encore. C'était un rien silencieux dans le coin. Les joueurs de poker étaient voûtés, comme s'ils cherchaient à se cacher derrière leurs jeux, les musiciens se mordaient nerveusement les lèvres et les serveuses étaient blêmes, pareil pour les jeunes femmes installées dans les étages. Elles avaient l'air de craindre pour leur vie.    

- Hin hin, vois Nick comment le monde a appris à craindre Calamity Moth! Allez, maintenant vous allez tous me dire où se trouve une sorte de statue humaine avec une peau à faire pleurer de honte les lépreux, un serpent autour de la tête comme si c'était un foulard et un vieux chapeau marron qui donne envie de lui jeter une pièce pour finir sa journée.

Il se tourna vers Nick.

- Pas mal mon entrée hein? Et le speech c'est entièrement improvisé, ça me vient très naturellement.

Il retourna la tête vers l'assistance pour attendre une réaction.
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Snake

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MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Ven 14 Juin - 14:21

La double-porte en bois de l'Iceberg Saloon s'ouvrit brusquement, et la silhouette sombre d'un homme qui avait le coucher de soleil dans le dos apparut à la vue de tous. Le pianiste cessa aussitôt de jouer sa musique, le vieux Ralph, le barman, devint immobile alors qu'il était en train d'essuyer un verre, les filles de joie cessèrent de danser, et les joueurs de Texas Hold'Em interrompirent leur partie. Comme tout le reste de l'assemblée, leurs visages se tournèrent vers l'entrée, curieux et voyeurs qu'ils étaient, et plus un son ne se fit entendre dans le saloon à part celui des mouches qui volaient autour des visages les plus sales réunis ici. Puis, après ces quelques secondes de silence, l'inconnu fit lentement quelques pas pour entrer dans la fragile battisse, faisant tinter d'un son aigüe les petites étoiles qui ornaient ses talons. La double-porte se referma lentement derrière l'homme, et la lumière du soleil se voulut moins éblouissante, aussi put-on reconnaître à qui appartenait cette silhouette terrifiante. Et alors, tout le monde retint son souffle, et la tension monta de trois crans. Cette scène vous procure un effet de déjà-vue avec la scène précédente ? N'ayez crainte, c'est simplement parce qu'elle se situe quelques minutes plus tôt.

Le tristement célèbre Croc the Ugly, encore surnommé parfois Croc l'Increvable ou plus simplement Killer Croc, des noms qu'il n'avait pas lui-même revendiqués mais qui avaient été inventés dans les journaux locaux, marcha en direction du comptoir, et prit place sur un tabouret vide situé entre deux hommes. Celui de droite se retourna vers l'autre côté, de peur de croiser son regard. Celui de gauche, en revanche, n'eut aucune réaction apparente. C'était un vieux type, d'une cinquantaine d'années, un age que tout le monde n'atteignait pas dans le Far West. Il avait des cheveux noirs, gras et sales, qui pendaient négligemment à l'arrière de son crâne dégarni, et un visage qui marquait par sa laideur, avec un œil droit bien plus gros que l'autre et presque exorbité, un gros nez et une bouche déformée peut-être par le temps. Mais The Ugly était bien mal placé pour juger de la laideur de ce vieil homme.

Alors que le colosse posa sa main gauche sur le comptoir, l'animal qui l'accompagnait dans sa plus grande solitude sortit lentement par la manche de son long manteau poussiéreux, sans un bruit. Sa petite tête s'était extirpée de ce long tunnel de tissu, et reposait désormais sur le dos de la main à l'aspect abîmé du tueur. Sa langue bifide ne cessait de faire des aller-retours entre l'extérieur et l'intérieur de sa bouche, pour détecter les odeurs environnantes. Beaucoup d'odeurs d'alcool, mais aussi des odeurs de chair fraîche et de danger. Continuant son périple, le fameux serpent à sonnette de l'Ouest, l'un des plus dangereux de la région, gagna le comptoir en se détachant doucement de celui qui semblait l'avoir adopté. Il serpenta la planche de bois en zigzagant sur une cinquantaine de centimètres alors que le Croc le surveillait du coin de l’œil. Soudain, l'homme sale et laid assis à sa gauche prit la parole, en ayant l'air de grommeler :


"Les animaux sont interdits ici, mon gars !"

Un long silence suivit cette réplique. Les autres personnes se regardèrent en se lançant des regards d'incompréhension. Comment ce type avait-il pu oser faire une remarque de la sorte au redoutable Croc l'Increvable ? Etait-il seulement possible que sa réputation n'ait pu atteindre le fond de son oreille ? C'était ce que toutes les personnes sensées et présentes se demandaient en ce moment-même. Mais le terrifiant géant ne prit même pas la peine de tourner la tête vers cet homme. Son visage faisait toujours face aux bouteilles situées sur l'étagère en face de lui, de l'autre côté du comptoir, tandis que son regard en coin fixait toujours son compagnon d'infortune. Toutefois, une réponse se fit entendre après quelques secondes de silence. Sa voix était terriblement grave et profondément ténébreuse, c'était une voix qui faisait mal aux cordes vocales de ceux qui l'entendaient, tant l'homme semblait souffrir des cigares que sa mère lui donnait dans son landau quand il était bébé. Mais ce n'était pas le cas, c'était sa voix naturelle, et il n'en souffrait pas. De plus, il n'avait que très rarement fumé.

"Et alors ?.... T'as qu'à l'mett' dehors."

Il disait cela, car il savait bien que cet homme n'oserait jamais toucher le serpent. C'était une espèce dangereuse qui effrayait la plupart du commun des mortels. Le saloon était interdit aux serpents, mais il n'y avait personne d'assez courageux pour l'attraper et le jeter à l'extérieur. Par conséquent, il resterait. Voilà comment fonctionnait l'esprit de Croc.
Mais la réponse du vieux ne se fit pas attendre.


"Nan... Y a des manières bien plus simples pour s'en débarrasser."

Le canon du revolver qu'il venait de dégainer fit face à la petite tête plate du pauvre reptile rampant, et le pouce du vieil homme tira le chien vers l'arrière pour l'armer. Mais brusquement, la main gauche du colosse criminel s'empara du poignet de l'homme. Croc, qui avait désormais sa tête tournée vers l'homme, serra alors le poignet de plus en plus fort, et lui dit d'un air menaçant :

"Joue pas aux cons..."

L'homme grimaça de douleur et n'eut d'autres choix que d'ouvrir sa main droite, tant la pression du Croc sur son poignet était puissante. Il lâcha ainsi son revolver qui tomba sur le sol, et un coup de feu retentit. Heureusement, personne ne fut touché, la balle filant en ligne droite jusqu'à la façade avant du saloon dans laquelle elle se logea. Le criminel lâcha alors le poignet du type mais continua de le regarder d'un air menaçant, tandis que ce dernier lui renvoyait un regard à la fois surpris et apeuré. Il commença à s'abaisser pour reprendre son revolver, mais The Ugly lui fit un signe de tête qui voulait dire "non". L'homme se releva alors sans son arme, et recula de quelques pas sans lâcher Croc du regard. Puis il se retourna et quitta le saloon précipitamment.

Le pianiste se remit à jouer sa petite musique entraînante pour détendre l'atmosphère, les joueurs de Poker reprirent leur partie, les discussions recommencèrent, et Ralph le barman se dirigea vers le criminel.


"Ça fait un bail, Croc !" s'exclama t-il en souriant.

Ralph avait l'habitude de traiter avec des criminels. Gotham Gulch était un repaire à la fois pour les gangs et pour les criminels solitaires. La corruption était partout, que ça soit au fin fond de l'Iceberg Saloon qu'au bureau de justice ou même à la Mairie. Seul le Shérif Gordon faisait exception, mais maintenant, il était à l'hôpital, et la ville aurait pu sombrer dans l'anarchie si un bienfaiteur n'était pas intervenu à temps. Le mystérieux Blackman, vêtu d'une cape et d'un masque noirs et chevauchant un cheval noir, s'en prenait aux criminels la nuit tombée. Il était apparu quelques mois plus tôt dans la ville, et tout le monde ignorait son identité. C'était une véritable plaie pour Gotham Gulch, car la corruption rapportait beaucoup, et le croquemort gagnait bien sa vie, lui aussi. Le maire Cobblepot était décidé à capturer ce Blackman, mais rares étaient les personnes à l'avoir vue, en dehors des criminels que l'on retrouvait ligoté certains matins devant le bureau du shérif avec un mot sur lequel était dessiné un symbole de chauve-souris, sa marque, un animal nocturne comme lui.


"J'ai appris que tu t'étais échappé du camp de travaux forcés où on t'avait enfermé, mais t'avais été repris, non ?"

"Ouais. Et j'me suis encore échappé."

Ralph ne put s'empêcher de sourire, en imaginant Croc s'évader et se faire reprendre sans cesse. Mais en fait, ce n'était arrivé que deux fois.

"Qu'est-ce qui t'amène ici, cette fois ? Tu cherches quoi ?"

Le colosse haussa les épaules.

"Qui sait ?... La rédemption, ptet' bien."

"Ha ha ! La rédemption ? Pour toi, ça sera plutôt avec une corde autour du cou, tu sais."

"Ils ont d'jà essayé, mais chuis toujours là. T'façon, j'ai encore un truc à faire, et ensuite j'passe la frontière du Mexique."

"Oh."

Le barman prit un air plus sérieux.

"Alors, tu ne l'as pas encore retrouvé ?"

"Nope... J'ai aucune idée d'l'endroit où ce Van Cleer peut s'terrer..."

"Il doit sûrement être sur la côte Est. Dans leur monde 'civilisé' comme ils disent. Qu'est-ce que j'te sers ?"

"J'peux avoir quoi, pour une poignée de dollars ?"

"Alors ça, ça dépend de la taille de ta poignée, l'ami." répondit le barman avec un sourire.

Croc sortit alors une bourse remplie de pièces qui était accrochée à sa ceinture et cachée sous son long manteau, et la posa sur le comptoir.


"Et pour quelques dollars de plus ?"

"Prends la deuxième chambre à l'étage. Et bien sûr, personne ne t'a vu, tu peux compter sur moi. J'te sers un bon vieux Scotch qui arrache bien les tripes."

Le barman prit la bourse et s'éloigna. Il revint quelques secondes plus tard et servit un verre au criminel. Puis le regard de Ralph vint sur le serpent.

"Tu sais que si Cobblepot apprend que t'es entré ici avec ça, t'es un homme mort ?"

"Non. S'il l'apprend, T'ES un homme mort."

"... Comment tu fais pour te balader avec ce truc sur toi ? T'as pas peur ?"

"Nope, j'l'ai dressé. C'est les Apaches qui m'ont appris. Il est inoffensif."

Sur ces mots, la tête du serpent se redressa de quelques dizaines de centimètres et il se mit à fixer Croc intensément, alors que ce dernier but son verre d'une traite. Soudain, le bout de sa queue se mit à tinter, c'était un avertissement. En entendant cette alerte, les yeux de Croc se rivèrent sur le serpent. Une seconde plus tard, le reptile attaqua avec cette vivacité si incroyable, projetant sa tête et ses crochets venimeux en direction du visage du colosse. Mais avant qu'il ne l'atteigne, la main gauche du Ugly agrippa le serpent au niveau de son cou, avec une précision et des réflexes étonnants pour un si large tas de muscles. La tentative d'attaque du serpent fut donc stoppée net. Le serpent continuait d'ouvrir sa gueule, sortant ses crochets, alors que Croc colla sa petite tête triangulaire contre le bord de son verre vide. Les crochets du serpent mordillèrent le bois du verre, et son venin s'écoula du bout de ses crochets, jusqu'au fond du verre. Le criminel appuya sur l'arrière du crâne du serpent durant quelques secondes, jusqu'à ce que tout son venin se soit écoulé dans le verre.

Ce fut à ce moment que la double-porte du saloon s'ouvrit à nouveau. L'étrange individu coloré à qui il avait volé le cheval fit une entrée fracassante (surtout fracassante pour lui), avant de faire quelques pas à l'entrée du bar. A nouveau, le silence était revenu dans la salle, et le dénommé Calamity Moth fit un court monologue dans lequel il dénigra le terrifiant Croc. Ce dernier venait de relâcher son serpent après avoir tendu son bras sur le côté pour l'éloigner le plus possible de son visage. Puis, sa voix rauque et grave brisa le silence que la calamité venait d'installer.


"Ralph, sers moi z'en un autre."

Puis, il se leva lentement de son tabouret et, laissant son crotale sur le comptoir, s'avança vers le milieu du saloon pour faire face à Calamity Moth, tandis que ses pas étaient soutenus par le bruit de ses éperons. Avec une assurance terrifiante, il fit face au cow-boy aux couleurs vives, et le fixa dans les yeux d'un air menaçant. Il n'y avait pas un seul bruit dans l'assistance, même les mouches avaient cessé leur envol pour être spectatrices de la scène.


"Tu m'cherches, amigo ?" fit-il sur un ton menaçant et toujours aussi sombre.

Il laissa écouler quelques secondes de silence, avant de reprendre la parole.


"J't'ai sauvé la vie, m'semble. Un ch'val pour m'remercier, c'est pas cher payé ch'trouve. Mais... Tu veux ptet' qu'on en parle autour d'un verre ?"

Il déploya le pan droit de son long manteau sur le côté pour dévoiler son revolver, et ajouta avec un petit sourire qui laissait entrevoir ses dents sales et gâtées :

"J'insiste. Ralph, un verre pour le gringo. La coutume Cheyenne veut qu'on s'échange nos verres en signe de paix."

Croc comptait bien entendu lui donner son propre verre, dans lequel le serpent avait craché tout son venin.
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Citations : Chapeau, L'Artiste.

MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Mer 19 Juin - 0:37

Cette bande d'empaffés d'adjoints était encore en retard... Rien d'étonnant venant de la part d'une bande de pignoufs ne sachant ni lire ni écrire - hormis Jack le borgne mais il était borgne, donc ça la handicapait un peu. Enfin bref, là n'était pas la question, ces empotés s'étaient déjà montré utiles dans l'arrestation de la bande du terrible Arnold Weskerito, un mexicain venu mettre le boxon dans la ville suite à une altercation avec un autre revendeur de Winchester dans le pays. C'était d'ailleurs ce jour-là que Jack avait perdu son œil, non pas en recevant une balle dedans mais en trébuchant bêtement sur une flaque de bière et en tombant l'œil le premier dans un bris de verre au sol. Mais malgré son handicap, Jack restait un bon gars, peut-être même le seul à pouvoir prétendre au poste de Blake après tout.

Puis après, il y avait aussi Big Sam. Ce bonhomme était aussi gros qu'un ballon de baudruche, c'était dingue. Le pire c'est qu'il avait essayé plusieurs fois de faire régime mais rien ne marchait... Le médecin de la ville disait que c'était une maladie qui l'empêchait de maigrir mais soyons sérieux, il fallait juste qu'il arrête de manger comme quatre, maladie ou pas. C'était d'ailleurs pour cela que Blake ne faisait plus de repas avec les adjoints, Big mangeait tellement que la note s'en révélait encore plus salée que le plat du gamin. D'ailleurs ses parents avaient dit un jour qu'il avait presque mangé une vache entière tellement il avait faim. Cela faisait partie des légendes de la ville, la légende de Sam le dévoreur de bétail, ça effrayait même les petits enfants qui n'étaient pas sage. Après tout, au lieu d'un croque-mitaine imaginaire, il valait mieux montrer l'énorme Sam marchant dans la rue, ça impressionnait beaucoup plus.

Et pour finir, il y avait Ted le boiteux. Un type qui avait la trentaine, chapeau melon et bottes de cuir comme on disait. Il était loin d'être malin mais il pensait toujours avoir raison parce que son père était un grand propriétaire terrien. Et malgré le fait qu'il avait une patte folle, il battait pas mal de gens à la course, ce qui était assez étonnant il fallait l'admettre. Et pour couronner le tout, son père lui avait payé des cours avec le plus grand pistolero de la région, ce qui faisait tout naturellement de Ted un des meilleurs tireurs de Gotham Gulch. Son seul défaut était comme dit auparavant sa certitude absolue et son arrogance démesurée, ça le perdrait un jour mais espérons le plus tard possible, c'était pas les adjoints qui courraient les rues dans cette maudite ville gangrenée par le crime et la fornication.


"Shérif, on est là !" gueula une petite voix dans une des ruelles adjacentes au bureau du shérif. C'était ce petit Billy avec Ted et Jack, mais apparemment Sam manquait à l'appel... Quelle surprise ! On pouvait vraiment compter sur personne, c'était dingue.
"Où est Sam ? Encore coincé sur ses toilettes ?" demanda mécontent Andrew au groupe arrivant calmement. Après tout rien ne pressait, ce n'était pas comme si un criminel recherché campait dans la ville.
"Il a choppé une indigestion, son père nous a dit qu'il a mangé un bout d'une veille carne pas fraîche. Le médecin est venu et il leur a dit qu'il devait rester au lit pendant une bonne semaine. Aucune chance qu'on le voit d'ici là, il est blanc comme un linge Monsieur !"
"C'est bien ma veine, allez venez ici je vais vous faire le topo de ce qu'il va se passer brièvement. J'ai pas envie que vous fassiez tout foutre en l'air comme la dernière fois avec Weskerito, notre cote de popularité n'est pas au maximum ces derniers temps." fit le Shérif en s’asseyant sur la chaise devant la baraque. "Comme j'ai dit à Billy, Croc the Ugly s'est pointé en ville récemment et je n'ai aucune envie de le voir traîner ici, on a déjà assez de bandits sur le dos comme ça. On m'a dit qu'il était dans L'Iceberg Saloon, on va donc aller là-bas et lui demander de foutre le camp avant la fin du soleil couchant. Si il refuse, les plumes et le goudron, puis la balle dans la tête, compris ?"

Les trois adjoints s'accordèrent du regard pour faire un "oui" de la tête vers Blake puis le groupe se mit en route vers le fameux Iceberg Saloon, repaire de bandits et autres canailles du genre. Mais celui qu'on appelait le Pingouin arrivait à les diriger pour qu'ils ne fassent pas trop de dégâts, donc ça emmerdait personne au final. Cependant il fallait agir par prudence dans ce coin-là, une étincelle se transformait vite en brasier infernal et les fusillades fréquentes faisaient le bonheur du croque-mort de la ville. Jamais le cimetière n'avait été aussi rempli de sa vie.


"Au fait Shérif, vous avez entendu à propos du train de la Western Union ?" demanda le jeune Billy le plus naturellement du monde.
"Qu'est-ce qu'il y a avec le train, je commence à en avoir ras le chapeau de toutes ces conneries moi." répondit le shérif d'un ton énervé.
"Bah on raconte qu'ils ont subi des attaques de la part des Indiens ces derniers temps. Un nouveau chef sème la terreur dans les étendues au Nord, il a rassemblé les tribus et harcèle nos convois de marchandises. La Western Union a engagé des mercenaires et a posé des mitrailleuses sur les train en guise de réponse mais les sauvages ne perdent pas espoir apparemment."
"Des mitrailleuses ?" demande le shérif en rigolant. "J'aimerais bien en utiliser une de nouveau un de ces jours, je me souviens qu'il y a vingt ans pendant la guerre contre les peaux-rouges, j'avais dégommé une bonne trentaine de ces zouaves rien qu'avec ce bijou. On s'amusait encore en ce temps-là..."

La troupe coupa court à la conversation en arrivant droit devant la porte du saloon. Tous les adjoints se regardèrent pour se donner du courage puis posèrent en cœur leur main sur leurs Colt à la ceinture tandis que le shérif s'avançait lentement vers les portes battantes en bois du bâtiment. Dans un fracas, il poussa les deux bouts, claquant contre les murs suite à l'impulsion, puis cria dans la pièce tout en sortant son fusil à six coups.

"Je veux pas d'ennuis avec vous mais je recherche un dénommé Croc the Ugly. Je tiens à lui dire qu'il a jusqu'à la fin de la journée pour déguerpir de la ville où il sera pendu par le cou jusqu'à ce que mort s'en suive, parole de shérif."

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MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Sam 29 Juin - 9:48

     Le soleil amorçait sa lente descente sur l’horizon et baignait la scène d’une lumière dorée qu’on eut crue issue d’un âge lointain, celui qui avait vu naître les légendes de ce monde. Les sabots de leurs montures soulevaient une poussière à l’odeur de silex tandis qu’ils s’avançaient lentement à travers les étendues désertiques. La ville n’était pas loin mais on se trouvait encore ici dans un espace sauvage, une page vierge sur laquelle chacun était libre d’écrire son histoire selon sa volonté. Les deux silhouettes se découpaient nettement sur l’orangé pulvérulent de la plaine, deux cavaliers qu’on aurait pu juger mal assortis si le pas de leurs chevaux n’était pas parfaitement synchronisé et si leurs regards n’avaient pas eu la même intensité ni la même détermination alors qu’ils plissaient les yeux, face au disque déjà rougeoyant du soleil.

     Sur la gauche, chevauchait le plus jeune, coiffé d’un chapeau tuyau de poêle passablement abîmé qui avait pu être noir ou gris sombre dans un passé lointain. Le couvre chef ne parvenait pas à masquer les boucles rebelles de ses cheveux d’un roux qui semblait incandescent sous le soleil déclinant. Son visage juvénile aux yeux d’un bleu pétillant perdus au milieu d’une constellation de taches de rousseurs trahissait une énergie intérieure intense qu’il devait avoir du mal à canaliser. Il portait une grossière chemise de paysan sans col avec un foulard vert bouteille délavé autour du cou. Des bretelles maintenaient un rustique pantalon de toile brune.
     Sa taille était entourée d’une ceinture à grosse boucle de métal autour de laquelle était entouré un fouet de cuir luisant comme un sepent ainsi que par deux holsters entrecroisés où dormaient deux colts 45 qui semblaient très bien entretenus. Des chaps de garçon de ferme recouvraient ses jambes ainsi qu’une partie de ses solides bottes de cuir munies d’éperons huilés. Ses mains gantées de cuir brun, fines et plutôt menues, étreignaient les rennes de son cheval bai, taillé pour la course,  avec une évidente assurance malgré une stature frêle peu commune dans ces régions hostiles.

     A sa droite, monté sur un cheval blanc plus massif cheminait son compagnon. C’était un homme à la large carrure, tenant les rennes de sa main droite gantée tandis que la gauche reposait sur la crosse de bois sombre d’un revolver peu commun. Ses yeux et la plus grande partie de son visage étaient noyés dans l’ombre de son chapeau bleu marine à large bords. Un cordon doré un peu usé ainsi qu’un insigne représentant deux fusils entrecroisés du même or pâli indiquaient son appartenance à l’ancienne armée de l’Union. Le visage de l’homme semblait taillé dans la pierre, carré et impassible, encadré par des favoris bruns qui rejoignaient une moustache tombante parsemée de poils gris- fer, achevant de lui donner un air particulièrement sévère.
     Le reste de sa tenue était également en partie issue de l’armée, un grand cache-poussière usé bleu nuit recouvrait son imposante stature, le genre de manteau qui vous abritait aussi bien du soleil cruel du Nevada que de la pluie ou de la neige dans les hauteurs du Colorado. Son pantalon du même bleu portait le long de la jambe le galon jaune déteint et sali caractéristique de l’uniforme tandis que sa chemise couleur de poussière tâchée de sueur était des plus banales. Il portait lui aussi un foulard autour du cou, de ceux que les officiers de cavalerie portaient alors. L’œil d’un expert qui se serait posé sur l’étui qui pendait lourdement à son ceinturon aurait remarqué que l’arme qu’il contenait n’avait rien de règlementaire pour un officier nordiste. Il s’agissait en effet d’un LeMat, arme sudiste réputée, restait à imaginer comment il l’avait acquise.
      Son cheval, plus robuste était celui qui portait la majorité de l’équipement du duo. De quoi dormir, faire à manger, deux outres d’eau en cuir brun ainsi qu’une lourde barre à mine de chemin de fer.

     Démobilisé à la fin de la guerre de Sécession, le Major Zacharie Redd n’avait pas trouvé de raison valable à poursuivre sa carrière sur le terrain des Guerres Indiennes. S’il avait servi sous les ordres du Général Sherman un peu partout dans le pays et avait même été présent cette nuit de feu à Atlanta, il ne partageait pas sa haine des Sioux et avait tout simplement quitté l’armée pour vivre de nouvelles aventures. Issu d’une famille modeste, il avait vécu la rude vie d’ouvrier du chemin de fer, travail qui lui avait donné cette rude charpente bien avant qu’il ne se fût enrôlé dans la belle armée de l’Union pour casser du Confédéré. Ses états de service remarquables lui avaient permis de s’élever jusqu’au grade de major, grade qu’il n’avait pu dépasser quelque furent ses démonstrations de bravoure, les plus hautes distinctions étant réservées aux fils de bonne famille.  

     Plusieurs années d’errance avaient mené le Major, comme on l’appelait parfois encore, à croiser son compagnon, le jeune Heath McLahan, qui était devenu son disciple dans une longue lutte contre les injustices à travers le pays. Pour l’heure ils s’étaient faits chasseurs de primes, chevauchant vers Gotham Gulch dans l’idée de dépenser leur argent récemment gagné après la retentissante capture du charlatan et kidnappeur bariolé qu’on appelait le Jervis le Chapelier.

-Vois-tu, fiston, déclara le Major avec le ton docte qu’il employait souvent lorsqu’il s’adressait à son apprenti, il faut voir notre travail comme celui d’alchimistes. En quelque sorte nous changeons le plomb en or.
-Ou en dollars d’argent, répondit Heath de sa voix qui n’avait visiblement pas encore mué. Je rêve d’un bon bain dans une bonne auberge pour ma part.
-Pour sûr, que nous allons nous en payer un, des cigares et de la bière ne seront pas de trop non plus pour faire passer le goût de toute cette poussière.


      Cet échange était l’un des rares de la journée, les deux cavaliers avaient peu parlé durant ce voyage, mais chacun goûtait la compagnie de l’autre avec plaisir, fût-il peu expansif. Ils se turent en arrivant à hauteur de l’entrée de la ville. Un vieil homme qui fumait la pipe près de la voie ferrée les regarda passer avec un air un peu abruti tandis que grinçait l’éolienne dans le vent chaud du désert. Le Major n’en tint pas compte tandis que Heath le salua en touchant le rebord de son chapeau en tuyau de poêle ce qui ne suscita pas la moindre réaction chez le vieillard qui avait la vivacité de regard d’un animal empaillé.
Sous d’autres regards curieux, de passants aux allures plus ou moins respectables comme de filles  qui peuplaient les balcons de l’Iceberg Saloon, le Major et son disciple attachèrent leurs chevaux près des abreuvoirs après avoir posé leurs bottes sur le sol poussiéreux.

-Hey soldat, ça te dirait de te changer un peu les idées ! Monte me voir, et si ton ami veut se déniaiser il est le bienvenu aussi ! Cria une des jeunes femmes qui se tenait juste au-dessus d’eux.
Le Major ne répondit pas, mais son ami retira son chapeau, révélant ses cheveux frisés d’un roux flamboyant pour répondre à la fille.
-Pourquoi pas M’dame, laissez-nous l’temps d’nous décrasser un peu là en bas !
La fille s’esclaffa en entendant la voix juvénile du rouquin.
-Mâdâme ! Personne m’a encore jamais appelée comme ça ! Reviens m’voir quand tu s’ras plus grand mon garçon, tu f’ras un bourreau des cœurs plus tard c’est sûr !

     Toujours ignorant de son entourage, le Major poussa alors les portes du saloon, tandis que Heath s’était chargé de leur équipement qu’on aurait juré trop lourd pour lui alors qu'il ne donnait pas l’impression d’en être gêné.
     
     Quelques minutes plus tard, les deux voyageurs se trouvaient assis dans un coin du saloon, chacun une chope de bière prête à déborder devant eux, un cigare logé au coin de leur bouche et un air rasséréné sur le visage. Le Major Redd n’avait pas retiré son chapeau tandis que Heath avait posé le sien sur la table. Tous deux observaient la curieuse scène qui se déroulait sous leurs yeux, opposant un pied tendre bariolé à une sorte de sang-mêlé gigantesque. La main du Major reposait à nouveau sur  la crosse de son lourd revolver atypique.

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Dernière édition par Baseball le Mer 24 Juil - 15:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Mer 3 Juil - 23:14

[HRP]Avant de lire mes vers, j'espère que vous ne serez pas sorti de table.[/HRP]

Calamity Moth, puisque c’est ainsi qu’il se faisait appeler, détonnait dans cette ville si corrompue que le grand fourchu lui-même s’en serait bouché le nez. Criard dans sa tenue et dans son discours, maladroit dans la politesse comme dans la menace, il apportait au grand-guignol qui était la norme parmi les desperados de cette riante bourgade, un vent de légèreté. Oui, sa compagnie inspirerait Nick El Diablo. Sa chanson pourrait être courte, le bonhomme étant du genre à connaître une mort aussi sotte que brutale mais elle n’en serait que plus exemplaire. Aussi le chanteur itinérant accepta l’invitation de bon cœur bien qu’il ait de sérieux doutes quant au fait que son hôte ait les tripes assez solides pour supporter le tord-boyaux local.

L’entrée dans le bar fut à l’avenant du personnage, cocasse et embarrassante. Les deux adversaires se faisaient face à présent, l’un maigrichon et coloré comme un bonbon, l’autre colossal et cuivré. Le second avait de l’assurance mais le premier avait du culot, la confrontation pour inégale qu’elle paraissait, semblait inévitable. L’homme au serpent, sans doute pour s’éviter ce qui risquerait de devenir une anecdote embarrassante, proposa un échange de verres en guise de trêve. Mais le troubadour du grand ouest avait l’œil aiguisé et une science des secrets du désert, aussi reconnut-il sans y réfléchir à deux fois le contenu. Il n’aimait pas intervenir d’ordinaire mais pour son art, il n’y avait pas de mal à donner un petit coup de pouce au destin.

Dans ce cas, permettez entre initiés aux coutumes indiennes, que j’échange à mon tour avec mon compagnon. » dit-il avant de boire le verre d’une traite sans attendre de réponse.

Le spectacle qui s’ensuivit fut plus incroyable encore que ce qui l’avait précédé. Le visage de Nick avait passé du blême au carmin, de la fumée semblait lui sortir par les orifices du visage tandis qu’il entamait une étrange litanie, des gens du cru sans doute. Une rumeur commença à se propager dans l’assistance parlant de sorcellerie et d’âme vendue au Diable, jusqu’à ce qu’on entende un très perceptible

Que Dieu nous protège, c’est Nick El Diablo !
- Cet homme dit vrai, répondit calmement l’incriminé dont la crise semblait passée comme un rhume. mais je ne crois pas mériter qu’on invoque ainsi le nom du Seigneur. Laissez-moi plutôt vous présenter mon nouveau compagnon,


Calamity Moth a un compte à régler
Sa colère est aussi noire
Que son habit est coloré,
Mais il a bon espoir
D’entrer dans la légende
Tout cela fort bien parti
Jusqu’à ce que de cheval, il ne descende
Par la faute d’un malpoli
Le bien nommé Croc the Ugly,
Et c’est vengeance maintenant qu’il crie
Perdu d’avance diront certains,
La mort est-elle au bout du chemin,
A cela répond
De Calamity Moth la chanson !
»

El Diablo n’avait même pas fini sa ballade improvisée qu’avant même de pouvoir savourer le duel qui s’annonçait, un petit groupe armé fit son entrée à son tour, mené par un individu patibulaire au possible… muni d’une étoile de shérif ?! Nick, qui se targuait de n’être étonné de rien, faillit en perdre sa contenance : qu’était-il arrivé au très estimé shérif Gordon pour qu’on lui dégote un remplaçant qui avait plus l’air d’un bandit que d’un serviteur de la loi ? Il ne put s’empêcher de laisser échapper ces quelques mots :

Diable ! Décidément cette ville a changé. »
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MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Sam 6 Juil - 23:26

[HRP]Permettez-moi d'introduire un peu d'anarchie, si j'en ai fait trop, n'hésitez pas à le dire[/HRP]

Hin hin, le pleutre! Il était doué pour voler des chevaux mais lorsque venait le temps des comptes il était tel un scorpion des dunes encerclé par les flammes du Destin! Drury se redressa de toute sa hauteur, c'est-à-dire environ dix centimètres de moins que l'individu colossal qui lui faisait face. Il bomba le torse de la façon la plus majestueuse qu'il connaissait et qui, fondamentalement, ne se voyait pas à cause de son long cache-poussière. Il était temps pour lui de montrer qui était la patron!

- Le cheval je te l'aurais laissé si tu me l'avais demandé! répliqua-t-il en pensant être impressionnant. Tout ce que je voulais c'était mes sacoches!

Il n'aurait pas dû dire ça. Après avoir laissé un blanc palpable, il secoua la tête et reprit.

- Enfin bon, de toute façon t'avais pas le droit de me prendre mon mustang sans me le demander! Nah!

La barman revint avec deux verres de tord-boyau dont l'odeur aurait pu racornir un morceau de désert et faire brûler des cactus. Il ne donna un à Drury et l'autre à Nick El Diablo, la main légèrement tremblante. Vint alors l'échange des verres. Saisissant celui de cette brute qui pouvait déplacer une montagne en la regardant assez longtemps, il fut délesté du sien. Calamity Moth observa un temps le contenu de son nouveau verre. Beurk, il buvait du lait? C'était blanc et poisseux, à la limite de la péremption. Il leva un visage à demi-écœuré vers l'Indien, un apache semblait-il. Il était temps de boire.... eurk...

Le chanteur fut cependant plus rapide que la main incertaine de la plus fine gâchette de l'Ouest - elle était usée par les exercices en fait. Avant même que Drury n'ai dit un mot - ce qui relevait de l'exploit - Nick vida son verre d'un seul trait. Le spectacle qui suivit fut tellement improbable que la Mite Desperado fit quelques pas en arrière. La voix qu'eut le chanteur fut lointaine et profonde, enfin c'est ainsi que la perçue son ouïe fine. Lorsque le dernier vers se mourra dans une assistance pleine d'interrogation et de surprise, Calamity sautillait de joie.

- C'est bien moi, Calamity Moth, exultait-il. Le Grand Calamity Moth!

Mais sa joie fut de courte durée, toute aussi courte que le laps de temps que mirent d'abominables olibrius pour débarquer aux milieux de leurs réjouissances. Ils avaient des allures de bandits, l'hygiène de chasseurs de primes capables d'attendre leur proie pendant des jours et des jours sans voir le reflet cristallin d'un cour d'eau et, hélas, l'étoile jaune racornie par le temps des défenseurs de la Loi. Bon, pour ce qu'il en savait, à Gotham Gulch la Loi était une sorte de plaisanterie que l'on avait cloîtré dans le bureau du shérif histoire de lui tenir compagnie et servir à allumer le poêle en hiver. Il n'y avait donc pas la moindre raison de s'inquiéter, une telle entrée était purement formelle. Calamity Moth se permit de briser de son ricanement flûté le silence qui avait suivi les bottes salles de leur équipée d'éclopés. Il tourna son visage vers Crocky the Ugly et lui fit un clin d'œil misérablement peu discret.

- A la santé de notre sympathique constellation consternante hin hin hin, déclara-t-il en levant son verre.

Le liquide clapota et le temps savoura cet instant. Le récipient de verre épais fit son trajet habituel en suivant les mouvements du coude de son propriétaire. Le saloon se reflétait dans son onde brunâtre qui distordait les croupes des prostituées gloussantes, élargissait la partition du pianiste qui regardait la scène, atterré et ternissait le reflet des dents d'or des vieux prospecteurs. Enfin cet infâme alcool distillé roula pour mieux s'engouffre dans l'impeccable bouche bien soignée et merveilleusement entretenue de Calamity Moth. Son gargarisme amusé s'étouffa alors qu'il avalait d'un mouvement unanimement inconsidéré le flot brûlant.

Ses yeux larmoyèrent, sa bouche fit des ouvertures et des fermetures erratique dans l'espoir de parvenir à obtenir une neige salvatrice en plein désert, ses cordes vocales s'étaient littéralement dissoutes et son œsophage se sentit des familiarités avec les cascades de laves des îles volcaniques. Il fit quelques pas en arrière afin de désépaissir le brouillard humide de ses yeux. Sa main lâcha le verre vide qui émit un son mat en touchant le sol crasseux de ce rade de perdition. D'une main alerte Drury chercha à déboutonner l'un de ses boutons de chemises pour essayer de happer une goulée d'air dans cette océan furieux de chaleur étouffant alors qu'il émettait des sifflements de théière.

Ses bottes glissèrent légèrement et il manqua de tomber, n'eut été présent ce charmant gardien vacher qui réceptionna son coude en plein dans le visage. Un bière tomba dans un silence à présent lourd de conséquences. Mais l'estomac réceptionna enfin la liqueur de mauvaise qualité. C'en fut trop pour la Terreur de l'Ouest. Son cri fut un cri de désespoir et ses harmonique étranglées auraient pu fendre le cœur de n'importe quel Homme qui avait un jour bloqué sa jambe sous une roue de diligence (mais hélas ils étaient rares). L'oreille du tricheur professionnel de poker qui réceptionna ce hurlement recula, faisant tomber quelques cartes de ses manches.

- ça brûle! hurla de plus belle Calamity Moth alors que derrière lui les joueurs de poker s'échauffaient en admirant le revers des cartes qui venaient de voler. RAAAAAaaaaa.

Il s'agita de plus belle et se rua contre le bar. Derrière lui il semblait que les joueurs en venaient aux mains malgré la présence des agents de l'état.

- De l'eaaaaau.... de...

- L'abreuvoir! beugla un homme accoudé non loin en dégoisant son rire le plus gars.

Sans une sommation Drury lui chipa sa chope de bière et entreprit de rincer son gosier à grand renfort de houblon. Le picotement s'éteignit et le rot final souffla la dernière flammèche du feu qui avait jadis voulut le consumer. Il haletait comme un enfant après une course à pied.

- Hey mais c'est ma bière! Tu vas m'la rembourser pied tendre! cria l'individu en sortant son colt.

- Ho ho, fit la mite en titubant.

Pourquoi le monde tournait-il autour de lui et diable qu'il faisait chaud dans cette taverne!

- Tu déf...défis la mite sur son...terrre.....terrain!

Il porta la main à son colt.

- Vas-y dégaine si tu l'oses!menaça l'autre.

Il eut beau tirer de toute ses forces, l'arme ne semblait pas vouloir bouge d'un pouce. Hum, la peinture avait-elle encore collé au fourreau? Il se gigota de droite à gauche sous les rires des autres alcooliques, secouant du même coup son crâne qui commençait à tambouriner. L'alcool à jeun ne faisait pas bon ménage chez celui qui ne buvait que de l'eau et des jus de fruits à fable concentration de sucre.

- JE....

Le monde se distordait lentement et son bras droit qui s'échinait à sortir son colt devenait aussi mol et ballant qu'une trompe d'éléphant. Il tenta d'articuler une nouvelle phrase pleine de bon sens mais parvint juste à tirer son arme. Il y eut un bruit de succion et l'arme prit une direction absurde qui n'inquiéta même pas son opposant. Son index glissa et une balle vint fracasser le vaste miroir qui se tenait derrière le barman. Le recul le projeta contre un tabouret haut où se tenait une fille de joie. Elle tomba tête la première dans le crachoir et la mite euphorique riait en rencontrant le sol collant. Qu'il était bien...
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Snake

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MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Mar 9 Juil - 18:06

[HRP : Pfiou, chaud de remettre toutes les actions dans le bon ordre ! xD ]

L'inconnu à qui Croc avait sauvé la vie quelques minutes plus tôt rétorqua, en affirmant qu'il se fichait du cheval mais que l'important était ses sacoches. Le colosse haussa ce qui semblait s'apparenter à un sourcil bien qu'il ne possédait pas de poils, s'interrogeant sur les paroles de ce mystérieux personnage aux allures hautes en couleur. Qu'est-ce qu'il pouvait bien y avoir dans ses sacoches de plus précieux ou utile que son propre cheval ? De l'or ? De la dynamite ? Toutefois, aucune réponse ne fut apportée à cette question, puisque la discussion fut close par la conclusion pleine de maturité de l'étranger. Au final, le Ugly haussa les épaules tandis que le barman vint apporter les verres. Ce type allait de toutes façons mourir sans que l'on puisse l'incriminer directement grâce au venin du serpent dans son verre, et il n'aurait qu'à vérifier le contenu des sacoches après cela.

Mais un imprévu arriva. L'homme qui avait accompagné l'étranger lors de son entrée au bar décida à son tour d'échanger les verres, et but cul-sec le verre qui contenait un mélange de Whisky et de venin de crotale. Croc écarquilla les yeux devant ce spectacle sordide qui fut suivi de nombreux chuchotements, et l'identité de ce personnage fut à son tour révélée. Nick el Diablo, il en avait déjà entendu parler quelques fois, mais ne l'avait jamais rencontré et ne s'était jamais vraiment intéresser à lui, ni aux rumeurs qui l'entouraient. Il connaissait juste son nom qui revenait à la surface de sa mémoire comme un souvenir lointain. Toutefois, ce type venait malheureusement de signer son arrêt de mort. Croc the Ugly connaissait bien l'effet que procurait une morsure venimeuse du serpent à sonnettes, pour y avoir déjà goûtée lui-même. Cela datait de l'époque où il voyageait en compagnie d'une tribus indienne, des mois plus tôt, et juste après son évasion du camp de travaux forcés de Tombstone. Il avait d'ailleurs appris plus tard que l'explosion qui lui avait permis de s'échapper de cette prison avait été causée par ces indiens, une tribus rebelle qui voulait se venger des visages pâles pour ce qu'ils avaient fait à leurs semblables. Il avait fuit dans le désert en marchant des jours et en se nourrissant de ce qu'il trouvait dans la nature, puis, un jour, il s'était fait mordre par l'un de ces serpents communs à ces lieux hostiles. La douleur de la morsure était négligeable, comparée aux effets du venin. Un blocage du système respiratoire et du système nerveux simultanément, qui causait la mort en l'espace de quelques heures. Mais ce jour-là, la chance lui avait sourit. La tribus indienne, des Apaches précisément, l'avait trouvé, et, pour une raison inconnue, ils avaient décidé de le sauver. Peut-être parce qu'il ne ressemblait pas à un visage pâle, comme ils aimaient appeler les européens, ou bien peut-être qu'ils le considéraient comme un mystère de la nature ou un don, eux qui respectaient la faune et la flore plus que tout. Quoiqu'il en soit, des siècles de survie dans ces contrées leur avaient appris à survivre aux morsures des crotales, et grâce à leur médecine traditionnelle, ils lui avaient sauvé la vie. Mieux encore, le traitement du venin avait agi un peu comme un vaccin dans son organisme, et il était désormais immunisé à leurs morsures. Par la suite et pour leur remercier de lui avoir sauvé la vie, Croc était resté avec eux pendant plusieurs semaines et les avait aidé à commettre de nombreux méfaits à l'encontre du gouvernement américain. Il s'était aperçu que les amérindiens avaient beaucoup plus à lui apporter que le monde soi-disant civilisé qui n'avait fait que le rejeter et qui s'était approprié leur territoire.

Grâce à Nick el Diablo, que Croc pensait condamné à cause du venin, ce dernier apprit le nom de celui à qui il avait volé le cheval : Calamity Moth. Puis, aussitôt, ce fut le débarquement. Quatre représentants de la loi firent irruption dans le saloon et s'adressèrent à lui, lui demandant de partir avant la tombée de la nuit et le menaçant de le pendre s'il n'obéissait pas. Bien que la menace de mort était réelle, elle ne lui fit pas peur. Croc the Ugly avait déjà souvent frôlé la mort, mais celle-ci continuait à le repousser sans cesse, comme si ni le ciel, ni l'Enfer ne voulaient de lui. La fois où il s'était fait mordre par le serpent à sonnettes, ce n'était pas la seule fois de sa vie où il avait failli mourir. Et la pendaison, il y avait déjà échappé une fois...

=========================================================

Deux jours plus tôt...

Il s'était finalement fait prendre, une fois de plus. Après avoir quitté les Apaches des semaines plus tôt pour retourner à sa quête personnelle de vengeance, et après avoir assassiné le Shérif Franck Tyler, l'un de ceux qui avait brisé sa vie, ils étaient parvenus à le capturer. Cela n'avait pas été chose facile, mais son combat contre Franck l'avait trop épuisé pour qu'ils puissent résister à son arrestation.
Il se tenait debout, sur la potence, les mains liées derrière son dos par des liens serrés tandis qu'on lui passait la corde autour du cou. Il n'y avait pas beaucoup de monde sur la place de Bludhaven Town malgré le fait que l'exécution soit publique : seuls le nouveau Shérif, le juge, le maire, le croquemort et le bourreau étaient présents. Alors que le bourreau se mit en position devant le levier qui actionnerait la trappe située sous les pieds de Croc pour le laisser pendre, le juge lui lu la sentence une dernière fois.


"Waylon Jones, vous êtes accusé du meurtre de vos parents adoptifs Olwen et Martha Jones, du meurtre de cinq prostituées de Tombstone, du meurtre de deux représentants de la loi, le Shérif Franck Tyler et son adjoint Ted Mc Koyle, ainsi que d'au moins cinq autres personnes qui vous auraient provoquées selon vos dires. Vous êtes également accusé du braquage des banques d'El Passo, et de Daisy Town, ainsi que du braquage de sept diligences dans la région. Enfin, vous êtes accusé de haute trahison envers la patrie par alliance avec les sauvages. Pour ces crimes, vous êtes condamné à mort par pendaison. Avez-vous une dernière parole à prononcer ?"

".... Allez au diable."

Sur ces mots, Croc tira de toutes ses forces sur les liens qui entravaient ses poignets pour libérer ses mains, devant la surprise générale. Il prit alors entre ses mains la corde qui était accrochée à la poutre de la potence et qui entourait son cou, et tira de toutes ses forces durant quelques secondes alors que le maire s'adressa au bourreau :

"Mais tuez-le vite, qu'on en finisse !"

Le shérif dégaina son révolver avec peu d'assurance, au moment où la poutre au dessus de la tête de Croc se fissura puis se brisa, un morceau de bois retombant sur lui. Le bourreau actionna le levier, et le colosse fit un pas en arrière pour éviter la trappe s'ouvrant sous ses pieds, tout en rattrapant le morceau de poutre en bois qui s'écroulait sur lui. Il retira la corde autour de son cou, et jeta le bout de bois auquel elle était attachée, de toutes ses forces en direction du shérif. Un coup de feu partit mais ne toucha personne, tandis que Croc courut vers le cheval le plus proche. Il bondit dessus puis s'éloigna à toute vitesse, se dirigeant vers Gotham Gulch.

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Maintenant.

Après avoir assisté au cinéma de Calamity Moth qui semblait avoir du mal à digérer le contenu de son verre, Croc but le sien et le reposa sur le comptoir, avant de faire face au shérif Blake, plantant son regard dans le sien. Décidément, sa réputation le précédait, il n'avait encore rien fait de mal dans cette ville, à part un petit vol de cheval, et on voulait déjà qu'il s'en aille.

Il s'apprêtait à répondre, lorsque Calamity Moth se querella avec un autre type du bar. Il était trop saoul pour pouvoir remporter un duel, mais il dégaina tout en tombant en arrière et tira un coup de feu qui brisa un miroir. En entendant le coup de feu, Croc, par réflexe, recroquevilla sa tête dans ses épaules comme pour se protéger, ce qui, en réalité, était totalement inutile. Le calme revenu, il répondit de sa voix grave et rocailleuse à l'attention du shérif:


"J'suis pas venu ici pour fout' le boxon, Shérif. Faut pas croire tout c'qu'on dit sur moi, les journaux aiment en rajouter. Y m'surnomment Croc the Ugly et disent que j'fais des trucs horribles comme manger des gens. Mais tout ça c'est des conneries, j'suis pas un monstre. J'ai jamais tué personne sans avoir une bonne raison d'le faire. Et si personne me cherche dans cette ville, personne mourra. J'partirai avant même que vous vous en rendiez compte."

Mieux valait qu'il se tienne à carreaux. De toutes façons, il avait dit la vérité, il n'était pas venu pour faire plus de mort encore. Il était déjà accusé de trop de crimes qu'il n'avait pas commis, juste à cause de sa sale gueule, pour en rajouter d'avantage à ceux qu'il avait vraiment commis. Il n'y avait plus qu'un seul type à qui il voulait la peau, celui à l'origine de son horrible existence, celui qui avait mit fin à sa vie tranquille, honnête et loin des gens. Celui qui lui avait brisé la vie, sans même le savoir : Cameron Van Cleer. Juste une dernière petite affaire, un dernier travail, et ensuite il pourrait se ranger, passer la frontière, et refaire sa vie.

Reprenant son serpent sur ses épaules, il recula en se dirigeant vers les escaliers permettant de monter à l'étage, tout en surveillant le shérif et ses hommes pour s'assurer qu'ils ne lui tirent pas dans le dos, puis grimpa à l'étage. Après tout, il avait loué une chambre ici, autant qu'il s'en serve. Il entra dans sa chambre, referma la porte derrière lui et posa le serpent sur son lit. Il retira son long manteau poussiéreux qu'il accrocha au porte-manteau, se retrouvant donc torse nu, retira sa ceinture avec holster qu'il posa sur un meuble à côté du lit, puis se dirigea vers une bassine remplie d'eau pour se décrasser un peu le visage. Il ferma les yeux tout en se penchant vers la bassine et s'aspergea le visage à plusieurs reprises, lorsque soudain, il entendit le cliquetis significatif d'un chien de révolver qu'on tirait vers l'arrière. Il sentit aussitôt le bout froid du canon se coller contre le haut de son dos.


"Ta tête vaut 1 000 dollars." fit la voix déraillée d'un homme crasseux aux allures de criminel bien plus petit que lui.

".... Seulement ?" répondit Croc après quelques secondes de silence, sans s'affoler.

"Attends un peu, ça aura plus de valeur dans quelques semaines."

Puis il s'aspergea de nouveau le visage comme si de rien n'était.

"C'est déjà assez pour un monstre comme toi. Redresse-toi !"

The Ugly obéit, il se redressa si brusquement, qu'il administra un coup de tête au criminel avec l'arrière de son crâne, le faisant ainsi trébucher en arrière. Le criminel lâcha son revolver suite au choc, et un coup de feu partit au moment où l'arme percuta le sol. La balle transperça le bassin qui commença à se vider de son eau. Le colosse se retourna vers le criminel qui était tombé et le fixa d'un air menaçant. Le criminel écarquilla alors les yeux, paniqué, et recula en restant assis par terre, s'aidant de ses mains, mais le géant l'attrapa à la gorge et le souleva.

"C'est à cause de types comme toi que ma tête est mise à prix ! Vous m'prenez tous pour un monstre, avant même que j'vole et que j'tue pour survivre j'étais un monstre à vos yeux !"

Puis, Croc agrippa la tête du voyou par les cheveux et la plongea dans le bassin. Est-ce que le bassin s'écoulerait assez vite pour qu'il échappe à la noyade ? Ou bien est-ce que le coup de feu tiré dans le vide alerterait quelqu'un ? Le colosse ne se posait même pas la question, il était juste furieux qu'on ait voulu le tuer et surtout, qu'on l'ait insulté une fois encore.

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Andrew Blake/L'Artiste

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Vous à Gotham : Ancien commissaire de la ville. Possède une double identité en tant que justicier d'Etat sous le nom de l'Artiste et en tant que commissaire sous le nom d'Andrew Blake.
Citations : Chapeau, L'Artiste.

MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Ven 12 Juil - 20:52

Ils osaient appeler cela un bar mais il n'en était rien, cette baraque avait plus l'air d'un repaire à brigands qu'autre chose. En même temps, le tenancier du saloon était un homme connu de Gotham Gulch. Ce maudit Cobblepot, lécheur de botte et cireur de pompes professionnel, ça en devenait dégoûtant. Depuis qu'il avait fait copain-copain avec le prétendu maire de la ville, il était devenu un trafiquant quasi intouchable ainsi qu'un véritable messie des bandits. Il était même interdit aux forces du shérif d'ouvrir le feu dans le saloon sous peine de renvoi immédiat sauf cas exceptionnel.

Un tête-à-tête bref avec Croc eut lieu, bon dieu il était encore plus moche que sur son avis de recherche le bougre. Il avait la tête de l'emploi comme on disait... Cependant, il avait beau essayer de faire croire qu'il n'était pas venu pour foutre le boxon, personne ne le jugeait digne de confiance ici. Et puis, mille dollars c'était une belle somme. Avec cela, on pouvait s'acheter un cheval, écouler des jours paisibles pendant quelques mois et tout cela en rendant service au shérif. Tout en regardant le criminel lui parler, Blake souffla rapidement son cigare en observant la situation. Un zouave apparemment trop plein avait décidé de tirer un coup de feu dans le bâtiment, cela n'apportait rien de bon à l'affaire... Mais heureusement le tir fut aussi raté que la tentative virile de s'affirmer de l'homme en question.

Trêve de plaisanterie, une fois Croc parti et le saloon redevenu légèrement plus calme, Andrew en profita pour partir vers le bar tout en s'adressant à ses trois adjoints.

"Je ne lui fais pas confiance à celui-là, vous avez vu la tête qu'il se tape ? Je veux que l'un de vous trois le surveille de près sans pour autant se faire descendre, compris ?"

"Vous avez raison shérif, il n'est pas digne de confiance et en plus c'est un bandit de la pire espèce !" répondit Billy le cœur plein d'entrain.

Avant de se séparer, le petit groupe en profita pour prendre un rafraîchissement au bar du saloon. C'était la règle d'or de toujours s'abreuver après le travail et la bière de l'Iceberg Saloon était loin d'être mauvaise pour ainsi dire. Le groupe de défenseur de la loi partit finalement s'asseoir vers le bout de la salle, loin de tous les brigands possibles. Le barman apporta rapidement les délicieux breuvages aux vaillants hommes qui s'empressèrent de déguster la boisson fraîche. Le shérif jeta rapidement des pièces sur la table en guise de payement puis écrasa son cigare sur le sol pour enfiler cul-sec sa bière. Un petit renvoi clôtura l'affaire, Blake en profita pour enchaîner avec son tabac à chiquer, on ne changeait pas les habitudes.

"Quelle journée dites-donc les jeunes, on a bien failli se tirer dessus." souffla le shérif, le sourire aux lèvres.

Sa réjouissance fut de courte durée dès qu'il vit un groupe étrange rentrer dans le saloon. Les hommes portaient des chapeaux familiers ainsi que des foulards noirs et blancs rappelant étrangement un événement passé mais lequel ? Le vieux shérif tenta tant bien que mal de se souvenir d'où venait ces accoutrements mais les connections de sa cervelle n'étaient plus aussi bonne qu'autrefois, malheureusement. Ses adjoints quant-à-eux étaient plus occupés à boire leur alcool qu'à faire attention aux six bandits présents dans la pièce. Alors que Blake fixait les hommes d'un regard attentif, il remarqua que l'un d'entre eux - peut-être leur chef - se tourna brusquement vers lui au moment où le barman le pointa du doigt. Ils n'avaient pas l'air extrêmement heureux de faire la rencontre d'Andrew dans le saloon et le prétendu leader se dirigea bille en tête vers le shérif.

"Comme on se retrouve, shérif. Cela faisait longtemps que moi et mes amis ici présents attendions de vous rencontrer de nouveau pour exprimer notre gratitude envers ce que vous avez fait à notre ancien chef, Weskerito." annonça l'homme d'un ton arrogant, le tout accentué par un magnifique crachat dirigé vers les pieds de Blake.

Ni une ni deux, Andrew et ses adjoints se levèrent brusquement pour faire face aux six hommes. Un véritable combat de regard s'engageait dorénavant entre Blake et l'homme mystérieux qui revendiquait être un ancien homme de main de Weskerito. Ce pauvre bougre qui avait été abattu en pleine rue de Gotham Gulch pendant un braquage de banque, tué par le shérif en personne. Andrew se souvenait peu à peu, c'était donc ça ! Le chapeau et le bandana ! C'était la marque des desperados du gang d'Arnold Weskerito ! Quel imbécile le vieux faisait à ne pas se souvenir de cela plus tôt ! Maintenant il était pris dans une situation délicate dans un bar mal famé, rien ne pouvait être pire. De plus, il reconnut à la cicatrice sur la joue de son opposant que ce n'était autre que Mugsyto, le second du gang déchu.

Andrew posa rapidement la main sur son colt en guise de défense mais cela ne semblait pas vouloir décourager la petite bande de malfrats bien décidée à en découdre. Tous les consommateurs du saloon avaient eux aussi les yeux fixés sur l'altercation en cours, les fusillades étaient monnaie commune dans l'Iceberg Saloon. De plus, les clients adoraient participer aux fusillades eux aussi pour rajouter du chaos. Les trois adjoints en profitaient pour aussi porter leur main jusqu'à leurs armes, se lançant des petits regards perdus de temps à autre. Billy était sûrement le plus nerveux de la bande et ne pouvait s'empêcher d'avoir des petits tics nerveux dû au stress engendré, il fallait réagir vite avant que l'un d'entre eux se fasse abattre.

Après une bonne mâchée de son tabac horrible et puant, Blake s'empara de son verre de bière qu'il regarda brièvement, créant un effet de distraction chez l'ennemi. Un sourire se dessina sur sa figure, l'heure du combat sonnait enfin. Le verre fut lancé dans la direction de Mugsyto qui s'accroupit pour éviter le projectile - qui lui alla éclater contre un des murs proche - tandis que les adjoints et le shérif se mettait à couvert derrière les éléments du décor. Blake renversa une table pour se couvrir tandis que Billy et Ted se cachaient derrière le piano, Jack quant-à-lui se cachaient derrière un rideau et une palissade en bois. Les hommes de Weskerito en profitèrent pour sortir leurs armes à leur tour puis mirent en joue les troupes du shérif.

"Rendez-vous shérif, vous êtes fichu !" cria Mugsyto dans le bar. "Cela fait bien trop longtemps que nous attendons de nous venger de vous et de vos adjoints, vous allez payer pour notre patron !"

Le premier tir partit traverser un morceau en bois d'un des murs du saloon, la fusillade avait enfin commencé. Les clients commencèrent à s'affoler, certains sortant de la salle tandis que d'autres sortaient les armes peu à peu. Les choses allaient devenir critique d'ici peu.

"Qu'est-ce qu'on fait shérif ?" cria Billy à Andrew, le pauvre gamin essayant d'éviter les tirs dans sa direction par des mouvements de tête.

"RIPOSTEZ BON SANG !" gueula le shérif à ses adjoins qui commencèrent à tirer frénétiquement.

Les balles fusèrent de partout dans le bâtiment, les miroirs se brisaient et les crachoirs se renversaient sous les impacts. On pouvait aussi remarquer la pauvre tête de cerf au-dessus d'une table qui fut complètement trouée de balles jusqu'à finalement tomber par terre dans un fracas terrible, ses défenses transperçant une table au passage. La sueur commençaient à ruisseler sur le front du shérif, qu'allait-il faire ?

"Rendez-vous ! Quittez cette ville et vous ne serez pas abattu !" somma-t-il aux criminels qui tiraient de plus belle.

"Allez-vous faire foutre shérif, vous avez tout d'un criminel ! Rendez-vous et nous vous pendrons dans les règles !" répondit Mugsyto d'un ton décidé.

Vraisemblablement énervé par l'attitude des bandits, Andrew se releva brusquement pour tirer une balle droit dans l'épaule d'un des acolytes du leader, l'homme allant se mettre à couvert suite à sa blessure.

"Des clous Mugsyto ! Ta dépouille sera foutue sur un pilier devant la ville pour que toutes les racailles dans ton genre pigent le sens du mot justice !" répondit avec véhémence le shérif.

"Pauvre taré !"

L'échange de coups de fusil commençait à transformer le saloon en véritable taudis. La pancarte tomba sur le barman qui fut assommé par le choc tandis que tous ses verres se détruisaient un par un, le chaos avait finalement pris place dans l'endroit déjà le plus chaotique de la ville. Le shérif fut cependant surpris de recevoir un coup de Winchester de la part d'un des clients qui semblait lui aussi vouloir le tuer pour la peine. Il répondit en tirant droit dans le torse de l'homme qui n'avait même pas pris la peine de se mettre à couvert pour fusiller le vieux, chose fatale. Alors qu'il s'écroulait lourdement près du zouave de tout à l'heure qui semblait avoir quelque peu dessaouler, le combat prit un nouveau tournant avec de nouveau hommes rentrant dans le bar pour se joindre à la fête, quelle merde...

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MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Lun 29 Juil - 17:48

-Heath, est-ce que tu peux me dire depuis combien de temps nous sommes dans cette ville ?
-Et bien[/color]. Heath tira une montre à gousset de sous sa chemise. Exactement une heure, c’est amusant Major hein ?
-Plus ou moins. J’aurais aimé pouvoir terminer ma bière, dire que j’en rêve depuis Dodge City.
-Ne m’en parlez pas major. D’ici je peux voir la mienne se répandre sur le parquet de ce rade !
Couchés sous une table du saloon le Major Redd et son acolyte s’étaient abrités quand la fusillade avait éclaté.
-On va pas rester là longtemps, rester au sol c’est une belle idiotie quand les balles volent un peu partout. Tu sais que les balles finissent la plupart du temps par toucher les zones les plus près du sol, c’est mathématique, avec les trajectoires.
-Je note, Major. Heath ne nota rien, le Major le lui avait déjà répété cette théorie de multiples fois. Il tira néanmoins l’un des colts reluisants qui se trouvaient à sa ceinture et émergea de sous la table, accroupi,  la tête rentrée dans les épaules, évitant soigneusement les fenêtres.
Le Major emprunta le même chemin, son revolver LeMat à la main, ils devaient quitter les lieux, peu importait l’altercation entre ces gens qu’ils ne connaissaient pas, ils n’avaient qu’à régler leurs torts entre eux. Heath avisa l’escalier qui menait aux chambres à l’étage, depuis que le sang-mêlé était monté personne ne l’avait emprunté. S’ils devaient sortir, ils pourraient peut-être y arriver par l’arrière, rien n’était plus simple que de descendre dans la cour par la fenêtre.
Un desperado se dressa sur le chemin du Major Redd, il tenait un fusil de chasse pointé dans sa direction et paraissait surpris de croiser quelqu’un debout, quelqu’un qu’il n’avait pas encore vu. Alors qu’il allait appuyer sur la gâchette, le Major empoigna le canon du fusil et le détourna vers le sol, un clignement d’yeux plus tard, il abattait la crosse de son lourd revolver sur le crâne du bandit, comme il avait vu Earp le faire à Dodge City puis à Tombstone. Le bandit s’écroula en émettant un son qui aurait pu être un rot tandis que le Major avançait déjà vers l’escalier. Heath l’attendait au sommet, le jeune homme tenait toujours son colt à la main, laissant l’autre à sa ceinture afin de pouvoir réagir de l’autre main si besoin était. Le Major monta les marches avec précipitation tandis que les balles sifflaient toujours en bas. Visiblement on faisait peu de cas de leur présence dans le saloon, et c’était aussi bien comme ça.
-Par-là, Major ! Souffla Heath en désignant la porte entrouverte d’une chambre qui devait donner sur l’arrière.
Le Major suivit son éclaireur quand ce dernier poussa la porte.
-Merde, dirent-ils exactement en même temps.
Dans la chambre se trouvait le colossal métis qu’ils avaient vu plus tôt. Il maintenait la tête d’un inconnu dans un baquet d’eau et à en juger par les mouvements convulsifs du malheureux il n’était pas en train de lui donner un shampooing. En bas, le vacarme était à son comble, le Major croyait entendre le bruit du front à Gettysburg tant les coups de feu étaient denses. Ils restèrent un instant sans mot dire quand le Major finit par aviser en s’adressant directement au grand type à la peau étrange.
-Je ne sais pas ce que vous faites ici monsieur mais pour le moment ça ne nous regarde pas, en bas on croirait le jour du Jugement, si vous voulez mon avis il vaut mieux qu’on sorte d’ici vite fait avant que cet établissement entier soit démoli par la folie de ces bouseux. Mon ami Heath et moi, on va descendre par cette fenêtre et si vous voulez mon avis, vous devriez en faire autant. Qu’est-ce que vous en dites ?
Il tenait toujours son revolver, mais il pointait le sol, gardant une bonne distance entre l’arme et sa hanche pour montrer ses intensions pacifistes tout en exprimant sa capacité à se défendre.

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MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Mar 6 Aoû - 18:33

Comme Nick l’avait déclaré, les choses avaient changé dans cette ville et pas en bien. Ainsi le nouveau shérif, dont le nom lui demeurait inconnu, avait un style se démarquant radicalement de son prédécesseur Gordon, dont le sens de la mesure était légendaire. Celui-ci, en revanche, tirait pour tuer. Mauvais pour les affaires. Et quelle victime il avait fait ! Arnold Weskerito dit le Puppet Master, qui laissait toujours une figurine indienne sur les lieux de ses méfaits. Abattu comme un chien alors qu’El Diablo était revenu exprès à Gotham Gulch pour le rencontrer, quel gâchis ! Comme quoi rien n’était pire qu’un shérif incompétent si ce n’était un shérif zélé. Mais tout n’était pas perdu, il lui restait encore deux spécimens intéressants sous le coude. A ce propos, le plus allumé des deux était en fâcheuse posture. Le chanteur, dans un élan de solidarité peu coutumier, prit sur lui d’intervenir encore en la faveur de Calamity qui, décidément portait bien son nom.

Rasant les murs, le mariachi des bandits s’approcha de la malheureuse de petite vertu qui avait eu le malheur de retrouver avec l’immonde (car il n’était pas vide) pot à glaviots en guise de chapeau pour lui décoincer sa tête trempée d’un coup sec avant de lui offrir négligemment quelques pièces pour sa peine car il était grand seigneur. C’est tout accroupi qu’il s’approcha de l’adversaire de son compagnon pour le prendre à revers et l’assommer d’un coup de crachoir bien placé sur le chef. Ceci fait, Nick El Diablo posa calmement le récipient à terre et d’un geste parfaitement maîtrisé, pencha la tête au-dessus pour y rendre.

Et maintenant, companero, sans vouloir te commander, dit-il à Moth sans se démonter, la mine seulement un peu pâle qu’à l’accoutumée tandis qu’une fumée malodorante s’échappait du crachoir, je crois qu’au-dehors t’attend quelque chose qui t’appartient et que tu entendais récupérer. »

Sur ce, il empoigna son interlocuteur par le collet pour le plaquer contre le mur. Ce qui avait commencé par une banale rixe de saloon s’était mué en une joyeuse fusillade. Il n’en fallait pas plus pour stimuler la verve créatrice de Nick El Diablo.

Il étaient six,
Mains sur la crosse,
Venus faire justice
Pour leur défunt boss
Les ennemis se font face
Les balles fusent
Grand bien leur fasse
Ils sont ma muse !
»
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MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Jeu 8 Aoû - 22:14

La providence est l'allié de l'audacieux! Actuellement la providence était vêtue d'un poncho et ressemblait plus au Diable qu'au Divin, mais elle fut l'alliée d'un bien fier et audac... En réalité, alors que la fusillade était partie aussi vite qu'un bouchon de bouteille de champagne entre les mains d'un homme atteint de Parkinson, la mite mesurait sa superbe à l'aulne de sa douleur lombaire. Des balle ricochaient telles des cotillons et des éclats de bois pailletaient sa vision du monde, une vision faite pour le moment d'un bien vilain bonhomme à la barbe assez drue pour effriter du granit et ses armes qui brillaient comme ses dents de prospecteurs.

Heureusement, comme nous l'avons dit plus tôt, le serpentin trouvère trouva une trouée dans la défense ennemie et fit sonner l'esprit du bandit à grand coup de crachoir évidé. Le son fut joli et agréable nota le turbulent tyroglyphe alors qu'il se relevait. La bataille continuait de faire rage dans le saloon et il leur restait la zone de combat à traverser pour pouvoir exhausser le plan fort inspiré de Nick. Plan que la mite avait immédiatement accepté d'un hochement de tête. Les ricochets les avaient jusqu'à présent épargnés, mais tout client sait que tôt ou tard il doit passer à la caisse et le plus grand désir de Drury était d'éviter d'aller rencontrer la Grande Banquière trop vite.

Le mur était dur, c'est en tout cas ce que lui indiqua son dos lorsque le chanteur le plaqua et sa chanson, quoique fort charmante, s'accommodait mal de l'accompagnement sonore essentiellement composé de cris et d'insultes.

- Et moi ils m'amuseuh!
fit-il avec une voix de corbeau enroué pour essayer d'accompagner son compagnon improvisé. Hin hin hin, pas mal non?

Enfin bref, il était temps pour eux de contourner le problème du No Man's Land provoqué par la fusillade. Drury se savait excellent tireur mais ne se sentait pas en veine au point de tenter sa chance, surtout qu'il ne savait trop qui aider, la police ou les alliés de son ex-ennemi? Le choix était cornélien, aussi décida-t-il de ne pas décider. Il porta sa main à l'une de ses sacoches. Il avait exactement ce qu'il lui fallait! Il entraîna avec lui Nick derrière le bar afin de profiter de sa protection; gisait là le cadavre du barman fauché en plein travail par une balle perdue. Calamity se dépêcha d'ouvrir la première des deux poches de cuir et en extirpa une corde avec un grappin frappé d'une mite fort audacieusement peinte en rose - il n'avait plus de vert. Il enleva maladroitement sa winchester personnalisée de son dos et y installa son matériel de fortune. Il enfourna la tige en fer de la tête du grappin dans le canon, glissa la corde dans un jeu d'anneaux disposés tout autour de l'arme et donna quelque coup d'une manivelle installée sur la crosse.

- Admire mon cher El Diablo le grand Calamity Moth à l'action! Ce sera d'enfer hin hin hin.

Il essuya la petite lunette qu'il avait installée et visa en hauteur. Une sorte de mezzanine qui menait vers les chambres passait au dessus d'eux; il lui suffisait de tirer dans le plafond, le grappin se fixerait et il n'aurait qu'à se laisser tracter, avec la force il se balancerait et tout irait pour le mieux, ils atteindraient les hauteurs et pourraient fuir par les issues latérales du saloon sans avoir à s'inquiéter de la bagarre. Simple, pratique, élégant, à l'apanage d'une vie conçue dans l'unique but de mourir de façon spectaculaire. Extatique, Drury attacha la corde de son dispositif à sa ceinture et saisit le bras du troubadour sans lui demander son avis. Il appuya sur la gâchette de son arme, un sourire radieux au visage.

Le bruit fut surprenant, autant pour l'inventeur qui se rappela soudain qu'il aurait dû enlever la balle contenue dans le canon que pour son sourire béat qui s'effaça comme de la neige au milieu du Nevada. La détonation fut remarquable de puissance. Le grappin métallique qui avait tantôt fendu l'air accompagné d'une balle virevoltante de vie et de liberté transperça le plafond comme du beurre. La balle, quant à elle, se ficha dans la chaîne du lustre qui se brisa*.

Alors que les deux infortunés bêta-testeurs (l'un plus bêta que testeur) s'envolaient grâce au système de poulie de l'arme, le lustre tomba pile sur les quelques barricades improvisées des assaillants des lieux. Les tables s'effondrèrent, les pieds volèrent et les débris du lustre mirent un instant un peu de silence dans le lieux, si l'on oubliait le cri strident de Calamity Moth alors qu'il fendait les airs comme un vautour qui aurait embrassé un train. Les deux hommes firent un magnifique mouvement de pendule au dessus de la scène de fusillade qui avait repris. Toujours fermement accroché à la corde par la ceinture et à son compagnon par un bras solide, il atteignit le haut de sa courbe montante alors qu'une lézarde commençait à savourer le plafond. Le retour arrière qui devait les mener au niveau de la balustrade de la mezzanine sembla vouloir se faire désirer. Le passage sous les coups de feu fut impressionnant et la perspective qui dévoilait les différentes positions des belligérants aurait mérité que l'on s'y attarde, mais il avaient d'autres pensées en l'instant. Drury fit un mouvement malhabile de son bras pour permettre à son camarade de s'accrocher à l'étage. Délesté de son poids, la mite repartie en arrière pour un nouveau tour de balancier.

A son second passage il parvint à son tour à agripper le bois grossièrement sculpté de la balustrade, à grand renfort de "gnii" et de petite jérémiades sifflantes. Mais son petit numéro n'était pas passé inaperçu. En contre-bas, un membre du gang de Weskerito avait reconnu la silhouette dantesque et formidable de Calamity Moth. Leur rencontre avait été fortuite, ils avaient pillé la même banque au même moment, mais là où Drury avait choisit de faire la queue afin d'attendre, l'infâme déposeur de têtes indiennes était rentré et lui avait sans aucune honte grillé la priorité! Leur petit conflit avait causé la mort de deux innocents et quelques blessés (dont la mite). Toujours est-il que l'un d'entre eux disposait d'un excellent moyen de se "vengeamuser", alliant deux activités en lesquelles ils excellaient. Il pointa un doigt en sa direction et alors que ses jambes galopaient dans le vide, il tira quelques coups pour essayer de le faire tomber en riant. Misérables! Drury se hissa tant bien que mal alors que le garde-fou commençait à être rongé par les balles perdues, son poids et les quelques coups taquins...

- Taquins???

...taquins du demeuré qui demeurait en bas. Passant finalement cul par dessus tête, l'insecte favoris de la ruche du chaos, le scorpion de la fin des Temps, le parangon de la force criminelle, entreprit de se venger. Il reprit son colt personnalisé et tira quelques coups sur les bandits, il hurla de joie lorsque l'une de ses balles toucha l'épaule d'un malheureux. Hélas pour lui, c'était un pauvre bougre qui n'avait rien à voir dans la bagarre. Il aurait bien voulu tuer un homme du défunt chef de gang, mais son chargeur était vide. Bon, une touche pour six coups, c'était bien dans sa moyenne.

Oubliant la fusillade, ne désirant pas décoller son second colt avec autant de panache que le premier, le plus grand des grands commença à sprinter dans un couloir qui permettait d'atteindre les sorties de secours avant de s'arrêter brusquement. Il se tourna vivement vers le diabolique troubadour. Hasard narratif oblige, il s'était arrêté pile devant la chambre de Croky the Ugly (comme c'est pratique). Sa voix de crécelle s'adressa (ou tenta de percuter, c'est au choix), son interlocuteur.

- Diantre, quelle heure est-il?

Si l'heure fatidique avait sonné alors tout serait perdu pour son plan génial et il allait, même s'il n'osait tout à faire y penser, devoir improviser!

* Le lustre est par essence une entité narrative de premier ordre puisqu'il permet à peu de frais d'effectuer une illusion pittoresque de destruction intense sans impliquer un lourd déballage de matériel et laissant aux opposants le choix de la réaction étant donné le temps de la chute. En gros c'est pesant, lourd, massif et c'est toujours un plaisir d'en exploser un au passage (Drury peut actuellement se vanter d'un score de 2,5 sur l'intégralité de son début de carrière).

[HRP]Après le miroir, il n'y avait pas de raison que le lustre n'y passe pas.[/HRP]
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Snake

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MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Mer 28 Aoû - 20:06

Le chasseur de primes, penché vers l'avant tête la première dans le petit bassin, agitait ses bras de façon incessante, se débattant comme un poisson hors de l'eau pour essayer de s'en sortir. Parfois, ses mains agrippaient le rebord en bois du bassin et il tentait de pousser de toutes ses forces pour se tirer hors de l'eau, en vain. La grande main au teint verdâtre maintenait fermement l'arrière de son crâne sous l'eau, avec une telle pression que l'homme ne pouvait rivaliser. Waylon entendit des coups de feu provenant du dessous, une fusillade venait de commencer. Étonné, il releva la tête comme pour se tenir à l'écoute de ce qui se tramait, tout en relâchant doucement la tête de celui qui était venu pour le tuer, et qui faisait bien trop de bruits en se débattant. Ce dernier retira aussitôt sa tête hors de l'eau, et se mit à tousser et à cracher dans le bassin, reprenant peu à peu sa respiration.

Au milieu des coups de feu, Waylon put entendre des cris, sans vraiment comprendre ce qui se disait. Une chose était sûre : il fallait quitter cet endroit avant que ces fous de la gâchette ne montent pour le retrouver. Mais d'abord, il devait finir ce qu'il avait commencé : s'il ne tuait pas ce chasseur de primes maintenant, alors ce dernier reviendrait pour le tuer durant son sommeil. Ce n'est pas comme s'il avait le choix. Il agrippa donc à nouveau sa tête pour la plonger encore dans le bain en bois, lorsque soudain, la porte de sa chambre s'ouvrit brusquement. Il tourna la tête dans la direction des deux hommes qui venaient de s'introduire dans sa pièce et leur envoya un air à moitié surpris et à moitié exaspéré.


"Qu'est-ce que... ?!?!"


Il cru d'abord que ces deux gars là étaient aussi venus pour le tuer, il extirpa donc le corps du chasseur de prime hors de l'eau et le souleva d'une main, s'apprêtant à le projeter en direction des deux hommes devant sa porte, lorsque le plus âgé des deux prit la parole. Il lui expliqua qu'une mini-guerre avait eu lieu en bas et qu'ils feraient mieux de partir - ça, il le savait déjà. Croc se contenta d'acquiescer d'un signe de tête, avant de projeter le chasseur de primes dans la direction opposée, vers une grande fenêtre qui se brisa en morceaux quand il la traversa. Le chasseur de primes s'écrasa ensuite quatre mètres plus bas en pleine rue, blessé mais toujours en vie. Tout en gardant un oeil sur les deux hommes car il ne leur faisait pas confiance, le tueur à l'apparence monstrueuse se précipita vers son lit pour récupérer sa ceinture et son colt, avant de se diriger vers la fenêtre. C'est là qu'il entendit une voix assez aigüe pour un homme demander l'heure, il reconnut bien évidemment la voix du type à qui il avait volé le cheval. Par réflexe, il leva la tête vers l'horloge, mais ne répondit pas. Son regard revint sur le duo à la porte d'entrée pour les surveiller, et il sortit son colt tout en attachant sa ceinture autour de sa taille. Il fit un signe de tête aux deux hommes pour leur dire d'avancer jusqu'à la fenêtre.


"Après vous." finit-il par articuler de sa grosse voix sombre et caverneuse.

Comme il ne leur faisait pas confiance, il préférait les laisser passer devant lui plutôt que de leur tourner le dos.



[HRP : Désolé pour le temps d'attente et le manque d'inspiration mais j'ai eu une grosse baisse de motivation couplée à un manque de temps irl, j'essaye de me replonger doucement dans le RP ]

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Andrew Blake/L'Artiste

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Vous à Gotham : Ancien commissaire de la ville. Possède une double identité en tant que justicier d'Etat sous le nom de l'Artiste et en tant que commissaire sous le nom d'Andrew Blake.
Citations : Chapeau, L'Artiste.

MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Mar 3 Sep - 1:47

"Mais que diable allait-il faire dans cette galère ?" aurait dit Molière si il avait vu la situation dans laquelle s'était mis le shérif. Gotham Gulch savait pertinemment que son nouveau représentant de l'ordre avait l'art de s'attirer des problèmes plus vite que son ombre mais de là à déclencher une fusillade dans le saloon d'un des plus importants personnages de la ville, ça tenait de la folie pure et simple. Quoi qu'il en soit, Andrew ne comptait pas se laisser faire si facilement par une bande de six malades mentaux venus défendre un bandit défunt. Trêve de plaisanteries, il était temps de passer aux choses sérieuses ! Mugsyto repartirait entre quatre planches de ce bar mal famé, c'était une promesse.

Ce fut donc entre les chants d'un desperado accro à la musique et entre les cabrioles du gangster le plus ridicule de l'Ouest que le shérif essayait tant bien que mal d'entrevoir une faiblesse dans les défenses de ses ennemis. Cependant leur détermination augmentait à chaque pétoire crachant son plomb, le saloon ne ressemblait déjà plus qu'à un gruyère géante. La table derrière laquelle Blake trouvait refuge était elle aussi en piteux état. Les balles transperçaient peu à peu le maigre bois, passant au ras de la peau d'Andrew qui priait pour ne pas s'en prendre une dans l'épaule.

"Blake ! Même ta mère te reconnaîtra plus quand on te sortira d'ici !"

Mugsyto rugissait caché derrière son pilier en bois, ses tirs imprécis montraient la colère qu'il avait en lui.

"Elle est morte depuis longtemps le pied-tendre !" répondit le shérif en frottant la sueur sur son front d'un geste de manche.

Après cinq bonnes minutes à entendre siffler les balles de tous les côtés, tout le monde put prendre un léger temps de répit pendant que toute la troupe rechargeait ses pistolets tant bien que mal. Le silence fut de très courte durée cependant, laissant de nouveau les coups de feu reprendre leur douce musique à l'intérieur du bâtiment. Andrew attendait le bon moment pour riposter, il avait déjà sa cible dans sa tête. L'un des hommes du défunt Weskerito avait pris refuge près d'une rambarde en bois sur l'un des balcons, il allait le regretter.

Le shérif prit une grande respiration et serra la crosse de son pistolet de toutes ses forces. Il ne disposait que de quelques secondes pour abattre le premier des six gaillards en face de lui. Il fallait être vif, habile et fin tireur donc. Tout cela était malheureusement dur pour un vieillard d'une soixantaine d'années mais il savait qu'il pouvait le faire, il l'avait fait toute sa vie ! Il décida donc dans un geste héroïque de se relever brusquement et visa du mieux qu'il pouvait l'étage. Deux balles sortirent de son colt. L'une partit dans la vitre tandis que l'autre percutait brutalement le torse de l'homme qui tituba dans la douleur et cassa la rambarde. Son corps vola jusqu'au rez-de-chaussée, retombant sur une table et la brisant au passage.

Blake se remit à couvert aussi vite. Une balle écorcha cependant son avant-bras, déchirant la manche et laissant un coulis de sang s'échapper de la plaie. Le shérif grommela à la vue du liquide rouge puis décida de riposter une nouvelle fois. Il tira les quatre balles restantes de son barillet sur l'un des gangsters qui en profitait pour mitrailler ses adjoints. Une balle transperça le mollet du bonhomme qui s'écroula par terre tandis qu'une deuxième allait se loger dans son ventre, le mettant hors d'état de nuire.

"J'ai plus de balles ! Ted jette-moi ton revolver bon sang !" cria le shérif en direction de son adjoint qui se cachait peureusement derrière le piano.

"J'vous le lance shérif !" répondit le jeune homme en lançant fièrement son arme vers son supérieur.

Andrew eut tout d'abord un sentiment de soulagement en entendant Ted répondre mais il fut rapidement écrasé par la colère. En effet, le brave adjoint avait jeté son arme mais il l'avait lancé trois mètres à côté, ce qui laissait Andrew sans aucune façon de riposter. Le vieux dut se décider entre aller cogner son adjoint ou élaborer un plan pour aller récupérer le pistolet à sa droite. Il fallait avouer que l'envie de cogner Ted se réalisa presque mais il eut de la chance que le shérif était en incapacité de bouger.

"Billy et Jack ! Couvrez-moi pendant que je vais chercher le flingue !"

Les deux adjoints restant obéirent du mieux qu'ils purent à l'ordre et commencèrent à canarder en direction des bandits restant. Billy réussit un coup de maître en tirant une balle qui érafla le cou d'un des hommes, tranchant une artère au passage et laissant le pauvre bougre pisser le sang sans personne pour l'aider. Andrew quant à lui se jeta héroïquement pour récupérer l'arme. Il retomba lourdement sur le plancher en bois et émit un grognement de douleur une fois au sol mais il arriva de son imposante main à attraper le colt. Il mit donc à couvert derrière une autre table et se prépara à la dernière riposte.

Trois hommes armés de chaque côté, c'était équitable en quelque sorte. Le shérif voulait bien évidemment la peau de Mugsyto avant tout mais il remarqua qu'un autre gars s'était extrêmement mal mis à couvert et laissait la moitié de son corps dépasser de sa cachette. Blake lança rapidement un regard à ses deux adjoints qui rechargeaient leurs armes et lança un décompte avec ses doigts.

3...2...1... "FEU !" cria le shérif de toute ses forces.

Les balles fusèrent de tous les côtés, Andrew toucha d'une seule balle le poumon du crétin qui s'était caché comme un âne puis se retourna vers Mugsyto qui commençait à essayer de fuir vers la sortie du saloon. Il était bien sûr hors de question de laisser ce singe s'enfuir et ramener de nouveaux hommes à Gotham Gulch dans les semaines suivantes. Blake se mit donc à le pourchasser dans le bar, tirant trois balles dont une qui toucha la jambe de l'homme, s'écroulant par terre. Ses adjoints quant-à-eux avaient réussi à avoir la peau du dernier bonhomme qui s'était pris un morceau de plomb en plein dans la joue.

Le silence revint peu à peu dans le bâtiment, laissant Andrew savourer l'instant et s'avancer vers le pauvre Mugsyto qui rampait vers la sortie du mieux qu'il pouvait.

"Alors Mugsyto, tu nous quittes déjà ? J'avais une surprise pour toi, ce serait dommage que tu ne l'aies pas, non ?" fit le shérif en ricanant du bandit.

Mugsyto s'enragea dès qu'il entendit les moqueries du shérif et dans un dernier acte de bravoure se retourna brusquement et tira un coup à l'aveuglette. Blake l'esquiva en basculant vers la gauche mais ce ne fut pas le cas de Ted qui essayait de rejoindre son supérieur. La balle alla se loger dans son épaule et le gamin s'écroula en criant de douleur. Blake donna un coup de pied dans la main du bandit, ce qui eut pour effet de faire voler l'arme bien trop loin de sa portée.

"JE SUIS TOUCHÉ MONSIEUR BLAKE ! JE SUIS TOUCHÉ ! C'EST FINI ! SAUVEZ-MOI !"

"FAITES-LUI FERMER SA GUEULE ET FOUTEZ LE HORS DU SALOON BORDEL DE MERDE !" répondit le shérif tout en ordonnant aux deux autres adjoints de tirer leur ami vers la sortie.

Une fois le criard sorti, Andrew s'agenouilla vers la tête du bandit qui ne semblait pas se décider à accepter la défaite.

"Quand tu passeras de l'autre côté, tu diras à ton patron que je l'emmerde."

"Allez-vous faire foutre shérif !" répondit Mugsyto en crachant sur la joue de Blake.

Le vieux vétéran s'essuya le mollard avec sa manche puis tira un coup simple dans le front de l'homme tout en se relevant.

"Putain de sauvages..." fit-il tout en sortant du saloon et en rejoignant ses adjoints.

"On fait quoi shérif ?" demanda Billy le plus naturellement du monde.

"Jack tu conduis Ted chez le toubib et Billy tu fous le camp avec moi, on retourne à la maison ! J'ai pas envie que les hommes de Cobblepot viennent nous tirer dessus, surtout quand on voit l'état du saloon maintenant !"

La bande se sépara donc à toute vitesse. Billy et Andrew coururent à toute vitesse pour rejoindre le bureau du shérif. A l'intérieur du saloon, les murs avaient été repeints avec du sang, les décorations refaites avec du plomb et la clientèle avait été changée par des macchabées. Oswald allait être content quand il allait apprendre la façon dont le shérif avait rénové son bar. Mais bon, le maire allait arranger les choses pour Andrew, il le faisait toujours !




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MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Mar 12 Nov - 21:45


La fusillade du rez-de-chaussée ne s'éternisa pas, ou alors Calamity était devenu soudainement sourd, toujours était-il qu'il n'y avait plus de coups de feu. A la place, parcourant la rue principale, outrepassant les bruits de charrettes, slalomant entre les démarches irrégulières des passants dans les routes de poussières, glissant sous les robes les plus raffinées et glissant sur les corsages garnis, le sifflet du Gotham Express arriva aux oreilles du criminel.

- Le TRAIN! s'écria-t-il dans le couloir. Vite mon...

Mais derrière lui, le mystérieux Nick El Diablo avait disparu. Volatilisé même. Ne restait plus rien dans le couloir que Drury et son ombre. Des portes grinçaient et le bois du sol travaillait avec ses craquements caractéristiques. Une femme, qui vraisemblablement n'avait pas compris à quoi servaient des vêtements vu le peu que les siens cachaient, déboula d'une porte en trottinant sur ses talons hauts. La mite l'intercepta en écartant les bras.

- On fait pas les clown, cracha la ribaude.

La remarque glissa sur l'armure d'idiotie du criminel comme un arc-en-ciel de fiel dans un ciel du matin (avec une rosée matinale perlée).

- Excusez-moi mademoiselle, n'auriez-vous pas vu Nick El Diablo? Il était avec moi et...

- J't'arrête tout de suite, le bon vieux Nick, fit-elle en lâchant un soupir chargé de tellement de regret que même la plus pure vertu eut pu en être ébranlée, il nous a quitté y'a de ça un bon moment.

- Hein? Mais j'ai parlé avec lui y'a pas moins de 5 minutes!

- J'ai vraiment pas le temps, m'sieurs Cobblepot va arriver et y va pas être content...


Il entendit ensuite la voix rauque et brutal de l'individu qui l'avait détroussé un peu plus tôt. Tsaaa! Enfin bon, il lui avait offert un verre d'alcool (même si Nick... enfin le.... bah, le type avec qui il était auparavant avait un peu mal réagit). Il était sans doute temps de faire amende honorable. Drury clopina vers la masse impressionnante qui semblait vouloir passer par la fenêtre. Il l'invita à passer le premier. Trop aimable.

- Voilà qui est fort sympathique de votre part monsieur, fit-il avec toute la politesse de son éducation.

Comme à chaque fois qu'il était content, Calamity chantonnait gaiement. Le Gotham Expresse de 11H45 arrivait en gare comme l'indiquait le nouveau coup de sifflet, pas question de perdre d'avantage de temps. Derrière eux, l'on entendait les bruits de bottes des adjoints du shérif et leurs voix dissonantes tenter de chuchoter en douceur (un peu comme si un sourd tentait une approche silencieuse en décrivant le décors à un aveugle).

- J'entends plus rien 'sieurs, cria une voix juvénile.

- Eul' shérif va pas êt' contant si on'trouve pô l'gaillard, brailla un autre qui avait sans doute dû apprendre la discrétion dans le Bayou.

Calamity enjamba la fenêtre pour atterrir sur l'escalier de bois qui serpentait le long du saloon. Une marche ne supporta pas le poids pourtant maigrelet de la mite et il la traversa de part en part avec un petit couinement. Il fut réceptionné par une nouvelle série de marches et perdit le peu d'équilibre qui lui restait. Pour tenter de se rétablir (ou différer sa chute, à vous de voir) le criminel se mit à courir, enjambant les obstacles deux par deux. Il fut accueilli par une charrette dételée qui se renversa sur la route. La mite rebondit contre le bois dur qui encerclait l'engin et finit dans la poussière de la ruelle qui s'étendait derrière l'immense structure de Cobblepot. de ses oreilles sifflantes de douleur il entendit.

- Nom de Zeus, du purin!

- Oui je sais, c'est pas le pied!


La mite se releva douloureusement alors que son épaule souffrait encore de sa tentative de fusion avec sa colonne vertébrale. Sans véritablement savoir pourquoi, il s'inquiéta de ne pas voir arriver l'autre brute épaisse. Il était temps qu'ils y aillent à présents. Le premier accord d'une guitare attira son attention.

"
Voici maintenant l'épopée incroyable
Du criminel le plus affable
Qui de sa vie ne connut que le malheur
D'avoir un public railleur.
Mais qui attend-il ?
Quel espoir nourrit-il?
"


Les yeux injectés de sang, la mite leva la tête et découvrit le poncho du musicien qui grattait son instrument.

- Mais... mais...

Nick El Diablo se leva et s'estompa alors que le pas lourd de Croky the Kid arrivait près de lui.

- Le Train.... gémit-il.... LE TRAIN???!!

Comme si le Diable l'eut réveiller en lui collant un tisonnier rougit à blanc sur l'arrière train, Drury bondit.

- VITE!

Calamity accourut près des montures mitoyennes et en détacha deux, une pour lui, l'autre pour... bon il ne savait toujours pas pourquoi il faisait ça mais il savait au fond de lui qu'il le devait, une sorte de voix lui indiquait que c'était la bonne chose à faire. Le choc, le Soleil, la disparition de Nick? Nul ne pouvait dire d'où venait cette voix éthérée qui le guidait soudainement.

Il donna une renne au géant. Derrière eux surgit la silhouette massive du shérif et deux de ses adjoints.

- On ne bouge plus!

- Mais on a rien fait de mal!
hurla la mite.

Une winchester leur servit une réponse bien sentie. Drury dégaina son arme et se cacha derrière la charrette renversée.

- Saperlipopette, jura-t-il alors que le purin chauffé par l'astre solaire exhalait ses parfums les plus pénétrants.

Une balle vint se ficher dans le compost et éclaboussa joyeusement la façade vernie du saloon. Les freins du train qui achevait sa mise à quai retentir et l'écho de la voix du contrôleur qui annonçait les dix minutes d'arrêt fit vibrer la gare toute entière. La locomotive soupira de fatigue en libérant ses panaches de fumée blanche et le thunder se réapprovisionnait en eau et en charbon. La traversée serait longue pour lui après Gotham Gulch. Un escadron de militaire se déploya autour d'un wagon de queue, le drapeau national claquant au vent.

Le temps commençait à manquer pour Drury. Qu'importe, il allait leur montrer. Armé de sa winchester modifiée, il tirait régulièrement contre ses ennemis, prenant grand soin de ne toucher personne. C'était un véritable talent qu'il cultivait, savoir tirer sans jamais toucher une cible utile. Il avait beau faire, les seules fois où il avait pu atteindre une cible s'était allongé sur un toit avec sa lunette de visée et encore, il avait confondu les individus et au lieu de tuer un maître chanteur il avait tué son commanditaire. N'empêche, ç'avait été une belle balle.

Il n'avait cependant plus le temps de jouer. Il ouvrit une sacoche et tira une grenade de l'armée frappée du symbole de Cameron Van Cleer, deux "C" qui se chevauchaient. Il tira la goupille et la balança dans la rue. Il se pencha vers son allié d'infortune et lui déclara:

- Bouche-toi les or...

L'explosion souleva un véritable nuage de poussière jaune. Maintenant sourd et secoué, la mite se leva, déboussolée et accourut vers l'endroit où il avait laissé les montures, montures désormais parties au grand galop. Fichtre. Le sifflement de l'explosion continuait de vriller ses tympans tant et si bien qu'il n'entendit pas le sifflet du chef de gare qui indiquait que le Gotham Express allait partir. Le Nuage se dissipa et les cadavres de deux adjoints jonchaient la route. Le chérif était semble-t-il parti. Les yeux entraînés de la mite virent alors une solution: la Diligence!

- VITE! hurla-t-il à Croky the Ugly, faut qu'on prenne la diligence!

Puis il parti en courant dans sa direction.

[HRP]L'aventure continue, j'ai essayé de raccorder le tout pour que l'on puisse continuer ensemble Wink[/HRP]
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Snake

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MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Mar 10 Déc - 21:44

[HRP : Désolé du retard, ça fait presque un mois mine de rien ! ]



1832, 36 ans avant ces évènements...

Notre scène se situait dans une zone désertique, uniquement peuplée de cactus et de rochers, une vaste plaine aux couleurs orangées qui s'étendait sur des dizaines de kilomètres à la ronde. D'un côté, l'immensité du désert s'étendait à perte de vue vers un horizon lointain. De l'autre côté, d'immenses montagnes rouges entrecoupées de canyons cachait à moitié un soleil en train de se coucher. Une seule route reliait ces deux côtés, on ne savait pas où elle commençait, et on ne savait pas où elle s'arrêtait, mais ce qui était sûr, c'est qu'elle était assez peu fréquentée par autre chose que des lézards, tatous et serpents à sonnettes. Il avait fait chaud toute la journée, et il n'y avait que sur la soirée qu'une petite bise vint souffler au milieu désert, balayant la poussière qui recouvrait en intégralité la route.

Une charrette qui transportait un couple de trentenaire et tiraillée par deux chevaux passa hasardeusement par cette route sinueuse et emplie de vide et de solitude. Le couple de fermiers avait passé la journée en ville, et était sur le chemin du retour (une route qui leur prenait plusieurs heures de trajet à cheval) lorsque l'ouïe fine de la femme cru entendre des cris et des pleurs de bébé. Elle demanda à son mari d'arrêter le véhicule, ce qu'il fit en tirant sur les rennes pour stopper le trot des chevaux d'un coup sec. Au départ, il ne la crut pas. Il se dit qu'elle avait dû avoir une hallucination, probablement à cause de sa volonté propre à avoir un bébé et de son incapacité à en concevoir un. Il décida de reprendre la route lorsqu'à son tour, il entendit des pleurs. Les deux personnes quittèrent la charrette, et regardèrent autour d'eux en cherchant l'origine des pleurs et des cris. A quelques dizaines de mètres de là, caché entre plusieurs rochers, ils découvrirent un bébé enveloppé de draps sales. La femme fut dans un premier temps attendrit en voyant les pleurs provenir d'une petite boule de draps, mais lorsqu'elle s'approcha d'avantage et qu'elle déplia un drap qui voilait le visage de l'enfant, elle écarquilla les yeux de stupeur en poussant un petit cri.


"C'est quoi cette chose ?" demanda le chef de la maison.

"Tu le vois bien, ça s'appelle un bébé."

Le visage du fermier exprima le doute.

"T'es sûre qu'il est d'notre race ?"

"Il a l'air malade... Ses parents ont dû l'abandonner... Le pauvre."

La femme s'accroupit pour prendre le bébé dans ses bras, et se balança de droite à gauche lentement pour le bercer.

"Tu devrais pas l'toucher, on sait pas c'qu'il a. C'est p'tet la lèpre, tu f'ras quoi si la chopes ?"

"On ne peut pas le laisser là... Il faut qu'on l'emmène voir le docteur. Il pourrait passer la nuit chez nous et on le montrerait au docteur demain, qu'en penses-tu ?"

"Mince, t'as raison Martha. Ce gosse est répugnant, mais je ne pourrais pas dormir en sachant que j'ai laissé crever un bébé."

Le couple remonta dans la charrette, la femme avec le bébé dans les bras, et reprirent leur route. Après quelques minutes de silence, elle reprit la parole.

"Tu sais, j'ai bien réfléchi... Ce n'est pas un hasard si nous avons trouvé ce bébé. Je suis certaine que c'est un cadeau du seigneur."

"Quoi, ce bébé ? T'es folle, t'as vu sa tronche ? Sa peau est toute abîmée, il a la lèpre j'te dis, et à mon avis il est déjà condamné."

Martha fronça des sourcils.

"Ne dis pas ça, Olwen ! Je suis sûre qu'il est en parfaite santé, il a dû simplement rester trop longtemps au soleil. Comment des gens ont-ils pu l'abandonner ? C'est si horrible..."

"Ouais... P'tet qu'ils en voulaient pas... Ou qu'ils ont eu peur de sa tête. Chais pas."

"Si le docteur ne diagnostique rien de grave, rien de contagieux... Tu crois qu'on pourrait le garder... ?"

"C'est pas notre bébé, Mart'."

"Mais j'ai prié tous les soirs pour que ce jour arrive, Olwen. Tu sais bien qu'on ne peut pas avoir un bébé à nous, alors pourquoi ne pourrait-on pas avoir celui-ci ? C'est Dieu qui nous l'offre, c'est un cadeau du ciel."

"J'en sais trop rien..."

"Et il pourrait t'aider à la ferme, quand il grandira. Il pourrait être ton héritier, et reprendre la ferme après toi, comme tu as fait avec ton père !"

"Sauf que ce gosse, ce n'est pas un Jones. On sait même pas qui était ses parents, il a pas ça dans le sang. Ça peut pas être mon fils."

La discussion se clôtura alors qu'ils arrivèrent dans leur ferme. L'homme alla se coucher juste après le souper, tandis que la femme s'occupa du bébé toute la soirée, et passa la nuit à ses côtés.

Le lendemain matin, au cabinet du docteur Karlton.
Ce dernier venait d'examiner l'affreux bébé, et se tourna vers le couple.


"Monsieur Jones, Madame Jones... Je dois vous avouer que je ne sais pas. Sur tous les aspects, ce bébé semble être en parfaite santé. Il n'a pas la lèpre, j'en suis sûr. Mais j'ignore ce qui affecte sa peau, je dois dire que je n'ai jamais rien vu de tel... Cela ressemble plus à une malformation, en aucun cas ce n'est contagieux. Je suis désolé, j'aurais aimé vous fournir un diagnostique plus précis, mais en trente ans de carrière, je n'ai jamais rien vu qui ressemblait de près ou de loin à ça. Outre le fait qu'il souffre de malnutrition, ce qui coincïde avec le fait qu'il ait été abandonné, ce bébé ne présente aucun symptôme d'une maladie quelconque connue, et c'est un miracle qu'il ait survécu dans ce désert."

"Tu vois, un miracle, je te l'avais dit ! Docteur, est-ce que ça veut dire que nous pouvons le garder ?"

"D'un point de vue légal, ce bébé n'appartient à personne puisqu'il a été abandonné. Il n'a aucune identité propre, pas même un prénom. Et c'est la première fois qu'on m'amène un bébé abandonné, alors... Soit vous le gardez, soit vous en parlez au shérif, mais très franchement, je vois pas ce qu'il pourrait faire de ce bébé."

"Je t'en prie, Olwen, prenons ce bébé ! Nous l'élèverons, nous l'éduquerons, comme s'il s'agissait de notre propre fils !"

"Si tu prends ce bébé, tu t'en occupes, c'est pas mon affaire. Je serai pas son père."

"Cela passerait mieux si tu étais son oncle ?.... Waylon, il s’appellera Waylon !"


========================================================

De retour en 1868...

Croc the Ugly suivit l'homme aux vêtements étranges, et passa à son tour par la fenêtre. Cependant, à l'atterrissage, le bois de l'escalier extérieur du saloon se craqua sous son poids, et il passa au travers pour retomber sur le sol juste en dessous. Le bruit de la chute attira les regards des curieux, mais fort heureusement, Calamity Moth fit encore plus de bruits que lui, attirant d'avantage de regards, et Croc put presque se relever avec discrétion. En relevant la tête, il remarqua que le petit type s'agitait dans tous les sens en criant comme un enfant hyperactif, et ça avait le don de l'agacer, à tel point qu'il avait envie de le gifler pour le calmer. Pour une raison encore inconnue, il l'invita à le suivre en lui proposant de prendre les rennes du deuxième cheval, mais ce fut à cet instant précis que Waylon se souvint qu'il avait oublié son animal de compagnie dans sa chambre de saloon.


*Nom d'un crottin de cheval, mon serpent !*

Il s'apprêta à aller le récupérer dans le saloon lorsqu'un type cru avoir la bonne idée de lui ordonner de ne plus bouger. Il s'arrêta net et se retourna vers la voix pour faire face à deux hommes du shérif qui pointaient leurs armes vers lui et le gringalet. Il plissa des yeux d'un air menaçant, au moment où Moth se réfugia derrière la charrette renversée tout en tirant à l'aveugle.

*Oh bon dieu !*

Croc se jeta en avant pour rejoindre son allié d'infortune et s'abriter derrière la mince protection en bois, au moment où une balle la traversa et juste à côté de son épaule. Il dégaina son flingue tout en jetant un oeil à Calamity Moth qui sortit une grenade de sa sacoche. Les yeux reptiliens du criminel monstrueux s'arrêtèrent sur le logo du double C qui ornait la grenade. Cameron Van Cleer, un nom qui lui rappelait bien des souvenirs...

========================================================

1848, ferme des Jones.

Le jeune Waylon, âgé de 16 ans, avait bien grandit. Il mesurait déjà plus de 1m80 et était loin d'avoir fini sa croissance, mais sa taille n'était pas la seule chose imposante chez lui puisqu'il avait également une masse musculaire très impressionnante surtout pour son jeune age. Il était en train de nourrir les vaches dans leur enclos, lorsqu'il vit au loin quatre personnes à cheval s'approcher de la ferme. C'était extrêmement rare que des gens viennent jusqu'à cette ferme éloignée de la ville, mais ceux là, Waylon les avait déjà vu. Il les surveilla du coin de l’œil jusqu'à ce qu'ils descendent de leurs chevaux et entrent dans la grande maison. Le jeune fermier, vêtu d'une salopette en jean, d'une chemise, et d'un chapeau lui recouvrant le crâne, termina de nourrir les animaux avant d'entrer à son tour dans la maison. Il entrouvrit la porte du salon dans lequel les quatre étrangers discutaient avec son oncle Olwenet sa tante Martha.


"Écoutez, vous direz à ce cher Cameron Van Cleer que la réponse était non la semaine dernière, et c'est toujours non cette semaine !"

"Réfléchissez-bien, Jones. Monsieur Van Cleer est un homme très généreux, il est prêt à doubler son offre. Six cent mille dollars, c'est une belle somme. Vous aurez largement de quoi aller vivre ailleurs, et pourquoi pas vous acheter une nouvelle parcelle. Imaginez tout ce que vous pourrez faire avec ça."

"Cette ferme et tout ce terrain ne sont pas à vendre ! Mon père l'a bâtie lui-même, il me l'a confiée, et jamais ô grand jamais je ne laisserai quelqu'un d'autre que ma famille s'approprier ce territoire ! Van Cleer ou pas, ce territoire appartient aux Jones, et il le restera !"

"Vous faites une grave erreur, Olwen. Monsieur Van Cleer n'est pas une personne à qui on peut refuser une offre aussi généreuse. Le chemin de fer de la société Van Cleer passera par ici, d'une manière ou d'une autre."

A cet instant, Waylon entra en trombe dans la pièce et se dirigea vers celui qui parlait, apparemment le leader des quatre hommes.

"Vous êtes sourd ?! Mon oncle vous dit qu'il ne la vend pas !!!" s'écria le jeune géant en s'approchant furieusement du type.

Il le prit par le col et le souleva avec une facilité déconcertante, pour l'impressionner. Les trois autres hommes furent également impressionnés et étonnés, car même s'ils étaient déjà venus ici, ils ne l'avaient jamais vu de près, et n'avaient jamais pu remarquer la laideur qui le caractérisait, sa maladie de peau qui la rendait épaisse, fripée, abîmée et écorchée. Cependant, une fois la surprise passée, les trois autres hommes dégainèrent leurs pistolets et les pointèrent sur Waylon et sa famille. L'oncle Olwen fit un pas pour aller chercher sa carabine accrochée au mur à côté de lui, mais l'un des gangsters lui fit comprendre d'un signe de tête que c'était une mauvaise idée.


"L-lâche le patron ! Sale monstre !.... Ça va, Franck ?"

"Je t'avais dis de ne pas dire mon nom, Ted... Tu ferais bien de me reposer, petit. Mes gars déconnent pas."

Waylon fixait le leader dans les yeux avec un regard rempli de haine, mais l'un de ses hommes visa Martha et recula le chien du révolver pour faire comprendre qu'il s'apprêtait à tirer. La tension était à son comble pendant de très longues secondes et plus un seul son ne se fit entendre. Le géant monstrueux tourna la tête vers celui qui visait sa tante adoptive, et décida de lâcher le leader du groupe armé.

"Bien. Maintenant..."

L'homme donna un puissant coup de poing au visage de Waylon, sa tête pivota sur le côté à cause du choc, mais il ne réagit pas, il ne semblait même pas ressentir la douleur. Le chef du groupe cracha ensuite un mollard aux pieds du grand garçon, avant de se reculer et de regarder le couple de fermiers, ses hommes de main étant toujours en train de les viser.

"Vous avez jusqu'au couché du soleil pour quitter la ferme, après quoi ce terrain appartiendra à Van Cleer. Ce n'est pas une offre, on ne vous laisse pas le choix. Et c'est certainement pas votre monstre qui va nous en empêcher. Estimez-vous heureux qu'on vous laisse l'argent offert par notre patron."

Sur ces mots, les quatre hommes de main s'éloignèrent et quittèrent la pièce en continuant de viser les trois personnes, puis sautèrent sur leur cheval pour s'éloigner d'ici rapidement.
Martha s'assit devant la table et soupira en plongeant sa tête dans ses mains.


"Qu'est-ce qu'on va faire, Olwen ?! Où est-ce qu'on peut bien aller ?"

"On ira nulle part ! C'est ma ferme, et tant qu'il me restera un souffle de vie je resterai ici !"

"Ce ne sont pas des commerçants ! Ce sont des voyous ! Ils vont nous tuer ! Il faut qu'on en parle au Shérif..."

"La ville est trop loin d'ici pour qu'on puisse faire un aller-retour avant le soir. Mais t'en fais pas, ils reviendront pas, c'était des paroles en l'air. Et s'ils reviennent, ils devront goûter à ma carabine. Au fait, merci Waylon pour le coup d'main, mais c'était pas nécessaire."

"Waylon ? Tout va bien ?"

Le jeune colosse était resté pensif depuis que les quatre hommes étaient partis. Il regardait d'un air vide le sol, adossé contre le mur du salon.

"Ces types... Pourquoi ils m'ont traité de monstre ?"

"C'est... Heu... Je n'en sais rien, pour t'embêter."

"C'est parce que j'suis pas comme vous ? Hein ?"

"Tu es différent... Mais ça ne veut pas dire que tu es un monstre."

"J'ai rarement vu des gens, à part vous. J'savais qu'j'étais pas comme vous... Mais j'savais pas qu'j'étais différent de tous les autres. Alors, c'est pour ça qu'vous m'laissez jamais quitter la ferme ? Et que j'dois pas m'approcher des aut' gens ?"

"Waylon... Nous ne voulons pas que tu quittes la ferme, pour te protéger."

"Mais j'voudrais voir le monde ! La ville ! Les gens ! J'en ai ma claque d'être enfermé ici ! J'suis bientôt adulte et j'veux pouvoir voyager où j'veux !"

"Mais tu sais bien qu'c'est impossible. Les gens sont pas encore prêts... à t'accepter."

"Pourquoi ? Parce que j'suis un monstre ?! C'est ça ?!" s'exclama t-il férocement.

"J'ai pas dit ça."

"Nan, c'est juste c'que tu penses."

Sur ces mots, il se dirigea vers la sortie de la maison.

"Waylon ! Où est-ce que tu vas ?"

"Faire un tour, j'en ai marre d'rester dans cette prison !"

Puis il claqua la porte derrière lui avant de partir en direction des collines. Il passa l'après-midi seul, loin de la ferme, loin de sa famille, à réfléchir à sa situation. C'était la première fois qu'il réalisait réellement qu'il n'était pas comme les autres. Son oncle et sa tante l'avaient toujours tenu à l'écart du reste du monde. Il n'était jamais allé en ville, il s'était rarement éloigné de la ferme et n'avait pratiquement jamais rencontré d'autres personnes que sa famille. Il pensait qu'il y avait des tonnes d'autres personnes comme lui, avec la même apparence, mais qu'il ne les connaissait pas. Sa famille adoptive le lui avait toujours caché, probablement pour ne pas lui faire de peine. Il ne pouvait pas leur en vouloir, après tout, ils voulaient juste le protéger et l'avaient toujours élevé comme leur propre fils. Mais il se sentait tout de même terriblement seul au monde ce jour-là, et incompris.

Après plusieurs heures de vagabondage sur les collines orangées, le ciel s'assombrit, la nuit commençait à tomber, et il était temps pour lui de rentrer, et de s'excuser de son mauvais comportement envers ceux qui l'avaient élevé, nourri et hébergé gratuitement. Mais alors qu'il s'approchait de la ferme au delà des collines, il vit de la fumée noire s'élever vers le ciel. Surpris et curieux, il hâta le pas en direction de la ferme, et constata qu'il faisait anormalement clair de ce côté là, bien que des rochers l'empêchaient d'apercevoir la ferme. Lorsqu'il se rapprocha d'avantage pour la distinguer, son cœur fit un bond dans sa poitrine et s'affola. D'immenses flammes étaient en train de dévorer la maison ainsi que le ranch. Des animaux affolés étaient parvenus à quitter le ranch et s'éloignaient de la ferme en beuglant et en hennissant.


"NON !!!"

Waylon se mit alors à courir aussi vite qu'il le put en direction de la ferme, de sa maison, de sa famille. Il avait les yeux écarquillés, il n'en revenait pas. Que s'était-il passé ?!


"TANTE MARTHIE !!! ONCLE OLWEN !!!" hurla t-il tout en courant vers la ferme.

La maison était littéralement en train de s'écrouler sur elle-même, envahie par les flammes.


"TANTE MARTHIE !!!!"

Il défonça la porte d'entrée d'un coup de pied et entra en trombe à l'intérieur de la maison enflammée. Peu importe la chaleur, peu importe les flammes, peu importe le danger, il devait les retrouver !

"ONCLE OLWEN !!!!!"

Agressé par la fumée, il ne put s'empêcher de tousser et avait d'énormes difficultés à respirer, mais il continuait d'avancer dans ce qui restait de la maison, enjambant les poutres embrasées et évitant les flammes. Le toit s'effondrait à plusieurs endroits, il n'allait pas tenir bien longtemps. Mais après quelques minutes de recherche, il retrouva le corps de sa tante, coincé sous une poutre, et carbonisé.

"NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN !!!!!!!"
hurla t-il de rage.

Il entendit quelqu'un tousser derrière lui, il se retourna et vit son oncle, gravement blessé, qui se maintenait contre le mur. Il fonça vers lui, le prit sur son épaule et quitta la maison avant que le toit ne s'effondre complétement, emportant tous ses souvenirs et toute son enfance dans un tragique brasier funéraire.

Il reposa son oncle sur le sol et le regarda, d'un air totalement paniqué, les yeux emplis de larmes. Ses mains étaient tremblantes, il ne savait pas du tout quoi faire, son oncle était en très mauvais état, lui aussi brûlé gravement à plusieurs endroits, et il saignait abondamment.


"Je...non... que... c'est... je..."
balbutia t-il sans savoir quoi faire.

"C'était... eux.... Sont venus.... Pour Van... Cleer.... Cameron... Van Cleer..." prononça Olwen en suffoquant, avant de fermer définitivement les yeux.

"N-non... non... NON !!!!"

Waylon serra son poing tremblant, et l’abattit violemment contre le sol. Sa tristesse et ses larmes furent rapidement balayées par la colère, la haine, la rage. Il ferma les yeux et se releva lentement devant le cadavre calciné de son oncle adoptif, et les ruines en feu de sa maison. Il leva lentement la tête vers le ciel en ouvrant les yeux, lançant un regard haineux vers les étoiles. Puis, serrant les deux poings, il les brandit en l'air et hurla à s'en arracher les cordes vocales :

"VENGEAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAANCE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! "

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1868, Gotham Gulch

Une explosion le fit sortir de ses pensées. Il passa la tête au dessus de la charrette pour constater que les deux hommes du shérif étaient morts. Le petit bonhomme s'écria à nouveau et accourut vers une diligence. Cette fois-ci, Waylon avait une bonne raison de le suivre. Cela faisait des années qu'il n'avait pas eu un meilleur indice pointant vers l'homme qu'il haïssait. C'était une opportunité à ne pas laisser passer. Il suivit ce curieux personnage et se posta juste devant la diligence pour la forcer à s'arrêter. En le reconnaissant, les gens s'affolèrent et quittèrent la diligence en courant et en criant le nom du criminel recherché mort ou vif. Mais avant de grimper dans la diligence, il s'approcha de Calamity Moth, l'attrapa à la gorge, le souleva d'une main et le plaqua contre la porte en bois située sur le côté de la diligence.


"C'est quoi ton problème avec ce foutu train ?! Qu'est-ce tu m'veux ? Et, bon sang, où c'est qu't'as trouvé cette grenade ?!" s'exclama t-il avec la férocité d'un alligator sur le point d'avaler son petit-déj.

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MessageSujet: Re: Pourquoi le Train sifflerait trois fois?    Mer 29 Juin - 19:44

[HRP]Chose promise, chose due, nous continuons ici ce sujet commencé jadis pour lui donner une conclusion ![/HRP]

Le sifflement était à présent mort et le panache de fumée au loin était annonciateur d'un départ en règle. Il lui fallait impérativ....glurps. Ce furent là ses pensées lorsqu'une main terriblement puissante l'attrapa et le souleva. Le choc boisé qu'il ressentit lui fit comprendre qu'il avait tout de même réussi à rejoindre la diligence. L'autre criminel dont décidément Drury ne savait comment le classer (ennemi ou ami?) le gronda copieusement. Il ne savait trop quelle réponse était prioritaire aussi se décida-t-il à ne pas les trier. Pour résoudre les problèmes, l'essentiel consistait à ne pas les affronter, en tout cas pas directement.

- Hein? Le train! Oui, le train! Dans ce train il y a une partie de euh...


Il lui fallait mentir, la cargaison du train devait rester secrète, du moins tant qu'il n'avait pas mis la main dessus. Qu'est-ce qui pouvait bien motiver ce genre d'engeance malpropre? Un bain? Du savon? De l'alcool? Des marchandises pour une troupe itinérante? Non, une telle fripouille devait sans doute être appâtée par des gains plus substantifiques.

- ...l'or fédéral. Oui, c'est de l'or, rien que ça, mais une occasion unique! Je pensais que tu pouvais être intéressé et vu que t'es...

Il se rajusta dans l'étreinte de son assaillant pour mieux articuler.

- ... pas très bien vu dans les parages, je t'aurais bien proposé de faire moitié-moitié... en tout cas tu seras mieux pour ce train qui ...qui...quitte l'état plutôt que dans cette ville misérable...

Il peinait à trouver de vraie raison d'avoir embarqué un tel olibrius dans son sillage. Lui-même ignorait pourquoi il s'était décidé à traîné ce type, sans doute l'habitude de s'entourer ou le hasard d'une narration malheureuse. Toujours est-il qu'il préférait étrangement avoir ce type dans son camp que contre lui même si en l'occurrence, et comme dit plus haut, il ignorait encore le camp dudit bandit.

- Pour la grenade....


Pour la grenade, il était impossible à Calamity Moth de griller sa couverture comme un moustique sur une lanterne brûlante, il ne pouvait décemment pas admettre qu'il était un milliardaire travaillant avec l'armée américaine et qu'il lui avait suffit simplement de se servir dans son propre stock!

- Je l'ai volé à un pauvre type qui en avait une caisse pleine... il livrait l'armée, un truc dans le genre, mentit-il de plus belle. Il doit sans doute y avoir de ce genre de caisse dans le train, tenta-t-il, après tout... l'or est escorté par un train de Cameron Van Cleer alors...

Il était heureux, malgré le mal de gorge carabiné qu'il n'allait pas pouvoir régler avec une simple feuille de menthe ni du miel, de savoir qu'il était un excellent menteur. Comme quoi la vie était une habitude que l'on protégeait en se découvrant des ressources illimitées! Au-dessus de lui, un nouvel accord de guitare se fit entendre. Fantomatique résidu musical qui cherchait à se frayer un chemin jusqu'à l'esprit de Drury pour mieux le noyer dans l'introspection. Mêlé aux bruits du train qui quittait la gare, la mélodie du Nick spectral fit rêver le criminel mythomane.

=========================

Il y a de cela quelques temps...

Dans un wagon de luxe conçu spécialement pour ses déplacements, Cameron Van Cleer prenait quelques notes dans l'un de ses fameux "carnets noirs". Devant son large bureau d'acajou, trois types poussiéreux vêtus de cache-poussières bruns usés, la tête toujours coiffé de larges chapeaux, attendaient. Ils ne montraient aucun signe d'impatience, bien au contraire, chacun d'eux connaissaient les manies des magnats dans son genre. Ils aimaient croire que le monde leur appartenait et était prêt à attendre leur moindre caprice. Ils savaient par conséquent faire preuve de patience.

Bientôt le milliardaire leva la tête et croisa les bras. Il aimait les visages souriant de ses gros bras, c'était signe que la mission avait été un succès.

- Alors? s'enquit-il par pure formalité.

- Encore une réussite patron, lança l'un d'eux, visiblement le chef ou celui qui avait appris à compter et négocier.

- Bien! Nos équipes vont pouvoir se mettre au travail dans ce cas.

Il ouvrit un tiroir et en extirpa une enveloppe soigneusement cachetée. Il la jeta sur son repose-main et l'un des types s'approcha pour l'ouvrir.

- Vous y trouverez la prime habituelle, la clef pour la valise et la liste des prochains propriétaires avec qui négocier, encore des traînes-misères et des paysans sans éducation, faites ça vite.


Cameron Van Cleer était un homme peu respecté par ses semblables. Alors que la plupart avaient tous une affaire prolifique qui les avaient hissé de rien à millionnaires, lui était arrivé d'Europe avec une fortune clef en main. L'absence de grande entreprise, d'une véritable histoire américaine à raconter dans les salons ou à vanter à grand renfort de mensonges dithyrambiques le rendait indésirable dans cette haute société. Banni socialement de la côte Est et de ses "vrais entrepreneurs américains" qui s'étaient relevés les manches, il avait décidé de s'expatrier dans l'Ouest sauvage. Là-bas toutes les aventures étaient possibles et il avait rapidement compris qu'une formidable opportunité ferroviaire s'offrait à lui.

Hélas, il s'était révélé mauvais négociant, mauvais commerçant et mauvais orateur. Personne n'avait donné plus de deux semaines à ses fous projets. Heureusement, la loi de l'Ouest se résolvait souvent à grand renfort de dollars et de colt. A ce petit jeu, ses adversaires et concurrents avaient tristement découverts le visage d'un homme prêt à tout. Meurtre, corruption, vol, vandalisme, Cameron Van Cleer s'était gravé une solide réputation même si personne n'osait s'en prendre à lui. Il avait une légion d'avocats, une flopée de juges corrompus et autant de shérifs, de maires et de fonctionnaires prêts à tous pour que ses projets puissent aboutir. Plus rien ne semblait l'arrêter son nouveau trans-continental.

Mais dans un monde où tout était à prendre à qui était prêt à s'abaisser pour le ramasser, les résistances pouvaient être coriaces. Alors qu'il tendait son enveloppe à ses sbires trop heureux de répandre les offres de leur patron, il ne savait pas encore qu'il devrait aller lui-même régler quelques menus détails...

=========================

De retour en 1868... [Copyright Waylon Jones/Killer Croc]

"
Eh oui amis,
Vous l'aurez deviné,
La mite pathétique,
Comme une heureuse tique,
A des projets secrets,
Qu'a personne il ne confie!

Plus vif qu'une carotte,
Ainsi continue la ballade de Calamity moth!
"


De l'autre côté de la porte de la diligence, une femme au teint cendreux daigna se pencher par la fenêtre puis hurla en voyant le bandit avant d'appeler le shérif de toutes ses forces. En levant les yeux, Drury un instant discerner depuis cette même fenêtre les traits du guitariste démoniaque lui faisant un clin d'œil. Il ne manquait plus que ça...

- Maintenant il va falloir te décider, lança-t-il à la brute qui le tenait toujours, c'est maintenant ou jamais pour rattraper ce train! Et on aura besoin de la diligence!
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Pourquoi le Train sifflerait trois fois?

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