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Ne manquez pas les deux derniers chapitres de Darkwatch, où s'affronteront Le Chevalier Noir et l'Empereur !

Clash of the Warriors & La Révolte

"Lors d'une rafle de la Ligue des Ombres, la Lignée décide d'intervenir et de massacrer les hommes de Ra's Al Ghul. Les habitants, excédés par la situation, décident de se révolter, avec le support de l'Empereur et ses troupes. Le G.C.P.D est dépassé et les justiciers n'ont d'autre choix que s'en mêler, Batman en tête."

(Petit aperçu des évènements en vidéo ici)


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 Emission Spéciale Sécurité (Théodora, L'Artiste, surprise)

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MessageSujet: Emission Spéciale Sécurité (Théodora, L'Artiste, surprise)   Ven 29 Mar - 14:17

La télévision avait pour origine la diffusion de la connaissance et le partage via les ondes de documentations animées, ou pour être plus honnête, de la propagande. La guerre froide terminée, les ondes hertzienne ne diminuèrent cependant pas, car ce média puisque cette arme était désormais dans cette catégorie bien particulière, trouva une seconde jeunesse. Là où journaux télévisés et rares émission culturelles se battaient la courte plage horaire, débarquèrent telles des légions de bêtes affamées les nouveaux divertissements. Toujours plus rapides, toujours plus intenses, toujours plus stupides, l'on ne reculait devant rien, nouveau Colisée d'une civilisation en pleine décadence, les stars hurlaient, gesticulaient, expectoraient de faux rires, mettaient en scène leur vie et tout ça, sur demande de l'Ultime Nation à qui cette arme redoutable avait prêté allégeance : L'Audimat.

Et derrière l'Audimat, les politiciens le savaient, il y avait l'électorat. Des gens abrutis par la télé-réalité, fatigués par les ritournelles absurdes mais entêtantes de publicités atroces, achevés par l'énième épisode de leur série fade et insipide qui se calquait sur le principe de toutes les autres. Maximilien et surtout son cabinet de communication craignait que l'Affaire Charles Shreck ne lui joue un mauvais tour s'il ne venait pas lui-même l'exploiter, il avait dès lors autorisé la mairie à organiser une grande soirée sur le sécurité dans la ville de Gotham, invités: lui-même et L'Artiste. Un duo qui état en train de renverser jusqu'à une certaine mesure la criminalité de la ville. La mort de Bock Mackenzie quelques jours plus tôt devait aussi trouver une explication, ça n'aidait pas le maire sortant, mais ça le soulageait, le GCPD était à présent totalement prêt à accepter du changement dans ses rangs.

Pour l'occasion, Shreck avait réclamé à la presse de contestation, c'est-à-dire le Gotham Globe d'animer ce débat. Sûr de lui, ayant usé au mieux de son influence dans Bien le Bonjour Gotham, il devait à présent jouer la carte du politique-en-qui-l'on-peut-avoir-confiance et surtout qui ne craignait pas de se confronter à l'opposition, aussi subtile soit-elle. Le journalistes auraient beau chercher, il avait des faits derrière lui, il y avait toujours quelques points noirs sur le tableau, mais le paysage restait magnifique. Il en était tellement persuadé qu'il ne ressentait pas l'appréhension du plateau alors que la maquilleuse terminait de le préparer.

Derrière lui, ses conseillers de communication. Ils étaient répartis dans la pièce et planchaient sur leurs notes. L'un d'entre eux relisait d'ailleurs un mémo envoyé par le gouvernement qui lui demandait d'éviter quelques sujets internationaux délicats au cas où on les mettrait en rapport avec Gotham. Il transmit rapidement le message à son supérieur qui le froissa et le lui rendit après une lecture attentive. En tant que représentant d'une des villes les plus dynamiques au monde, la moindre intervention était surveillée par l'Etat, chose bien compréhensible, quoi qu'avec les précédents mandats, l'on eut pu se le demander. Le costumier passa ensuite et rajusta quelques éléments dans la tenue du Maire, de l'autre côté on devait sans doute faire subir la même chose au Justicier d'Etat. Le régisseur passa alors que l'accessoiriste venait pour installer ses micros.

- Bien, fit-il à l'adresse du Maire en retirant son large casque à microphone intégré. Bonjour monsieur Shreck, quelques petites précisions sur le déroulement de cette soirée. Je ne doute pas que vous ayez lu le déroulement de l'émission, mais mieux vaut que cela soit clair, il y aura quatre parties distinctes entrecoupées de 15 à 20 minutes de publicités. Nous sommes en direct, je vous le rappel. La journaliste ne posera que les questions qui vous ont été transmises à la Mairie.

Un conseiller passa au Maire ses fiches récapitulatives avec un sourire pincé. Shreck les saisit comme si de rien n'était et les posa sur la table de maquillage.

- Les quatre parties sont... continua le régisseur.

- Gotham et sa sécurité, un nouvel espoir; le crime organisé aujourd'hui; les super-criminels et enfin, les perspectives pour Gotham.

- C'est tout à fait cela, reprit l'employé du GNN et remettant son casque. L'antenne est dans 45 minutes, on vous demandera sur le plateau 20 minutes avant le début, votre place est à droite sur le canapé, le Justicier d'Etat sera à votre gauche. Dans 10 minutes, nous vous demanderons d'aller rejoindre la salle d'attente où vous rejoindra votre subordonné lorsque nous aurons terminé de le préparer que je lui aurais représenté le déroulement. Là-bas, le directeur de la chaîne vous attendra pour vous présenter ses plus sincères salutations. Est-ce clair?

- Parfaitement, fit Shreck en se retournant vers ses fiches.

Il n'aurait pas l'occasion de les sortir durant l'émission sauf pendant les coupures publicitaires. Il tourna un instants les fiches concernant la première partie et les abandonna sur la table. Un conseiller les récupéra immédiatement et les fourra dans sa sacoche. Ils seraient pendant toute la durée de l'évènement dans les coulisses. De l'autre côté, Thomas avait été détaché au Justicier L'Artiste. Ce dernier devait lui transmettre les exigences de la Mairie. Rester courtois, faire bonne figure, décrire le plus possible ses actions héroïques lorsque le temps viendrait. Shreck avait insisté sur un point: le justicier devait se présenter comme un exemple pour Gotham, ce soir si tout se passait bien, il serait l'image que le Batman commençait à ne plus être dans l'esprit des citadins. Alors qu'il observait son visage lissé par le fond de teint, Maximilien eut un sourire extrêmement satisfait. Ce soir sa campagne allait prendre un virage spectaculaire.
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Andrew Blake/L'Artiste

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Vous à Gotham : Ancien commissaire de la ville. Possède une double identité en tant que justicier d'Etat sous le nom de l'Artiste et en tant que commissaire sous le nom d'Andrew Blake.
Citations : Chapeau, L'Artiste.

MessageSujet: Re: Emission Spéciale Sécurité (Théodora, L'Artiste, surprise)   Sam 30 Mar - 3:05

Ah la télévision ! Quelle magnifique invention cela était-ce mais quelle peine aussi ! Beaucoup de gens disaient en criant haut et fort que c'était une arme de propagande, d'autres beuglaient que cela abrutissait le peuple mais une seule chose était sûre : Andrew n'en avait strictement rien à faire. La télévision lui servait à passer ses soirées de solitude en regardant des émissions débiles, abrutissantes mais drôlement marrantes par moment. Il se souvenait d'une émission où il avait eu un fou rire quand une espèce de gros tas de cent-vingt kilos était tombé dans la boue suite à une épreuve d'agilité. Il en avait tellement ri qu'il en était tombé de son fauteuil ce jour-là ! Ce type était ressorti couvert de la tête au pied et crachait inlassablement la terre de sa bouche comme un ventilateur. Au final, Blake ne savait même plus pourquoi il avait ri précisément, était-ce pour l'allure grotesque du personnage ou peut-être pour son agilité digne d'un cochon ? Sans oublier se petite voix fluette qui faisait de lui la victime parfaite des cancres de l'université.

Mais ce soir c'était différent, il n'y avait pas de soirée à regarder la télévision jusqu'à en finir par roupiller sur son divan. Ce soir c'était lui qui passait sur les écrans. Le grand justicier de la ville, le nouveau sauveur et protecteur des innocents. Maximilien avait réussi habilement à obtenir un débat entre l'Artiste, une journaliste du Gotham Globe et lui-même. Une initiative qui fut fortement appréciée par Andrew qui ne pouvait qu'être heureux du fait que son supérieur fasse tout pour faire grimper sa cote de popularité. Les récents évènements, la mort de Mackenzie et autre, avaient sûrement dû causer beaucoup de inquiétudes parmi les foules de la ville. Il leur fallait une once d'espoir, une nouvelle aube rayonnante en face d'eux pour leur permettre de rêver d'un avenir meilleure. L'Artiste était l'homme de la situation, ses récentes actions dans la ville avaient été un véritable salut pour la mairie et Shreck comptait bien les exploiter du mieux qu'il le pouvait pendant ces périodes d'élections.

Pour la peine, le justicier s'était fait refaire une petite beauté par un vieux pote russe à lui qui tenait une échoppe de coiffeur. Pour quelques misérables dollars, il avait pu bénéficier d'une coupe de cheveux agréable ainsi que d'un léger rasage de sa barbe et de sa moustache. Il n'allait quand même pas débarquer sur un plateau tout en ressemblant à un de ses vieux clochards traînant dans les quartiers pauvres de la ville. Il ressemblait maintenant à un homme sérieux, peut-être même séduisant qui sait, et surtout charismatique. Il n'y avait pas besoin d’huiler ses muscles pour faire comprendre à la ville quel genre d'homme il était, des fois rien qu'une simple coupe de cheveux suffisait à transformer les apparences.

Blake arriva tard au bâtiment en question, simplement du fait qu'il avait oublié de faire le plein et qu'il avait dû donc passer de force à la pompe à essence remettre du diesel. Il débarqua en grande pompe hors de sa voiture et se dirigea le plus vite qu'il le pouvait jusqu'à l'entrée du show télévisé. Son assistant attitré trépignait d'impatience et dès que ce dernier vit l'immense masse de muscle se dessiner à l'horizon, il accourut vers le justicier avec des grands mouvements de jambes. Il traîna par le bras Andrew dans les coulisses puis se dépêcha de le faire passer chez la maquilleuse qui le pomponna comme un mannequin. La pauvre femme essayait tant bien que mal d’atténuer la cicatrice balafrant son visage mais force était d'admettre que cette coquine blessure s'était ancrée il y a de cela bien longtemps dans la figure du vieux. Après de bonnes minutes d'effort, elle arriva enfin à diminuer l'impact sur le visage du justicier tandis que son assistant le traîna de plus belle vers l'habilleur.


Andrew avait revêtit son armure de service, il n'était pas là pour venir en costume avec juste un domino sur le bout de son nez. Cela aurait sûrement plu à l'aristocratie de Gotham mais sûrement pas au petit salarié regardant son poste à une heure pareille. L'Audimat serait sûrement plus haut avec un homme habillé comme l'Artiste. L'habilleur en profita pour remettre droit certaine partie puis le dirigea vers le type chargé de mettre les micros. L'homme posa l'appareil sur une sangle d'épaule de manière à ce que cela soit situé le plus prêt de la bouche de Blake. Après quelques minutes d'attente, le régisseur déboula dans la pièce où se situait Andrew.

"Bonsoir" dit-il tout en admirant la carrure du justicier qui se trouvait en face de lui. "Vous êtes donc le justicier l'Artiste c'est ça ? Impressionnant comme disait mes collègues de vous avant que je ne vous voie. Trêve de compliments, j'espère que vous avez lu le déroulement de la soirée ? Si vous ne l'avez pas fait ne vous inquiétez pas, j'ai apporté ici les fiches en question pour que vous puissiez encore un peu en profiter avant le lancement de l'émission. Je vous en prie, ne restez pas debout ! Vous pouvez aller vous rasseoir à la table de maquillage en attendant."

Andrew s'exécuta tout en tenant les feuilles dans ses grosses paumes de main. Il les passa en revue rapidement tout en allant se rasseoir à l'endroit prévu.

"Cela vous convient-il" fit le régisseur d'une voix amicale.

"Je me vois mal vous dire non maintenant mon cher ami, au pire j'improviserai c'est ma spécialité. Un peu de vérité ne fait quand même pas de mal de temps en temps" répondit l'Artiste en dessinant un sourire moqueur vers le visage de son interlocuteur.

"Comme vous dites." clama le régisseur un peu gêné. "L'émission commence dans 30 minutes très exactement. Votre patron est arrivé plus tôt que vous ce qu'il fait que vous allez devoir le rejoindre rapidement dans la salle d'attente où le directeur de la chaîne vous attendra pour vous remercier d'être venu. Vous vous placerez à la gauche sur le canapé au milieu de la scène, juste à côté du maire. Si cela ne vous dérange pas, je vais devoir presser le pas, votre malheureux retard ne me permet pas d'allonger notre conversation. Le maire vous demande des choses bien précise Monsieur l'Artiste : vous devez être poli et courtois, un véritable exemple pour le commun des mortels et vous devez parler héroïquement de vos actes de bravoures dans la ville. Est-ce clair ?"

"On ne peut plus clair" fit l'Artiste d'un air exaspéré. Il n'aimait pas l'allure pressée de tous ces gens amassés autour de lui.

Le régisseur lui indiqua rapidement l'endroit vers lequel il devait se dépêcher d'aller. Dans la ruée, Andrew laissa ses feuilles tomber par terre par mégarde mais l'un des assistants les ramassa aussi vite qu'il le pouvait. L'Artiste finit par débarquer dans une pièce où se trouvait Maximilien ainsi que le patron de la chaîne télévisée. Le début de l'émission était proche, il était temps de montrer à Gotham City qu'Andrew Blake était le justicier le plus merveilleux qu'ils avaient connus ainsi que le plus performant, le véritable remplaçant d'un Batman à l'agonie.


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MessageSujet: Re: Emission Spéciale Sécurité (Théodora, L'Artiste, surprise)   Ven 19 Avr - 17:27

Je ne suis pas une journaliste télé, je ne l’ai jamais été. Je suis un chien de sang, un limier qui aime être sur le terrain, sur les scènes de crimes. Dans le vif de l’action. J’aime sentir que je joue un rôle dans les enquêtes que je mène, et pas juste que je suis une poupée qu’on habille joliment et qui est juste là pour décorer, peu importe qu’elle ait déjà dégoté de vrais scoops ou qu’elle se soit infiltrée chez l’un des plus grands criminels de Gotham. Je déteste jouer les potiches, c’est pour ça qu’en général, je tente d’éviter autant que possible les sujets mondains et autres ronds de jambe. Sauf que parfois, j’ai pas le choix. Et j’ai dû accepter de me faire tartiner le visage de fond de teint et de rouge à lèvres, et de voir ma crinière domptée en chignon pour pouvoir être libre le jour de l’anniversaire de mon fils. Tommy est trop important, et il mérite que je fasse quelques sacrifices, même si à chaque fois que je montre mon visage, je rends mes possibilités d’infiltration limitées.

Je me fais briefer par les assistants, et un envoyé de la mairie me précise bien que je vais être muselée tout au long de l’interview, que je ne pourrais pas dire tout ce que je veux. On verra bien comment les choses évoluent, mais une chose est sûre : je ne promets rien quant à l’issue de cette émission, et encore moins des questions à poser. Je ne suis pas là pour être complaisante, mais pour mettre le doigt là où ça fait mal, quitte à provoquer quelques démangeaisons.

Je monte donc sur le plateau, engoncée dans un tailleur, et les cheveux relevés en un chignon strict. La barbe. Je fixe un des techniciens qui me fait face dans l’ombre, et qui me fait le décompte sur ses doigts des secondes qui me restent avant de passer à l’antenne. J’inspire profondément, et c’est un sourire qui se veut naturel qui accueille mon arrivée à l’antenne.

Bonsoir chers télespectateurs, et bienvenue pour le débat télévisé qui accueille notre maire, Maximilien Shreck, ainsi qu’un justicier de Gotham : l’Artiste. Cette émission aura pour but de répondre aux questions que VOUS, habitants de Gotham, vous posez sur l’avenir de notre chère cité, ainsi que de faire le bilan sur le mandat de notre maire actuel. Vous pouvez les accueillir.

La caméra quitte mon visage pour accompagner l’entrée des deux invités, qui viennent me serrer la main.

Bienvenue à nos deux invités de la soirée. Sans plus attendre, je propose de passer directement aux questions. Dans un premier temps, si nous évoquions la sécurité au sein de la ville. Quel bilan pouvez-vous faire sur votre action pour assurer la tranquillité de nos concitoyens ? La nomination du Marshall et la transformation d’Arkham City en New Gotham n’ont pas fait l’unanimité. Qu’en dites-vous ?


HRP : Désolée pour le retard, j'ai eu un peu de mal à me mettre dans l'ambiance "débat" et à introduire la participation de Théa!
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MessageSujet: Re: Emission Spéciale Sécurité (Théodora, L'Artiste, surprise)   Sam 27 Avr - 12:17

L'antenne était lancée, à ses côtés Andrew, face à lui Théodora Wesson. La chaîne avait été extrêmement surprise de voir le Maire de la ville réclamer une journaliste peu habituée à la télévision pour mener cette soirée, mais ce que désirait Max Shreck, peu de gens lui refusaient, surtout que l'audimat allait être au diapason de leurs meilleures soirées. Son choix avait été difficile, mais il voulait frapper avec force, la plupart des écrits de cette journaliste étaient dans la lignée d'une adoration claire et nette des anciens justiciers, elle était dans la catégorie que ses conseillers avaient nommées : "hostile". Elle faisait les choux-gras avec des annonces qui remettaient en cause le pouvoir en place. En l'obligeant à suivre une ligne de conduite claire et précise quant à la tenue du débat le Maire pensait à juste titre pouvoir la museler, voir même l'obliger à compromettre son image et s'auto-détruire. Et si elle venait à dépasser les bornes, elle aurait le répondant de deux mastodontes.

Elle présenta brièvement les invités, Maximilien servit son sourire le plus poli et leva une main à pour saluer les spectateurs. Il se sentait comme chez lui. Ce plateau, toutes ces attentions, l'ambiance, le contrôle. Les gens croiraient sûrement à un direct authentique, il n'en était rien, tout était calculé, Shreck connaissait les questions et avait les éléments de réponse, tout était un simulacre commercial à quelques 300.000 dollars l'heure. Les premières questions fusèrent, le ton de la journaliste déplut au maire qui n'y fit rien transparaître. Il se redressa légèrement et passa une main sur son blazer.

- L'unanimité, dans un monde démocratique et républicain comme le notre est, je pense, à l'image de la pierre philosophale, prometteuse, riche d'enseignement philosophique, mais irréaliste et qui peut déstabiliser jusqu'au fondement même de notre monde. Savoir que mes décisions ne font pas l'unanimité n'est pas un problème, l'important c'est de savoir que la population qui cherche à s'y opposer utilise des arguments pour cela.

"New Gotham City était une étape essentielle puisque qu'il nous a fallu classer les individus qui y étaient et palier à certains débordements, je prend pour exemple la prise d'assaut du Musée que Oswald Cobblepot avait un temps employé comme repaire. Opération qui nous a permis de récupérer d'inestimables bien culturels. Savoir que des gens s'y sont opposés n'est pas surprenant puisque aujourd'hui encore beaucoup font l'amalgame entre New Gotham City et Arkham City. Ce qui, bien entendu est différent. Je me permet de croiser les réponses puisque ré-expliquer le fonctionnement de cette nouvelle cité répond à ce qui a été fait pour assurer la sécurité de chacun.

"New Gotham City, c'est tout d'abord, quatre zones, une zone d'habitation sécurisée pour les criminels repentant, une zone industrielle pour que les criminels en réinsertions travaillent, l'Asile d'Arkham pour y enfermer les criminels psychopathes et enfin Balckgate, zone de très haute sécurité de l'édifice pour les cas.... irrécupérables. C'est une cité qui s'auto-entretient et dont le plus grand coût fut la traque des criminels et leur enfermement dans les structures adéquates. Désormais cet établissement a fait son temps, la transition est terminée et il convient de le fermer étant donné sa sous-population carcérale, Blackgate et L'asile seront à eux seuls les garants de l'ordre dans cette zone de la ville. Le taux d'évasion de cette dernière est d'ailleurs quasi-nul.


Shreck fit une petite pause, le temps que son discours fasse son petite chemin.

- Le Corps des Marshall est, quant à lui, une force ponctuelle, chirurgicale, qui a pour but de tester un système d'action indépendant du GCPD. Les raisons à cela est naturellement la hausse drastique du crime et le besoin de la police conventionnelle à assurer l'intégralité de ses fonctions sans souffrir de ralentissement. La police, je le rappelle, traque le crime organisé, la délinquance, la circulation, le grand banditisme, soutient la fraude fiscale du FBI, aide l'État contre le terrorisme national, les faire affronter la super-criminalité en surplus revenait à diviser d'avantage ses forces. Il y a certes une brigade anti-crime pour ce genre de cas, mais rajouter des effectifs dans ce dernier revenait plus cher que de tester les Marshall, qui ont eut dans leurs premiers mois de francs résultats. A présent, je le reconnais, ce Corps s'est lentement retrouvé inactif de par le manque de coopération du GCPD avec ses forces, le manque d'information ayant joué en sa défaveur.


Cette fois-ci, mieux valait ne pas laisser de blanc entre ses déclarations.

- Mais il y a, dans notre ville, une réforme qui a porté tous ses fruits, et je parle naturellement du Corps des Justiciers d'État dont le Justicier L'Artiste ici présent en est l'un des membres les plus illustres. Je me permet de ne pas rajouter d'avantage de commentaire à ce sujet et lui laisse le soin de vous éclairer à ce propos, il vous parlera mieux que moi de son efficacité et de son fonctionnement.
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Andrew Blake/L'Artiste

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Vous à Gotham : Ancien commissaire de la ville. Possède une double identité en tant que justicier d'Etat sous le nom de l'Artiste et en tant que commissaire sous le nom d'Andrew Blake.
Citations : Chapeau, L'Artiste.

MessageSujet: Re: Emission Spéciale Sécurité (Théodora, L'Artiste, surprise)   Lun 6 Mai - 3:26

Le monde de la télévision était quelque chose qui rebutait totalement Andrew au fond de lui. Certes il aimait regarder les émissions ridicules sur sa télé quand il revenait de ses interminables rondes mais ce n'était pas pour cela qu'il rêvait d'être sur un plateau ridicule tel que celui-ci. Les effets lumineux éblouissaient ses vieux yeux tandis que les chuchotements du personnel sur le plateau l’agaçaient de plus en plus. Bordel, il pourrait être en train de faire son travail dans les rues au lieu de se faire pomponner pour fanfaronner devant le peuple de Gotham. De plus, on faisait bêtement croire aux citoyens que c'était un direct alors qu'il n'en était rien, c'était vraiment prendre le peuple pour des moutons... Tout cet univers n'avait que pour but au final de se faire de l'argent sur le dos de la populace, de plus la présentatrice semblait en plus complètement perdue. Non mais sérieusement on foutait quoi ici ? C'était une blague ? Où était la caméra cachée ? Andrew adorait les caméras cachées, ça le faisait toujours se bidonner comme un âne tard le soir ! Bref, l'Artiste ne pensait pas que le maire l'avait invité pour une farce de toute façon.

Une fois les projecteurs allumés et la caméra mise en marche, la journaliste se mit à l'œuvre, si on peut appeler ça une œuvre. Quand son nom vint à se faire citer, Andrew fit un geste de la tête ainsi qu'un petit lever de main pour montrer qu'il était "heureux" d'être là. La moitié des gens présents semblaient n'être venu que pour voir Maximilien faire son show habituel, c'était vrai qu'il le faisait bien lui au moins. La journaliste adressa directement ses questions au maire de la ville, ignorant complètement le vétéran assis à côté de lui. Andrew se sentit agacé, il aurait bien jeté son verre d'eau à la tête de cette fanfreluche si il pouvait mais il fallait garder les apparences correctes... N'empêche il retiendrait ce coups-là, ça se faisait pas d'inviter quelqu'un et de le laisser poiroter comme un débile dans un siège hors de prix bon dieu !

Shreck comme à l'habitude se débrouilla comme un chef, maniant l'art du discours comme une épée aiguisée. Il tailladait le plateau de ses paroles assurées. Son vocabulaire riche et varié servait à maîtriser les bas esprits, à leur donner l'impression qu'il était supérieur à eux, qu'il était vraiment là pour les diriger. Andrew fit l'effort d'écouter tout ce qu'il disait pour passer le temps mais c'était tellement long... Il aurait préféré une caméra cachée au final ! Au final, une fois le long speech de Maximilien terminé, il enchaîna par demander l'intervention du justicier sur le dossier des justiciers d'Etat, bordel il était temps.

L'âme revancharde et frustrée, l'Artiste esquissa un sourire cynique en direction de la journaliste puis regarda la caméra avant de prendre la parole. Elle allait pas s'en sortir comme ça, cette petite greluche hautaine sortie de son école coûteuse.


"Vous voyez Gotham, ce qui est fabuleux avec le maire ici présent, c'est qu'il sait absolument tout faire ! Non, je ne vous baratine pas, vous en avez la preuve en direct ne trouvez-vous pas ? Il est là, vous expliquant tout ce qu'il a fait pour garder votre intégrité et votre sécurité et en plus il fait le rôle de journaliste en me posant des questions. N'est-ce pas là la marque d'un grand homme je vous le demande ? Je remercie Maximilien pour me laisser la parole, preuve de son humilité débordante et de sa gentillesse infinie."

Andrew se redressa sur son siège tout en relançant un regard à la journaliste, signe qu'il n'avait vraiment pas apprécié être mis à l'écart.

"Le corps des justiciers d'Etat est une très belle structure pour ainsi dire. Je suis rentré dedans pour pouvoir servir de manière légale la sécurité de nos chers concitoyens de Gotham. Au service de la mairie, les gens comme moi ne manquent de rien. Je m'explique : nous avons tout d'abord un support logistique grâce à l'accès aux banques de données sur les affaires criminelles de la ville ainsi que les dossiers sur tous les criminels répertoriés jusqu'à aujourd'hui. Les affaires criminelles non résolues peuvent ainsi être prises en charge par nos services, comme j'expliquerai plus tard.

Pour assurer la sécurité en ville, je me dois de faire des rondes quotidiennes dans les quartiers les plus dangereux la ville. Ces quartiers sont les centres de la criminalité et je n'hésite pas à sauter à pieds joints dedans pour mettre un terme aux actions illégales pratiquées dans ces emplacements de la ville. Ainsi je peux vous dire que j'ai déjà effectué plusieurs travaux près des repaires de criminels connus tel que le Joker, les familles mafieuses ou encore les dealers de la ville. Je peux cependant être appelé à tout moment par la gérante directe du corps des justiciers d'Etat si des affaires plus importantes se présentent dans la journée, ou même la nuit.

Grâce à cette coordination entre la mairie et nos services, j'ai déjà pu agir à plusieurs reprises pour éviter le pire. Tout le monde se souvient de la juge Van Dorn ayant été kidnappée par l'horrible criminel qu'était Franck Morand. Grâce à la précieuse aide d'Aileen Finch, j'ai pu arriver à temps sur les lieux et sauver la juge en détresse tout en neutralisant la bande du criminel ainsi que lui-même qui fut rapidement renvoyé à l'asile. Pour vous montrer la dangerosité de l'homme, il était un dangereux cannibale, même si cela peut paraître hors du commun. Ne croyez pas que mon métier est de tout repos, plusieurs cicatrices sur mon corps prouve le contraire."


L'Artiste profita de l'occasion pour monter à la caméra une éraflure de balle sur son avant-bras ou encore une cicatrice de lame sur son torse. Il fallait montrer à la ville qu'il était le protecteur, la dernière égide contre la criminalité grandissante.

"Récemment, j'ai aussi pu résoudre une affaire irrésolue jusqu'ici en neutralisant une dangereuse secte de violeurs sévissant dans le parc de notre ville. Ces derniers s'étaient emparés d'une jeune femme et comptaient faire leur sale besogne sur elle mais je suis arrivé miraculeusement pile à temps pour les en empêcher. Malheureusement pour eux, ils ont riposté face à mes injonctions et se sont mis à me tirer dessus dans le but de m'abattre. Ce à quoi j'ai dû répondre avec le matériel que j'utilise, ce qui tua le groupe présent. Mes méthodes peuvent paraître brutales ou excessives mais je vous le promets : sans cela beaucoup de gens seraient déjà morts. Je ne pratique pas la loi du Talion, soyez-en rassurés mais si quelqu'un m'agresse ou riposte je me dois de les neutraliser avec le matériel à ma disposition qui bien souvent s'agit d'armes militaires. Je ne peux me résoudre à les neutraliser autrement, sous peine d'y perdre la vie.

J'ai aussi agi personnellement contre les odieux agissements de Charles Shreck, fils de notre maire. Une affaire triste mais qui montre l'énorme courage dont fait preuve notre maire pour montrer son engagement envers la ville. Le devoir d'un père fut accompli ce jour-là et je suis sûr, malgré ses remords sur l'état de santé de son fils, que Maximilien ici présent est fier d'avoir pu contribuer encore un peu plus à la sécurité de nos compatriotes Gothamites car n'oubliez pas : nous œuvrons pour votre sécurité et votre liberté !"


Andrew se tut juste après la fin de sa dernière phrase, la parole était maintenant à cette cocotte en face de lui. Elle arborait encore son sourire niais, ce qui ne faisait qu'énerver encore un peu plus l'Artiste.

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MessageSujet: Re: Emission Spéciale Sécurité (Théodora, L'Artiste, surprise)   Mar 21 Mai - 21:37

Dans son costume gris marron de journaliste de seconde classe, le génialissime Drury Walker trottinait en riant. Un large sac de sport pendouillait à son flanc et émettait à intervalle régulier un petit cliquetis métallique. Il y avait de cela quelques nuits, il avait pillé le Gotham Globe en quête d'une couverture médiatique pour son opération la Colère de la Mite, en vain, à croire que la faune médiatique de la ville cherchait à lui faire mauvaise presse par tous les moyens; cependant, un badge, obtenu à grands renforts de crochetage de tiroir métallique allait lui offrir l'occasion de passer à la télévision. Oui, lui, l'infâme enfant du mal, l'ultime rayon du Soleil sanglant du crime allait commettre un forfait devant la télévision du monde entier! Enfin, de Gotham et ses environs, ce qui était déjà bien pour une première fois.

Quittant le macadam recouvert de chewing-gum et de poussière, il entra avec une joie à peine dissimulée dans le hall d'entrée du Gotham News Network (GNN pour les intimes). Le portique de sécurité sonna lorsque passa le sac dans lequel il avait enfourné dans la plus grande panique son casque, qu'il allait oublier dans sa salle de bain (il l'avait briqué pour l'occasion). Il ouvrit à l'envie ce dernier, une explication déjà toute tracée dans son esprit pour justifier la présence de son attirail. Mais avant qu'il ne puisse en placer une, un garde lui lança:

- Vous devez être le journaliste pour l'émission pour enfant c'est ça? Allez, ça va, troisième étage, studio 4. Je crois qu'ils attendent ce costume depuis longtemps, comment la séance de photographie s'est passée?

La bouche grande ouverte, l'œil gauche sautillant derrière les larges lunettes qu'il avait cru du meilleur goût pour son "costume de scribouillard des années 80", le criminel ne sut trop quoi dire. En équilibre statique entre son orgueil qui hurlait et son instinct de criminel qui voulait saisir l'occasion pour passer sans provoquer une émeute, il fit un effort surhumain (ou surmitain pour les plus férus de néologismes) pour étirer un large sourire sur son visage.

- OU....oui....hin hin hin, ricana-t-il avec la force du désespoir en refermant son sac. La séance photo oui...Elle s'est... bien déroulée.

Mais sitôt passé, il commença à rire de son rire le plus diabolique dans le couloir qui menait à l'ascenseur, attirant sur lui les regards intrigués de secrétaires en pleine pause café. Arrivé au troisième étage, il s'enferma dans les toilettes pour hommes et ouvrit son sac. Heureux comme un Dieu. Son plan était parti sur d'excellentes bases. Il se déshabilla, extirpa son costume et l'enfila. Il déplia difficilement sa paire d'aile et ne put pleinement leurs donner forme qu'à grand renfort de repassage avec l'avant-bras droit. Il les attacha avec son habituelle maladresse et quelques gémissements qui, en temps normal (comprenez ailleurs que dans des latrines) n'avaient rien de préoccupants. Lorsqu'il ouvrit la porte, il découvrit un employé qui se tenait devant un lavabo et l'observait comme un demeuré. Un blanc s'intercala entre les deux individus qui se regardaient, l'un gêné, l'autre perdu dans les méandres de son imagination.

- Euh... commença la mite prise au dépourvue.

- Vous savez, chacun supporte la pression comme il le peut, commença l'employé avec le ton de celui qui se veut conciliant mais qui se parle plus à lui qu'à vous. Moi c'est les prostituées par exemple, c'est pas toujours facile de porter un costume et de faire rire les enfants. Les gens vous comprennent pas lorsque vous en parlez, ils pensent que vous êtes toujours heureux, mais les femmes...

La voix tremblotante du comédien pour enfant montrait la profonde détresse de l'individu. La mite tueuse, plongée dans la perplexité la plus totale se demandait ce qui se passait.

- Vous devez être le nouveau.... reprit-il en respirant un grand coup comme pour se rattraper à la réalité.

Il s'avança, posa une main conciliante sur l'épaule de Killer Moth et lui lança.

- Courage, des jours meilleurs viendront.

Ne comprenant pas trop la situation, Drury hocha du casque lentement et remercia d'une petite voix l'individu au bord de la rupture nerveuse. Il sortit doucement des toilettes laissant le comédien un instant seul devant la glace à se répéter que des jours meilleurs viendraient. Il se dépêcha ensuite de trouver le premier local de maintenance, ouvrit sa porte et empila de quoi lui permettra d'atteindre le faux plafond. Il savait que le plateau de l'émission spéciale sécurité n'était pas loin, il avait eu du mal à trouver les plans des locaux pour préparer son opération, tellement qu'il ne les avait finalement pas trouvé et qu'il avait dû voler un plan d'évacuation au détour d'un couloir. Ricanant de plus belle, il se hissa dans l'enchevêtrement complexe de tuyaux et de câbles électriques. Il rampa prudemment le long des poutres métalliques et bétonnées qui tenaient le tout, prenant bien garde à ne pas transpercer une planche tendre de plastique bleu qui illuminaient les couloirs et les salles.

Il faisait chaud là dedans. De temps en temps il se cognait contre un affaissement idiot de béton et geignait. Certains employés crurent même entendre des jurons depuis la sortie d'aération qui surplombait la machine à café. Killer Moth se rendait compte qu'il était tout seul pour cette vaste opération militaire, l'un de ses moths devait accompagner sa fille chez le dentiste, un autre avait rendez-vous chez le coiffeur, un autre devait accompagner sa sœur à Boston, l'avant-dernier organisait une œuvre caritative d'une fondation Wayne et enfin le dernier avait une mauvaise grippe, Drury lui avait d'ailleurs donné de l'argent pour qu'il puisse aller chez le médecin sans mutuelle, depuis trois mois d'activité dans le moth-gang, il ne lui avait toujours pas donné ses coordonnées pour qu'il puisse en faire une, alors il avait fallu trouver une autre solution. Il tourna à droite là où il devait tourner à gauche et retint un gloussement de satisfaction en entendant "Attention, silence sur la plateau". Il entendit la ritournelle du début d'émission. Son cœur le pinçait, c'était son heure de gloire!

A la première voix qui survint du plateau, il sauta du faux-plafond, le traversa et se réceptionna maladroitement sur un canapé jaune et bleu avec des motifs de fleurs rouges. Il tenta de se rattraper à des rideaux fushia et s'écroula sur une table basse jaune fluo qui se démonta sans demander son reste. Il se releva comme si de rien n'était et pointa un doigt inquisiteur dans le lourd silence interrogatif du plateau. Une prit une grande inspiration et s'arrêta net. Autour de lui, un homme dans un déguisement de monstre bleu tenait une pile de courrier vraisemblablement délivré par un autre comédien déguisé en héron violet avec une casquette de facteur. La musique composée au xylophone et à la flûte à bec baignait la scène dans un halo de franche camaraderie.

- Super entrée, lui chuchota l'acteur en costume bleu.

De l'autre côté du plateau, le régisseur feuilletait avec ses assistants le script de l'épisode du jour tandis que les cadreurs se demandaient s'il leur fallait continuer à filmer. Dans l'interrogation générale, une costumière défaillit en voyant l'insecte qui venait de débarquer et le réalisateur de l'épisode, complètement bousculé par l'horaire fit signe au comédien principal d'improviser.

Toujours en train de se demander où était la journaliste et les grands écrans qui devaient diffuser des morceaux de reportages, Killer Moth se fit aborder par une peluche bleue à voix fluette alors que l'air conditionnée faisait vibrer ses ailes oranges. La vie de Drury trouvait ici un magnifique résumé.

- Bonjour mon ami ! Il agita les bras comme s'il saluait un ami situé cent cinquante mètre plus loin, le héron fit de même à grand renfort de "couinc couinc". Mais dis-moi, d'où viens-tu comme ça?

- Du plafond, répliqua Drury avec un couinement qui aurait fendu le cœur d'un enfant.

- Pourquoi ne te présentes-tu pas à tous nos amis qui nous regarde madame la....euh...

- Je suis une mite....


- OHHHHH, fit le monstre bleu en se penchant en arrière, une mite! Mais que c'est meugnon tout plein!

- Mais pas n'importe quel mite! hurla le criminel qui commençait à trouver des rails sur lesquels faire glisser ses idées. Je suis Killer Moth, le grand, le puissant! L'invincible! Je suis la mite Maîtresse du mal!

Autour de lui les équipes techniques commençaient à s'agiter, personne ne savait d'où se guignol sortait mais tous se faisaient une idée claire quant à où il finirait. Le régisseur ordonna que l'on rameute la sécurité.

- ...je...je... continua-t-il en regardant les portes se verrouiller au fur et à mesure. JE dois partir...euh...

Il tourna sa tête vers la grande banderole où était inscrit "Le Joyeux Monde de Halfie et ses Amis". Diantre, cette émission passait toujours?

- Je dois partir mon cher Halfie, car.... on m'attend ailleurs.

Puis il commença un sprint vers la porte de sortie qui n'était pas encore fermée derrière lui la voix fluette d'Halfie qui tantôt pleurait dans les toilettes lui lança un joyeux "Au revoir mon amie! Et à bientôt!". Une assistante voulut le contraindre à l'arrêt. Avec une violence que seuls les êtres désespérés développent, il éjecta la jeune femme sur le buffet de café et de thé bouillant, ce soir les technicien du Joyeux Monde allait avoir un hurlement à désincruster de la bande sonore. Un perchiste qui se reposait s'arma un balais pour essayer d'empêcher une gigantesque mite colorée de quitter le plateau. Sans réfléchir, Drury se saisit d'un escabeau qu'il lui envoya en pleine tête. Son adversaire s'écroula mais avec sa vitesse il rentra de plein fouet dans la trajectoire du criminel. Le balais que firent les deux hommes fut remarquable de par la splendeur du jeté final. Alors que l'on chuchotait des ordres et des menaces Killer Moth parvint à atteindre le couloir, laissant derrière lui le corps inanimé d'un homme qui avait tour à tour embrassé un marche-pied et un casque métallique vert fluo.

Claudiquant après le choc, la mite du mal se traîna dans les couloirs jusqu'à atteindre un endroit relativement sûr: un placard à balais, il attendit deux minutes en reprenant son souffle. Il entendit alors passer dans le couloir deux assistants qui parlaient de l'émission sur la sécurité. La cible était à proximité hin hin hin. Massant sa cuisse douloureuse, il fut vigilant au moindre élément que lui apprirent les deux pipelettes masculines. L'émission avait lieu à l'autre bout de l'étage plateau 6, le papier toilette noir du Killinger's Department Store est chic mais franchement pas pratique et il vaut mieux asperger ses verres recouverts de calcaire avec un mélange ciron/vinaigre plutôt que de les frotter.

Après une petite œillade pour vérifier que personne ne viendrait le déranger, la mite la plus euphorique du monde s'attela à rejoindre le théâtre des opérations. Elle marchait vite, courant presque et allait bientôt rejoindre le Nirvana. Ne rencontrant aucun chariot à café sauvage ni aucune secrétaire dopée à la caféine qui aurait pu lui foncer dedans, il arriva à vue du plateau, poussa la poignée et se cogna contre elle en voulant pousser. S'il avait tenté de tiré, l'opération eut été un succès. Au lieu de cela, il se décida à passer par une porte dérobée qui donnait derrière le décor en carton et en bois. La journaliste venait de reprendre la parole, il allait lui faire payer la réplique qu'elle avait plutôt dans le mois osé lui couper. Il prit son élan, il entendit un ordre de s'arrêter chuchoté par un décorateur qui tenait un câble mais ne l'écouta pas.

Une réplique peinte de la Wayne Tower fut alors littéralement traversée par l'annonciateur d'un invasion spectaculaire d'insectes: l'impérieux Killer Moth! Il hurla sans évaluer la situation.

- Trrrrrrrrreeeeeeeeemblez Gothamites! Car bientôt vous connaîtrez la CooOOOOOoooolère de la MIIIIIiiiiIIIIte! Moi, le GRAND Killer Moth, je vous condamne!

Trois heures de répétitions devant le miroir.

Puis il observa autour de lui. Bien, miss Wesson était là et... et il sursauta en voyant le Maire avec le Justicier d'État dont on arrêtait pas de parler. Qu'est-ce qu'ils faisaient là ceux-là? Qu'importe, il ne devait ni reculer ni vaciller, il en avait trop vécu et entendu aujourd'hui pour s'arrêter maintenant et partir avec un "Oh mince alors, le Joyeux Monde de Halfie c'est de l'autre côté? Désolé m'sieurs dames". Son index tremblotant les pointa aussi glorieusement qu'il le put. Et de son autre main il dégaina son arme à feu peinte en vert et violet. La moindre tension pouvait à présent faire vaciller la balance en défaveur du moth-gang...enfin, de son plus illustre représentant.

- Pas un geste ou je vous fais....très mal...


"Très mal" était l'expression juste.....
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Andrew Blake/L'Artiste

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Vous à Gotham : Ancien commissaire de la ville. Possède une double identité en tant que justicier d'Etat sous le nom de l'Artiste et en tant que commissaire sous le nom d'Andrew Blake.
Citations : Chapeau, L'Artiste.

MessageSujet: Re: Emission Spéciale Sécurité (Théodora, L'Artiste, surprise)   Ven 24 Mai - 2:36

Bon dieu ce plateau était chiant. Cette émission était chiante, cette présentatrice était chiante, ce public était (ultra) chiant ! Bref, tout avait été réuni pour faire un condensé de chiantisme maximal. Bordel, ce n’était pourtant pas dur de faire ressembler ce show à un truc palpitant ! Il aurait juste fallu demander à Andrew de se faire filmer pendant une de ses activités et là Bam ! Le public serait déjà en train de scander le nom de l'Artiste dans tout Gotham ! Peut-être même les femmes montreraient leurs seins au passage du vieux ! C'était peut-être un peu excessif ça... Mais ça ne détournait pas du problème principal : qu'était donc allé faire Andrew dans cette galère ? Parce qu'en plus de devoir faire semblant d'être à fond dans le débat, il devait supporter cette espèce de poudre dégueulasse sur son visage pour ne pas luire devant les caméras, tata Artiste était dans la place les enfants, manquait plus qu'une bonne dose de mascara sur la gueule pour le nommer œuvre de Picasso !

La journaliste continuait de plus belle à lire le script sur le projecteur, interrogeant de nouveau le maire sur des conneries insensées dont il n'en avait sûrement rien à foutre. C'était quand même pas dur de comprendre que cette vieille fripouille n'était là que et bien QUE pour avoir des votes pendant l'élection prochaine ! C'était tellement énervant qu'Andrew avait presque envie de prendre un panneau en carton et de noter dessus avec une flèche vers Maximilien : Ce type s'en branle de votre émission de merde pourave ! Il veut juste que vous votiez pour lui bande de ploucs accro aux émissions de merde.

Au final, l'Artiste patienta en faisant une terrible bataille de pouce sur sa chaise qui se conclut par la victoire du pouce de la main gauche, écrasant fièrement le pouce de la main droite tel David contre Goliath. D'un coup d'œil, il jeta un regard dans les coulisses où il voyait un des organisateurs s'agiter avec un garde de sécurité. Apparemment il y avait dû avoir une merde sur un autre plateau, qui sait peut-être qu'un pervers était apparu à poil sur un plateau d'émission pour enfant ? À Gotham tout était possible et même plus encore. Et puis de toute façon les émissions pour enfant de servaient qu'à les lobotomiser un peu plus, au grand plaisir de l'Oncle Sam les enfants ! Applaudissez la société de consommation et plus tard quand vous serez adolescents, vous vous branlerez ardemment sur des pinup aux seins tellement gonflés par le silicone qu'au simple toucher, ils explosent !


*Je m'emmerde, je m'emmerde, je m'emmerrrddeeeee...." chantonna Blake dans sa tête, un sourire aux lèvres.

Et puis vint l'instant de libération ! En plein milieu du discours débile et faux de la journaliste, un espèce d’olibrius déguisé en insecte. Pendant quelques instants, tout le plateau resta muet face à l'entrée fracassante de "La colère de la mite". Tous les regards fixèrent immédiatement l'invité surprise, même les caméras dans un réflexe. Personne ne comprenait trop bien ce que ce plouc venait faire dans une émission aussi sérieuse mais la foule commença à entrer en panique quand "Monsieur Mite" sortit son pistolet bariolé dégueulasse et commença à le pointer vers le maire et le justicier d'Etat. Le direct fut tout de suite coupé pour laisser place à un panneau "Dérangement" sur les télévisions du peuple.

Maximilien regarda dans les yeux son fidèle partenaire dans un regard étonné, de manière à savoir si Andrew connaissait ce type mais ce dernier haussa les épaules en signe de réponse. N'empêche, il avait quand même une arme et la foule commençait à gueuler de plus belle, c'était mal parti pour raisonner les gens. Il fallait occuper l'homme assez longtemps pour permettre à tout le monde de déguerpir avant qu'un geste regrettable arrive. Cependant, Andrew ne put se contenir plus longtemps et s'écroula de rire face à l'allure grotesque du criminel en face de lui. Le cameraman tourna son engin de nouveau vers le justicier qui se bidonnait, d'ailleurs que foutait-il encore là lui ?


L'Artiste tapa sur l'épaule du maire dans sa frénésie humoristique puis se calma en essuyant les petites larmes qui coulaient de ses yeux. Il souffla quelques instants puis se remit à rigoler d'un rire nerveux avant que le maire lui donne un léger coup de chaussure de manière à lui montrer qu'il devait agir. L'imposant colosse obéit donc et se leva de sa chaise pour se mettre en face de la mite. Il mesurait une tête en plus que le terrible insecte et était deux fois plus épais, pas de bol pour lui.

"Sérieusement coco, qu'est-ce que tu fous là ? Allez, pose cette arme et on va boire un café ensemble après. Je ne peux pas me résoudre à te faire du mal, tu t'en fais déjà assez à toi même, non ? Ce que je te propose, c'est que tu ranges ton fusil comme les miens sont rangés et qu'on laisse partir tut le monde." fit l'Artiste d'une voix enfantine pour guider le criminel qui ne semblait pas vouloir lâcher son arme. "Bon ok, t'es peut-être pas aussi rigolo que t'en as l'air, peut-être même que tu as lamentablement rater ton coup mais ça arrive même aux meilleurs non ?"

Andrew glissa légèrement sur le côté pour détourner le regard de Moth de la chaise du maire. Le criminel, qui ne semblait pas très futé et surtout très stressé, le suivit, toujours l'arme pointée vers son torse. Blake ne pouvait pas se résoudre à juste tirer une balle dans le pauvre bougre, il avait une caméra toujours pointée sur lui. Ça pouvait créer une mauvaise pub pour Shreck et encore plus pour lui de montrer tant de violence à la brave population gothamite. Il fallait le neutraliser autrement mais comment ? C'était toujours tendu de devoir moraliser les perdus dans son genre, il pouvait tirer à tout moment en plus. Surtout si il continuait à garder son doigt tremblant sur la gâchette de cette arme.

"Il n'y a pas de raison de paniquer, Monsieur Mite" dit-il en essayant de ne pas retomber dans un fou-rire incontrôlé. "Nous n'allons absolument pas vous faire du mal, soyez-en certain. Des gentils policiers vont vous ramener chez vous et vous allez vous reposer tranquillement, vous avez l'air d'avoir perdu les boulons à cause de la fatigue non ? Allons, allons, lâchez-moi cette arme et je viendrai vous voir chez vous demain, quand tout sera calme de nouveau."

C'était tellement ridicule que même la voix d'Andrew semblait fausse quand il disait ça. On aurait dit une institutrice qui disait à un gosse de sa calmer après une crise de nerfs. Et en plus rien ne marchait, ce type était tellement débile qu'il ne semblait rien comprendre à ce qu'il se passait autour de lui. Bordel, avait-il au moins réfléchi à où il devait faire son coup ? Y'avait plein de plateaux dans ce putain de bâtiment et il fallait qu'un malade soit tombé pile à l'heure de la conférence ! Cette ville était une vraie plaie à force d'avoir autant de zoulous timbrés. Et en plus le cameraman et le maire était encore là à se demander si ils pouvaient bouger, le public avait déjà décampé par la porte de secours depuis des lustres.

"Bon maintenant ça suffit, tu me lâches cette putain d'arme ou je passe aux choses sérieuses et ça risque de pas te plaire mon ami. On ne vient pas sur mon plateau télé foutre le bordel à côté de mon maire sans s'en sortir indemne ! Même si on est la plus terrible mite de Gotham !" gueula Andrew en direction du criminel qui stressait encore plus.
"Ouais, enfin bon c'est quand même notre plateau et notre maire aussi hein..." riposta le cameraman.
"Toi, tu la boucles. Et puis fous le camp, tu fais chier avec ton engin de merde !" fit Andrew en le pointant du doigt comme un malpropre. "Et vous Maximilien allez-vous mettre en sûreté, je me charge de tout."

Le maire se leva doucement et calmement de sa chaise avant de reculer. La mite ne semblait pas savoir si elle devait pointer le maire ou le justicier de son arme mais dans la peur, elle resta braquée sur le colosse tout en pointant son regard vers les deux hommes qui quittaient la pièce. Tragédie pour un criminel qui comptait faire une grand coup en apparaissant sur un plateau télévision de tomber face au justicier à la mode en ce moment.

"Bon on est plus que toi et moi, alors on fait quoi ? Tu pointes ça sur moi depuis dix bonnes minutes et je t'avoue que ça commence à me faire chier. Peut-être que tu l'as même pas encore chargé au vu de ton allure d'ahuri. Allez pose-moi ça et fous le camp presto."

La dernière injonction fut de nouveau ignorée par l'homme. L'Artiste ne pouvait plus se contenir, il sortit un de ses flingues et le pointa droit sur le criminel en guise de réponse. Ce dernier ne sut toujours pas quoi faire dans la panique. Tirer ou ne pas tirer, tel était la question.

"Je t'avais prévenu, il faut arrêter de jouer à partir d'un moment mon gars. C'est pas un jouet que t'as dans tes mains, contrairement à ton masque."

La tension était à son comble, tout pouvait basculer d'un moment à l'autre. Killer-Moth pouvait toujours tenter une glorieuse course poursuite dans le bâtiment en dernier recours mais pour le moment, il était juste sur le point de se faire trouer de balles par le justicier le plus violent de la ville.

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MessageSujet: Re: Emission Spéciale Sécurité (Théodora, L'Artiste, surprise)   Lun 27 Mai - 22:17

Shakespeare disait: "Le monde entier est un théâtre, Et tous, hommes et femmes, n'en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles." (c'est naturellement la version traduite et recyclée au fil des bouches à oreilles depuis le 17ème siècle), le problème c'est que le dramaturge était habitué aux personnages dont la durée de vie était au mieux de 5 actes (et encore, pour les plus résistants), soit cinq incandescences de bougies. Lorsque Drury posa ses bottes colorées sur la plateau, la cinquième bougie qui éclairait le grand livre de sa vie avait entamé sa combustion et étonnamment, le comportement du Justicier avait eu un effet d'un lance-flamme sur la pauvre composition de cire. Le rideau était sur le point de se baisser, comme le voile noir qui passa sur le regard du criminel lorsque le Justicier dégaina une arme. Diantre!

Oui, Drury sentit dans l'ordre suivant :
1- l'excitation de la surprise,
2- la joie du silence,
3- la vexation du rire,
4- l'humiliation du dialogue,
5- la colère de cette non-reconnaissance
6- le dépassement lorsque les gens commencèrent à parler entre eux,
7- l'incompréhension lorsque le Justicier donna des ordres
et enfin
8- la consternation lorsqu'il mit bout à bout tout ce qui venait de se passer.
Et le tout en assez de temps pour que son infiltration digne des grands James Bond finisse en braquage à la Mexicaine. Lui, le frêle insecte qui tremblait encore de l'émotion d'avoir réussit à tenir des caméras qui n'étaient pas les siennes sur lui plus d'une minute tremblait désormais face au terrible Justicier d'État qui semblait ne pas être aussi fin que son surnom le laissait présager. Pendant ce temps, la bouche de Drury avait effectué un nombre d'ouvertures et de fermetures sans émettre un seul son qui aurait pu lui valoir les félicitations d'un jury olympique.

ça sent l'ampoule de 2000 Watt tout ça! Mais qu'est-ce qu'il fiche sur un plateau télé avec une arme, a-t-on idée de laisser entrer de tels dangers dans des lieux comme cela? Alors comme ça il va se charger de tout? De tout hein? Il va voir ce qu'il va voir, ce soir je le rajoute sur la liste du carnet rouge hin hin hin, il fera moins le malin. Il faut que...

Sa bouche s'ouvrit....

"...allure d'ahuri.."

.....et se ferma une nouvelle fois.

Ses yeux commençaient à chercher une issue, autour de lui les gens quittaient le plateau, sa seule chance d'éviter de finir en porte-clef pas cher pour l'armoire à glace qui le tenait en joue sortaient à grand pas en claquant les porte derrière elle. Il fallait agir, mais avant, un discours! Oui, tout se dessinait dans sa tête, il lui dirait qu'il n'était qu'une grosse ruche de muscle enfermant un cœur noble et que jamais il ne pourrait lui tirer dessus. Il lui dirait qu'il ne pouvait rien contre l'inéluctable supériorité de la mite, que son rire n'était que le reflet de sa peur et qu'il extériorisait comme un oie jactant la terreur primaire qui noyait son être à la vue d'un prédateur de la pire espèce. Il lui dirait qu'il savait pertinemment qu'il ne tenait pas une banne mais une arme à feu et qu'il comptait lui perforer le ventricule gauche et le droit s'il en restait quelque chose dans la volée! Il lui dirait que son masque était très beau et qu'il était franchement mieux qu'une peau tombante montrant un âge avancé de consommateur d'eau de Cologne! Oh, ça c'était bien il fallait qu'il la lance.

Puis il regarda son ennemi droit dans les yeux.

- Nul n'arrête la mite! déclara avec célérité la mite en replongeant par le trou qu'elle s'était faite en arrivant.

L'instinct est quelque chose de vraiment merveilleux.

Son pied se prit dans un autre pan de tissu et arracha un peu plus le panorama de Gotham. Comprenant qu'il n'aurait pas une grande protection derrière un bouclier essentiellement fait de papier et de bois dernier prix, la mite commença une course accroupie et se jeta sur la porte qu'il avait emprunté pour entrer. Ironie du sort. Il y avait dans le couloir encore peu de garde, mais beaucoup de techniciens qui ne comprenaient pas bien la situation. C'était le moment pour lui de faire, malgré la panique qui agitait son cœur, une chose qu'il avait toujours rêvé de faire. Il pointa son arme en l'air toujours en pleine course et tira en hurlant.

- Que personne ne bouge! Les bras en l'air! Tous à Terre!

Il sema un peu plus de panique, la moitié des gens s'immobilisèrent et l'autre se jeta à terre, tantôt en levant les bras, tantôt en se cachant le dessus de la tête, c'était comme une partie de twister géant. En ricanant Killer Moth arpenta au petit trot un couloir, n'oubliant cependant pas qu'il avait une menace grosse comme deux fois lui et avec un passif cent fois plus important que le sien qui lui courait sûrement après. Profitant d'une porte à double battant frappée d'un joyeux "4" grande ouverte, Drury entra. Une abominable odeur de grillade et de cuisine à l'oignon lui agressa le nez. Pouah, mais quelle horreur! Faisant fi des conditions de fuites lamentables, il écrirait à l'occasion une plainte à ce sujet, il continua à progresser au milieu de perchistes et de techniciens tous dotés d'un casque sur les oreilles; ils n'avaient sans doute même pas entendu les coups de feu.

Sur le plateau, un dénommé Simon leur montrait comment faire un splendide homard trois saveurs exotiques avec du lard, des échalotes et beaucoup de beurre. Le réalisateur de l'émission qui semblait crever d'ennui sur son siège se leva d'un bond en voyant passer devant lui une mite multicolore qui fonçait à présent vers le plateau. Il voulut hurler des ordres, mais personne ne l'entendit sauf Simon qui leva la tête, juste à temps pour voir un abruti d'animateur pour enfant se prendre les pieds dans les câbles d'une caméra, virevolter tels une toupie psychopathe avant de finir la tête la première sur son plan de travail. Un caméraman hurla pour sa caméra qui répandait des petits arcs électrique alors que son objectif tournoyait joyeusement. Le réalisateur hurlait toujours quant Killer Moth se relevait. Il avait perdu son arme, mais il lui restait toujours de quoi se protéger. Il se releva de sa position avec d'amples mouvements des bras et renversa la marmite dans laquelle rosissait un homard. Le présentateur de l'émission poussa un petit cri.

- Mais que quelqu'un m'arrête cette saloperie!!!! beugla le metteur en scène.

- Ha ha, mais que nenni, répliqua le criminel ne manquant jamais une occasion de se taire, la mite se nourrit de ce genre d'ordre, elle se délecte de la déconfiture de ses ennemis hin hin hin! A la revoyure minables marmitons!

Il voulut s'en aller avec panache et glissa sur le bouillant bouillon qu'il avait lui-même renversé. Il s'ébouillanta dans le feu de l'action une cuisse et se dirigea vers une porte exactement opposée. Lorsqu'il l'ouvrit il tomba tout droit sur un autre plateau, décidément, il n'y avait que ça ici. Mais cette fois-ci, il avait de quoi faire! Hou hou hou, hin hin hin! Un présentateur neurasthénique présentait avec une voix monotone différente arme du Moyen-Âge et pour l'occasion le plateau était entouré de râteliers d'armes, épées, bouclier, haches, boucliers et Morgenstern, autant d'arme à sa disposition qu'il ne savait pas utiliser, mais que diable, l'occasion était trop belle! Il empoigna une épée à deux dans l'élan de sa course et renversa son râtelier dans le plus grand fracas. Avec l'inertie de son mouvement il tournoya, lame parfaitement perpendiculaire à lui, ses deux bras tendus prêts à se détacher. Le présentateur se jeta à l'extérieur du plateau et la lame passa à juste au niveau de ses chaussures. Enfin elle rejoignit l'encadrement de la porte qu'il avait utilisé pour entrer, il fallait juste espérer que personne ne cherche à passer au même moment...
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Andrew Blake/L'Artiste

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Vous à Gotham : Ancien commissaire de la ville. Possède une double identité en tant que justicier d'Etat sous le nom de l'Artiste et en tant que commissaire sous le nom d'Andrew Blake.
Citations : Chapeau, L'Artiste.

MessageSujet: Re: Emission Spéciale Sécurité (Théodora, L'Artiste, surprise)   Sam 1 Juin - 1:56

Situation ridicule voire médiocre, il n'en fallait pas moins pour réveiller en Blake son sentiment d'amusement. Ce n’était pas tous les jours que dans un show barbant, de plus auquel on participe, un homme déguisé en insecte se pointait pour faire son cinéma. Gotham était une ville qui ne cessait de donner des nouvelles perspectives amusantes à l'Artiste. Des cannibales, des violeurs, des clowns ou encore des mites, cette ville renfermait des spécimens divers et variés de malades mentaux qu'on laissait dans la nature. Au final, on pouvait presque dire que Gotham City était une réserve naturelle de fous, une véritable jungle remplie d'animaux ô combien farfelus mais à la fois tellement intéressant ! Surtout celui en face de lui, il battait les records au niveau cote de ridicule assumé.

Une réplique toujours aussi fleurie fut sortie par Insecte man pour débuter le commencement de sa fuite endiablée. Il était depuis à peine dix minutes sur le plateau qu'il tentait déjà de s'enfuir ? Ce n'était vraiment pas sympa, surtout venant d'un homme avec un costume aussi exotique ! Bref, Andrew se demanda tout d'abord s’il ne devait pas le laisser fuir, après tout un singe comme ça - une mite plutôt - ne pouvait pas causer plus de dégâts qu'il avait déjà fait. Et puis il était tard et le vieux justicier pensait sincèrement à faire autre chose que de se lancer dans une course façon Benny Hill avec un timbré déguisé en insecte, par pitié qu'il se prenne les pieds dans un câble et que la sécurité s'en charge...

Un coup de feu fit cependant changer d'avis l'Artiste. Bon, il avait eu tort, la débilité intrinsèque à ce pignouf battait des records. Il aurait juste pu se contenter de courir vers la sortie mais non, il fallait qu'il tire comme un singe dans la foule pour faire son petit effet. Après un soupir, le vieux se mit en route par le même chemin qu'avait emprunté Killer Moth. Sa large carrure déchira un peu plus le paysage au passage, ce n'était qu'un petit prix à payer pour l'arrestation de ce - dangereux - criminel. Dans le couloir, c'était la pagaille. Des femmes criaient, des hommes essayaient de se rassurer entre eux. Un agent de sécurité venait d'arriver en même temps que le justicier suite aux coups de feu.

"Qu'est-ce qu'il se passe ici ?" demanda le garde rapidement en s'approchant d'Andrew.
"Vous vous faites jamais briefé ici ? Y'a une de vos mascottes qui est devenue folle je pense. Un mec déguisé en mite qui tire partout et dit n'importe quoi, la banalité quoi. Pas trop de dégâts ici ?" répondit l'Artiste en prenant son temps, après tout la mite pouvait attendre.
"Bah y'a Willy en haut, un de nos cadreurs, il s'est pris une balle de flingue dans les fesses. Je suis descendu voir ce qu'il se passait mais maintenant que je vous vois, vous allez gérer ça hein ?"
"J'ai pas trop le choix, du moins je pense." fit Blake en baillant.
"Oubliez pas, pas de coups de feu parce que y'a plein de gens qui travaillent ici. On a déjà un mec qui va passer son mois assis sur un coussin spécial à cause de ce malade, pas besoin de deux."

L'Artiste se contenta de faire un geste des épaules pour montrer qu'il en était complètement indifférent. Il rangea son pistolet dans son étui puis continua en marchant calmement sur la route tracée du terrible insecte. L'Artiste arriva en plein milieu d'un show culinaire des plus plaisants. C'était la fameuse émission de Simon, le chef cuistot ! Blake adorait regarder cette émission avant d'aller se coucher, c'était une des seules qui attirait son attention de consommateur primaire de la société. L'animateur de l'émission était en train de jurer de tous les noms suite à l'intervention de la mite, apparemment elle avait fait des dégâts dans le matériel. Une caméra était dans un piteux état mais bon, pas de quoi faire une crise de nerfs après tout. Vu le nombre de fric que gagnait la société, une caméra n'était qu'une broutille au vu de la voiture de luxe avec laquelle roulait le directeur. Il n'empêche qu'à la vue de l'Artiste, l'animateur tapa dans ses mains de bonheur puis s'approcha de lui le sourire aux lèvres.

"Ah vous voilà vous ! Pas trop tôt ! Y'a un malade déguisé en clown qui vient de débarquer sur le plateau et de foutre le boxon !" se dépêchât-il d'informer le justicier complètement indifférent.
"Je pense que c'est un costume de mite personnellement, mais je fais juste que dire..."
"C'est pas important" répondit l'animateur d'un grand geste des bras. "Il est venu pour manger la confiture de ses ennemis, c'est lui qui l'a dit ! Je sais pas quel genre de fou il est mais il vaut mieux l'arrêter tant qu'il est encore temps ! Putain en plus y'a un des homards par terre ! THIERRY ! RAPPORTE UN HOMARD POUR SIMON PUTAIN !"

Pendant que toute la foule s'activait, l'Artiste s'approcha discrètement de Simon. Car Simon dans sa main tenait un plat de homard préparé et Andrew par l'odeur alléché lui tint à peu près ce langage :

"Bonsoir Monsieur Simon, je sais que je suis sensé attrapé l'autre taré mais votre plat m'a l'air succulent. Je peux goûter vite fait pendant que les caméras sont coupées ? Je rêve de manger une de vos préparations depuis longtemps !"
"Oh mais bien sûr ! Je fais ça pour ceux qui me regardent après tout, non ? En plus le justicier d'Etat à la mode ! Quel honneur !" répondit Simon en souriant. "Mais faites attention ! Quelque chose me dit que mes plats me feront diriger Gotham un jour ! Ah ah !"

Andrew se dépêcha de prendre un couteau et une fourchette pour prendre une bouchée de ce fabuleux plat et c'est à ce moment-là que ses papilles explosèrent de saveur. Ce homard était tout bonnement succulent ! Le lard et les échalotes se mariaient parfaitement à la pauvre bestiole. L'Artiste mit bien trente secondes à avaler sa première bouchée, il voulait contenir le plus longtemps possible toutes les saveurs contenues à l'intérieur. C'était si rare pour lui de manger ça, il était beaucoup trop habitué aux boîtes de conserve dégueulasses ! La deuxième bouchée fut par contre rapidement avalée, même si Killer Moth n'était qu'un pauvre âne bâté, il ne fallait guère le laisser sévir plus longtemps. Andrew déposa les couverts rapidement à côté de l'assiette puis s'adressa une dernière fois à Simon.

"Merci encore ! Je vous revaudrai ça Simon !"
"Aucun souci ! C'est un plaisir de faire découvrir des saveurs à mes spectateurs ! Au plaisir monsieur l'Artiste !"

Un rapide geste de la main histoire de se dire au revoir et l'affaire était clôturée. L'Artiste se dépêcha de poursuivre la piste qu'avait laissée l'insecte dans son brouhaha. La piste le mena sur un autre plateau - encore un - mais pile à l'instant où il voulait franchir le pas de la porte en bois, une épée moyenâgeuse transperça le pauvre matériau dans une fulgurance peu commune. Andrew recula ses jambes de la pointe se situant à deux centimètres de ses mollets pour ensuite ouvrir dans un fracas la porte et découvrir la scène en face de lui. Rien de spécial en somme, des animateurs pétrifiés et un commentateur à terre en train de se lamenter mais surtout : une mite ! Elle se tenait là en plein milieu du plateau à ne savoir encore que faire. En voyant tout le râtelier d'arme par terre, l'Artiste eut tout de suite une idée machiavélique.

"Et bien Maraud !" dit-il à la mite en se moquant d'elle et en utilisant un accent de noblesse totalement dépassé. "Tu oses saccager mon fief de tes mains impures ? Tu vas tâter de mon gourdin, misérable couard !"

Le justicier s'empara d'une petite épée tombée par terre puis se dirigea vers le criminel en face de lui. A défaut d'avoir un combat sérieux, il pouvait toujours s'amuser à jouer à son petit jeu. Cette mite avait l'air amusante, il espérait qu'elle tienne la route et ne se casse pas trop vite...

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MessageSujet: Re: Emission Spéciale Sécurité (Théodora, L'Artiste, surprise)   Ven 7 Juin - 14:12

Les trompettes du jugement retentirent dans l'esprit encrassé de bêtises de la maléfique mite de Gotham. Incroyable! Pour la première fois depuis sa naissance, sa vision de la réalité concordait avec la réalité elle-même! Le plateau était silencieux, certains membres de l'équipe se demandaient s'ils devraient appeler un taxidermiste ou la morgue à l'issue du duel. Killer Moth avait laissé choir la puissante arme dont il avait utilisé le plein potentiel en tournoyant anarchiquement, laissant son fil enfoncé dans l'encadrement de la porte. Il sourit comme un damné en voyant son adversaire s'arma sur un râtelier voisin. Enfin un peu de sérieux dans ce monde absurde!

- Hin hin, j'accepte ton défi manant! Tu vas apprendre à redouter Killer Moth, Le Killer Moth, expectora-t-il en saisissant un sabre et un bouclier à une main. Qu'il m'eut fallu encore me justifier relevait de la gageure, assez de parlote, des actes! Voyons qui de nous deux est le plus habile, privé du confort moderne de ses armes.

Pas folle quoique fort inconsciente, la mite entama un petit jeu de jambes que ses cours de savates lui avaient durement enseigné. Vu de l'intérieur c'était impressionnant, vu de l'extérieur on eut dit une sorte de gigue irlandaise endiablée. L'épée dont il s'était armé était de celles que l'on retrouvait généralement dans les canons du genre "Sarrasin redoutable", une courbure remarquable qui devait permettre de facilement couper des membres et de se planter la pointe dans l'œil si on était pas doué, le tout suppléé par un fil assez émoussé pour faire pleurer de détresse une meule. Sa poignée était extrêmement soignée, pas de pierres précieuses, mais des métaux colorés qui laissaient à penser qu'une telle épée avait été conçue par un ancêtre d'une branche éloignée de Drury (tel un Al Walkery Drury de Sébastopole). Le bouclier quant à lui détonnait clairement avec le style, il était Scandinave, rond, très rond et protégeait des zones très ponctuelles. Pour un homme qui avait tendance à toujours planter sa main droite devant un poing ennemi, c'était l'idéal. Les petites chaînes qui se balançaient de la garde du sabre du criminel cliquetait dans l'air ambiant où la concentration était devenue palpable. Le réalisateur fit un geste à un cameraman pour qu'il continue de filmer.

Killer Moth ricanait en observant son adversaire. Avec n'importe quelle arme, fut-elle un bâton, Drury se sentait pousser des ailes, en plus de celles qu'il portait dans le dos. Cependant, les bras de son ennemi, si tant est qu'avec un tel développement l'on puisse encore appeler cela des bras, étaient spectaculaires, pour ne pas dire plus. Ils donnaient l'impression que l'épée était superflue, une sorte de décoration pour rendre leurs coups mortels plus classes. Il fit tournoyer son sabre et manqua de le faire tomber. Il poussa un petit couinement. Les souvenirs hollywoodiens de l'époque médiévale lui revinrent. Il avait regardé un film sur le sujet pas plus tard que la semaine dernière. C'était une sordide histoire de complots incompréhensibles entre des cousins consanguins qui voulaient le trône minable d'une province perdue de Norvège. Il essaya d'accélérer la longue procession d'empoisonnements qui avait ponctué l'intrigue sur une heure et quinze minutes pour s'arrêter à l'assaut final à petit budget.

Il frappa son bouclier avec son sabre. Il beugla une sorte de Haka étrange et fascinant, il hurla une imprécation pour invoquer Odin, il avait vu ça dans un dessin animé, il ajouta un tour sur lui même, saupoudra délicatement sa prestation d'un hurlement bestial que l'on attribue normalement à une performance de castra enroué et fit tournoyer son arme. La lame ne fit pas le bruit fin et cristallin de ses congénères cinématographiques, elle ne devait pas avoir reçue la bonne formation songea la mite en entendant le bruit de hachoir de boucher qui attendait qu'une carcasse de viande putréfiée vienne abreuver sa soif de déchiquetage. Puis enfin vint le temps de charger.

La coordination cerveau, mains, jambes n'est pas aussi simple que l'on pourrait le croire. Les jambes du criminels partirent en s'élançant avec les genoux plutôt qu'avec le pied alors que ses coudes terminaient des angles improbables de sa petite danse incantatoire. L'image prise par le caméraman laissait à penser que le criminel avait été poussé par la Mort elle-même pour rejoindre le lieu de son trépas. Le cerveau cherchait à rétablir la posture du criminel pendant ses foulées acrobatiques qui s'apparentaient à de petits bonds de lapin.

Dans ces moments, le monde semble ralentir sa course furieuse. L'inertie de la société perd pied, on ne voit plus les gens courir, on ne perçoit plus le stress et l'inquiétude suppurer de leurs pores gras, on voit leur regard fixé l'invisible barrière qui les sépare de l'action alentour, on voit leurs cheveux dans leurs poses dynamiques. Le cœur bat la mesure et seul persiste l'objectif. Pour Drury, l'objectif était clair, volumineux il fallait le dire. En effet, il y avait cette armoire à glace qui pouvait lui défoncer le crâne d'une simple gifle. Cet homme qui était à la une des journaux, cet homme qui incarnait à lui seul les obstacles que Drury avait affronté dans les pires moments, il incarnait la force brute, l'humiliante déception de ne jamais paraître impressionnant, en un mot, il était le triste reflet de la société. Mais il n'allait pas se laisser faire! Killer Moth était la plume contre l'épée, il était un David contre Goliath; hélas il était sur le point de découvrir que la littérature a ses limites.

Le temps reprend alors ses droits, sa course et avec elle le cortège des mauvaises nouvelles, revient au grand galop. San pied droit touche le sol, son bras décoche un coup qui se veut net et précis. La lame vibre dans l'air et oscille lamentablement. Le premier coup ne touche pas. Mais le criminel n'en était pas moins heureux, il avait réussi à frapper avec cette arme, à mener de A à Z (en sautant quelques lettres) une estocade. Son bras est presque autonome, comme un abruti que le cerveau n'arrive plus à contrôler. Il se relève pour tournoyer, son bouclier fait des mouvements dignes du doppler d'un satellite. Killer Moth pense être beau et élégant dans ses gestes, mais il est un vrai boucher. Il renverse un étalage d'arme, il essaie de se focaliser sur le justicier, il manque de glisser sur une lance tombée plus tôt sur le sol et continu de couper les atomes d'oxygènes sans parvenir à toucher la chair ou au moins un cheveux de son adversaire. Son pied tape dans une étoile du matin, il fait un bond de douleur sur le côté, mais sa main droit continue de hacher menu le néant qui le sépare de son ennemi. Puis il s'immobilise, un peu essoufflé par tant de maladresse.

Le champs de bataille est désormais à son goût, armes au sol, râteliers démolis. Il reprend un nouvel assaut. Il tranche à l'horizontale, l'assistance retient son souffle, esquive adverse, il tournoie maladroitement, un coup oblique, un "ho" surgit chez les maquilleurs, la lame reprend une nouvelle trajectoire absurde alors que le justicier fait quelques petites passes pour esquiver. Drury ne combat pas, il fait le beau avec son arme en pensant combattre, il souriait comme un enfant béat de voir ainsi le monde tourner dans le sens qui lui convenait. Il ne restait plus qu'à espérer que son adversaire soit joueur.

Magnifique ballet d'incompétence doublée d'une conception purement théâtrale de la discipline, Drury n'avait pas l'intention de blesser son adversaire, au mieux il espérait quelques échanges avant qu'ils ne se séparent en ayant bien rigolé. Son objectif n'était donc pas la mort, encore moins la prison, une hypothèse qui n'avait plus sa place dans ses méninges en ébullition. Sa lame trancha une nouvelle fois l'air et il revint sur une position plus défensive, bouclier rapproché du corps, lame pointée sur le haut (enfin, derrière lui à cause de la courbure), jambes fléchies, il avait toujours entendu dire que pour rester mobile et prêt à tout, il fallait les jambes fléchies. Respecter les convention et les grands canons des genres c'était une règle d'Or dans le Moth-gang, même réduit pour l'heure à un seul membre. Il commençait à haleter un peu, mais tout ceci était bien trop vivifiant, ça le changeait de tout ces autres gougnafiers de criminels qui se moquaient de lui et de tous ces justiciers qui se prenaient au sérieux. Dans sa tête résonnait le titre d'un chapitre de sa seconde partie d'autobiographie qui s'écrivait en même temps qu'il "combattait":

"Moth, a serious man in a serious world." Oh que c'était bien trouvé!
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Andrew Blake/L'Artiste

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Vous à Gotham : Ancien commissaire de la ville. Possède une double identité en tant que justicier d'Etat sous le nom de l'Artiste et en tant que commissaire sous le nom d'Andrew Blake.
Citations : Chapeau, L'Artiste.

MessageSujet: Re: Emission Spéciale Sécurité (Théodora, L'Artiste, surprise)   Mer 12 Juin - 23:41

Il était assez rare pour Andrew d'utiliser les armes blanches de base alors imaginez donc sa surprise quand il se retrouva face à un arsenal complet de ces choses sur le sol. Certes, il avait un bon couteau de guerre sur son armure, le genre de truc qui s'enfonce dans un homme comme dans un gigot bien cuit  mais de là à passer du couteau de dernière minute à l'épée médiévale de tonton Wilfred mort il y a bien mille ans, on sautait rapidement les étapes apparemment. Cela ne semblait pas déranger son adversaire qui ricanait en faisant le choix de ses armes, une épée et un bouclier, quoi de plus normal pour un combat de la sorte ? 

Andrew s'était déjà emparé d’une drôle d'épée de style médiévale faite d'un acier assez bien forgé et d'une droiture sans pareille. En regardant l'éclat de la lame, il pensa rapidement au pauvre forgeron qui avait dû taper dessus maintes et maintes fois pour en arriver à ce chef-d’œuvre, dire qu'aujourd'hui une machine faisait le même boulot en dix minutes. Apparemment, l'épée n'était pas faite pour n'importe quel bâtard sorti tout droit de la caserne la plus proche mais bel et bien pour un seigneur de haute lignée au vu des inscriptions sur la lame disant "Ma lame est un instrument de justice, je suis juge et bourreau.", le tout écrit dans la langue anglaise. Un lion décorait rapidement le pommeau incrusté d'un bijou rouge, apparemment un rubis des mieux taillés. Cette épée devait sûrement venir des confins de l'Angleterre médiévale, peut-être même du grand Richard Cœur-de-Lion qui sait ? Mais l'Artiste n'en avait que faire d'avoir l'épée la plus belle dans la main, il ne voulait qu'une épée tranchante et perforante à la fois, le meilleur du meilleur. Certes le riche à qui appartenait l'arme n'aurait pas été content d'apprendre cela mais qu'il aille au diable et qu'il se retourne dans sa tombe si cela lui plaisait.

Tout en jetant un regard amusé sur la petite danse fanfaronne de Drury, danse qui lui rappelait les meilleurs serveurs de taverne en Allemagne, il se rapprocha d'un bouclier en métal non loin de lui. Bien que le vieux fut extrêmement confiant sur ses chances de réussite, il était toujours méticuleux et ne négligeait pas une bonne défense face à la terrible mite moyenâgeuse en face de lui, mite qui semblait jouer comme un enfant avec son sabre de métèque entre les mains et une espèce de bouclier en bois sorti tout droit d'un film de vikings. Soit dit en passant, le bouclier d'Andrew pesait son poids, le métal n'avait pas que des points positifs apparemment. C'était à se demander comment des mecs couvert d'une armure de la tête au pied arrivait à faire des combats intéressants sans se déboîter une épaule au passage. L'Artiste était vraiment strict sur le fait que son armure était beaucoup plus efficace, son ancêtre en portait-il déjà une ainsi à l'époque ?

Bref, une fois armé et protégé, le vieux continua son petit show divertissant en admirant la férocité de son ennemi à toute épreuve. Le bonhomme apparemment essayait de respecter tous les clichés de film qu'il avait vu à la télévision, ou alors il essayait juste de paraître correct devant les caméras qui filmaient encore. Dans la liste des clichés passèrent donc l'intimidation avec une bonne frappe sur le bouclier, les cris d'animaux, histoire de montrer sa virilité, et pour finir les petits tours d'épée pour montrer son habilité à tenir une arme correctement. Dans un film, avec le bon acteur, ça aurait eu de la gueule mais sur le moment présent, ça rendait très mal - chose qui n'est pas trop digne d'un homme déguisé comme une mascotte de rugby.

Andrew, toujours amusé par les petites acrobaties de son adversaire, braqua son bouclier en face de lui pour éviter de se ramasser une épée volante comme auparavant. Ensuite, il regarda avec patience la terrible mite foncer vers lui dans un élan de bravoure, ou de folie - c'était au choix. Le criminel manqua de trébucher dès le départ, ce qui fit rire le justicier légèrement mais il se reconcentra directement après, puis fonça bille en tête et lame en première ligne sur l'énorme carrure d'Andrew. Un des cameraman  en profita pour se reculer légèrement, lui aussi devait sûrement sentir que l’olibrius armé était aussi doué avec une arme qu'un manchot. 

La suite ne fut qu'un requiem à la bêtise, entre trébuchement et maladresse. L'Artiste se prépara directement à esquiver l'attaque du bonhomme mais fut pris à dépourvu lorsqu'il vit le criminel complètement rater son coup et partir massacrer un pauvre étalage de ses coups maladroits. L'Artiste se demanda d'abord s’il ne fallait pas qu'il se laisse toucher pour lui donner un peu de courage mais la mite semblait atteindre les sommets du retardement mental au vu de sa persévérance presque héroïque dans l'accumulation incessante de figures dignes d'un clown au cirque. Il manqua en passant de se torcher la gueule par terre en trébuchant sur une lance qu'il venait de faire tomber. L'Artiste jeta un coup d'œil rapide au public qui semblait lui-même se sentir un peu mal à l'aise face à la performance médiocre de Drury. D'un regard gêné, Andrew essaya tant bien que mal de se positionner de manière à recevoir un coup mais rien ne se passa, il fallait croire que c'était fichu pour avoir un bon combat avec ce type et qu'il avait été bercé trop près du mur en étant bébé. Blake finit par ne plus compter les secondes lassantes où l'homme continua ses petites cabrioles fanfaronnes pour essayer de s'impressionner lui-même et finit par se relâcher, avec un peu de chance il se tuerait lui-même.

Il fut cependant déstabilisé par la contre-attaque (si cela pouvait être appelé une contre-attaque) de son adversaire qui fut rapidement esquivée d'un mouvement de tête, la lame frôlant le visage du vieux qui remballa son sourire narquois sur le moment. S'en suivit quelques coups d'épée maladroits digne d'un vieux navet du cinéma que l'Artiste para facilement. L'épée lui rappelait bizarrement son couteau, au final toute cette musculation portait ces fruits car l'épée ne semblait pas aussi lourde qu'elle en avait l'air dans les mains du vétéran, elle semblait même lui aller complètement sur le moment. Une fois l'estocade finie, la mite se recula rapidement pour terminer son spectacle mais son répit fut de courte durée face à la réponse d'Andrew, réponse qui semblait moins maladroite que celle de son opposant. L'épée de Ser Andrew Cœur d'Artiste s'abattit violemment sur le criminel, le pauvre bougre essayant de bloquer le coup de son bouclier de bois. L'impact fut tellement fort qu'une latte du bouclier se craqua sur le coup, il semblait que la protection était bien trop vieille pour tenir le coup dans un vrai combat. 

S'en suivit plusieurs coups frénétiques sur le bouclier adverses qui s'émiettait de plus en plus au fur et à mesure des impacts brutaux. Toujours le sourire aux lèvres, le vieux put rapidement déceler la panique qui commençait à envahir le terrible Killer Moth qui ne savait apparemment comment répondre face à cette brutalité, même avec toute sa culture cinématographique en poche. Le criminel tenta fort heureusement à un moment de riposter, ce qui eut pour effet de faire reculer le vétéran de quelques pas, laissant le temps au criminel de reculer vers un point plus facile à défendre. Se sentant trop lourd, Andrew jeta son bouclier par terre, ce qui eut pour effet de faire presque sangloter le présentateur caché derrière un rideau, ainsi que son épée puis chercha par terre une autre arme de prédilection pour en finir avec la pauvre chose en face de lui.

Ses vieux yeux firent des mouvements méthodiques pour trouver l'objet en question dans l'amoncellement de breloques au sol puis finalement se posèrent avidement sur une hache de type invasion barbare d'antan. Le cœur d'Andrew eut automatiquement une petite palpitation à la vue de l'arme qu'il ramassa à deux mains tel un Andrew Lodbrok des temps nouveaux. Il s'imagina rapidement au sommet de son drakkar prêt à en découdre avec les anglais puis reprit ses esprits et commença à charger vers la mite dans une rage peu commune, l'esprit des barbares l'avait presque possédé. Bien évidemment, son opposant esquiva le coup en sautant sur le côté et le vieux fit la moue en ne remarquant que trop tard la porte en face de lui.

Dans un fracas, le vieux brisa la porte sous son poids et dégringola dans un escalier en métal, son vieux corps souffrant à chaque marche heurtant ses muscles. Il atterrit au final en bas dans une position peu commune, les quatre pattes en l'air pour ainsi dire, et mit du temps à reprendre ses esprits avant de se rendre compte qu'il était tombé sur une émission de Zumba où des jeunes femmes remuaient leur postérieur au rythme de la musique. Apparemment l'émission était enregistrée pour paraître au petit matin. L'animatrice stoppa immédiatement l'émission et se précipita vers le justicier dont les membres retombaient lourdement au sol, non sans un grognement de la part du propriétaire.

"Vous allez bien monsieur ?" fit l'animatrice toute paniquée.
"Ne vous inquiétez pas, c'est du solide." répondit l'Artiste en redressant le haut de son corps.
Ses os craquèrent un par un au fil de sa tentative pour se relever puis il finit par mettre son pied sur la première marche tout en lançant un regard triste derrière lui. Certes il voulait bien rester pour admirer les jolies minettes mais l'appel du devoir résonnait encore en lui et il fit une performance athlétique en remontant les marches rapidement, malheureusement la mite n'était déjà plus sur le plateau à l'heure qu'il était.

"Je l'aurai un jour, je l'aurai !" grogna l'Artiste en reprenant son souffle. Cependant la chasse n'était peut-être pas finie et il reprit son chemin vers le couloir le plus proche, peut-être que la bêtise de la mite sévissait encore dans le bâtiment.

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MessageSujet: Re: Emission Spéciale Sécurité (Théodora, L'Artiste, surprise)   Mer 19 Juin - 22:44

Son petit numéro n'avait impressionné, semble-t-il, que lui et la réplique de son adversaire, furieuse s'il en est ne s'était pas faite attendre. La violence qu'il déploya désarma littéralement Drury qui perdit lentement son bouclier. Il était ratatiné derrière sa piètre protection que l'épée ennemie épluchait littéralement. Ce Justicier, quoi que très respectueux des apparences, pensait en terme de résultats. Killer Moth paniqua, en cela qu'il commençait à nouveau à embrouiller toutes ses pensées et à les pétrir en une infâme pâte idiote. Son corps décida de prendre les devant et un geste ample de la main qui tenait son étrange sabre mit un peu de distance entre les deux. Le criminel laissa tomber le bouclier nordique qui avait vécu son dernier combat. Son bras, quant à lui, avait souffert des coups, cette camelote ne protégeait que de la Mort hélas.

Alors qu'il cherchait une solution: une ouverture assez proche pour qu'un sprint puisse sauver ses antennes, son adversaire se décida à un changement de tactique, fini les épées et les boucliers, bonjour les....haches? Mais... mais... L'idée de sa tête roulant sur le sol n'enchanta pas des masses notre vaillante mite qui lâcha son épée de surprise. Son adversaire était fascinant par bien des côtés, il n'avait pas eu besoin de Haka ou autre démonstration brutale, sa simple charge furieuse suffit à tétaniser les pensées (déjà bien ralenties) de la mite qui obéit à ses genoux plutôt qu'à son centre moteur défaillant. Il bondit pour éviter la masse de muscle qui l'aurait tué à son simple contact.

Ce qui se passa ensuite releva du détail. Complètement affolé, ayant vu une vie insipide et ratée défiler devant ses yeux, Killer Moth se releva. Sa première et unique observation des alentours lui indiqua qu'il n'était plus à portée de hache du justicier, une bonne chose. Tout ce qu'il restait de sa charge était une porte défoncée et une musique abominable de modernité qui en sortait. La puissance du moth gang se déploya alors! Partant en courant avec son style de jeune athlète sous cocaïne, il bouscula, comme le voulait la coutume, un individu de l'assistance. L'arbre des possibles se dessinait dans l'esprit de l'insecte qui grouillait habituellement dans les plaies suintantes du mal mais hélas les branches qui menaient à sa survie étaient élaguées de minutes en minutes. Comme une tortue sur une autoroute fluide, Drury perdait autant de chance de survivre qu'il passait de temps dans ces studios.

Il poussa une nouvelle porte, monta un petit escalier dans la plus grande panique. Son cœur tentait de démolir ses côtes avec sa fibrillation implacable, son esprit s'embrouillait et sa vision pulsait atrocement. Les couleurs étaient aussi plus vives, la montée d'adrénaline n'aidant pas, les teintes rouges étaient amplifiées au détriment du vert qui devenait terne. L'escalier qu'il gravissait en jetant des coups d’œil derrière lui était plongé dans une pénombre peu pratique. Il trébucha une première fois sur une marche métallique et se cogna le tibia.... Gniiii....Heureusement, il se retenait maladroitement avec sa main gauche à la petite rambarde qui grinçait en rythme avec sa progression irrégulière. Il atteignit une passerelle en suspension sur laquelle se tenait deux éclairagistes qui tirait des cordages. Dans les hauteurs, des cadres soutenant des projecteurs et des décors montaient et descendaient en un balais fascinant. En contre-bas, l'émission pour enfant continuait, il reconnu ce cher Halfie qui avait commencé un atelier de peinture. L'un des deux techniciens recula en voyant la mite.

Le souffle de Drury était fort, pour ne pas dire désespéré, on manquait d'air dans ces foutus lieux avec leur climatisation poussée au maximum! Le deuxième perchiste sourit en le voyant. Les deux firent craquer leurs phalanges.

- T'as mal choisi ton endroit putain de criminel, murmura le premier en s'approchant.

Killer Moth avait peur, il ne savait plus ce qu'il devait faire. Il était un criminel oui et normalement deux gars lambda que le narrateur ne s'embêtait pas à nommer ne devraient pas avoir autant d'audace, ou alors il avait un karma véritablement foireux. D'un moment à l'autre la brute épaisse pouvait surgir derrière lui et là, en sandwich, il ne donnait pas cher du pique-nique qu'ils allaient faire. Il était temps pour lui d'agir comme un vrai bandit! Il se redressa malgré les différentes douleurs que son bras et l'une de ses chevilles lui transmettaient. Quelle journée! Il sortit son arme de poing et visa les deux hommes. Ils s'arrêtèrent net, même peinte en violet, une arme restait dangereuse.

- Fais pas le con! poussa l'un des deux le plus bas possibles.

Derrière son masque, le visage de Drury était abominablement triste, il était en train de se rabaisser au niveau de petites frappes, ça ne lui plaisait pas. Et... mais non, il avait mieux que de les abattre froidement! Il observa les deux hommes, ils étaient attachés à une barre de sécurité par des filins. Il ricana de plus belle. Alors qu'il les tenait toujours en joue, il détacha son lance-filet de sa ceinture. Il allait laisser sa signature!

Depuis le contre-bas, Halfie, entouré d'enfants et leurs parents, très attentifs aux mouvements des mères surtout, animait son petit atelier de peinture. Une table affreusement jaune accueillait divers pots de peintures, tubes et palettes ainsi que des litres d'eau pour que les jeunes enfants puissent à l'envie nettoyer leurs pinceaux. Ils entamaient tous une nouvelle feuille alors qu'un bruit bizarre remua les lumières.

- Alors les enfants? Vous vous amusez-bien? demanda l'immense monstre bleu alors qu'il lorgnait sur le décolleté d'une femme au foyer.

- OUIIIII! firent les chérubins en cœur.

- NOOOOOOON, répondirent les deux éclairagistes que Drury venait de balancer de leur perchoir.

Les deux individus étaient bloqués dans le filet nouvelle génération de Drury, tant et si bien qu'ils ressemblaient véritablement à des insectes pris dans un cocon soyeux. Profitant de l'effet, Drury accrocha son filin résistant à la passerelle et sauta. Ayant mal estimé la longueur de câble qu'il lui fallait, il fut bloqué à mi-hauteur, eut le souffle coupé par la violence de l'arrêt et gémit lamentablement en pendouillant.

- OH! Mais revoilà madame la mite! déclara Halfie.

Killer Moth tenta une manœuvre malhabile qui détacha son filin et le fit atterrir droit sur le canapé en plume qu'il transperça. Vite! Le Justicier allait arriver s'il ne se dépêchait pas.

- Putain, mais c'est le connard du métro! s'écria une mère de famille devant des milliers de chastes oreilles.

La masque de Drury se tourna vers le visage colérique de la jeune femme qu'il avait un jour agressé dans la plus grande panique dans les boyaux bétonnés du métropolitain. Que le monde était petit. D'ailleurs il se souvenait de ce qu'il avait fait la dernière fois, notamment le coup de poing qui avait mis fin à leur première rencontre.

- Madame, ceci est une émission pour enfant vous devriez prendre garde à votre vocabulaire!

- Allons les amis! Restons calmes! temporisa Halfi. N'oubliez pas notre dicton, "les gens grognons finissent toujours en prison"!

- Toi ta gueule! renchérit la mère de famille en bousculant la mascotte fétiche de millions d'enfants avant de tourner son regard de harpie vers la piteuse mite du mal. T'as bousillé mes godasses la dernière fois!

Elle se jeta sur le criminel qui tomba à la renverse. Comprenant que sa vie était menacée, Killer Moth empoigna son courage, saisit la jeune femme et lui infligea un violent coup de tête avec son casque de métal. Les enfants pleuraient de voir leur pauvre Halfie ainsi violenté. La petite fille de la matriarche enragée demandait même pourquoi sa maman avait osé touché à l'intouchable créature bleue duveteuse. Mais elle avait de la ressource la bougresse, elle planta ses ongles dans les bras de la mite et arracha un morceau de sa manche. Le criminel lui donna un coup de poing d'une violence qui l'envoya valdinguer par dessus le canapé. Des plumes voletèrent et elle lui jeta en retour l'un de ses talons haut.

Toujours apeuré à l'idée de voir revenir Andrew avant qu'il n'ait eu le temps de définitivement quitter les lieux, il regarda à droite et à gauche en esquivant la seconde chaussure. De l'autre côté, dans les ténèbres de la production, le réalisateur hurlait qu'on lui appelle la sécurité. La "Desperate Houswife" lui sauta sur le dos et le mordit à l'épaule. Mais qu'est-ce qu'elle avait cette folle?! Il empoigna un tube de peinture et appuya très fort.

- Allons allons! essaya de nouveau Halfie qui cherchait à se relever comme une tortue sur le dos. Je vous en conjure les amis!

Le tube explosa et aveugla le temps d'un instant la malade mentale, elle aurait mérité sa place à Arkham. Alors qu'elle relâchait son étreinte furieuse, le criminel se saisit d'un pot de peinture et l'utilisa comme masse pour lui envoyer dans le ventre. Les enfants poussèrent un "hourra" lorsque la bonne femme s'écroula à terre sous la douleur. Mais c'est à ce moment précis que Drury vit la silhouette du justicier. Tant pis. Il jeta le pot de toute ses forces vers l'Artiste. L'objet vint alors s'écrasa juste à côté de lui, faisant gicler de la peinture rose un peu partout. Il en prit un autre, ouvert cette fois-ci et le projeta pour brouiller la vue de son ennemi. Cette fois-ci, le combat mano a mano était inévitable. Utilisant tous ses souvenir de savates, la mite bondit par dessus la table jaune, renversant sa bonne part de peinture et fit.

- Bouge pas Halfie, je m'occupe de lui et je viens te relever.

Sans dire de mot superflus (mis à part ceux là), il se rua sur son ennemi. Il était désespéré au point d'attaquer frontalement, il n'avait trouvé aucune autre sortie que celle qui se trouvait derrière le justicier... Drury entama une première figure, un fouetté du pied droit, enchaîna avec un chassé latéral, il tourbillonna sur lui même, s'écarta légèrement et lui fit un revers groupé dont il avait le secret puis il tenta le tout pour le tout et eut la lâcheté d'utiliser un coup de pied bas de déséquilibre. Si avec ça il ne parvenait pas à s'en sortir, il devrait ou utiliser les poings ou en venir aux bandages. Alors qu'il s'apprêtait à une nouvelle frappe, il glissa sur une flaque de peinture rouge et tomba pathétiquement avec son habituel interjection de douleur, à côté de lui roulèrent des restes de pots de peintures et des tubes...
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Andrew Blake/L'Artiste

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MessageSujet: Re: Emission Spéciale Sécurité (Théodora, L'Artiste, surprise)   Dim 23 Juin - 19:41

Au milieu de ce champ de bataille où épées et fourreaux jonchaient le sol dans une géométrie très variable, l'Artiste se demandait si cela en valait la peine. À son âge, devoir courir après un homme qui se révélait avoir un problème plus au niveau psychologique que comportemental, ce n'était pas vraiment son boulot. Quelqu'un aurait appelé l'asile tout de suite, cela aurait évité toute cette peine et cette douleur cruelle qui martelait le dos du vétéran comme un poignard aiguisé. L'escalier ne lui avait pas fait que du bien et cela malgré sa carrure athlétique. S’il voulait vraiment arrêté cette folie dans le bâtiment, il fallait en finir maintenant sous peine de perdre toute sa dignité face aux caméras. Tout ce qu'il avait passé son temps à bâtir, brique par brique, pouvait se briser à chaque instant s’il était défait pas un zouave comme Killer-Moth. Dorénavant, c'était officiel, ce n'était plus une question de s'amuser ou de le ridiculiser. S'il le fallait, il tuerait cet homme qui n'avait rien d'un criminel mais tout d'un fou.

Le présentateur du show médiéval était affalé par terre, en train de pleurer sur ses armes comme si un de ses enfants venait de mourir d'une maladie. Qu'est ce qui pouvait pousser un homme à aimer des objets servant à tuer d’une telle façon ? Question forte intéressante car elle concernait grandement l'Artiste. Tout en marchant au travers des objets étalés par terre, le vieux jetait un regard compréhensif et à la fois dédaigneux sur ce présentateur. Il représentait une pâle copie de lui, un duplicata mal fait. Mais en même temps, il reflétait peut-être ce que Blake aurait pu devenir s’il n'avait pas choisi cette vie de violence et de sang, cette vie qui lui ôtait chaque jour le peu d'humanité en lui. Qu'aurait été sa vie s’il avait été réduit à présenter un show sur les armes à feu ? S’il avait été réduit à devoir pleurer sur les armes qu'autrefois il avait tenu ? Peu importait, ce n'était pas ce qu'il avait choisi et l'autre andouille sévissait encore.

Dans un râle de douleur et tout en tenant une de ses côtes, l'Artiste sortit du champ rempli d'acier, heurtant au passage une épée sans faire exprès - ce qui causa un sanglotement de plus de la part du présentateur - puis se dirigea vers la salle des assistants. L'un d'entre eux pointa du doigt la direction qu'avais prise la mite, tout en lançant un regard étonné au vétéran qui commençait à suer légèrement. Sa chute semblait l'avoir touché plus qu'il ne l'espérait et les élancements dans le bas de son dos lui imploraient d'arrêter cette mascarade inutile. La force de la détermination serait malheureusement plus fort que les injonctions du corps en cette heure. D'un pas décidé, l'Artiste tapa sur l'épaule de l'assistant qui lui avait indiqué le chemin et reprit sa route pour en finir une bonne fois pour toute avec l'homme. Cette aventure était une réadaptation de David contre Goliath, mais pour une fois c'était le prétendu "bon" de l'affaire qui jouait Goliath, pour le plaisir des téléspectateurs.

La porte dévoilant une cage d'escalier en métal vacillait encore, apparemment le criminel l'avait poussé tellement forte qu'elle ne pouvait plus s'arrêter. Quelle peine encore une fois de devoir faire face à un escalier car en plus de la douleur corporelle en le gravissant, cela lui rappelait son terrible échec à la hache. Chaque marche était un calvaire, on aurait dit qu'un homme invisible lui donnait un petit coup de poing dans la cage thoracique dès qu'il posait un pied dessus. Mais au-delà de la douleur, il avait cette furieuse envie de refaire le portrait au fuyard, toute cette rage qui grondait dans le cœur d'Andrew. Espérons que la pauvre mite fasse le bon choix et se soit déjà enfuie car la correction qu'allait lui offrir l'Artiste serait digne de celle de Charles Shreck. En arrivant vers la fin des marches, il commençait déjà à entendre le bordel qu'avait mis le criminel en s'incrustant dans une nouvelle émission, ça ne paraissait absolument pas joli à entendre. Qu'avait-il encore causé comme dégâts pour qu'un plateau entier se mette à crier dans tous les sens ? N'en avait-il jamais assez de sa stupidité ?

En arrivant à la fin de l'escalier, il se retrouva sur une passerelle où était ficelé deux hommes. La forme ressemblait à un cocon, il fallait au moins avoué que Killer-Moth était complètement dans son rôle et ne faisait pas les choses à moitié pour la mise en scène. Dès qu'Andrew débarqua en plein sur la passerelle, les deux éclairagistes tournèrent leur regard vers l'Artiste, tout en gigotant dans le vide.

"Libérez-nous ! On va mettre une correction à cette andouille nous-même ! Il y en a marre de cet abruti !" cria un des deux hommes de rage, ses bras ne pouvant transmettre sa colère.

Blake resta silencieux tout en s'approchant du prétendu cocon. Il était attaché à un bout de métal assez solidement pour tenir la masse des deux bonhommes réunis, impressionnant. Andrew sortit rapidement son couteau tout en regardant la scène qui avait lieu en bas, apparemment la mite se faisait agressée par une bonne femme en furie. Il put juste voir la vieille se faire balancer sur un divan et répondre en jetant ses chaussures, il fallait croire que le bâtiment de la GNN n'était qu'un repaire de fous. Alors qu'il coupait lentement le filin et essayait de retenir le cocon de toute sa force, l'Artiste entendit passer quelques jurons odieux de la part de la femme qui était entourée d'enfants, quelle honte parentale.

"Je vais vous lâcher quand vous serez prêt du sol, je ne peux pas faire mieux." lança Blake aux hommes qui ne cessaient de regarder ce qu'il faisait attentivement.
"Pas de problèmes, on va mettre une bonne correction à ce connard je vous le dis !" répondit fermement l'un des deux hommes.

Il déposa donc légèrement - une fois n'était pas coutume - les deux éclairagistes sur le sol puis regarda vers le bas pour voir comment rejoindre la scène. La hauteur était certes assez grande mais une corde en face d'Andrew lui donna tout de suite la solution à son problème. Agrippant de ses deux mains gantées le cordon en métal qui servait à animer un soleil en carton, l'Artiste sauta tout en glissant le long du fil pour finalement passer au travers de l'effigie en carton et se réceptionner sur le sol non sans mal. Dès que ses pieds heurtèrent la scène, une douleur percuta ses côtes, une douleur qui le fit gémir violemment au passage. La sueur commença à perler de son front en guise de réponse et sa vision pendant quelques instants se troubla, il sentit sa tête presque exploser sous le choc puis après quelques secondes tout redevint normal, il était prêt à en découdre avec cette maudite mite.

La mascotte du spectacle était misérablement tombée par terre et gigotait comme une tortue pour essayer de se relever sans pour autant y arriver. La vieille femme quant-à-elle jonchait encore le sol en essayant de reprendre ses esprits tandis que les deux éclairagistes commençaient à peine de se défaire des premières mailles du filet. Dans le groupe des assistants et des réalisateurs, c'était la cohue. Certains se tenait la tête comme si un drame était arrivé, d'autres gueulaient d'éteindre les caméras tout de suite pour éviter de saccager la bande plus qu'elle ne l'était. Les assistants courraient dans tous les sens pour essayer de trouver une solution et d'un coup tous les regards se braquèrent sur l'Artiste, le justicier qui faisait fureur pour le moment, ils pensaient tous qu'il était la solution. Loin de vouloir leur déplaire, Andrew n'en avait véritablement que faire de sauver leur émission débilitante pour enfant, il voulait juste en finir avec ce clown en face de lui et pouvoir rentrer chez lui siroter un petit whisky glacé devant son poste de télévision.

La mite se retourna brusquement vers le justicier dans un tremblement visible. De désespoir, elle jeta violemment un pot de peinture rose dans sa direction mais l'objet atterrit quelques pas trop loin d'Andrew pour le blesser. Cependant quelques gouttes du liquide touchèrent le bas du costume du vétéran, ultime affront qu'on venait de lui faire là, le peindre de rose était bien la dernière chose qu'on pouvait lui faire. Un autre pot suivit de près en direction du visage de Blake. Pot qu'il frappa violemment de son poing et l'envoya éclater contre une des bordures en métal du plateau, l'heure n'était plus à la rigolade. Killer-Moth semblait ne plus savoir ce qu'il devait faire et tel un animal piégé, il fonça droit sur son agresseur en dernier recours, que pensait-il donc accomplir ? Andrew se positionna de manière à pouvoir réceptionner le bonhomme, s’il voulait un combat au corps à corps, il allait être servi.

Le criminel commença habilement par un coup de pied droit vers les jambes du vieux, coup qu'il évita en faisant un petit mouvement de pied. Mais la mite n'en eut pas fini et se relança à l'attaque, malheureusement pour lui, il glissa dans la propre flaque qu'il venait d'étendre et tomba pitoyablement au sol, il était dorénavant à la merci de l'Artiste. Le vieux s'en approcha, un sourire malsain dessiné sur ses lèvres, puis posa son pied sur le thorax du bandit pour l'empêcher de se relever. L'homme semblait cependant essayer de se débattre mais il était déjà trop tard pour lui, l'Artiste s'accroupit en face de sa tête et serra avec force son poing, il était temps de clôturer l'affaire. Le poing s'abattit d'une rapidité sans pareille sur le casque de la mite, il n'avait sûrement pas calculé que le casque serait en métal. La douleur recommença à violenter son avant-bras, l'Artiste se remit debout tout en se tenant la main, il venait sûrement de se briser un doigt à l'occasion. Le casque de la mite ne s'en était pas sorti indemne cependant et une marque avait été laissée dans son masque, on y voyait quatre doigt s'enfoncer dans le métal.

Alors qu'il était en train d'essayer de faire passer la douleur pendant que la mite était encore sonnée du coup à la tête, Andrew fut terriblement surpris de voir une vielle dame lui sauter sur le dos et commencer à le maraver de coups de poings digne d'un enfant de cinq ans. S'en suivit une scène pittoresque où l'Artiste essaya tant bien que mal d'attraper la femme sur son dos, ne sachant toujours pas son motif pour justifier une telle agression sur un défenseur de la liberté gothamite.

"IL EST À MOIIIIII" gueula la bonne femme tout en continuant de frapper et planter ses ongles crochus dans le dos du vétéran.
"FOUS LE CAMP, MORUE !" répondit sèchement Blake tout en arrivant à tenir d'une main ferme un bout de son veston.

D'une force et violence peu commune, Andrew balança la veille femme droit sur le divan le plus proche. La dame ricocha stupidement sur le haut de l'objet avant d'aller rouler sur le sol, elle semblait être K.O. pour de bon. Halfie semblait toujours au sol, il déplorait la situation et la façon dont avait tourné son show, quelle déchéance.


"Calmez-vous les amis, les gens violents sont toujours des méchants ! Rappelez-vous de cela !"lança la mascotte d'une voix désabusée.

Andrew n'eut pas le temps de répondre qu'il se ramassa un coup de barre en métal droit dans la figure. Un des deux éclairagistes n'avait pas apprécié non plus la façon dont il avait traité la mite, que se passait-il bon sang ? Le vieux mit un genou au sol suite au choc sur son crâne, la douleur sortait de tout son corps, si bien qu'il ne semblait plus la sentir de nulle part. Et alors qu'il essayait de se relever, il reçut un nouveau coup de perche sur le dos pour l'empêcher tout mouvement.

"NON, IL EST À MOI !" cria l'éclairagiste tout en se ruant sur Killer-Moth.
"CA SUFFFIITTTTTTT !"

Andrew, de rage, se releva brusquement et fonça tel un taureau sur l'éclairagiste. Il l'empoigna des deux bras au niveau du buste et l'enfonça dans un des bords du plateau. Les deux hommes s'écroulèrent l'un sur l'autre, tous deux dans un état de demi-conscience qui relevait du rêve lucide. L'éclairagiste tenta tant bien que mal de se débattre mais il fut arrêté par un coup de poing sur sa pommette droite, ce qu'il l’assomma lui aussi pour de bon. L'Artiste sortit des décombres pour finalement retourner sur le plateau, il avait encore commis l'erreur d'oublier la mite pendant quelques instants, qui savait ce qu'elle avait fait ?

 

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MessageSujet: Re: Emission Spéciale Sécurité (Théodora, L'Artiste, surprise)   Mar 25 Juin - 20:59

La Théorie du Chaos, quoi que l'on en pense, n'est pas une loi définissant la liberté la plus totale dans notre univers, elle en est au contraire l'ultime restriction. Elle fixe des développements de cause à effet tellement étriqués qu'elle ne laisse aucune place à l'improvisation. Lorsqu'il était venu au GNN, Killer Moth avait déclenché une succession d’événements qui devaient inéluctablement le mener à finir le cul dans la peinture, une marque de poing de justicier sculptée sur casque en métal qui lui montrait que lui aussi aurait pu être une cloche dans une autre vie, le tout au milieu d'une émission pour enfant ou techniciens comme femmes au foyer attendaient leur tour pour le tabasser joyeusement.

Au milieu des grognements et des coups de barres (littéraux) qui volaient par dessus son crâne vidé d'un esprit parti en vacance après sa démonstration de savate, Drury s'interrogeait futilement sur le sens qu'il devait donner aux images floues qui se mouvaient tout autour de lui. C'était coloré, la musique du monde de Halfie baignait ses sclérites et il sentait ses antennes bouger en harmonie avec le résultat d'un chaos jeune d'une petite demi-heure. Il était tellement bien. De son côté, Halfie continuait de donner ses instructions de sa voix fluette. Pauvre créature bleutée. Dans un gaz assez puissant pour donner des complexe au Docteur Death, le ciron du crime se souleva tout doucement. La bonne femme qui avait régurgité sa haine quelques minutes plus tôt était à terre et un technicien faisait toujours valoir son droit "à lui défoncer la gueule".

Il riait sous son masque, le monde était si beau et il se sentait si léger! Toutes ces lumières chatoyantes et ces meubles disproportionnés! Extase jubilatoire! Dans les coulisses, un brave homme en costume de dindon rose regardait horrifié le spectacle. Le réalisateur mangeait sa casquette et une caméra se renversa dans l'étrange mouvement brownien qui se répandait dans la fosse en contre-bas. Profitant de la dispute entre son collègue et le Justicier, le second technicien que Drury avait tantôt accroché tel une larve dans sa chrysalide s'approchait de lui un large sourire mauvais aux lèvres. Il fit même craquer ses phalanges. Heureux de voir un visage amical dans ce décor qui avoisinait au sublime, la mite écarta les bras comme pour avoir un câlin et sauta dans les bras de l'éclairagiste qui se prit son casque en pleine tête.

- Je t'aime toi tu sais!! hurla la mite alors que le géant s'affaissait assommé.

Lorsqu'ils atteignirent le sol, il se dit que son gentil camarade était un rien émotif, ce, juste avant qu'un agent de sécurité ne déboule avec une matraque et lui tape dans le dos. La douleur déchira son dos et son esprit comme s'ils n'eurent été que des voiles opalins qui masquaient ses pensées. La mite droguée quitta alors son cocon de béatitude et ses circuits neuronaux se connectèrent sur le système de secours. Killer Moth revenait dans la bataille.

- Hin Hi.... voulut-il ricaner alors qu'un second coup venait lui fracasser une épaule.

Il se retourna pour découvrir un maton épais et coriace. Huh. L'homme l'attrapa par le col et le souleva comme si son poids avoisinait le zéro absolu. La mite allait alors employer la méthode d'évasion 56-7 de son livret d'auto-défense criminelle. Il poussa un petite cri perçant et frappa sur les oreilles de son agresseur. L'homme le lâcha. Zut, il avait fait la 89-2! Ne voulant pas rester sur un échec, il tendit son bras, deux doigts formant un "V" et vint rencontrer les yeux du gardien qui poussa un abominable cri. Voilà! C'était mieux! L'heure était venu de renverser la vapeur! Il voulut sortir une arme et rencontra les regards apeurés des enfants devant lui. Ah oui...

- Il est pour moi j'te dis! hurla le second technicien en envoyant un nouveau coup en direction du justicier.

- Ne vous en faites pas les enfants, fit-il à l'adresse de son jeune public, il n'y aura pas de blessé.

Gémit alors la mère de famille qui essayait en se tordant de douleur de désincruster son estomac de sa colonne vertébrale et l'éclairagiste assommé eut un léger spasme. Dégainant son pistolet à fléchette avec un geste trop ample, Killer Moth tira une première fois dans le cou d'une assistante qui essayait de ramasser les feuilles du script que le réalisateur avait laissé choir dans son désespoir. La jeune femme poussa un petit cri et s'évanouit. Faisant comme si de rien n'était, Drury tira dans le dos du gardien qui hurlait de douleur, puis il se positionna sur ses deux jambes, prit une profonde inspiration et imita la posture typique du héros de manga qui s'apprêtait à utiliser un python ou un magnum. L'on sentait en lui la force de résister à n'importe quel recul. Il visa le dangereux individu armé avec un regard noir (que personne ne voyait à cause du casque) et lui tira droit dans le torse. Le pistolet ne fit pas une retentissante explosion, il n'y eut pas de panache de fumée et encore moins de cabriole digne d'un film de John Woo. Il fit un très sobre "pof". La fléchette parti dans l'indifférence totale, accompagnée par une légère fumerolle d'air comprimé. L'homme costumé en Dindon qui se trouvait droit dans la ligne de tir de Drury qui manqua le Justicier à cause de son plongeon sur son adversaire réceptionna la fléchette droit dans le torse. Il vacilla, soupira et s'écroula.

- Somnifère! Hou hou! chantonna le mite heureuse de son effet en dansant pour se rapprocher de sa victime.

Puis la mite du mal souleva dans son débordement de joie une main pour faire un "high five"(*) avec le justicier. Le blanc qui chercha à s'installer partit en courant, comme Killer Moth. Il bondit de son estrade, s'excusa de ne pouvoir aider Halfie plus longtemps et se réceptionna sur une caisse dans laquelle se trouvait les accessoires pour le prochain tableau. Il la défonça comme un boulet de démolition. Les peluches multicolores qu'elle contenait se déversèrent en un foisonnement de paroles enchanteresses.

"Je t'aime"


"Je n'aime pas quand tu es triste."


"Nous sommes amis pour la vie"


"Ne pars pas."


N'usant plus que de son courage, Drury empoigna quelques délicieux jouets soyeux, provoquant au passage une avalanche de "Je suis heureux que nous soyons amis". Il se retourna vers l'estrade et jeta quelques jouets pour ralentir ses ennemis. Les peluches rebondirent pathétiquement sur les épaules du justicier à grand renfort de "Fais-moi un bisous!". Une fois les bras vidés de ses munitions, il n'eut plus d'autre choix que de s'enfuir. Quittant le plateau avec le panache de son gang (fessier peint en rouge, épaules et bras douloureux, jambes en compotes et assez de bleu pour donner des sueur froide à Klein), Drury ricanait: il s'était bien amusé et en plus il avait réussi à quitter les lieux sur ses deux jambes et sans l'aide de ses moths!

Des pas de gardes commençaient à emplir tout l'étage et avec eux le cortège habituel de: "Ce malade est par là!". La mite du mal décida de prendre son envol comme prévu dans le "plan D" (comme d'évacuation). Il tenta d'ouvrir une fenêtre pour rejoindre l'escalier incendie, mais en vain; il dut la défoncer à grand renfort d'extincteur à poudre. Ces extincteurs étaient formidables, on pouvait détruire tout un appartement avec l'un de ces modèles. La poudre en elle-même était inoffensive, mais elle tendait à mousser très rapidement pour étouffer les incendie. Il avait là de quoi assurer ses arrières!

Il tira sur la goupille, tendit l'embout pour arroser et appuya sur la poignée. L'objet partit en vrille. Pensant être assez fort pour tenir un tel engin, le criminel avait commis l'erreur, outre d'estimer lui-même ses compétences, de croire qu'il n'y aurait pas une forte pression dans cette bouteille. Il arrosa copieusement le sol, un mur et le plafond. Une mousse jaunâtre écœurante et malodorante grandit telle une moisissure par temps de pluie. Ricanant, il hurla une imprécation de circonstance à ses poursuivants.

- Vous aviez cru que la mite était en voie d'extinction? Hin hin hin! Eh bien vous aviez tort, pour elle, ça mousse hou hou hou!

Puis il se prit le pied dans l'encadrement de la fenêtre et dévala l'escalier incendie. Sitôt remit sur pieds, il s'installa sur l'échelle incendie et voulut faire comme dans les films d'action : il tapa de la main droite sur le loquet de sécurité et son support descendit à une vitesse folle. Agrippé de façon précaire, Drury encaissa mal l'arrêt brutal qui indiquait qu'il avait atteint la hauteur de survie. Les poubelles qui attendaient en contre-bas furent salvatrices. Vaincu par la fatale destinée, le souverain des hexapodes repartit en claudiquant. Il s'engouffra dans une ruelle obscure, espérant trouver un espace assez calme pour respirer un peu et appeler tranquillement un taxi. Oui, il n'avait pas trouvé mieux, sa moth-mobile était en panne et ses moths étaient tous ailleurs alors il faisait avec les moyens du bord!  

*Beaucoup de gens considèrent Drury comme démodé et désuet, aussi avons-nous voulu donner dans ce texte une référence un peu rafraîchissante, certes l'auteur voulait d'abord mettre "Il souleva sa main pour réclamer auprès de son adversaire un signe de reconnaissance fraternel habituellement réservé entre les gens qui ne cherchaient pas à s'entre-tuer." Mais en commençant sa réponse, ce dernier savait qu'il devrait à un moment donné faire primer les besoins de concisions sur ses envies expansives.... fichue théorie du chaos.
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Andrew Blake/L'Artiste

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MessageSujet: Re: Emission Spéciale Sécurité (Théodora, L'Artiste, surprise)   Ven 28 Juin - 23:02

Toute la sécurité était réunie sur le plateau, une vraie armée prête à arrêter la mite mais cependant, aucune trace de l'insecte maléfique pour autant. Andrew, tout en s'essuyant des restes de cartons qui collaient à son armure, s'avança vers le personnel pour prendre des nouvelles de l'avancée des opérations. Il fut cependant extrêmement déçu d'apprendre que le criminel avait encore réussi à prendre la poudre d'escampette tout en retournant la moitié du plateau avec lui, ces gardes de sécurité étaient vraiment bons à rien. C'était désolant de voir à quel point Blake pouvait se sentir seul dans ces moments-là, lui le Justicier modèle de la ville, le nouvel espoir et pourtant incapable en ce jour d'attraper le plus vulgaire des fous.

La scène s'était transformée en véritable œuvre d'art dramatique. D'un côté, Halfie s'était enfin relevé et avait finalement enlevé le casque qui lui servait de tête et était en train de pleurer à genoux par terre. La déchéance de son émission l'avait apparemment mis au bout du rouleau, on pouvait l'entendre implorer qu'on lui apporte ses antidépresseurs. Le directeur du programme essayait tant bien que mal de le consoler en tapotant sur son dos mais l'homme était à bout, il repoussait toute marque de gratitude avec des grands gestes des bras, digne des plus grands battements d'ailes d'albatros. Pauvre destin pour une personne qui s'était dévoué à faire rire la jeunesse que de devoir finir chez un psychiatre pour le restant de ces jours car il avait assisté à un combat entre un vieux bourru et une mite démoniaque.

D'un autre côté, la vieille qu'Andrew avait balancée par terre était en train de lancer de nouvelles injures à l'égard de la sécurité qui la menottait. La femme ne semblait pas du même avis que les policiers et trouvaient son attitude saine et légitime face à celui qui avait osé bousiller ses chaussures des mois de cela. Tout en se faisant relever par deux agents qualifiés, elle tenta une dernière fois de montrer son mécontentement en mordant le bras du garde à sa gauche mais fut calmer par un coup de matraque sur la tête. Technique qui pouvait porter à la polémique si elle avait été filmée mais il fallait bien admettre que tout le monde en avait ras la patate de la folie environnante et qu'il fallait y mettre un terme peu importe les moyens.

Les deux éclairagistes eux-aussi étaient mis en état d'arrestation mais ne semblait même plus être en état de bouger. Celui qu'Andrew avait enfoncé dans le décor titubait comme un alcoolique après une bonne cuite tout en sortant des propos loufoques tandis que son compagnon ne semblait pas être dans un meilleur état. Faute de savoir marcher, les deux comparses furent traînés comme des sacs jusqu'à la sortie du bâtiment. Les éclairagistes allaient sûrement finir à Blackgate suite à une agression sur un représentant de l'ordre, surtout sur le meilleur - l'Artiste - tandis que la vieille bonne femme allait sûrement passer un bon moment à Arkham en compagnie des dégénérés de son genre, loin de sa fille ce qui n'était pas à déplorer.

"C'est vous l'Artiste ?" demanda d'un air simplet un des gardes en tournant sa tête vers Andrew.
"Qui tu veux que ça soit d'autre andouille ?" lui répondit son collègue de façon outrée. "Tu regardes jamais la téloche ou quoi ?"
"Bah elle est pétée depuis deux semaines et le réparateur prend son temps et en plus en temps réel, il ne ressemble pas aux photos du journal !"

Blake poussa un soupir tout en écoutant les deux bonhommes, ce n'était pas l'intelligence qui les étouffait apparemment... Le Justicier fit semblant de ne rien avoir entendu et se déplaça sur une des caisses près des escaliers pour s'y reposer. Son dos le martelait de plus belle, on aurait dit qu'un bourreau s'amusait à le frapper à la masse toutes les cinq secondes. De plus, sa tête avait été secouée par le coup de perche et son cou saignait encore des coups de griffe de la vieille folle, sacrée journée. Ça resterait dans les annales le jour où l'Artiste dû affronter la moitié d'un plateau au lieu d'un criminel, les journaux auraient envié l'affaire. Tandis qu'il se reposait, l'un des directeurs du GNN s'avança vers lui, dans son costard hors de prix, et lui proposa une main amicale à serrer.

"C'est du bon boulot que vous avez fait là Monsieur l'Artiste. Je vous dois une fière chandelle pour avoir mis en déroute cet odieux criminel."
"Je ne fais que mon travail vous savez... J'aurais attrapé ce dingue si certains de vos employés n'essayaient pas de me tuer à chaque geste que je fais... En plus je pense que je me suis pété une côte dans l'affaire. Ou du moins froissé un muscle, je suis plus tout jeune." répondit l'Artiste tout en serrant la main du directeur.
"Je vous comprends, nous vous avions déjà pris beaucoup de votre temps de travail pour cette interview avec le maire alors quand je pense que vous venez de passer une heure à courir après cette chose, j'en suis le premier désolé. Dois-je appeler les secours pour votre état de santé ? Je payerai la note si il le faut, soyez-en certain."
"Pas besoin, ça passera avec un petit bandage serré comme d'habitude, c'est pas la mer à boire. Tout ce dont j'ai besoin c'est de rentrer chez moi et de déguster un bon verre de whisky frais."
"Très bien, je ne vais pas vous déranger plus longtemps alors, bonne fin de soirée Monsieur et je vous souhaite un bon rétablissement."
"Une dernière chose, il est passé où l'autre andouille ?"
"Il s'est enfui par une fenêtre en crachant un genre de liquide par terre, la police a été prévenue mais vous savez comme ils sont, nous avons peu de chance de l'avoir aujourd'hui..." termina le directeur tout en saluant de la tête l'Artiste puis en s'éloignant de lui.

Le vieux en profita pour se relever toujours en se tenant les côtés, ça lui faisait un mal de chien. Les muscles froissés, c'était une des choses qui faisait les plus mal parmi toutes les blessures possibles. Il y avait aussi les blessures par balles mais c'était moins gênant pour bouger qu'un problème au muscle après tout. Tout en se dirigeant vers la sortie, le vieux eut l'impression qu'on brûlait son corps au chalumeau si bien qu'à la fin, il finit par ne plus ressentir une seule douleur dans tout son corps. Son dos, son torse, ses jambes, ses bras et sa tête causaient chacun une douleur au point que le cerveau n'arrivait plus à savoir laquelle était prédominante, les affres de la vieillesse malheureusement...

Qu'importe, sa journée était finie pour de bon. Il tâcherait d'oublier cette humiliante suite d'événements en se noyant de son alcool habituel, au moins pendant son état d'ivresse il ne penserait plus à ce plouc déguisé en insecte. Tout en marchant vers la sortie, le vieux rigola en s'allumant son dernier cigare de la journée, si bien que les gens qui le voyaient passer le prenait pour un fou. Mais de tous les costumes possibles, celui d'un insecte restait sûrement celui le moins adapté à la vie criminelle, soyons sérieux quelques instants... La prochaine fois il devrait peut-être se battre avec Chenille-Man ou Verre de terre-Man, la folie de cette ville était infinie.

Tout en remontant dans sa voiture, il se laissa bercer par une chaîne de rock'n'roll bien ancien histoire de plonger ses pensées dans un état végétatif. Il battait du pied au rythme de la musique, actionnait son cou à chaque coup de batterie, c'était de la bonne merde cette musique ! Il était tellement plongé dedans qu'il oublia ce qu'il se passait sur la route et eut juste le temps de freiner face à taxi qui démarrait. Sa tête fut projetée vers l'avant par la force du coup de frein, il ne manquait plus que ça pour finir sa putain de journée. Deux secondes d'inattention de plus et il se tapait un accident sur les bras. De colère, il appuya sur l'accélérateur pour faire un dépassement et fit un bon bras d'honneur au client ainsi qu'au chauffeur avant de se diriger vers sa résidence.


"Tu peux pas faire attention où tu vas espèce de connard ?" cria-t-il derrière sa vitre, ce qui rendait la scène de colère encore plus déplorable.

Une fois chez lui, il jeta son armure et ses armes dans son placard tout en claquant la porte et en profita pour aller s'emparer de son peignoir bien chaud. Tout en se redirigeant vers son salon, il attrapa la bouteille de whisky laissée sur le plan de travail de sa cuisine ainsi qu'une tasse non lavée. Il alla s'écrouler sur son divan habituel dans un soupir puis se versa sa rasade d'alcool nocturne. Le premier verre brûla légèrement sa gorge puis vint le deuxième qui passa plus facilement, au final il vida la moitié de la bouteille avant de s'écrouler comme un vieux pochard dans son divan. La journée était bel et bien finie.



HRP : Voilà qui finit notre chef-d'oeuvre Ryry, c'est toujours un plaisir de rp avec toi.

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Emission Spéciale Sécurité (Théodora, L'Artiste, surprise)

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