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"Lors d'une rafle de la Ligue des Ombres, la Lignée décide d'intervenir et de massacrer les hommes de Ra's Al Ghul. Les habitants, excédés par la situation, décident de se révolter, avec le support de l'Empereur et ses troupes. Le G.C.P.D est dépassé et les justiciers n'ont d'autre choix que s'en mêler, Batman en tête."

(Petit aperçu des évènements en vidéo ici)


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 Le passé rattrape toujours [PV Jack Houston/Peau de Serpent]

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MessageSujet: Le passé rattrape toujours [PV Jack Houston/Peau de Serpent]   Mer 17 Avr - 21:14






Le passé rattrape toujours

PV Jack Houston / Peau de Serpent





Déambuler entre les tombes du cimetière de Gotham au crépuscule n'est certainement pas mon passe-temps favori, mais aujourd'hui, plus que tous les autres jours, je crois avoir besoin de cet instant, de cette solitude avec elle. Elle, c'est Jill.
Une légère brise souffle entre les stèles, alors que le coucher de soleil me faisant face offrait de magnifiques couleurs feues; aucun nuage n'obscurcissait ce panorama, pas même mes petites lunettes rondes aux verres teintées sur mon nez. Le visage grave, j'entends le bruissement du tissu de mon imperméable aux tons clairs flotter au gré du vent, au rythme de ma démarche soutenue. Dans ma main droite, tenu fermement, un bouquet de tulipes jaunes. C'est pour elle, comme à chacune de mes venues.
Encore une allée à droite, et me voilà bientôt en tête à tête avec la tombe de Jill Hampton. Je connais le chemin par coeur depuis l'enterrement, auquel j'avais assisté en toute discrétion.

Enfin j'arrive devant sa tombe. Dans un silence que l'on pourrait juger religieux, je m'agenouille en face d'elle et pose les fleurs sur le marbre tiède. Je sens un semblant de sourire étirer mes lèvres, mais je sais pertinemment qu'il est mélancolique, de façade. Le souvenir de la nuit dernière ne cesse de me revenir. Je regrette mon geste mais une part de moi est pleinement satisfaite.
J'ai tué un jeune dealer hier soir, un dénommé John Fischer. Il dînait avec sa mère devant une émission de variétés de mauvais goût. J'ai attendu la fin du repas et la sortie du trafiquant pour lui tirer dessus, à peine un pied dehors. Une seule balle lui a suffi, comme pour les autres. Depuis la mort de Jill, c'est le huitième petit criminel que j’abats, ce soir, il y en aura un neuvième. Bill Sanders, proxénète.

Alors que je me recueille sans un bruit, je repense à Jill, à ces moments de complicités et de tendresse que l'on avait vécus ensemble, puis, à cette soirée où elle et son acolyte ont voulu m'assassiner. Je ne sais toujours pas si je dois haïr ou continuer d'aimer cette femme. Est-ce qu'elle me haïssait autant qu'elle le prétendait ? Cela restera un mystère, mais les mots durs qu'elle a prononcés à mon égard n'ont pas fait taire l'affection que je lui portais, même après le flot d'insultes qui m'a submergé. Le fait qu'une personne aussi chère à mon coeur puisse en vouloir à ma vie a changé mon regard sur Gotham. C'est grâce à Jill que j'ai pris conscience du fléau régnant sur la ville, et je la remercie d'une certaine façon de m'avoir ouvert les yeux, même si cela lui a coûté la vie.
Abattre ce jeune homme en pleine rue, alors qu'il menait une vie normale en dehors du trafic de drogue m'a rappelé la fois où j'ai éliminé Jill avec sang-froid, en pleine rue elle aussi. Ma précision au tir et ma soif de justice me font peur et pourtant, je suis tout à fait conscient de mes actes et de leurs conséquences. J'ai les mains tâchées de sang, et la haine de multiples personnes sur les épaules. Dame Justice a les yeux bandés, et rend aveugles ses disciples. Je ressens au quotidien les différents poids dans la balance et la douleur causée auprès des familles suite au coup fatal donné par le tranchant du glaive.

J'étais pourtant loin de me douter qu'une rencontre avec l'un de ces dommage collatéral allait avoir lieu ici même, alors que je me relevais pour partir.

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MessageSujet: Re: Le passé rattrape toujours [PV Jack Houston/Peau de Serpent]   Jeu 18 Avr - 0:09

Les yeux rivés sur le verre de Whisky posé sur sa table en verre, et qu'il tenait avec la main gauche, son unique main depuis ce fameux soir où tout avait basculé, l'homme aux multiples identités était pensif. Seul dans son appartement peut-être trop grand pour lui, et trop onéreux pour un homme officiellement sans emploi, il ressassait toujours le passé, ne pouvant s'empêcher de penser à elle. Elle, c'était Jill. Il pouvait être n'importe qui et tout le monde à la fois, mais chaque soir, lorsqu'il rentrait seul chez lui, il était toujours la même personne, l'honnête citoyen connu sous le nom de Jack Houston. Il pouvait masquer qui il était à la vue des autres, mais il ne pouvait pas changer ce qu'il était au fond de lui. Un homme seul, et triste, après avoir vécu la plus grande désillusion de toute sa vie. Un homme à qui l'on avait pris le bien le plus précieux. Et tous les soirs, c'était la même chose. Tous les soirs, depuis que Jill l'avait lâché, ou était partie, on pouvait voir les choses de différentes manières. Il fixait son verre de Whisky des minutes durant, chaque soir, en repensant au passé, aux moments vécus avec cette femme à qui il avait donné corps et âme, mais n'y touchait pas. Durant des minutes, des dizaines de minutes, il hésitait, se demandait s'il devait aller la voir, lui rendre un dernier hommage. Probablement par lâcheté, il n'avait même pas assisté à son enterrement. Et il n'était encore jamais allé sur sa tombe. Et chaque soir, il hésitait. Il était partagé entre ses sentiments nostalgiques de tout ce qu'il avait vécu avec elle, et la haine qu'il devait lui porter pour ce qu'elle lui avait fait.

Ils avaient passé des mois ensembles, ils formaient un couple heureux, et même si Jill avait été plutôt dominatrice, Jack était persuadé qu'elle l'avait toujours aimé et qu'elle était heureuse avec lui. Sinon, pourquoi serait-elle restée ? Il ne pouvait croire qu'elle était restée avec lui par simple intérêt, juste parce qu'il était bon dans son domaine. Tout ce qu'ils avaient fait ensemble, tout ce qu'ils avaient accompli, cela nécessitait une confiance réciproque, une complicité maximale, une relation quasiment fusionnelle. Ils étaient les Bonnie & Clyde de Gotham City, les Mickey et Mallory de la Cité du Crime. Elle lui avait apporté l'amour et l'affection qu'il n'avait jamais reçu et qu'il avait toujours voulu, lui qui n'était autrefois qu'un moins que rien, un raté, un rat de laboratoire sur qui l'on faisait des expériences à la limite de la légalité. Elle avait toujours été là pour lui, le réconfortant, le rassurant. Elle l'avait aidé à s'en sortir, en trouvant des missions qui payaient bien et en l'aidant à les accomplir. Tous les super coups, les bons plans, ça venait d'elle. D'une certaine manière, il vivait à son crochet. Comme un parasite... Mais il lui avait été utile. Ils n'auraient jamais pu accomplir tout ce qu'ils avaient entrepris s'il n'avait pas eu ce don miraculeux, cette faculté aussi extraordinaire qu'unique. Alors, était-ce simplement par intérêt qu'elle restait avec lui ? Était-ce pour cette raison qu'une femme aussi parfaite restait avec un misérable tel que lui ? Parce qu'il lui était utile ?
Non, il ne supportait pas cette idée. Il préférait encore se leurrer. Elle aussi, elle l'aimait. C'est juste qu'elle le montrait moins. Elle était trop fière pour cela. C'était une dominante.

Elle l'aimait, c'était certain. Et tout se passait pour le mieux. Mais il avait merdé, et plutôt gravement. D'abord, en la laissant s'expliquer seule avec ce Viktor Wagner qu'il n'était pas parvenu à tuer. Elle l'avait accusé de lâcheté, et elle n'avait peut-être pas tord. Il lui avait expliqué qu'il avait prit la fuite en pensant que Wagner n'était pas au courant de la complicité de Jill, en pensant que cela ne se verrait pas et qu'il pourrait retenter une autre nuit. Et c'était en partie vraie, sur ce point, il avait été sincère. Mais ce n'était pas la seule raison. La vérité, c'était qu'il avait pris peur. Il avait tenté de tuer Wagner, mais ce dernier s'était réveillé juste à temps pour lui mettre une sévère dérouillée. Et Jack avait eu peur, peur de ce type, peur de mourir. Il était parti avant qu'il ne perde le contrôle sur son pouvoir et que Viktor ne puisse voir son vrai visage. Il l'avait laissée, il avait abandonné Jill aux mains de ce type. La situation avait tourné au vinaigre, et si Viktor n'avait pas été aussi dingue de Jill que l'était Jack, il aurait pu la tuer cette nuit-là, et Houston s'en serait voulu toute sa vie. Il n'osait pas l'assumer, même devant Jill il n'avait pas reconnu cette lâcheté et avait maintenu son premier argument. Même lorsqu'elle l'avait tabassé pour le punir de l'avoir laissée et de lui avoir fait passer la pire nuit de toute sa vie au lieu d'achever rapidement le travail en tuant Viktor, il n'avait pas assumé sa lâcheté. Il en avait trop honte. Et puis, bizarrement, il avait aimé les coups de Jill. Il avait aimé qu'elle le frappe, qu'elle le punisse, car même dans sa fureur, même quand elle le frappait, elle restait douce à ses yeux, belle et parfaite. Et pour se racheter, il était prêt à faire n'importe quoi.

Elle avait trouvé un nouveau contrat. Quelqu'un voulait la mort du Pingouin, trop influent, trop gênant pour des plus petits pontes qui voulaient se faire une place sur le marché. Et c'était à eux de s'en charger. Ils avaient préparé le coup rapidement, pour vite oublier l'échec de l'opération "Wagner". Jack avait prit des repaires en se rendant à l'Iceberg Lounge sous la fausse identité de Josh Tanouck. Et il avait croisé la sœur jumelle de Jill, une journaliste qui enquêtait également sur la boîte du Pingouin. Jill détestait sa sœur au plus haut point. Elles étaient opposées en tout point, et Jill n'en parlait qu'en mal. Chaque fois qu'elle lisait l'un de ses articles dans le journal, elle la dénigrait. Et quand Peau de Serpent essayait d'en savoir un peu plus sur ce qu'il s'était passé entre elles, elle refusait de lui en parler. Elle était peut-être jalouse de la réussite de sa sœur. Il connaissait bien ça, il avait vécu la même chose avec son grand frère devenu avocat. Alors, lorsqu'il l'avait croisé, il avait cru bon de s'en débarrasser. Il était tellement soucieux de se racheter auprès de Jill qu'il était prêt à faire n'importe quoi pour elle. L'une des deux était de trop, et il fallait y remédier. Il pensait que cela lui ferait plaisir. Mais encore une fois, il avait fait erreur. Jill n'avait jamais souhaité la mort de sa sœur, même si elle la détestait. Et surtout, par sa fierté qui la caractérisait si bien, elle voulait régler ses comptes elle-même avec elle, et ne supportait pas de savoir que c'était Peau de Serpent qui s'en était chargé. Une fois de plus, Jill avait passé ses nerfs sur lui, s'acharnant sur son visage à coups de poing jusqu'à le défigurer complétement. Et une fois de plus, Jack avait apprécié cela. Mais il n'appréciait pas la décevoir et devait encore se racheter. Le seul moyen : tuer rapidement le Pingouin, et pour cela, elle lui avait prêté un pistolet trafiqué en plastiques pour pas être découvert par les détecteurs de métaux.

Mais Jill l'avait piégé. Au moment de presser la détente pour abattre le Pingouin, alors que son visage était monstrueux, la peau flasque pendante et le défigurant, le pistolet avait explosé, lui arrachant la main droite. Elle aurait sans doute voulu qu'il y reste dans l'explosion. Elle avait voulu le tuer, parce qu'il avait été lâche en fuyant Wagner, et parce qu'il avait été idiot en tuant Charlotte, la sœur de Jill. Mais Jack croyait qu'elle l'aimait, ces deux erreurs n'auraient pas dû justifier le fait qu'elle veuille le tuer. Il avait perdu sa main droite, à jamais. Et il avait perdu Jill. Son amour, son confort. Pire, il avait gagné la haine de Jill en attisant sa colère. Alors, même si c'était très dur pour lui, il avait décidé de réagir pareil. Œil pour œil, dent pour dent. Et il s'était mis à la haïr. L'amour et la haine étaient des sentiments bien plus proches que l'on ne pouvait l'imaginer. Tous deux situés très hauts dans l'échelle des sentiments, passer de l'un à l'autre était plus simple, et bien plus courant, que ce que l'on pensait. C'est ce qui était sûrement arrivé à Jill pour qu'elle veuille se débarrasser de lui. Et c'est ce qui était arrivé à Jack pour qu'il veuille lui rendre la pareille. Il était revenu, alors qu'elle était enfermée au GCPD, il était venu pour elle. Non pas pour la faire sortir de là, mais pour la tuer. Ou au moins lui couper la main pour qu'ils soient à égalité, car il ne savait pas s'il aurait le courage de la tuer. Mais un meurtre au sein même du GCPD, c'était bien trop risqué. Elle avait crié, appelé à l'aide, et les policiers étaient intervenus. Heureusement, se faisant passer pour un avocat, il pouvait les manipuler à sa guise. Il avait alors prétexté qu'elle était devenue folle, avec des illusions paranoïaques lui faisant croire qu'on voulait la tuer, et qu'il valait mieux qu'elle voit un psychologue. C'est ainsi qu'il avait pu s'échapper facilement, mais sans être parvenu à son but.

Et seulement quelques jours plus tard, la nouvelle était tombée dans le journal, comme une bombe atomique s'abattant sur son appartement. Jill Hampton avait été retrouvée tuée par balle et il n'y avait aucun indice sur son agresseur. Ce jour là, il n'avait pu réprimer quelques larmes s'écoulant le long de ses joues. Mais était-ce de la tristesse ? De la joie ? Du soulagement ? Du regret ? Il n'aurait su le dire. Ses sentiments étaient bien trop confus. A la fois nostalgique et haineux, il avait voulu la tuer, mais voulait qu'elle continue de vivre, à ses côtés. Il voulait revenir plusieurs semaines dans le passé, avant que sa vie ne tourne au drame, avant sa descente aux Enfers. Avant qu'ils ne s'attaquent à Wagner, l'élément déclencheur de toute cette folie meurtrière, de l'explosion de leur relation, de la perte de sa main droite, de sa copine, de tout ce qui faisait le bonheur dans sa petite vie devenue misérable et sans intérêt. Toute la haine qu'il portait envers Jill, il la reporta sur Wagner après son décès. Non pas parce qu'il était l'assassin de Jill, ça il l'ignorait. Mais parce que c'était depuis l'arnaque qu'ils avaient voulu commettre sur lui que tout était parti en vrille. En se réveillant cette nuit là, en ne se laissant pas tuer par Jack, il avait tout fichu en l'air.

Et au final, Jack détestait Wagner, Jack se détestait lui-même, mais il ne détestait pas Jill. Il continuait de l'aimer, même après sa mort. Et chaque soir où il réfléchissait à tout ça en regardant son verre d'alcool d'un air vide, il finissait sa réflexion en buvant d'une traite le Whisky. Pour oublier. Passer à autre chose. Essayer de refaire sa vie.
Mais c'était vain. Il n'oublierait jamais Jill. Et, ce soir là, il décida de ne pas boire son verre. Il le laissa là, posé sur la table et rempli à un quart comme toujours. Et il décida d'aller la voir, pour la première fois depuis son décès, et même depuis qu'il avait tenté lui-même de la tuer. Ce soir, il sortirait, et il serait Jack Houston, personne d'autre.

Quelques dizaines de minutes plus tard, il gara sa Chrysler devant le cimetière, sortit de la voiture, et pénétra dans le cimetière, une rose rouge à la main. Il était vêtu d'un costard-cravate noir, et d'un long manteau noir en laine. Le cimetière était plutôt déserte, en fait, une seule personne s'y trouvait et venait d'y déposer un bouquet de fleurs jaunes. Jack se mit alors à parcourir les tombes les unes après les autres en cherchant le nom de son ex bien-aimée. Il se dit qu'avec toutes les tombes qu'il y avait ici, les chances pour que la seule personne présente dans le cimetière se recueille sur la tombe de Jill étaient proches de zéro. Et puis d'ailleurs, qui voudrait se recueillir sur la tombe d'une criminelle ? Et pourtant, plus il s'avançait dans le cimetière, survolant les noms rapidement, et plus il se rapprochait de cet unique visiteur. Lorsqu'il entra dans la même allée que lui, son doute s'amplifia au fur et à mesure de ses pas. Il s'arrêta alors juste à côté de l'homme, et lit le nom de la tombe sur laquelle il était en train de se recueillir, avant d'afficher un air surpris.


Jill Hampton
1985 - 2013


Le regard de Jack se tourna alors vers l'homme devant la tombe. Son chapeau haut de forme, ses lunettes de soleil rondes et son air d'aristocrate, il le reconnaissait. C'était Viktor Wagner en personne ! Lorsqu'il sortait en compagnie de Jill, Jack les avait toujours surveillé de loin, d'une part par jalousie, d'autre part parce qu'il s'inquiétait pour Jill. Il pouvait reconnaître son visage entre mille, et ses vêtements ne passaient pas inaperçus.
Une haine s'empara alors de lui, et sa poigne se resserra sur la tige de la pauvre rose qu'il tenait fermement. Sa fausse main droite, quant-à-elle, était cachée dans la poche de son long manteau. Ce type était à l'origine de tous ses malheurs. C'était pas tout à fait exact, mais c'était tout du moins la façon dont Jack percevait les choses, il fallait toujours un coupable pour tout, et c'était sur lui qu'il avait rejeté la culpabilité de ce qui lui arrivait. Il avait envie de se jeter sur lui et de l'étrangler, il était tellement furieux qu'il en tremblait presque.
Mais il était Jack Houston, ce soir. Citoyen honnête et irréprochable, au visage méconnu des criminels eux-mêmes. Et il n'avait bien entendu pris aucune arme sur lui, pour rester blanc. Alors que pouvait-il faire contre celui qui lui avait déjà mis une dérouillée une fois en venant de se réveiller alors que Jack était armé ? Tout ce qu'il pouvait faire, c'était essayer de se calmer du mieux qu'il le pouvait, et puis essayer de comprendre. Comprendre ce qu'il faisait là, comprendre pourquoi il venait se recueillir sur la tombe d'une femme qui ne l'avait jamais aimé et qui l'avait trompé des mois durant. Mais... N'était-ce pas également le cas de Jack ?
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MessageSujet: Re: Le passé rattrape toujours [PV Jack Houston/Peau de Serpent]   Jeu 18 Avr - 18:13

Alors que je m'apprête à me relever, je sens une silhouette dressée à mes côtés. Par gêne, je préfère rester encore agenouillé devant la tombe de Jill. En fixant discrètement du coin de l'oeil la personne près de moi, je remarque qu'il s'agit d'un homme aux cheveux bruns plaqués en arrière. Je ne le connais pas, son visage ne me dit rien. Il ne ce doute surement pas que je le dévisage, car entre le rebord de mon haut de forme et mes lunettes teintées, il était difficile d'avoir un champ de vision assez précis. Entre les doigts de sa main gauche, cet inconnu tient fébrilement une rose rouge, visiblement emporté dans une transe hors de son contrôle.
Une rose rouge, quoi de plus simple pour exprimer son amour ? Qui était donc cet homme ? Un ami ? Un parent ? Ou un amant ? Cette dernière hypothèse me semble la plus probable, et ne m'étonne pas après mûre réflexion. Jill était une belle femme, et la liste de ses prétendants devait se faire longue. Elle n'aimait pas en parler, et jamais devant moi elle n'a osé séduire un autre homme. Je le reconnais, j'étais implacablement jaloux, en plus d'être attentif à ses moindres désirs. Je lui aurai tout cédé.


" Vous étiez proche de Miss Hampton ? " osais-je finalement demander en me relevant. " Puisse t-elle trouver le repos. "
Le timbre de ma voix est clair et assuré, empreint de cette politesse aristocratique issue dès le plus jeune âge. Je n'arrive pas à m'en débarrasser, et pourtant, l'oublier serait certainement un sésame pour le milieu criminel que je m'apprête à infiltrer les jours à venir.
Il règne une atmosphère pesante, et je sais très bien qu'un cimetière n'est pas un endroit très approprié pour faire connaissances. Je dois avouer que ma curiosité venait de me jouer un sale tour. Ma question devait sûrement être inappropriée, mais pas dénuée de sens étant donné les circonstances de cette rencontre. Avec une certaine appréhension et une compassion mesurée, je me tourne vers lui et tente de croiser son regard.


" Je l'ai beaucoup sollicité. " ai-je ajouté à demi-mot sans quitter mon interlocuteur des yeux.
J'ai pris soin de ne pas dévoiler mon identité, si discussion il n'y avait pas lieu, autant ne pas user d'avantage de salive. Il n'avait pas à savoir non plus ce qui me liait à elle. Beaucoup de monde savait que Jill me fréquentait, officiellement, elle était décrite dans la presse comme étant une conquête, alors qu'officieusement, elle jouait double-jeu. J'ignorais qu'elle était avec un autre homme, tout comme j'ignore qu'il est juste en face de moi, tel une statue inébranlable, à l'expression mystérieuse.
Bien évidemment, suite à la mort de Jill, j'avais été interrogé, j'étais presque le suspect numéro un, autant que le véritable petit ami de Jill qui d'après les policieurs aux-mêmes, avait menacé la jeune femme.
La police n'ayant aucune preuves concernant ma culpabilité, elle n'a pas essayé d'aller plus loin dans leurs recherches. Ma fidèle secrétaire Helen m'a été d'un grand secours d'ailleurs pour me servir d'alibi. Désormais, je ne peux plus me permettre ce genre d'erreur. Je ne peux plus m'attacher.
Quand il s'agit d'abattre une cible, je prends pourtant toujours soin de porter des gants, un masque vénitien discret et des chaussures à la pointure faussée. Mes angles de tirs sont à chaque fois choisis avec minutie et stratégie, pour faire en sorte de donner du fil à retordre à la balistique. Une fois ma mission effectuée, je vérifie si je ne laisse pas de cheveux, au cas où des tests ADN ou autre relevé d'empreintes pourraient être effectués. Jusque dans le moindre détail, je suis un nettoyeur. Je me renseigne, je traque et j'exécute pour que justice soit faite.
Mais je crois que passer du mauvais côté de la barrière se fait dès l'enfance, et c'est pourquoi j'ai décidé de racheter l'orphelinat de Rutledge, pour pouvoir donner la chance à ces enfants perdus une chance de prendre le bon chemin.

Le silence gagne en longueur. Je comprends que cet homme décide de ne pas poursuivre la conversation. Après tout, s'il était ici, c'était sûrement pour se recueillir auprès de Jill.
D'un pas discret, je commence à m'éloigner.
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MessageSujet: Re: Le passé rattrape toujours [PV Jack Houston/Peau de Serpent]   Mar 23 Avr - 23:56

Viktor Wagner. Un type tout à fait normal, à l'exception de son immense fortune. Une fortune qui faisait bon nombre d'envieux. Avoir voulu s'en emparer était certainement la pire erreur du couple Jill & Jack. Ce devait être le coup parfait, la plus grande arnaque, et peut-être la dernière. Après des mois à le côtoyer, à sortir avec, à faire semblant d'être l'une de ses conquêtes de play-boy millionnaire à l'instar de Bruce Wayne, Jill était parvenue à découvrir son coffre-fort. A l'intérieur devaient se trouver toutes sortes de bijoux, peut-être même des lingots d'or ou de l'argent en liquide, il devait y en avoir pour des millions, et ils avaient été à deux doigts de mettre la main dessus. Tout ce qu'il restait à faire, c'était l'abattre durant son sommeil, prendre le coffre, puis fuir, fuir très loin d'ici, quitter la ville. Ils avaient pendant un temps songé à aller passer de longs séjours sur une île paradisiaque. Cela paraissait tellement facile. Viktor n'était qu'un honnête citoyen comme n'importe lequel d'entre eux, ce n'était qu'un homme si riche qu'il ne savait que faire de son argent, un homme qui pouvait tout s'offrir et qui n'avait jamais connu le besoin contrairement à Jack. Le tuer devait être rapide, et simple. Il suffisait de lui trancher la gorge durant son sommeil, rien de plus basique, c'était à la portée de n'importe qui.

Mais il avait eu un instant d'hésitations. Jack n'avait encore jamais abattu d'innocents. Ceux qu'il avait tués en compagnie de Jill, en tant que tueurs à gages, ils avaient tous quelque chose à se reprocher, ils avaient tous trempés dans de sales affaires. Mais pas lui. Son seul crime avait été d'être riche, et d'avoir été choisi pour leur meilleur coup. Et même si sa fortune rendait Jack malade de jalousie et d'envie, même si ce type s'était tapé sa copine durant des semaines, il ne pouvait tout simplement pas le tuer de sang froid si facilement. Il voulait le faire, il allait le faire, par amour pour Jill. Mais il n'avait suffit que d'une seule seconde d'hésitation pour que tout bascule. Une seconde d'hésitation, pour que Viktor se réveille brusquement, attrape le poignet de Jack qui s'apprêtait à abattre le couteau, et lui donne un puissant coup le projetant de l'autre côté de la pièce. Jack avait été trop surpris pour réfléchir convenablement. Jill, qui l'avait aidé à s'introduire dans la demeure, avait regardé la scène tout en restant debout près du lit, et lui avait adressé un regard à la fois accusateur, et interrogateur, elle-même étonnée. Ce type n'était pas sensé savoir se battre. Il n'était pas sensé être fort, il n'était pas sensé pouvoir se défendre et il n'était même pas sensé se réveiller. La surprise avait cédé la place à la peur, et Jack avait prit la fuite sans finir le travail. S'ils avaient su qui était réellement Viktor Wagner, s'ils avaient été au courant de ses capacités combattives, ils s'en seraient pris à un autre citoyen richissime. Bruce Wayne aurait fait une cible bien plus facile.

Jack avait peut-être commis une erreur, en hésitant avant de le tuer, pris soudain de trop bons sentiments, d'une moralité qui avait subitement refait surface. Mais il n'était pas le seul. Jill avait fait l'erreur de ne pas introduire discrètement des somnifères dans le dernier verre de Wagner, pensant probablement qu'il dormirait sur ses deux oreilles. Et elle avait fait l'erreur de ne pas avertir Jack de ses capacités physiques et combattives. Peut-être les ignorait-elle, ou alors peut-être qu'elle sur-estimait Peau de Serpent en le croyant capable de venir facilement à bout de cet homme. Quoiqu'il en soit, il n'était pas le seul à avoir foiré. Mais il n'avait jamais osé lui dire sa véritable opinion vis-à-vis de cela. Jill avait toujours raison, et elle ne commettait jamais d'erreurs. C'était comme ça.

D'une certaine manière, Jack se sentait assez proche de Viktor, même si tout les opposait. Ils avaient aimé la même femme pendant des mois, ils se l'étaient partagée, l'un consciemment, et l'autre non. D'une certaine manière, ils étaient liés tous les deux, par un lien intime. Et Jack avait dû renoncer à ses sentiments de jalousie et avait dû fermer les yeux pour que le plan fonctionne. Il en avait souffert durant des nuits entières, dormant seul dans sa chambre en sachant que la femme de sa vie couchait avec un autre homme. A de nombreuses reprises, il avait regretté d'avoir accepté ce plan. Il avait sentit son cœur se déchirer en miettes des centaines de fois. Et lorsqu'ils se revoyaient, dans le plus grand des secrets, lorsqu'ils avaient des relations, Jack en était presque dégoûté, écœuré, en pensant à cet autre homme. Cela aussi avait contribué à attiser sa haine pour lui, haine qui n'avait toutefois pas été suffisante pour avoir le courage de le tuer le moment venu. Coucher pour de l'argent, certains diraient qu'il s'agit là du travail d'une prostituée. Mais Jill était bien plus que cela, c'était une voleuse d'exception qui ne reculait devant rien pour parvenir à son but. Elle était même prête à utiliser son corps comme d'un objet sans valeur à ses yeux, à faire l'impasse sur ses sentiments. Psychologiquement, elle était très forte. Elle le devait, pour supporter tout cela. Elle l'était bien plus que Jack. Et nul doute qu'elle avait également souffert de cette double vie, autant qu'elle avait fait souffrir Jack et Viktor. Peau de Serpent en était persuadé.

Lorsque le riche homme lui avait adressé la parole, Jack n'avait pas tout de suite percuté. Toute la scène, tout ce qu'il s'était passé pendant des mois entre Viktor, Jill, et lui-même, repassait dans sa tête et il était perdu dans les méandres de son esprit. Il ressentit une foule de sentiments différents en lui : haine, tristesse, colère, mais aussi nostalgie et regrets. Le tout mélangé en une sorte de salade dont chaque feuille engloutie lui faisait d'avantage plonger dans sa dépression quotidienne. Une larme coula lentement de son œil droit, toutefois il ne s'agissait pas d'une larme ordinaire. C'était une larme de sang, probablement l'une des séquelles des nombreuses expériences pharmaceutiques que l'on avait fait sur son visage. Cela était plutôt rare, et il lui arrivait encore, heureusement, de sécréter de vraies larmes transparentes, mais ça restait quelque chose d'assez glauque, et de particulièrement effrayant, même pour lui lorsqu'il se regardait dans un miroir. Il essuya la larme d'un revers de la main, et secoua légèrement la tête en clignant plusieurs fois des yeux pour reprendre ses esprits.


"Je... pardon." répondit-il pour s'excuser de son temps de réponse.

"Oui, Jill était... une bonne amie." dit-il d'un air mélancolique.

Il déposa la rose sur la plaque qui ornait sa tombe, tout en se positionnant juste devant, puis il pencha la tête en arrière, levant les yeux au ciel et ferma les paupières.


*Jill... Que pourrais-je te dire ?... J'ai voulu te tuer... et maintenant, je le regrette. Je me retrouve à côté de cet homme, celui qui a brisé notre couple à jamais, celui que j'aurais dû tuer pour toi... Je voue une haine féroce envers lui, mon cœur m'ordonne de l'abattre. Mais je ne peux pas... J'en suis incapable, je suis trop faible... Encore une fois, je me dégonfle devant toi... Pourquoi les choses ont-elles tourner ainsi ?... Pourquoi as-tu voulu te débarrasser de moi ?... Je t'aimais, j'aurais tout fait pour toi... Est-ce que tu m'en veux encore d'avoir tué la sœur que tu détestais tant ? Te sens-tu plus heureuse maintenant que tu l'as rejointe ?... Jill... Dis-moi ce que je dois faire... Sans toi, je ne suis rien... Qu'est-ce que je dois faire ?!... *

Après quelques secondes, il rouvrit les yeux, puis se tourna vers Viktor.

"Vous êtes... Viktor Wagner, n'est-ce pas ?... Je crois savoir que vous avez côtoyé Jill de près pendant plusieurs mois. Toutes mes condoléances. J'imagine... que sa perte est bien plus douloureuse pour vous que pour moi." mentit-il telle une langue de serpent.
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