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Ne manquez pas les deux derniers chapitres de Darkwatch, où s'affronteront Le Chevalier Noir et l'Empereur !

Clash of the Warriors & La Révolte

"Lors d'une rafle de la Ligue des Ombres, la Lignée décide d'intervenir et de massacrer les hommes de Ra's Al Ghul. Les habitants, excédés par la situation, décident de se révolter, avec le support de l'Empereur et ses troupes. Le G.C.P.D est dépassé et les justiciers n'ont d'autre choix que s'en mêler, Batman en tête."

(Petit aperçu des évènements en vidéo ici)


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©Le contexte de ce forum est inspiré du Batverse, arrangé et rédigé par le Staff. Merci de respecter notre travail.




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 L'opération Phasme (PV: Nicholas Scratch)

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MessageSujet: L'opération Phasme (PV: Nicholas Scratch)   Ven 22 Mar - 22:48

Prologue


C'était le matin, les fleurs s'ouvraient aux premières lueurs du jour, la fourmilière du salon de Cameron Van Cleer s'agitait délicatement et récupérait les cadavres d'insectes que leur Dieu bienveillant avait déposé pour eux dans leur aire de chasse. Le quartz oscillait joyeusement dans l'horloge électronique du radio réveil de Drury. Les numéros rouges défilaient avec une langueur mélancolique. Prise dans la gravité monstrueuse que tout dormeur connaît sous sa couette, le mite du mal sommeillait. Autour de lui, deux petite enceintes devaient diffuser la musique classique que son réveil-matin émettrait avec calme et volupté.

7H00... les portes logiques de l'électronique basique de l'appareil se mirent en branle et transmirent lentement le signal de l'alarme dans ses entrailles. A la dernière diode, le son commença à bourdonner. La veille cependant, Drury avait écouté un échantillon musical de l'un de ses moths qui se prenait pour un Berlioz (du genre qui avait un jour cru que se frapper la tête contre un mur avec les doigts dans une prise électrique lui permettrait de trouver la dernière harmonique pour sa symphonie et qui à la place avait créé une musique que même Beethoven aurait trouvé assourdissante). Son œuvre se résumait à du bruit, mais pas identifiable, ce qui était fort pour un début; l'on ne distinguait plus les instruments au bout de 10 secondes d'écoute et le chanteur semblait souffrir d'une rage de dents particulièrement carabinée. Mais il avait promis. Deux heures durant il avait écouté le son déstructuré que son acolyte avait composé avec amour et même s'il avait un peu mal à la tête à la fin, il avait apprécié. Le problème, vous l'aurez compris était qu'il avait laissé le bouton de diffusion du son de l'engin sur la position "USB".

Et il arriva à Drury ce qui arrive lorsque l'on confond Van Hallen avec Brahms. Sans aucune pitié, le premier accord de guitare percuta le rêve doux de Killer Moth en Empereur du monde chitineux qui se réveilla d'un bond dans son lit. Son cœur partit directement en tachycardie et son cri pourtant perçant et aigu ne parvint pas à dépasser les décibels de son réveil. Sa couette fit une pirouette que d'aucun qualifierait de désordonnée. Heureusement le premier coup rendit la basse délicieusement mélangée une sorte de perceuse à percussion sur du métal (de la batterie sans doute) moins surprenante. Lorsque la voix du chanteur commença à faire dangereusement vibrer son double vitrage, le maître du crime se jeta sur sa petite chaîne Hi-Fi et l'arracha sans réfléchir de son piédestal. Le silence qui suivit fut une bénédiction.

La jambe toujours enroulée dans sa couette, Cameron Van Cleer arpenta son couloir, l'appareil électronique toujours dans les bras, les yeux encore collés d'une délicieuse nuit de sommeil. Il devait déjeuner avec ses moths aujourd'hui, il ne mangeait seul désormais que lorsque ces deniers étaient absents pour une raison X ou Y. La veille par exemple, ils s'étaient absentés pour aider à préparer le spectacle du printemps de la petite fille de l'un d'entre eux, Drury avait participé en fournissant de l'argent. Toujours en mode cocon tombé de sa branche, il se traîna jusqu'à l'ascenseur privé qui le conduisait à sa Moth-Cave adorée. Ses petits gémissements d'éveil étaient entrecoupés de bâillements impressionnants qui laissaient la question de l'articulation de sa mâchoire en suspend.

Lorsque les portes s'ouvrirent, l'odeur des pancakes matinaux fait par son valeureux Hippolyte, le Moth-cuisinier de la bande (et hélas jongleur à ses heures perdues) réveilla ses mandibules déséchées. Il faisait chaud dans la moth-cave malgré sa superficie et Bernard, le Moth-SFX qui gérait les effets spéciaux pour leur bande terminait d'installer la table du petit-déjeuné. Deux autres étaient affairés, tous en pyjamas ignobles à divers tâches: faire chauffer l'eau pour le thé, passer le café dans le bon filtre et recommencer en voyant que le résultat final était d'avantage propice à la mastication qu'à l'ingurgitation. Enfin le dernier farfouillait dans le moth-frigo pour en sortir le nécessaire, lait, confitures, beurre, chocolat à tartiner et le sirop d'érable. Tout s'arrêtèrent pour voir leur chef, sublimement enroulé dans sa couverture moelleuse tel un romain des literies, les yeux qui s'ouvraient lentement, un sourire d'enfant joyeux à l'idée d'un bon repas.

- Bonjour chef! firent-ils en cœur.

La voix encore endormie du chef leur répondit solennellement en serrant le cadavre du réveil dans ses bras encore engourdis.

- Bonjour à vous fidèles parmi les fidèles.

Il se dirigea ensuite vers sa place en bout de table. Son coquetier vide attendait patiemment installé à distance de bras de sa tasse. Les ustensiles essentiels de son petit déjeuné étaient parfaitement répartis autour de ce dernier, son petit couteau, son grand couteau avec le bout qui pique remarqua son cerveau pour ses mains encore ensommeillées, sa cuiller, son verre pour le jus de mandarine/orange/citron. Son estomac maintenant réveillé réclamait son dû. Mais à la place de son petite sachet de thé se trouvait une lettre. Il regarda autour de lui, le Moth-Régisseur était habillé, il devait être de corvée courrier. Un rapide coup d'oeil sur le tableau des roulements accroché derrière une table de bidouillage électronique (réparation et expérimentation étant réservé à des activités plus complexes) le lui confirma.

Tous les moths avaient le sourire aux lèvres, au moins ça n'était pas une facture. Il saisit l'enveloppe, elle était frappée de l'emblème de LA star de la télévision de Gotham. Les yeux de Drury brillèrent d'un feu nouveau. Il rejeta sa chaise en arrière et cria comme s'il était réveillé depuis au moins deux bonnes heures.

- On a une réponse!!!!!!

Tous se ruèrent derrière leur chef qui attaquait déjà l'enveloppe à ouverture facile avec le manche de sa cuiller, les habitudes ont la vie dure. Il extirpa fébrilement le message et n'eut pas le courage de le lire à haute voix. Ses mains tremblaient si bien que chaque moth prit sur lui de tenir un morceau de la feuille pliée. Les yeux du gang parcoururent avec la même vitesse le message. Ils hurlèrent tous en cœur et se serrèrent les uns les autres comme s'ils venaient de remporter le super-ball à eux seuls. Ils allaient devenir célèbres.

- Messieurs, fit Killer Moth avec une larme de fierté à l'œil, nous allons devenir célèbre! Les Joker et les autres n'auront qu'à bien se tenir, car voici l'heure du Moth-Gang! Allons, mangeons solidement, la journée va être chargée! L'équipe de Nicholas Scratch arrive ce soir devant l'entrée des égouts Victoriens de Old Gotham, comme convenu, c'est là que nous irons les chercher!

- Du coup on mettra les bannière et tout et tout? demanda le Moth-Couturier qui avait passé une journée à les préparer.

- Oui, et même mieux, après l'interview nous les inviterons à assister à la fabuleuse "Opération Phasme"!

Autour de lui les yeux brillaient de plus belle.

- Alors, on va la faire? demanda le Moth-Conducteur en sautillant sur place, un autre frappait fébrilement des mains.

Drury se leva et brandit un index héroïque vers le symbole de la mite qui avait été peint sur tout un pan de mur. Sa voix fut celle d'un criminel de film des années 50.

- Oui messieurs, l'opération "Colère de la Mite" passe dans sa phase active, sa phase 1 plus communément admise comme tant l'opération "Phasme"!

La moth-cave fut noyée dans les hourras et une belle danse de la victoire. Nicholas Scratch, la vedette de l'émission favorite de Drury et son gang allait leur faire l'honneur d'un rendez-vous, rendez-vous qui leur laissait présager une belle interview! Dire qu'ils avaient espéré cette réponse était peu de le dire, ils avaient envoyé en trois exemplaires la même lettre sous le même faux nom pour attirer l'attention (comme si une lettre de 30 pages n'était pas assez remarquables en soi) mais loin d'être satisfaits, ils avaient bourré le tout de photographies clichées d'eux devant des décors peints dans des positions de vainqueurs. Bref, ils avaient fait la total et ça avait payé, ils seraient bientôt tous sous le feu des projecteurs et leur gang serait désormais une lumière d'espoir pour le monde criminel.

Pendant une minute au moins ils restèrent tous le visage en l'air comme des demeuré à fixer le plafond où se projetaient leurs rêves de gloire et de richesses, l'un se voyait pousser sa fille sur une balançoire en or, un autre rêvait d'une paire de ciseaux de platine pour sa couture, l'autre rêvait d'une Lamborghini et leur chef, lui, rêvait tout simplement de lui, admiré et adulé par les autres super-criminels, ces enfants encore aux balbutiements primaires de cette formidable aventure qu'était le crime et la méchanceté.

Chapitre Premier:
Kill, Kill the Bat!


Le groupe était fin prêt. Au prix de grands efforts, et d'huile de coude, la Moth-Cave avait été rangée et décorée pour l'évènement. Drury avait même aménagé un carré VIP pour l'interview. Le sens de l'hospitalité était important dans de pareils cas, il se souvenait des longs pourparlers avec des commerciaux véreux qui tentaient de lui placer leurs daube ignoble lorsqu'il était encore ingénieur, et des banquiers qui harcelaient le pauvre milliardaire Cameron Van Cleer alors qu'il pensait s'être définitivement débarrassé de ce genre de bonimenteurs. Actuellement il terminait de se préparer devant le miroir du vestiaire de l'entrée. Il hésitait encore, la cape orange sobre, la paire d'aile orange ou la cape avec la simili-fourrure qui était copiée sur le coloris d'une phalène? Derrière lui, les votes étaient mitigés. Un pour chaque cape et un pour les trois capes et un autre blanc, autant dire qu'il n'était pas très avancé. Il se décida pour la sobre paire d'aile qui lui donnait l'allure d'une phalène, ça alliait le tout de façon assez satisfaisante.

La Moth-Mobile était de circonstance pour cette soirée, elle avait été lavée, brossée, aspirée et vérifiée de fond en comble et ils avaient installé de nouveaux sièges pour l'équipe de presse qui les accompagnerait. Elle ferait du plus bon goût dans le décors torturé de Old Gotham... en tout cas elle détonnerait ça c'était sûr. Comme convenu, le groupe devait être rejoint pour 18H00 à l'entrée des égouts, mais le stress de l'attente fut trop fort pour eux. Comme toute escapade entre gens particulièrement excités à l'idée de la destination, ils furent en avance de trente minutes. La moth-mobile fut laissée à l'intérieur du tunnel tandis que le groupe s'était réparti à la sortie. Drury attendait patiemment dans l'ombre pour son entrée.

Le Moth-SFX, chargé des effets spéciaux attendait le rire de son patron pour lancer la machine à fumé qu'ils avaient installé près d'eux. Dans l'ombre, Drury faisait les cent pas et se ressassait son discours d'introduction et la petite chanson qui allait avec. Alors, ça faisait "Killer Moth-moth-moth, il rafle tous les votes, il est beau et grandiose mais depuis qu'il est petit il ose, voici, voici, voici Killer moth-moth-moth...." crotte, il avait oublié la dernière rime avant son arrivée. Bon, peu importait. Il enchaînerait ensuite sur son petit discours... "Bonjour gothamites, bienvenu parmi le gang le plus haut en couleur de Gotham, son avenir, sa Némésis ultime! Même Batman ne peut rien contre nous. A présent si vous voulez bien nous suivre, on est vraiment fan de..." Non, même dans sa tête il n'arrivait pas à rester concentré c'était vraiment... Derrière lui alors qu'il essayait de mettre de l'ordre sans ses petites fiches à la lueur de la veilleuse de la moth-mobile, la musique commença... hein quoi? Complètement paniqué il fit tomber tous ses petits bouts de papier par terre...
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MessageSujet: Re: L'opération Phasme (PV: Nicholas Scratch)   Mar 26 Mar - 17:59

Dans son van estampillé à sa gloire, à la place du mort, Nicholas Scratch s’exerçait à l’harmonica tout en pianotant sur son portable, un nouveau modèle dont il avait eu l’exclusivité et qui aurait fait passer le dernier i-phone pour un pot de yaourt auquel on aurait attaché une ficelle. Sa nature fébrile le poussait à l’hyperactivité surtout quand un événement approchait. Oui, même une rencontre avec le plus miteux des criminels de Gotham pouvait être qualifié comme tel.

« Là je te suis pas, Nick, lui dit son chauffeur qui en avait pourtant vu d’autres. Ton trip vive les super-vilains, je veux bien, genre ça te fait de la pub mais une super star comme toi, se montrer avec la tête de truc de service, non là, je te suis pas !

- Luc, Luc, grande sotte, tu ne comprends pas. répliqua Scratch, toute affaire cessante car le point soulevé était intéressant et il ne perdait jamais une occasion d’expliquer le pourquoi de ses agissements aux âmes simples. Je suis un provocateur et en tant que tel, je me dois de révéler tous les talents cachés y compris et surtout ceux des marginaux, des déclassés. Les insectes, c’est un bon gimmick, plein de possibilités et pour couronner le tout, plein de gens en ont peur. Prenons un exemple très simple, tu vas comprendre : as-tu peur des pingouins, Luc ?

- Bah non, non, j’ai pas peur des pingouins, répondit Luc dans un rire étouffé.

- Bien sûr que non, c’est normal. Et pourtant un petit gros a eu la bien étrange idée d’en faire son emblème et où est-il maintenant ? Au sommet, voilà où ! Alors pourquoi pas les insectes ?

- Ouais mais la mite ?! Y a pas plus crétin comme bestiole ! C’est quoi son trip, de cramer ?

- Et donc, tu en déduis que ce Killer Moth est un loser fini, un raté, disons-le franchement, la honte de la profession ? avança Scratch en montant progressivement le ton, fixant son chauffeur avec une proximité inconfortable, presque indécente. Tu n’as sans doute pas tort. Mais je sens chez ce raté du style, du panache, une espèce de grandeur dans l’échec. Crois-moi, j'ai un sixième sens pour ce genre de choses. Chaque domaine a son loser magnifique : la poésie a William McGonagall, le cinéma Ed Wood, la politique… hmm, beaucoup trop de monde mais je citerai quand même Sarah Palin pour faire bonne mesure et le crime en costume a… Killer Moth ! Et puis comme ça, il arrêtera peut-être de plomber ma boîte aux lettres. As-tu déjà lu une lettre de 30… foutues… pages ? »

Là, Luc le suivait et par conséquent, se tut pendant le reste du trajet, laissant son boss à ses répétitions et à ses tweets.

Le maître des mites était déjà au rendez-vous, sa voiture délicieusement kitsch était comme une tache de peinture fluo dans tout ce mélange ô combien varié de noir et de gris. Scratch en riait déjà intérieurement, il était tombé sur un sacré client. Il descendit de son van de sa fameuse démarche chaloupée, son micro en main, accompagné de son cameraman et d’un air de hard rock tonitruant de sa propre composition, le jingle de son émission.

« Gooood night, Gotham ! Ici votre hôte Nicholas Scratch en direct d’un lieu tenu secret car en mode investigation alors chuuut… Ce soir avec nous, un invité exceptionnel, le premier, je vous le dis, d’une longue liste, un triomphe (discret !) à Killeeer Moth ! Moth, je peux vous appeler Moth ? Pas Killer tout de même ! Oh mais quelle belles ailes vous avez là, volent-elles ? Il faudra nous faire une démo ! Un petit sourire pour la caméra… non non, surtout pas, vous devez avoir la rage, le mors aux dents, montrer que vous êtres prêt à dévorer le monde à pleines dents !… Oh mais suis-je bête, on voit rien avec votre masque !… Hmm, un petit mot pour vos détracteurs ! » Sur ce, Nick cala brusquement son micro en plein sous le menton de son criard interlocuteur.
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MessageSujet: Re: L'opération Phasme (PV: Nicholas Scratch)   Ven 29 Mar - 12:34

"Nuit noire et lune d'argent sont le manteau du crime, soyez les bienvenus Ô vous qui contemplez l'œuvre du Grand Killer Moth." tels furent les mots que l'une des petites fiches de Drury chuchotait à présent dans le ciel de Gotham. Profitant d'une liberté bien méritée, elle partageait une danse légère dans le silence presque morne d'un des derniers quartiers calmes de Gotham City avec ses quelques camarades. Le ciron malveillant de la faune criminel s'était avancé tel une mite attirée par la lumière qu'était le van si célèbre! Ses bras ballants s'activèrent comme si un marionnettiste céleste tirait sur des fils invisibles. Ses mains se joignirent comme si on venait de lui proposer une bague de mariage. Sa Star était arrivée! Cette silhouette, cette démarche, SA démarche. Les moths étaient tous également dans la même pose béate et contemplative. C'était un grand moment pour le Moth-gang, le même grand moment que celui où Killer Moth avait terminé son premier prototype fonctionnel de pistolet à fléchette empoisonnée. Ils en oublièrent tous le programme de la soirée, la fumée et la chanson notamment.

La caméra le braquait et les paroles du présentateurs l'enveloppèrent. L'enchantement fondit comme un bonhomme de neige qui voulut tester un sauna. Drury chercha à comprendre et interagir du mieux qu'il le pouvait pour satisfaire le héros de la télévision. Il tenta de grogner le plus méchamment possible avant que le débit de Scratch ne le fasse changer de sujet. Il avait aimé ses ailes! Oh oui, il lui ferait une démonstration, filin ou jet-pack? Filin ou jet-pack? Il ne savait plus où il en était et ce qu'il devait faire. Son regard complètement abruti par sa rencontre était heureusement caché, mais sa minable posture ne laissait aucun doute sur l'état de ses pensées. Il fallait qu'il dise un mot! Il en connaissait des centaines...pour ses détracteurs.... vite, il fallait qu'il trouve, on l'attendait, il le savait, son stressant stress le stressait et il ne parvenait pas à faire une phrase cohérente. Une seconde...deux...il fallait qu'il parle, il serait écouté et admiré. Le glapissement imbécile que connaît tout individu impressionnable face à son idole surgit de sa bouche et fut immédiatement rattrapé par ses quelques paroles:

- Bat, Bat the Kill! Euh non Kill, kill the Bat! J'aimerais dire à mes détracteurs, continua-t-il en se rapprochant du micro tout en essayant de rassembler les pièces de puzzle de ses fiches disparues, c'est que...la nuit noire...de la nocturne nuit d'argent...euh, sous la contemplation de la Lune, Ô vous qui...Bref, je suis Killer Moth, la maîtresse Mal du mite! Et...

Oui, il fallait qu'il rayonne pour attirer à lui toutes les larves qui se complaisaient à l'admiration des tubes cathodiques colorés de leurs téléviseurs ou de leur plasma... le plasma ou le fluide ionisé par un courant électrique si vous préférez...enfin, il se perdait dans ses propres pensées tout se brouillait, son coeur cherchait à perforer sa cage thoracique et il commençait à avoir le vertige. Se raccrocher à une réalité bien tangible! Il tendit un bras nerveux vers son véhicule, frappant au passage un Moth qui s'était trop rapproché.

- ...voici ma terrible voiture du mal! La Moth-mobile! Et...et et elle vole en plus!

Mais il avait oublié de présenter son équipe, quel sot il faisait. Son bras balaya avec un geste très mal maîtrisé les alentours où se trouvaient ses fidèles dont un qui n'avait plus de souffle et peinait à lâcher son abdomen douloureux.

- Voici mes fidèles Moth! Qui deviennent des Moth-Cocon lorsqu'on a des Moths-chenilles mercenaires sous nos ordres et ...et...on vous a préparé tout un beau programme qui commence avec....euh...je...

- La chanson boss, murmura un moth qui lisait un feuille de papier sur laquelle il avait gribouillé des notes sur le déroulement de la soirée.

- AH oui! s'écria-t-il fou de joie de retrouver une idée perdue depuis trop longtemps. Il se dirigea avec une raideur presque maladive vers l'appareil à fumée et clama avec puissance. Vous n'allez pas en croire vos yeux ni vos oreilles! Hin hin hin.

A l'entente du rire de son supérieur, le moth-SFX appuya sur une télécommande et noya Drury dans un panache de fumée noire puis il pressa le bouton "lecture" de son MP3. La musique surgit des enceintes de la Moth-Mobile, entrecoupée par les toussotements d'un mite géante enfumée, le tout enveloppé par des insultes sur l'incompétence de ses subordonnées. Mais les accords se succédèrent, il devait se dépêcher pour ne pas rater sa seconde entrée. Killer Moth quitta son nuage au plus mauvais moment et chanta de la façon la plus ratée possible, échouant à suivre les temps qui lui couraient tantôt après et qui le distançaient ensuite. Les silences étaient presque reposants. Les chœurs du morceaux furent en tachycardies, les notes se résumaient à des zéros pointés et la chorégraphie rimait avec échographie, c'était brouillon, on distinguait les mouvements sans les définir exactement, les pauses furent lamentables mais le meilleur restait que la moitié du groupe avait appris la mauvaise chanson.

"Killer Moth-moth-moth,"
"La nuit tombe sur la ville"
"il rafle tous les votes,"
"La mite part en vrille!"
"il est beau et grandiose"
"C'est lui, la mort,"
"mais depuis qu'il est petit il ose,"
"Les autres ont tous tort"
"voici, voici, voici Killer moth-moth-moth...."
"Il tue, il vole"
"Alors que la mite arrive!"
"Il enlève vos enfants à la sortie de l'école!"
"J'ai cru entendre le navire!"
"Pas de pitié, pas de quartier"
"Qui vient s'arrimer à la rive!"
"Elle va tous vous dérober"
"De méchanceté elle est ire"
"Voici" "Voici"
"Killer" "Moth!!!"

Tous s'arrêtèrent et la moitié des vers oubliés ne se firent pas regretter. La position inspirée au possible des moths à genoux qui montraient les bras ouverts la silhouette sublime de Killer Moth les mains sur les hanches, rajouta ce petit soupçon de citron qui transforme un mauvais saumon en un plat de haute gastronomie. Ils étaient tous essoufflés, totalement aveuglés dans l'océan de lumière qu'était leur idiotie. Ils espéraient que la caméra avait eu le temps de tout prendre. Euphorique en s'imaginant quel effet cela aura sur la population, ils bousculèrent le planning un peu plus.

- Allez, fit Killer Moth, on va vous montrer....notre...repaire!

Il accentua tellement le mot qu'il aurait pu y gagner une personnalité ou trancher un diamant. Sans une once de ménagement, deux moths ouvrirent les portes, on poussa le présentateur et le caméraman sur les sièges "VIP" recouverts de similis poils de mites. Le criminel des criminels voulut ensuite s'installer à la place du mort. Il se cogna dans la précipitation le crâne contre le haut de l'encadrement de porte. Le coup résonna un temps et alors que son moth-conducteur fermait sa portière, il hurla comme une cloche mal arrêtée leur destination.

- A la Moth-Cave!

Et la Moth-Mobile prit inutilement son envol puisqu'ils auraient pu passer par les égouts plutôt que par le ciel. Mais l'important était qu'ils pouvaient observer la ville de leur perchoir. Le casque vert de l'incarnation même de la cruauté se tourna vers ses passagers. Derrière les deux hôtes VIP se tenaient quatre moths extatiques encastrés façon jeu de Tétris dans le coffre. Le conducteur mit un peu de musique, enregistré lui même...
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MessageSujet: Re: L'opération Phasme (PV: Nicholas Scratch)   Lun 29 Avr - 22:47

[HRP : désolé d'avoir été si long, en espérant avoir donné assez de matière.]

Scratch contempla avec un intérêt malsain l’affligeant spectacle que donnaient Moth et ses sbires. Une telle ignorance du concept même de ridicule revêtait quelque chose de fascinant pour un chantre de la contre-culture. De tout l’être de l’aspirant criminel transpirait une incompétence crasse qui à chaque seconde qui passait, semblait se faire un devoir de s’engouffrer dans des abîmes plus profonds encore, ce qui aurait dû relevé de l’exploit mais s’avérait relevé brillamment, si un tel mot pouvait encore convenir. Le malheureux en avait perdu ses mots, tout intimidé qu’il était par le feu des projecteurs, c’en était presque touchant. Et la chanson, grand Belzébuth, et la chanson ! Pour un professionnel, tenter d’énumérer les fausses notes eut relevé de la gageure et eut tôt fait de mener au surmenage mental. Fort heureusement pour Nick, il avait laissé sa conscience artistique au vestiaire et profita du spectacle à la manière qui convenait, se repaissant de tout ce mauvais goût comme le parasite qu’il était, affichant comme de juste un sourire carnassier tout en dents blanches qui brillait dans le noir, de concert avec son œil mort. Si la condescendance avait eu un visage, nul doute qu’il aurait eu un air de famille avec Nicholas Scratch.

Puis vint le moment de prendre place dans l’incroyable véhicule, aménagé à l’avenant avec ses sièges en poil de… choses ? Pour le plus incroyable des voyages dans l’antre de la (du ?) bête. Force était d’admettre que sous ses dehors pour le moins loufoques, le drôle d’animal semblait avoir au moins pour lui un assez beau talent pour la bricole. Car oui, comme promis et c’était une première pour la soirée, chose promise, chose due, l’engin tout droit sorti d’un cauchemar sous substances trop illicites pour être nommées, oui l’engin volait bel et bien. L’idole des jeunes célébra l’événement avec un nouveau tweet : « Sui en mothmobile » tout en pointant du doigt la caméra de son employé vers le ciel.

« Hin hin hin, préservons le secret pour notre hôte. Il eut en effet été fort inconvenant de révéler à la face du monde incluant quelque agent zélé des forces de l’ordre, l’itinéraire de la cachette de la mite maléfique.
Killer Moth, cher Killer Moth, puisque les présentations sont faites, je crois que notre public a envie de savoir, d’où vous puisez cette… inspiration, ce qui vous donne parmi la faune criminelle déjà si variée de Gotham, ce style unique, disons-le carrément, n’ayons pas peur d’employer les grands mots, inimitable ? »
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MessageSujet: Re: L'opération Phasme (PV: Nicholas Scratch)   Sam 11 Mai - 11:48

[HRP]Pas de problème, j'ai eu largement de quoi faire ^^, j'espère à mon tour te laisser de quoi t'amuser. [/HRP]

Chapitre 2:
Moth-Cave, nous voilà




Le moth-conducteur commençait à se demander s'il avait réellement mis le bon enregistrement dans l'auto-radio alors que la moth-mobile sillonnait le ciel de toute sa splendeur, traçant une ligne arc-en-ciel invisible dans l'encre de la nuit. Killer Moth était dans un nuage cotonneux d'extase égocentrique alors qu'il enregistrait lentement chacun des gestes de sa star, comme l'enfant qu'il était resté au fin fond de son être.

Derrière, les moths encastrés gloussaient adorablement en imaginant toutes les vertus que Nicholas Scratch était en train d'attribuer au Moth-Gang alors même qu'il n'avait fait qu'effleurer le potentiel grandiose de leur organisation. Pour être honnête, aucun être vivant n'avait pu découvrir l'intégralité des dons de ce gang très haut perché dans la gamme chromatique sans risquer de perdre définitivement la raison. Nicholas Scratch était parti pour une avant-première du point de vue de l'Humanité. Le voyage initiatique ne faisait que commencer.

Une question fusa alors, achevant l'once de modestie qui se blottissait telle une orpheline tabassée à mort dans un coin de l'âme de Drury Walker. Son style "unique" et "inimitable"! Sans imaginer une seule seconde que son hôte puisse être un minimum ironique voire même d'une cruauté cynique, Killer Moth sentit en lui la Mite déployer ses ailes et lorsqu'il décida de se retourner totalement de son siège pour pouvoir faire face de toute sa prestance à son héros, une de ses sublimes ailes percuta le visage de son conducteur qui fit une embardée. Perdu dans un monde multicolore où seuls survivaient quelques animaux fêlés se nourrissants essentiellement d'étoile jaune de sucreries, il assemblait le long et complexe puzzle qu'il s'était fantasmé.

- C'est vrai chef, pourquoi vous vous êtes lancé là dedans? rajouta un Moth qui cherchait à désencastrer son épaule du dos de l'un de ses compagnons.

- Une question tout à faire pertinente, commença le grand maître des Mites. Pour cela, il faut revenir à ma passion première: l'entomologie!

- L'ento-quoi? souligna un Moth qui scrutait de toute sa curiosité le ciel de la ville.

- L'entomologie est l'étude des insectes, expliqua sèchement Drury, et puis arrêtez de me couper! Donc je disais que....eum....je....oui, voilà, l'entomologie, ma grande passion. Puis il reprit avec son emphase personnelle. C'était il y a quelques années à présent...

"Alors que la tragique destinée m'éloignait lentement de cette discipline riche et délicieuse pour me plonger dans les ténèbres de l'ingénierie, je sentais au fond de moi poindre la terrible fêlure cardiaque qui alla jusqu'à fracturer mon âme elle-même. Oui, j'étais blessé, j'étais frustré, mais comme tant d'enfants de cette ville, je me laissais emporter par l'autorité parentale, Ô combien dévastatrice! Lorsque vint le temps de choisir entre profession et passion. Mes parents, voyez-vous étaient aveugles à la réalité de notre monde, ils cherchaient tels des mendiants la moindre attention sociale. Ils prospectaient avec ardeur et ne manquaient jamais l'occasion de se rendre à des galas et autre idioties de ce genre. Mais la société ne les a jamais considéré. Mon papa....mon père je veux dire, en est tombé malade. Et...et...

Il se tint alors coi, se rappelant le dernier râle d'agonie de son père entre ses bras au sein du Gotham Hospital. Ses moths avaient la gorge nouée, ils avaient tous lu la biographie de leur chef et se rappelaient ses larmes tandis qu'il écrivait ce passage particulièrement difficile.

- Et il est mort dans mes bras. J'avais été élevé pour prendre sa place, mais je ne m'en suis pas sentit le courage et ma mère m'a haït au point de m'abandonner à mon triste sort. Le personnage qui était le mien est alors surgit de cette immense néant d'incertitude. La mite est sortie de son cocon! Et j'ai juré de me venger! Ils nous ont traité comme des insectes insignifiants, ils nous ont piétiné, comme des moins que rien!

" Mais Killer Moth était né des années auparavant. J'étais la risée de mes camarades de classe, studieux, merveilleusement doué, pas fêtard pour un sous, j'étais un modèle tel que la société me voulait. Mais elle m'a, comme elle le ferait plus tard avec mes parents, rejeté! Alors j'ai ourdi une vengeance, usant d'un rôdeur mortel acheté dans le plus grand secret, scorpion reconnu dans le monde scientifique comme disposant du poison le plus mortel. Oui hin hin hin, je me souviens de ces trois ignobles abrutis qui se satisfaisaient de leur propre médiocrité! Hin hin hin, trois piqûre et au réveil, trois cadavres! Killer Moth avait frappé! C'était le premier pavé du Sentier d'Or que j'allais des années plus tard pouvoir achever! Oui messieurs, entendez bien cela, l'heure de ma vengeance contre le monde obséquieux et courtois de cette ruche que l'on nomme Gotham va bientôt passer à la caisse!


Le ton de Drury était devenu anormalement agressif, il sentait poindre en lui l'heure d'un plaidoyer enflammé sur sa posture de criminel modèle.

- Mais je m'égare, je reviendrais sur cela plus tard. Autour de moi, à Gotham, naissait une criminalité exacerbée et qui répondait aux grands canons du genre, le Joker, le Pingouin et bien d'autres! Toujours fasciné par le monde des insectes, j'ai choisi moi aussi de devenir un symbole que nul n'oublierait! J'avais le choix, après tout il y a des milliards d'insectes sur la planète, mais Gotham est rongé par la présence d'une nuisance volante: LA CHAUVE-SOURIS! Il fit sursauter ses hommes de mains, chauffeur comprit. Alors j'ai choisi de prendre un insecte, sublime et Ô combien impérieux: la mite! La seigneur des lépidoptères, l'impératrice des hétérocères! Cet étrange insecte méconnu qui m'est apparu telle une merveilleuse révélation un soir de doute! KILLER MOTH s'éleva!

Il valait mieux qu'il passe sous silence son passage à tabac par ses camardes de classe.

- Alors oui, me voilà à présent, rayonnant et prêt à en découdre! Je suis l'anti-batman!

Tous ses moths applaudirent. Killer se tourna ensuite, ouvrit sa boîte à gant et en sortit deux livres. Il les tendit aux passagers.

- Voici pour vous messieurs, deux tomes dédicacés de mon auto-biographie si vous voulez de plus amples informations quant à ma carrière professionnelle. Lorsque nous serons arrivé à ma Moth-cave, nous allons pouvoir vous entretenir grâce à un petit film éducatif sur la suite de nos projets hin hin hin, vous allez découvrir en avant-première les prémices de l'opération "Colère de la Mite!".

Une fois encore, tous applaudirent. C'était un peu comme si Drury animait un talk-show anglais, les applaudissements étaient soigneusement disposés, ne manquait plus que les rires généralement dispensés par ses ennemis avec grand soin. La moth mobile s'engouffra dans les égouts du port et parcourut un temps les canalisations.

- Mais et vous mon très cher Nicholas? s'enquit la teigne du mal. L'on vous connaît par votre prestance légendaire et le panache qui nourrit à lui seul votre émission, mais avant, qu'y a-t-il eu? Qu'aimeriez-vous que la criminalité de cette ville fasse au Batman et à la cohorte indisciplinée de Justiciers qui nagent dans son sillon? Lorsque le moment sera venu, voudriez-vous que le Moth-gang leur lance un message pour vous? Car nous comptons bien capturer le moindre justicier de cette ville vous savez. Entre autre bien entendu. Et comme vous pourrez bientôt le voir, nous en avons les moyens.

L'on arriva devant une large porte ornée par une gigantesque mite en acier rouillée. La moth-carte de passage bippa dans l'habitacle et la double porte s'activa dans toute sa splendeur. D'immenses bruits préenregistrés de vérin pneumatique et d'arc électrique se mirent entendre. Se révéla alors l'entrée fabuleuse de la moth-cave. Bastion extraordinaire du non moins fabuleux Moth-gang.

C'était une guerre de couleurs chatoyantes. Le large logo de la mite se tenait sur un mur immense, juste derrière un pupitre recouvert d'une multitude de microphones. Le sol était en béton peint vert fluo. Différentes salles avaient été aménagée à grand renfort de cloisons jaunes pas chères et l'on pouvait lire sur de petits panonceaux violet leurs différents noms. "Zone électronique"; "Garage"; "Salle de restauration"; "Moth-salle de bain"; "Ascenseur secret"; "Sas piéton"; "Moth-salle de réunion" et bien d'autres, le tout selon les normes les plus basiques de l'organisation administrative.

Il y avait une plante verte et une cage où volaient quelques papillons, un peu plus loin un large vivarium avec des centaines de vers à soie. Lorsqu'il sortit, Drury les pointa du doigt.

- Ce sont les ver qui nous permettent de faire nos filins es plus résistants, commenta-t-il. Et maintenant! Vous la vouliez, vous l'aurez, une démonstration de vol.

Il se dirigea par petits bonds joyeux jusqu'à la zone "Moth-Expérimentation" tandis que ses moths se retiraient à grand peine de leur sièges. Il aurait fallut un chausse-pied géant pour les aider. Sans attendre de voir s'il était suivi, Drury poussa la piteuse petite porte et fit découvrir des armoires pleines d'un bric-à-brac indéfinissable. Il y avait un large espace central délimité par des peintures jaune et noir au sol et de nombreuses formes géométriques étaient dessinées à l'intérieur. Au plafond s'était une véritable orgie de câbles et de poulies de toutes formes et de toutes tailles.

Extatique, l'incarnation maléfique du méchant mal de la ville entreprit de secouer quelques cordages qui pendouillaient pour voir laquelle il allait utiliser.

- Nous avons deux possibilités pour voler. La première, un filin en acier que peut projeter mon merveilleux moth-fusil à filin.

Il se dirigea à petits pas vers une étagère, farfouilla et en sortit un large objet, une sorte de fusil à harpon repeint et modelé à la mode des mites.

- Démonstration!

Le mot qui faisait tant de mal à l'organisation lancé, il attacha une partie de son étrange engin sur sa ceinture. Derrière lui les moth-retardataires croisaient les doigts, c'était encore un prototype. Il tira sur la corde pour montrer qu'elle était résistante et proposa à la star de venir la toucher (la corde) pour certifier de sa qualité ou non. Killer moth attacha ensuite une corde de rappel et demanda à un moth d'assurer son ascension. Naturellement son sous-fifre ne s'y trouva pas dans l'enchevêtrement de corde et se saisit de la mauvaise. Drury visa.

- Admirez l'envol de la mite!!

Un coup sec, la corde s'échappa de l'arme, elle vint se planter dans une partie de la cloison et la transperça pour venir se planter dans un mur de l'autre côté. Et la mite qui se rendit compte de son erreur d'appréciation décolla. Ses pieds quittèrent le sol, son esprit voulut s'y accrocher. Il n'eut pas le temps de détacher son filin de sa ceinture qu'il était déjà à mi-chemin de la cloison fragile. Cela fit, pour les spectateurs, un "Chtonk"; un "Krak"; et un "haaaaAAAAAAaaaa". La mite laissa derrière elle une forme indéfinissable dans la cloison et vint s'écraser comme un moustique sur un pare-brise sur le mur de béton mitoyen. Son moth tira un grand coup sur la corde provoquant et merveilleux rien. La poulie tournoya lamentablement et l'autre bout de la corde vint s'écraser à ses pieds. De l'autre côté, Killer Moth finissait son vol et chutait telle une feuille morte après un passage dans une turbine d'avion. Il ne se sentit pas le cœur de proposer une démonstration du jet-pack....
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MessageSujet: Re: L'opération Phasme (PV: Nicholas Scratch)   Mer 29 Mai - 17:57

La Mite avait fait sa réponse, non sans complaisance, une réponse si tant est qu’on eut pu espérer qu’elle établissait des faits véridiques (mais est-ce qu’un tel individu aussi fondamentalement incapable de percevoir le ridicule quand bien même il lui aurait crevé les yeux, pouvait-il être seulement capable d’enjoliver l’histoire de sa vie ?), en disait assez long sur l’énergumène : des parents riches s’il fallait l’en croire, soucieux de leur standing. Cela rappelait à Nick le cas Black Mask, qui l’aurait cru, un être pourtant aussi diamétralement opposé à son hôte, voilà qui donnait à réfléchir.
La suite fut du même tonneau, ressassant les peines et frustrations du maître des mites, et pourtant, contre toute attente, les paroles du doux dingue trouvèrent une résonance inespérée dans l’âme insondable de l’icône de la contre-culture : oui, lui aussi avait été fut un temps un anonyme, un médiocre jusqu’à ce qu’il ait lui aussi une illumination, autrement plus élevée certes mais tout de même, la ressemblance était là et trop troublante pour la nier, à tel point que cela ne sembla pas même avoir échappé à l’autre ahuri, qui se sentit le culot de retourner la question à son questionneur après lui avoir tendu son improbable autobiographie qu’il ne manquerait pas de lire ou le cas échéant, de faire lire à un assistant.

« Oh loin de moi l’idée de vous imposer quoi que ce soit sur votre façon de faire, répondit Scratch avec un sourire de circonstance. Je ne suis tout au plus qu’un découvreur de talents, vous et les vôtres êtes les artistes. Si toutefois un tel événement venait à se produire, nous serions bien évidemment ravis d’en avoir l’exclusivité. Et pour répondre à votre première question, ce que j’ai pu être avant est… sans intérêt. »

D’aucuns auraient pu détecter dans ces derniers mots une note froide pas tout à fait masquée laissant penser que la question avait plus désarçonné Scratch qu’on aurait pu s’y attendre. Décidément ce monsieur Moth était plein de surprises tout comme la vie d’ailleurs. Se sentir avec cet olibrius un ersatz de proximité avait de quoi faire réfléchir, une leçon à méditer pour l’avenir.

La Moth-cave puisqu’il fallait l’appeler ainsi, était à l’image de son propriétaire : criarde jusqu’au psychédélique, improbable et confuse.

« C’est donc là que la magie se créé ! », clama le présentateur les bras ouverts tandis que la caméra balayait la pièce. La démonstration de vol du maître des lieux qui s’ensuivit fut à l’avenant : en un mot comme en cent, il se vianda.

« Ha ha ha, les aléas du direct, personne n’est à l’abri d’un pépin, cela arrive même aux meilleurs !, rasséréna fallacieusement Nick tout en faisant mine d’épousseter les antennes de son hôte.
Mais puisque nous ne pouvons évidemment pas pour des raisons évidentes, vous interroger sur vos secrets de fabrication, abordons si vous le voulez bien un sujet tout autre : comment vous situez-vous par rapport à la faune costumée de Gotham ? Votre perception et vos relations quant à vos confères, rivaux, ennemis ? » interrogea-t-il en pointant son micro devant le mite-ique maître des lieux, pourtant pas encore remis de sa dernière déconfiture.
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MessageSujet: Re: L'opération Phasme (PV: Nicholas Scratch)   Dim 2 Juin - 17:16

Drury n'était pas familier du concept de réalité. Il n'avait point perçu la froideur du présentateur, pas plus que ses différents tons, préférant tous les tronquer pour les caser dans le grand sac de l'adjectif "Admiration" (qui prenait des proportion gargantuesque au fil de la soirée.) Son corps finissait son check-up de fin de démonstration qui se résumait à "Douleur global, signe vitaux faibles, tout va bien." D'une petite main tremblante il tenta de rejoindre le présentateur mais ce dernier fut plus rapide. Il sentit que l'on époussetait ses antennes. L'une d'elle se détacha et tomba devant son casque.

Il semblait que rien ne puisse faire dévier Nicholas Scratch de son interview, béni soit-il, un vrai professionnel! La question était aux oreilles du criminel, judicieuse, elle allait lui permettre d'enfin étaler son savoir-faire (et ses organes si cela nécessitait d'autres démonstrations).

- Je...gnii...eh bien, par rapport à mes collègues et concurrents, je suis...gniouille... eh bien...d'une...d'une...rare exception! Voilà, ce sont les bons termes....je... Comme vous l'avez dit plus tôt, je suis un spécimens unique. J'ai pour crédo d'utiliser des insectes, et même de vrais insectes parfois!

Il se releva avec peine.

- Suivez-moi, je vais vous montrer que je ne suis point un bonimenteur comme pourraient l'être, oh je ne sais pas, Black Mask et le Pingouin, deux hommes qui se veulent unique mais qui font la même chose, sauf que l'un porte un haut-de-forme et l'autre un masque en bois noir.

Il claudiqua jusqu'à une petite pièce dont il alluma la lumière. D'immenses étagères, des cages et des terrariums où vivaient divers insectes se côtoyaient, s'enchevêtraient en un joyeux bazar. Entre bruits de criquets, battements d'ailes légères et crissements de mandibules, c'était un véritable festival de couleur et de formes. Drury pointa du doigt une cage où les précieuses glandes séricigènes de ses vers à soie sécrétaient leur sublime fil. Les chenilles s'enroulaient autour d'un amas de feuilles de mûriers et laissaient derrière eux de minces fils blancs laiteux.

- Je vous présente mon petit élevage de Bombys Mori, mes petits vers à soie adorés! C'est avec eux que j'ai pu faire les cagoules de mes moths et la cape qui me sert parfois à la place de mes ailes. Voilà aussi ce qui me distingue de mes ennemis, une bonne garde robe. Je ne change pas tout non, mais parfois, un petit accessoire en plus ou en moins ça vous change une silhouette! Par exemple pour une infiltration, je préfère la cape simple, pour une opération classique je prend les ailes, ça donne un cachet qui marque les gens et pour les grandes occasion eh bien je sors la cape en poil de simili-mite, comme les fauteuils de la moth-mobile si vous vous souvenez. Il ne faut jamais oublier qu'un criminel doit être reconnaissable. D'ailleurs ça me fait penser!

Il tapa des mains, deux moths accoururent avec un large paquet qu'ils donnèrent à leur chef qui l'ouvrit sans attendre. Il en extirpa une longue cape blanche fait du fil de soie le plus fin que ses petits vers aient pu tisser, elle scintillait aux lumières des différentes lampes halogènes qui réchauffaient les insectes. Il la tendit vers le présentateur.

- On ne l'a pas teinte pour que vous puissiez choisir la couleur vous-même, reprit-il, un modeste cadeau du moth-gang pour vous remercier et pour vous laisser un souvenir indélébile. Mais je ne veux pas que vous croyiez que nous ne faisons que de la couture! Point du tout, regardez cette cage!

Il pointa du doigt une cage où se tenaient quelques scorpions.

- Cette cage contient mes insectes les plus dangereux: des rôdeurs mortels, aussi appelés des Leiurus quinquestriatus, leur poison est redoutable, le plus mortel qu'on connaisse. Et savez-vous pourquoi? Parce que c'est un merveilleux cocktail de neurotoxines hin hin hin, quiconque se fait piquer par l'un de mes chéries ne risque rien, juste de souffrir, mais si l'on utilise ce genre de poison de façon concentrée sur des aiguilles ou des fléchettes, alors il devient redoutable! Et je l'ai modestement fait.

Il claudiqua en sortant de la pièce.

- Voici donc un avant goût de ce qui me distingue: mon inventivité, mon amour des arthropodes, mon inépuisable source d'inspiration que je trouve chez eux! Mais ce n'est pas tout. L'on connaît le Joker pour ses blagues ponctuelles, eh bien l'on connaîtra le moth-gang pour ses plans et ses grand projets. Oui, nous planifions des actions et des projets divers et variés, de l'enlèvement au vol, du meurtre à la manipulation. Nous sommes une organisation en plein développement qui allons bientôt être plus que sublime. Vous êtes au cœur de la moth-cave, vous êtes au cœur d'un réseau qui va contrebalancer l'influence du Batman et de tous ses alliés. Oui!


Ses hommes se répartirent sur différents projecteurs qu'ils allumèrent et illuminèrent une vaste carte de Gotham City.

- Voyez! Admirez! Ceci est une carte interactive de notre ville qui peut à tout moment nous transmettre les signaux transmis par des criminels dont je garderais les noms vous comprendrez et via un système hypersophistiqué de balises impossibles à pirater, nous savons où nous devons intervenir et pourquoi! Il ne nous reste dès lors plus qu'à nous déployer dans la zone et aider notre client dans le besoin! Oui, Batman à son bat-signal et bien nous avons notre moth-signal, formidable, merveilleux, fantastique! Ainsi je ne conçois pas tous les criminels comme des ennemis ou des rivaux, mais comme de fabuleux alliés et clients. Nous sommes dans un monde en perpétuel changement et il faut que le crime se réorganise, les Falcones et les mafieux ont été ébranlés, mais la folie commence à se retrouver freiné par la "bat-organisation". Le Moth-gang pourrait être une force capable de rétablir l'équilibre! Mais nous manquons actuellement de publicité pour faire valoir nos compétences, alors nous avons prévus La Colère de la Mite! Un vaste projet qui va montrer toutes nos compétences et les moyens dont nous disposons!

Ses hommes applaudirent en arrivant avec des plateaux recouverts de petits fours.

- Et sa phase préliminaire fut l'Opération Phasme, une opération en cours dont vous allez avoir la joie d'être le témoin.

D'un pas qui se voulait autoritaire mais dont les décharges douloureuses des cuisses rendaient pathétique, Killer Moth rejoint une porte. Il pianota sur le digi-code et elle s'ouvrit dans un bruit de soulagement. De l'autre côté c'était un silence à peine dérangé par des gémissements. Des dizaines d'individus assis étaient bâillonnés et ligotés au fond d'une large pièce où étaient entassés de la glaise, différents blocs de pierre, des établis pour sculpteur, des espace entiers remplis de chevalets et de toiles vierge encore emballés des cartons entiers de peintures de la meilleure qualité des bidons entiers de dissolvant. Le sol était dallé, recouvert d'une fine pellicule plastique pour le protéger. De larges posters de différentes œuvres connues recouvraient les murs.

Alors qu'il s'avançait les quelques prisonniers se débattaient. Ils avaient tous un look relativement personnel et si Nicholas Scratch s'intéressait aux nouvelles du monde artistique de la ville, il reconnaîtrait tous les grands créateurs qu'Old Gotham avait reçu pour une formidable exposition de peinture tout genre confondus. Il les avait kidnappé plus tôt dans la semaine et offrait le spectacle de leur captivité à son très honoré journaliste. Il ricanait de la façon la plus impressionnante qu'il voulut, en vain, cela resta un couinement compressée par ses côtes douloureuses.

- Bientôt Gotham n'ignorera plus qui nous sommes!
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MessageSujet: Re: L'opération Phasme (PV: Nicholas Scratch)   Sam 29 Juin - 23:48

[HRP]Ma vitesse de réaction m'effraye moi-même^^[/HRP]

La suite de la visite fut la présentation des insectes mortels du maître des lieux : tout cela tenait parfaitement debout dans la démence, un gimmick qui en valait un autre. Les petites bêbêtes qui grouillent, c’était une phobie courante après tout. Très honnêtement, si Moth avait été comme vous et moi doté d’une simple appréhensions de ce concept qu’on appelle le ridicule, il aurait pu être un super criminel légitimement effrayant. Mais ce choix de couleurs, non, on ne trouvait pas ça dans la nature ou peut-être chez certains papillons issus de chenilles nourries de ces toxines qu’on trouve au fin fond de l’Amazonie, du genre que sécrètent ces grenouilles multicolores. Ce sens très personnel de la coquetterie aurait sans doute pu provoquer des crises d’épilepsie chez le Joker lui-même.
Et en parlant de coquetterie, le maître des mites s’était payé le luxe d’offrir un cadeau à son invité : une cape en soie qu’on devinait tissée avec amour, un comble pour un aspirant génie du mal ! Dieu merci (façon de parler !), il ne l’avait pas agrémentée de ses couleurs habituelles. Aussi Scratch accepta le présent de bon cœur car il était de bon goût, un trésor plus rare que l’or le plus fin venant de son hôte dont la naïveté et l’enthousiasme inaltérable le rendaient rafraîchissant parmi toute cette faune criminelle voire même… touchant, oui c’était le mot. Nicholas Scratch en fut le premier troublé car il n’était pas un sentimental.

Tous les grands hommes rêvent d’un grand œuvre. Et Killer Moth qui entendait bien le devenir, en avait un en tête : un concept d’anti-Batman, une idée incontestablement séduisante dont on pouvait regretter qu’elle ait germé dans un cerveau aussi biscornu.

« Un Batman en négatif, en somme ! Quel concept, du jamais vu, chers amis, le super-vilain au secours de nos criminels ! Forces de l’oppression, prenez garde à Killer Moth, l’émissaire du chaos ! Oh oui, je vois déjà ça, une de vos interventions en exclusivité mondiale, ça va faire un buzz de malheur ! »

Evidemment, il eut été plus judicieux de choisir comme emblème une bête qui ne soit pas au menu des chauve-souris mais c’eut été pinailler.

La suite fut plus… incongrue. Un kidnapping, c’était un coup classique mais pas celui-ci : sa majesté des mites avait rassemblé en son antre les sommités artistiques de la ville avec si l’on en jugeait le matériel, une volonté de les pousser à la création. La création oui mais de quoi ? Voilà qui titillait la curiosité de l’inquisiteur Nicholas Scratch.

« Le crime uni aux beaux-arts ! Un aboutissement logique même si dans cette ville, les criminels sont plus artistes que les artistes eux-mêmes. Un mot, maître ? Souriez, vous êtes filmé ! dit le présentateur en retirant le bâillon d’un des otages dont il avait volontairement effacé le nom de son esprit, les arts classiques ne suscitant chez lui plus aucun intérêt depuis déjà belle lurette.
- Ces... ces coulères : rose, verté flouo, ma quelle hourreur ! Sortez-moi dé là, c’est oune couchemar ! Scratch ?! Vous aussi, vous êtes entré les mains dé cé maboule ? Ma qué peut-il bien faire d’une sangsoue comme vous ?
- Merci maître, c’était très instructif. coupa Scratch sans se démonter. Mais dites-moi, cher Moth, à supposer que vous laissiez ces messieurs libres de leurs mouvements, dans quel but, artistique selon toute vraisemblance, les avez-vous réunis en tant que maître d’œuvre et surtout en quoi ce travail de commande dirons-nous, nourrira-t-il votre projet criminel que vous nous promettez si vaste ? »
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