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Ne manquez pas les deux derniers chapitres de Darkwatch, où s'affronteront Le Chevalier Noir et l'Empereur !

Clash of the Warriors & La Révolte

"Lors d'une rafle de la Ligue des Ombres, la Lignée décide d'intervenir et de massacrer les hommes de Ra's Al Ghul. Les habitants, excédés par la situation, décident de se révolter, avec le support de l'Empereur et ses troupes. Le G.C.P.D est dépassé et les justiciers n'ont d'autre choix que s'en mêler, Batman en tête."

(Petit aperçu des évènements en vidéo ici)


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©Les images utilisées appartiennent à leurs auteurs
©Les bannières ont été crées spécialement pour le forum Gotham City Rpg par Deimos Hellhammer
©Le contexte de ce forum est inspiré du Batverse, arrangé et rédigé par le Staff. Merci de respecter notre travail.




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 Le premier meurtre [RP unique - Flashback]

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Snake

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MessageSujet: Le premier meurtre [RP unique - Flashback]   Jeu 14 Mar - 17:21

[HRP : Le sujet se déroulera sur 2 à 3 postes.]


Centre de Détention Juvénile de Tampa, Floride, 1992


Il marchait dans un long couloir, en compagnie de deux gardiens armés de matraques. Il était menotté les mains dans le dos, et des chaînes entravées aussi ses chevilles. De chaque côté du couloir, il y avait de nombreuses portes, et dans chacune d'entre elles, une petite ouverture rectangulaire y était découpée, et traversée par des barreaux métalliques verticaux. Derrière chacune de ses portes, il y avait une cellule qui pouvait contenir de une à quatre personnes. Waylon marchait avec une certaine lenteur à cause de ses entraves aux chevilles, tête baissée, regardant ses pieds. Il sentait les regards posés sur lui. Tous les détenus, des mineurs qui avaient déjà commis des délits ou des crimes, s'étaient précipités à leurs portes pour voir le nouveau venu, le regardant au travers les barreaux de leurs portes. De nombreux chuchotements désagréables parvenaient à son oreille, du genre "Regarde son visage !", "C'est un monstre ?", "Qu'est-ce qui lui est arrivé ?", "Tu crois qu'il est malade ?", "Il est moche !"...
Il aurait tout fait pour ne jamais remettre les pieds ici. Mais pour se nourrir, pour pouvoir survivre, il n'avait pas eu d'autres choix que de voler. Il avait réussi plusieurs braquages en menaçant les épiciers et commerçants avec un couteau, et avaient vécu comme un SDF pendant des mois. Mais un type comme lui, ça ne passait pas inaperçu. Les forces de l'ordre avaient pu retrouver sa trace, d'autant plus qu'ils le connaissaient bien. Ce n'était pas sa première fois.
Après une marche interminable dans le couloir de l'Enfer, l'un des deux gardiens s'arrêta de marcher devant lui, il sortit un trousseau de clés de sa poche et ouvrit une porte de la cellule.

"Mets-toi sur le seuil de la porte et bouge pas !"

L'un des deux gardiens sortit un pistolet et le visa tandis que l'autre s'accroupit pour lui retirer ses chaînes aux chevilles.

"Si tu bouges, j'te jure que j'te bute, sale petit enfoiré."

Un détenu qui se trouvait dans cette cellule se leva de son lit. Lorsqu'il vit la tête de Waylon, il prit peur et se recula.

"Woooh ! J'veux pas d'ça dans ma cellule ! Non non non ! Trouvez-en une autre, j'la partagerai pas avec un monstre !"

"Toi, tu fermes ta gueule et tu te colles contre le mur du fond !"

Le deuxième gardien venait de finir de retirer les menottes aux mains de Waylon. Il recula rapidement de ce dernier.

"Rentre dans ta cellule doucement, et ne fais aucun geste brusque !"

"Les mecs, déconnez pas ! Me laissez pas avec cette chose !"

"La ferme !"

Waylon obéit et marcha lentement dans la cellule. La porte se referma derrière lui et il entendit la clé tournant dans la serrure pour la verrouiller. Son "colocataire" le regardait, les yeux écarquillés, en restant collé contre le mur pour être le plus distant possible de lui, mais Waylon ne le fixait même pas. Il avait toujours la tête baissée, le regard plongeant vers le sol. Il fit deux pas avant de s'asseoir sur un lit situé sous un autre lit superposé.

"Heu.. heu..T...T'es sur mon lit, là..." balbutia le type qui avait peur de lui.

Waylon ne répondit pas et resta immobile, les mains croisées et les avant-bras posés sur ses genoux.


".... Ok, c'est pas grave... Je... Je dormirai en haut... Ok ?... Ok !"

Il prit hâtivement un bouquin qu'il avait posé sur le lit du dessous, avant de grimper précipitamment l'échelle le conduisant au lit superposé, puis il soupira longuement, comme soulagé. Waylon resta dans cette position durant plusieurs dizaines de minutes, avant de se coucher sur le dos pour passer la nuit.

====================

Le lendemain, il était en rang, comme tous les autres détenus, dans la cour du centre. Ses voisins, à gauche et à droite, avaient pris leur distance par rapport à lui, ce qui lui laissait un peu plus d'espace vital. Un militaire passait devant le rang en faisant un speech que Waylon n'écoutait pas. Au bout de quelques minutes, le militaire s'arrêta devant lui.


"C'est quoi ton nom ?"

"... Waylon."

"Pardon ?"

Le militaire frotta l'intérieur de son oreille avec son doigt avant d'ajouter :

"J'ai pas entendu. Tu t'appelles comment ?"

"Waylon."

"Décidément... J'ai toujours pas compris."

"Waylon !"

Le militaire fit le signe de la négation avec sa tête tout en affichant un air désespéré. Il regarda alors l'un des voisins de Waylon, et lui dit :

"Alex ?"

"Monsieur, Oui, Monsieur !"

"Tu peux expliquer à ce grand garçon comment on s'adresse à moi avec respect ?"

"Monsieur, on s'adresse à vous en commençant chaque phrase par Monsieur et en finissant chaque phrase par Monsieur, Monsieur !"

Waylon soupira au moment où le militaire revint à lui.

"Alors, quel est ton nom ?"

"J'vous l'ai d'jà dis. J'le répéterai pas, c'est ridicule."

"Ridicule, hein ? Alors pour toi, le respect, c'est quelque chose de ridicule ?... C'est pourtant pas aussi ridicule que ta sale petite tronche de croûtes."

Sur ces mots, Waylon agrippa le militaire par le col et le souleva à la seule force de son bras. Il n'avait que 16 ans, mais il était costaud, et avait déjà la force d'un athlète d'age mûr.

"Qui est ridicule, là, hein ?!?!" s'exclama t-il avec fureur.

Mais cela ne dura pas longtemps, bien vite des gardiens accoururent et maîtrisèrent Waylon pour le forcer à lâcher le militaire.


"Sergent, ça va ?"

"Ça va... C'est pas une petite couille molle dans son genre qui va m'impressionner. Tenez-le bien, les gars. Je vais lui apprendre le respect."

Le sergent sortit sa matraque et lui donna un puissant coup au foie, ce qui eut pour effet de plier le jeune garçon en deux. Puis il lui donna un autre coup de matraque en pleine figure, le forçant à se redresser sous la puissance du coup.

"Tu veux jouer les durs ? Crois-moi, j'me suis déjà farci des plus durs que toi, mon pote. Ici, les durs, on les brise comme du verre, on les casse."

Il donna un nouveau coup de matraque au visage de Waylon qui cracha du sang. Un lambeau de sa peau morte tomba sur le sol, il provenait de sa joue droite.

"Et après, on recolle les morceaux..."

Le sergent se pencha pour ramasser le bout de peau, et le regarda d'un air un peu répugné.

"Mais dans ton cas... ça va être dur de tout recoller."

Il avait dit ça par rapport au fait qu'il perdait des lambeaux de peau et de croûtes à cause de sa maladie qui le faisait ressembler à un monstre.

"Allez, mettez-moi ça en cellule d'isolement pendant 24h. Il aura tout le temps de réfléchir aux notions de respect et des bonnes manières."

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Snake

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MessageSujet: Re: Le premier meurtre [RP unique - Flashback]   Jeu 14 Mar - 19:40

Cellule d'isolement, 15 minutes.

La cellule d'isolement. Une pièce de 4 mètres carré totalement vide et plongée dans le noir et le silence. Aucune fenêtre, aucune lumière. Il était totalement impossible de connaître l'heure. On ne pouvait même pas savoir s'il faisait jour ou si c'était la nuit. On était enfermé avec soi-même, dans le plus grand calme. Le monde extérieur semblait à des kilomètres.
Waylon était assis au fond de la pièce, contre le mur, les jambes légèrement repliées vers lui-même. Il avait essayé de défoncer la porte en fer, il l'avait cognée de toutes ses forces, mais il n'avait fait que s'esquinter et s'épuiser pour rien. Il était enfermé ici pour vingt-quatre heures, vingt-quatre longues heures à ne rien faire d'autre que respirer et réfléchir, plongé dans le noir le plus complet. D'un autre côté... Ce n'était pas si mal. Ici, il n'y avait personne pour le dévisager, personne pour l'insulter. Il ne supportait de toutes façons pas la présence des autres autour de lui. Ici, il était tranquille. En paix.

Il détestait les autres. Il détestait les humains. C'était un jugement définitif. Les gens ici n'étaient pas mieux qu'à l'extérieur. Et pourtant, c'était aussi des rejetés de la société, des incompris qui en étaient réduits à commettre des crimes. Et ils ne valaient pas mieux que les autres, que les gens soi-disant normaux et pleins de bonnes intentions. A son arrivée ici, ils l'avaient tous dévisagé comme un animal, une bête de foire. Et ce sergent, qui voulait lui inculquer le respect... Il n'était pas mieux que les autres, lui non plus. De quoi l'avait-il traité, déjà ? "Tronche de croûtes". Il mériterait qu'il lui fasse bouffer ses propres tripes.

Waylon sentit une profonde colère monter en lui. Tous ces gens qui se croyaient normaux le mettaient hors de lui. Il ne les supportait plus. Ils étaient si stupides, si méchants et gênants. Il avait envie de tous les faire taire, définitivement. Et pourtant, il s'était toujours retenu. Jamais il n'avait tué qui que ce soit. Tout ce qu'il avait fait, c'était voler. Voler de la nourriture pour survivre. Qu'y a t-il de mal à cela ? Qu'y a t-il de mal à vouloir simplement vivre ? Survivre ? Puisque personne ne voulait de lui, il était bien obligé de se débrouiller seul.
Mais non. Même le simple fait de se nourrir lui était prohibé. Parce que l'argent comptait plus que la vie d'un être humain, dans cette stupide société élitiste où les apparences avaient plus d'importance que les fonds des gens et leurs pensées. L'empêcher de voler, c'était l'empêcher de nourrir. L'empêcher de survivre. On voulait sa mort, c'était clair. Et on voulait qu'il meurt, uniquement parce qu'il était différent des standards humains. Parce qu'il était né avec une maladie de peau le faisant ressembler à une créature horrible des marais, un monstre ou encore un extra-terrestre. Tout cela était injuste. Pourquoi est-ce que cela lui tombait dessus ? Pourquoi lui ? Qu'avait-il fait de mal pour mériter un tel traitement ?

Il donna un coup de poing contre le mur pour essayer de faire passer sa colère. Mais cela ne suffisait pas. Cela n'avait jamais suffit.




Cellule d'isolement, 3 heures.

Une éternité. C'était le temps qu'il avait passé ici depuis qu'on l'y avait enfermé. Aucune idée de l'heure qu'il était, ni combien de temps s'était écoulé. Mais moins d'une journée, en tout cas, s'il devait en croire le sergent. Puisqu'il ne devait passer que 24 heures ici. Ce qui était déjà pas mal.
Il faisait les cent pas à l'intérieur de son 4 mètres carré depuis très longtemps, mais il était bien incapable de le déterminer avec exactitude. Il avait bien entreprit de compter les secondes pour passer le temps et être un peu moins paumé, mais il s'était arrêté à 127. Alors il s'était mis à faire des pompes, et à les compter aussi. Deux-cent, divisées en quatre séries de cinquante, avant d'avoir envie de faire une pause. Et depuis, il faisait les cent pas.

Il en avait marre, il ne pouvait plus rester là à rien faire. Il s'ennuyait. Il tapa contre la porte avec son poing, et cria pour interpeller les gardiens. Aucune réponse... Il réessaya trois fois, avant d'abandonner et de retourner s'asseoir au fond.



Cellule d'isolement, 7 heures.

Cela faisait plusieurs minutes qu'il s'écorchait la gorge en hurlant après les gardes. Il avait faim. Ces enfoirés ne pouvaient pas le laisser mourir de faim. Ils n'avaient pas le droit ! Il avait beau les insulter de tous les noms, les menacer, il n'y avait toujours aucune réponse. Soit ils ne l'entendaient pas... soit ils l'ignoraient.

L'ignorance. Notion à laquelle il était confronté depuis la naissance. Son père l'avait ignoré. Sa tante l'avait ignoré. Les enseignants à l'école l'avaient ignoré. Lui, et les problèmes qui lui tombaient dessus. Il avait bien été obligé de prendre les choses en main. Puisque personne ne l'écoutait, puisqu'il était seul, alors il avait agi seul et sans l'avis de personne. Il avait envoyé l'un de ces garnements à l'hôpital, après des années d'entraînement en extérieur pour fortifier son corps. Avait-il obtenu du respect de la part de ses camarades ? Non. Juste de l'ignorance. C'était peut-être mieux que des insultes. C'était peut-être pire. Il n'existait plus aux yeux de personne. De créature monstrueuse, il était passé à homme invisible. Le remarquer, c'était s'attirer des ennuis, et risquer de finir à l'hôpital. Un simple regard de travers suffisait pour le faire sortir de ses gonds. En s'étant battit un corps solide comme de la pierre, fruit de longs entraînements intensifs, il avait obtenu plus de confiance en lui. Et surtout, il avait de quoi faire taire ceux qui le maltraitaient autrefois. Les gamins jouaient dans leurs jardins, dans les salles d'arcade ou dans leur chambre avec ces jeux électroniques dont il ne connaissait rien. Lui, il passait son temps à se muscler, à grimper aux arbres, à nager, à frapper. Il avait compris que la seule façon de se défendre, dans ce monde sauvage et brutal, c'était de devenir soi-même une brute.





Cellule d'isolement, 13 heures.

Les coups résonnaient dans la petite pièce, se faisant écho. Depuis quelques minutes, il n'arrêtait pas de cogner les murs avec ses poings, ses genoux, et même sa tête. Il était en proie à une crise de folie passagère, une fureur violente qu'il ne pouvait évacuer qu'en fracassant tout ce qui se trouvait autour de lui. Et puisqu'il n'y avait rien d'autre que des murs et une porte...
Cet endroit allait le rendre fou. A force de trop réfléchir sur lui-même, sur son passé, sur l'humanité en général, il avait le cerveau en bouillie. Il était affamé, et on ne lui donnait rien à manger. Il n'avait rien à faire. Ça l'avait énervé. On l'avait enfermé comme une bête sauvage dans une cage. Il avait besoin de cogner, de se défouler. Il n'était plus capable de réfléchir, il ne le voulait même plus. Il voulait juste sortir d'ici. Il fracasserait la porte et les murs à coups de poing s'il le fallait !

... Malheureusement, la pièce était assez résistante. Après une quinzaine de minutes à cogner, ses mains, ses genoux et ses coudes étaient en sang, écorchés à force de trop frapper. La pièce était parsemée de lambeaux de peau, il s'en était déchiré certains lui-mêmes de son visage et de son torse.

Il hurla jusqu'à ne plus avoir de souffle avant de rester immobile un moment. Puis il s'allongea, épuisé physiquement et psychologiquement.




Cellule d'isolement, 19 heures.

Il venait de faire une petite sieste, et malgré le manque flagrant de confort de cette pièce, ça faisait du bien. Des douleurs traversaient son corps, surtout aux extrémités des poings, aux coudes, aux genoux et à la tête. Il se souvenait de tout ce qu'il avait fait, de sa crise de folie. Mais il ignorait pourquoi il avait fait cela. Dormir lui avait permis de retrouver à peu près les idées claires. Mais il était affamé, son corps, sans nourriture, était dépourvu de force. Il se sentait faible, son corps entier était parcouru par de petits tremblements. Il se mit en position assise et s'adossa au mur du fond. Il serait prêt à manger n'importe quoi... N'importe quoi d'autre que lui-même. Mais il était pourtant la seule chose cloisonnée entre ces quatre murs.

Il mordit son avant-bras gauche, et serra sa mâchoire de plus en plus fort... La douleur lui arracha une grimace. Il s'interrompit, et souffla un coup. Il n'était pas encore prêt. Il souffla un bon coup, prit son poignet gauche dans sa main droite, et mordit à nouveau son avant-bras gauche à pleine dents et de toutes ses forces. Il sentit du sang couler dans sa bouche, entre ses dents... Non, c'était dur. Il s'interrompit avant d'arracher un bout de chair. Il ne pouvait pas faire cela, c'était trop douloureux. Il effleura du bout des doigts la marque de la morsure suffisamment profonde pour le faire saigner, et qu'il ne pouvait pas voir dans ce noir complet.


*J'deviens dingue... Me bouffer moi-même ?!... Quelle idée foireuse !*

Il se contenta de sucer le sang qui coulait de sa plaie, en s'interrogeant sur ce qu'il était devenu. La faim pouvait-elle nous transformer en un monstre sanguinaire ? En était-il devenu un, pour avoir voulu se dévorer le bras ? Est-ce que cela aurait été plus simple sur quelqu'un d'autre ? Aurait-il pu manger un être humain, sous cet état de faim intense?....

*Bouffer un humain... Ça m'aurait pas plu, c'est dégueu... Mais si j'avais pas eu l'choix... J'l'aurais fait sans hésiter, j'crois.*


Cellule d'isolement, 24 heures et 7 minutes.

La porte s'ouvrit lentement. Trois gardes armés l'attendaient à l'extérieur, s'apprêtant à le voir surgir. Ils braquaient leurs armes à feu vers l'entrée de la cellule. Mais rien ne sortit. L'un des gardes alluma sa torche pour regarder à l'intérieur. Waylon était allongé sur le sol, recroquevillé sur lui-même, comme une loque. Les murs et le sol étaient couverts de sang, de griffures et même de lambeaux de peau.

"Bordel... Il est mort ?! Va vérifier."

"Quoi ? Je dois m'approcher ?"

"Laisse, je m'en charge."

Le garde entra dans la cellule en s'approchant du jeune garçon.

"Hé !... On s'réveille !..."

Il se tourna vers ses deux collègues et haussa les épaules. Il s'accroupit alors juste à côté du monstre, et posa deux doigts contre sa nuque pour sentir son pouls. Aussitôt, Waylon ouvrit les yeux, agrippa la main du type avec sa main droite, et ouvrit la bouche lentement tout en l'approchant de la main du gardien pour la mordre.

"Aaaaaah !!! Un zombie !!! Butez-le !!!"

Waylon étant affamé, il n'avait pas suffisamment de force pour tenir fermement la main du gardien, et ce dernier parvint à s'échapper en reculant.

"Mais non, John, c'est pas un zombie ! Ce type a passé plus de 24 heures sans manger, normal qu'il soit affamé !"

"Ouais... T'approches pas de lui, on sait jamais. Toi, va chercher son repas."

L'un des gardiens s'exécuta et quitta les lieux tandis que les deux autres surveillaient Waylon. L'un des deux regarda l'intérieur de la cage d'un air suspicieux.

"Regarde un peu l'état de la pièce... Ce type est vraiment un monstre. Comment on peut s'infliger ça à soi-même ?"

"Ouais... C'est la première fois que je vois ça... Faudra l'avoir à l’œil, lui."
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Snake

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MessageSujet: Re: Le premier meurtre [RP unique - Flashback]   Ven 15 Mar - 14:55

La cantine. C'était l'un des seuls lieux de détente pour la plupart des détenus enfermés ici, tous des mineurs qui avaient déjà volé ou agressé des personnes. Pour Waylon Jones, c'était un autre de ces lieux infernaux qu'il détestait tant. Il y avait trop de monde, trop de bruit, et il n'aimait pas ça. C'était son premier repas ici depuis qu'il avait été à nouveau arrêté et, comme il en avait l'habitude, alors qu'il marchait entre les différentes tables en maintenant son plateau pour trouver une table libre, les gens le dévisageaient ou chuchotaient en parlant de lui. Il trouva une table pour quatre personnes, totalement vide, tout au fond de la salle. Il s'y assit et commença à manger, sans accorder la moindre attention aux autres. Qu'ils le dévisagent et qu'ils parlent sur son dos, si ça leur faisait plaisir. A présent, tout ceci lui était égal. Il s'était habitué à la connerie humaine, il avait dû s'en accommoder. Ces êtres méprisables ne représentaient plus rien à ses yeux, ils étaient insignifiants, et il savait qu'il pouvait facilement faire taire n'importe lequel d'entre eux. Il le savait, et n'avait pas besoin de le prouver. C'était pour cette raison qu'il encaissait sans dire un mot, en faisant comme si de rien n'était. Il ne voulait pas s'attirer d'ennuis, il ne voulait pas retourner dans cette petite pièce sombre... La cellule d'isolement. Le fait même d'y repenser le fit frissonner. Jamais plus il ne remettrait les pieds là-dedans, c'était insupportable, à en devenir fou.

Si l'on mettait de côté les gens qui le dévisageaient, cet endroit n'était pas si mal. Il n'avait pas mangé un tel repas depuis bien longtemps, et il en vint même à se demander si sa situation actuelle n'était pas mieux que d'être un SDF errant de rues en rues et devant voler pour subvenir à ses besoins. Ici, il était logé et nourrit. Mais il n'était pas libre. Il devait faire face à l'autorité militaire, et il détestait toute forme d'autorité.
A quelques tables de là, un petit groupe de détenus discutait au milieu du repas.


"Alors, Big Ben, t'as vu qu'il y avait un nouveau ? Faut que tu ailles lui voler son dessert !"

"Ouais, je sais pas... Vous avez vu sa gueule ? C'est un monstre... Je suis sûr qu'il a la lèpre, je préfère ne pas m'approcher !" répondit un garçon grand et obèse aux cheveux très courts.

"Allez déconne pas ! C'est la tradition ! Tu vas quand même pas laisser un dessert te passer sous le nez !"

L'un des détenus situés autour de Big Ben frappa sur la table avec ses couverts de façon régulière pour créer un rythme, tout en s'exclamant :

"Big Ben ! Big Ben ! Big Ben !"

Il fut rapidement suivi par toute la table, une dizaine de garçons qui tapèrent sur la table en acclamant le surnom du garçon obèse. Le bruit attira l'attention de Waylon qui leva la tête vers la dite table.

*Quelle bande de crétins...*

Après quelques dizaines de secondes, le dénommé Big Ben finit par se lever de sa chaise et fut applaudit. Il devait faire dans les 1m80, un peu comme Waylon à cette époque, et était vraiment très gros. Il marcha en direction de Waylon qui fronça les sourcils en le voyant arriver.

*Y m'veut quoi c't'abruti ?*

Big Ben s'arrêta juste devant la table de Waylon et le regarda dans les yeux quelques secondes. Waylon lui renvoya le regard sans dire un mot, en continuant de mâcher le dernier bout de viande qu'il venait de mettre dans sa bouche. Le garçon obèse prit lentement le yaourt de Waylon sans le lâcher des yeux, avant de dire :

"C'est le prix à payer pour ton arrivée ici, monstre répugnant."

Waylon continua de le fixer sans répondre, sans réagir, et après quelques secondes d'intense mastication, il cracha un os de poulet dans son assiette puis reprit son repas normalement. Le gros Ben leva alors les deux mains en signe de victoire, montrant le yaourt comme un trophée, tout en tournant le dos au garçon monstrueux.

"123éme dessert bonus!" s'exclama t-il comme s'il s'agissait d'un record.

"Et il s'est même pas défendu !"

Il se tourna à nouveau vers Waylon et dit :

"Alors comme ça, la face de croûtes est une poule mouillée ?"

Waylon l'ignora une fois de plus, en continuant son repas comme si de rien n'était. Ce type pensait être un dur, il pensait être fort. Mais ce n'était qu'un gros tas de graisse, rien de plus. Il n'avait pas un seul muscle de développé. Waylon aurait pu le terrasser très facilement... Mais il n'en fit rien. Il ne voulait pas retourner dans la cellule d'isolement, c'était trop cher payé pour simplement un dessert.
Big Ben retourna à sa table, et quelques secondes après, la majeure partie des détenus se mirent à s'exclamer :


"Face de croûtes, poule mouillée ! Face de croûtes, poule mouillée !" en tapant sur les tables avec leurs couvercles.

Au bout de quelques secondes, un militaire fit irruption dans la salle et cria :


"Fermez-la ! Plus un bruit ! Vous la fermez et vous mangez en silence, je veux pouvoir entendre les mouches voler !!! Le prochain qui ne dit ne serait-ce qu'un seul mot il me fera 100 pompes sur le champ !!!"

Aussitôt, tout le monde se calma et le silence régna dans la salle jusqu'à la fin du repas. Waylon maintenait fermement son couteau en fixant le Big Ben d'un regard noir. Il était si furieux que son poing en tremblait. Mais le militaire était intervenu à temps pour éviter un drame. Le silence revenu, Waylon put se calmer en terminant son repas, même si cela fut très difficile.



Le lendemain, même heure.

Waylon était encore une fois seul, assis à une table pour quatre personnes, tandis qu'il mangeait son repas en silence. Après quelques minutes, le gros garçon de la veille revint vers lui. Il le fixa dans les yeux, et lui dit avec un sourire malveillant :

"Le prix à payer pour rester ici sans problème, c'est tous les jours." fit-il.

Waylon avala ce qu'il avait dans sa bouche, s'essuya les lèvres d'un revers de la main, et prit enfin la parole, pour la première fois envers un détenu depuis son arrivée :


"Dis donc, si t'arrêtais un peu d'bouffer comme un gros porc, t'en serais p'tet pas un."

On entendit un "Woooooooooh" dans toute la salle, avant que toutes les discussions habituelles de la cantine ne laissent place au silence. Tout le monde se tourna vers Big Ben et Waylon, qui avait osé lui répondre. Une forte tension était palpable entre ces deux là.

"Oh mais c'est que la bête de foire a appris à parler ! C'est moi que tu traites de porc ? Tu t'es regardé, face de croûtes ? T'es qu'une espèce d'immonde créature même pas humaine !"

Big Ben prit une fois de plus le dessert de Waylon, mais cette fois-ci, ce dernier réagit. Avec la main gauche, il lui attrapa le poignet, et avec son autre main, il lui planta sa fourchette dans le dos de la main de Big Ben, le forçant à relâcher le dessert !

"AAAAAH !!!! " cria le garçon obèse d'un air paniqué en regardant la fourchette plantée dans sa main.

Du sang commençait à goûter autour des pics de la fourchette. Cette fois-ci, ce type qui se prenait pour un dur faisait moins le malin, il en avait les larmes aux yeux. Waylon, qui était resté assis, regarda Big Ben dans les yeux, et lui dit :


"Tu me dois un dessert."

Aussitôt, des militaires intervinrent en entendant les cris.

"Qu'est-ce qui se passe ?"

"C'est le monstre !... Il m'a planté sa fourchette dans la main !" s'exclama Big Ben en pleurant comme un bébé avec une tête grimaçante.

"Bordel ! Emmenez-le à l'infirmerie ! Quant à toi... "

Il fixa Waylon.

"Une journée dans la cellule d'isolement ne t'a pas suffit, on dirait !"

Waylon écarquilla les yeux et la panique put se lire sur son visage.

"Non ! Me ramenez pas là-bas !"

"Oh que si, et pendant 48 heures cette fois-ci. On double la durée à chaque fois que tu fais une connerie."

"J'y retournerai pas !!!"
s'exclama Jones, avec fureur cette fois-ci.

Il envoya son poing droit dans la figure du militaire, l'allongeant sur le sol d'un seul coup. D'autres militaires accoururent.


"Appelez du renfort ! Il faut qu'on le maîtrise !"

Ils sortirent leurs matraques en se ruant sur lui. Furieux, Waylon souleva le premier militaire qui venait sur lui pour l'envoyer valser quelques mètres plus loin. Il se prit des coups de matraque dans le dos, mais résista. Il se retourna brusquement en frappant le militaire dans son dos d'un coup dans le ventre, le pliant en deux, puis enchaîna avec un autre coup de poing dans la figure pour le faire tomber.

"Je retournerai pas dans cette salle !!! Jamais !!!"

Il prit la table sur laquelle il mangeait à deux mains, et la retourna sur le sol. Trois autres militaires accoururent en lui flanquant des coups de matraque par tous les côtés. Le garçon, colossal malgré son age, se débattit comme il pouvait mais finit par tomber. Les militaires se mirent alors à le tabasser à coups de matraque pendant qu'il était à terre, jusqu'à ce qu'il soit épuisé. Deux militaires le prirent alors par les bras, et le traînèrent de force jusqu'à la cellule d'isolement.

"Non ! Nooon !!! NOOOOOOOOOOOOOOOOOOON !!!!!!!!!"

La porte de la cellule se referma devant ses yeux, et le cauchemar allait reprendre.
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MessageSujet: Re: Le premier meurtre [RP unique - Flashback]   Mar 19 Mar - 16:34

Trois mois avaient passé depuis que Waylon Jones était arrivé dans ce centre de détention juvénile. Et, chose étonnante, le redoutable colosse était presque devenu un détenu modèle. Cela n'avait pas été facile, surtout durant ses deux premières semaines qu'il avait passées à se battre contre l'autorité, à se rebeller et à n'en faire qu'à sa tête. Mais les séjours dans la cellule d'isolement, les coups de matraques, les coups de ceinture, et toutes les autres punitions physiques et morales qui lui avaient été infligées avaient fini par le calmer. L'autorité, le respect des règles, avait eu du mal à rentrer dans sa petite tête chauve et couverte de croûtes, il avait fallu les lui faire rentrer avec un marteau et un burin, mais ils avaient réussi. Ils l'avaient changé.

Comme à son arrivée, Waylon était toujours seul, et silencieux. Il n'avait aucun ami, même après trois mois. Cela n'avait pas changé. En revanche, ce qui avait changé, c'était qu'on ne s'en prenait plus à lui. Les autres détenus avaient compris qu'il valait mieux ne pas avoir à faire à lui, ne pas l'énerver. Après ce qu'il avait fait à Ben, ils en avaient peur. Il était sauvage, imprévisible, dangereux. Même les gardiens en avaient eu pour leurs frais. Alors ils l'ignoraient, essayant même de ne pas le regarder pour ne pas causer sa fureur. Les chuchotements et les moqueries avaient cessé pour laisser place à l'ignorance qu'il connaissait, et méprisait, tout aussi bien que le reste. Mais il n'avait plus que deux semaines à passer ici, avant d'être remis en liberté. Il savait que pour lui, ça n'allait rien changer. Même si, désormais, il obéissait aux gardiens et ne causait plus de problèmes, la haine et la fureur bouillonnaient en lui. Et s'il les gardait enfouies au plus profond de lui-même, c'était pour ne pas avoir à retourner dans cette satanée cellule d'isolement qui avait bien failli le rendre fou. Si tôt qu'il sortirait d'ici, il serait de nouveau contraint de voler de la nourriture pour survivre, car la société ne l'accepterait jamais. Et cela ne l'enchantait pas vraiment. Il n'avait pas choisi d'être un délinquant, il y avait été forcé. Et puisque aucune main ne serait jamais tendue envers lui, puisque jamais personne ne l'aiderait, il était obligé de continuer sur cette voie qui gâcherait sa vie à jamais. Alors il fuirait le plus loin possible pour ne pas être repris, pour ne pas remettre les pieds ici une fois de plus.

Waylon était allongé tranquillement dans son lit, les mains croisés derrière sa tête, un lundi soir. Soudain, il entendit un bruit de clés, et la porte métallique du fond du couloir s'ouvrit en grinçant. Le colosse se leva et regarda au travers des barreaux de sa porte pour voir ce qui se passait. Un détenu, menotté aux mains et aux pieds, fit son entrée dans le couloir, suivi par deux militaires. Waylon ne l'avait jamais vu ici, ce devait être son premier jour. Le détenu n'était pas très grand, mesurant dans les 1m70, il avait des cheveux noirs mi-longs en bataille, des yeux marrons, et il était mal rasé. Lorsqu'il passa devant la cellule de Waylon, il le fixa quelques secondes et eut un sourire démoniaque.


"Oh dites-donc ! Vous avez un sacré spécimen dans votre zoo, les mecs !"

"La ferme, Danny !" s'exclama l'un des deux gardiens.

Le géant à la maladie de peau sentit une violente colère monter en lui, et ses mains agrippèrent les barreaux de sa porte fermement, comme s'il voulait les écarter. Cela serait de toutes façons inutile, puisque l'ouverture rectangulaire taillée dans la porte était suffisamment petite pour ne laisser passer que la tête s'il n'y avait pas de barreaux pour la condamner. Néanmoins, Waylon suivit le nouveau du regard, un regard noir dans lequel on pouvait lire la haine. Il avait envie de lui faire la peau... Mais il ne le pouvait pas. Il ne le devait pas. Il n'avait plus que deux semaines à tenir. Il ne fallait pas risquer d'augmenter la durée de sa détention, ni de retourner dans la cellule d'isolement. Il relâcha les barreaux, et retourna s'allonger dans son lit...

Le lendemain, c'était mardi, et l'après-midi Waylon était de corvée de ménage dans le couloir des détenus. Il y avait un seau remplie d'eau savonneuse à côté de ses jambes, et tenait un balais de lavage qu'il frottait contre le sol après l'avoir trempé dans l'eau. Soudain, Danny entra à l'autre bout du couloir, seul.
Les yeux de Waylon se plissèrent tandis qu'il plongea un regard noir dans celui du nouveau. Ses poings se crispèrent sur le manche à balais, si bien qu'il dût se retenir pour ne pas le casser en deux. Il se demanda ce qu'il faisait là alors qu'il n'était pas sensé y être, et jugea que la situation était trop belle pour le tabasser puisqu'il n'y avait personne d'autres. Mais il ne le fallait pas. En le voyant, Danny sourit d'un air provocateur, tout en s'approchant de lui alors que le colosse ne le quittait pas des yeux. Lorsqu'il passa juste devant Waylon, le détenu donna un coup de pied dans le seau d'eau savonneuse, qui se renversa par terre, inondant les quelques mètres carrés alentours. Waylon n'avait plus qu'à tout recommencer, désormais.

"Oups ! Pardon, j'l'avais pas vu !" s'exclama t-il avant de ricaner.

"Fais attention la bête de foire, avec ta face de croûtes en lambeaux, tu risques de tout salir !"

Cette fois-ci, Waylon ne put se contenir. Il brisa le manche à balais en deux avant de lâcher les deux morceaux, puis bondit sur Danny pour le clouer au sol. Le garçon aux cheveux noirs prit une expression paniquée tandis que le monstre furieux était assis sur lui. Waylon envoya un poing de toutes ses forces dans les dents du détenu, puis un autre avec son autre main, puis encore un autre, le frappant au visage à chaque fois.

"J'vais t'buter !!! J'vais t'buter !!!" s'exclama t-il en le frappant encore et encore.

Il le frappa plus d'une dizaine de fois au visage et de toutes ses forces, à chaque coup le crâne de Danny cognait contre le sol. Quelques militaires qui entendirent du raffut entrèrent dans le couloir et foncèrent vers les deux détenus en voyant ce qu'il se passait. Les mains de Waylon étaient couvertes de sang, mais il continuait à frapper. Le visage de Danny était méconnaissable. Son nez s'était cassé, sa mâchoire brisée, il avait perdu de nombreuses dents et surtout, il était couvert de sang, il avait même la chair à vif à certains endroits, car les poings d'acier du colosse lui avaient arraché la peau. De plus, à force de se cogner la tête contre le sol à chaque coup de poing, Danny s'était ouvert le crâne et une marre de sang coulait derrière sa tête. Cela n'arrêta pas la bête furieuse qui continuait de frapper alors que le garçon aux cheveux noirs avait cessé de crier depuis bien longtemps.

"Arrêtez-le ! Arrêtez-le !"

Deux militaires s'accrochèrent aux bras de Waylon pour tenter de le maîtriser. Il leur donna un coup de coude à chacun, les faisant reculer de plusieurs mètres. Il frappa un gardien au visage, le faisant tomber d'un seul coup de poing, tandis que l'autre se rua sur lui. Waylon le souleva, et le projeta contre un mur.

"Du renfort ! Du renfort !"

D'autres militaires accoururent, matraques en main, et se mirent à taper le colosse qui rendait coup pour coup avec une violence inouïe. La fureur semblait décupler ses forces, il était totalement hors de contrôle. Ce n'était pas seulement les paroles de Danny, c'était toute cette colère et cette haine, renfermées au plus profond de lui depuis des semaines, qui venaient d'être relâchées. Une volonté de vengeance contre les gardiens, contre la société, qui se traduisait en une fureur inébranlable. Au final, six militaires furent mobilisés pour parvenir à le maîtriser et à l'immobiliser contre le sol. Une fois la bête maintenue, l'un des militaires s'accroupit à côté de Danny et lui prit le pouls. Il regarda son supérieur d'un air horrifié.

"Il... Il est mort !"

"Bordel..."

"Un meurtre ici... Au sein même de cet établissement... Notre réputation est foutue !"

Il était mort. Waylon venait de tuer un être humain pour la toute première fois. Et il se sentit... soulagé. Il s'était vengé. Ce type ne lui fera plus jamais de mal, ne lui dira plus jamais de méchancetés. Il l'avait bien mérité !
Cependant, quel en serait le prix à payer ?... Il avait craqué, alors qu'il allait bientôt pouvoir être remis en liberté. Il allait sans doute devoir retourner dans la cellule d'isolement.


"Je pensais que t'avais changé..." fit le supérieur hiérarchique en s'adressant à Waylon.

"Que tu avais appris... Mais j'ai eu tord. Un monstre reste toujours un monstre !... On peut dire que t'as fait fort, là... Maintenant, ce n'est plus de notre ressort, t'es bon pour la peine capitale."

En entendant ces mots, la peur s'empara du colosse. Il allait être condamné à mort ? Lui ? Comment était-ce possible ? Il n'avait fait que se défendre ! Il ne voulait pas mourir ! C'était injuste !

Fort heureusement, il apprit deux ans plus tard, et à trois semaines seulement de la date de son exécution, que la peine de mort avait été abolie, jugée anticonstitutionnelle. Sa peine fut donc modifiée en enfermement à vie... Et 18 ans plus tard, il eut droit à une remise de peine pour bonne conduite et fut relâché.



The End.
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MessageSujet: Re: Le premier meurtre [RP unique - Flashback]   Mer 20 Mar - 13:45

[Bonus : voici une version alternative de mon dernier poste, que j'avais commencée à rédiger avant de me rendre compte que ce n'était pas vraiment ce que je voulais faire et que je séchais sur la fin. Je la mets parce que j'aime pas écrire des trucs pour rien, mais comme la fin n'y est pas je vous laisse l'imaginer.
(Le début du poste est identique au précédent, ça change qu'à partir du 3éme paragraphe.)]



Trois mois avaient passé depuis que Waylon Jones était arrivé dans ce centre de détention juvénile. Et, chose étonnante, le redoutable colosse était presque devenu un détenu modèle. Cela n'avait pas été facile, surtout durant ses deux premières semaines qu'il avait passées à se battre contre l'autorité, à se rebeller et à n'en faire qu'à sa tête. Mais les séjours dans la cellule d'isolement, les coups de matraques, les coups de ceinture, et toutes les autres punitions physiques et morales qui lui avaient été infligées avaient fini par le calmer. L'autorité, le respect des règles, avait eu du mal à rentrer dans sa petite tête chauve et couverte de croûtes, il avait fallu les lui faire rentrer avec un marteau et un burin, mais ils avaient réussi. Ils l'avaient changé.

Comme à son arrivée, Waylon était toujours seul, et silencieux. Il n'avait aucun ami, même après trois mois. Cela n'avait pas changé. En revanche, ce qui avait changé, c'était qu'on ne s'en prenait plus à lui. Les autres détenus avaient compris qu'il valait mieux ne pas avoir à faire à lui, ne pas l'énerver. Après ce qu'il avait fait à Ben, ils en avaient peur. Il était sauvage, imprévisible, dangereux. Même les gardiens en avaient eu pour leurs frais. Alors ils l'ignoraient, essayant même de ne pas le regarder pour ne pas causer sa fureur. Les chuchotements et les moqueries avaient cessé pour laisser place à l'ignorance qu'il connaissait, et méprisait, tout aussi bien que le reste. Mais il n'avait plus que deux semaines à passer ici, avant d'être remis en liberté. Il savait que pour lui, ça n'allait rien changer. Même si, désormais, il obéissait aux gardiens et ne causait plus de problèmes, la haine et la fureur bouillonnaient en lui. Et s'il les gardait enfouies au plus profond de lui-même, c'était pour ne pas avoir à retourner dans cette satanée cellule d'isolement qui avait bien failli le rendre fou. Si tôt qu'il sortirait d'ici, il serait de nouveau contraint de voler de la nourriture pour survivre, car la société ne l'accepterait jamais. Et cela ne l'enchantait pas vraiment. Il n'avait pas choisi d'être un délinquant, il y avait été forcé. Et puisque aucune main ne serait jamais tendue envers lui, puisque jamais personne ne l'aiderait, il était obligé de continuer sur cette voie qui gâcherait sa vie à jamais. Alors il fuirait le plus loin possible pour ne pas être repris, pour ne pas remettre les pieds ici une fois de plus.

On était le mardi après-midi, et Waylon était de corvée de ménage dans le couloir des détenus. Il y avait un seau remplie d'eau savonneuse à côté de ses jambes, et tenait un balais de lavage qu'il frottait contre le sol après l'avoir trempé dans l'eau. Soudain, il entendit un bruit de clés, et la porte métallique du fond du couloir s'ouvrit en grinçant. Un détenu, menotté aux mains et aux pieds, fit son entrée dans le couloir, suivi par deux militaires. Waylon ne l'avait jamais vu ici, ce devait être son premier jour. Le détenu n'était pas très grand, mesurant dans les 1m70, il avait des cheveux noirs mi-longs en bataille, des yeux marrons, et il était mal rasé. Lorsqu'il vit Waylon, il le regarda de bas en haut avec un sourire démoniaque.


"Oh dites-donc ! Vous avez un sacré spécimen dans votre zoo, les mecs !"

"La ferme, Danny !" s'exclama l'un des deux gardiens.

Les yeux de Waylon plissèrent tandis qu'il plongea un regard noir dans celui du nouveau. Ses poings se crispèrent sur le manche à balais, si bien qu'il dût se retenir pour ne pas le casser en deux. Il fixa intensément le dénommé Danny qui lui renvoyait la pareille tout en continuant de sourire, alors qu'il continuait de s'approcher de lui. Lorsqu'il passa juste devant Waylon, le détenu donna un coup de pied dans le seau d'eau savonneuse, qui se renversa par terre, inondant les quelques mètres carrés alentours. Waylon n'avait plus qu'à tout recommencer, désormais.


"Oups ! Pardon, j'l'avais pas vu !" s'exclama t-il avant de ricaner.

Un militaire le prit par l'oreille et le tira vers lui.


"Crois-moi tu vas vite te calmer, ici !"

"Aieuuh ! Vous m'faites mal, espèce de trou duc !" s'exclama Danny.

Aussitôt, le militaire lui administra une gifle suffisamment forte pour que la marque rouge de sa main se dessine sur la joue du garçon. Ils l'enfermèrent dans une cellule située à quelques mètres de là, tandis que Waylon n'avait pas cessé de le fixer. Il sentit une violente colère monter en lui, il avait envie de lui faire la peau... Mais il ne le pouvait pas. Il ne le devait pas. Il n'avait plus que deux semaines à tenir. Il ne fallait pas risquer d'augmenter la durée de sa détention, ni de retourner dans la cellule d'isolement.
Après l'avoir enfermé, l'un des deux militaires se tourna vers Waylon qui continuait à regarder dans leur direction.


"Qu'est-ce que tu attends ? Tu vas quand même pas laisser ça comme ça ! Allez, au boulot !"

Waylon resta silencieux, ne prit pas la peine de lui répondre, et se contenta d'obéir. Il alla chercher une serpillère pour éponger, et alla remplir à nouveau son seau. Durant tout l'après-midi de nettoyage, Danny n'eut de cesse d'interpeller Waylon avec les insultes habituelles, pour le provoquer. Mais le colosse ne répondit jamais, se forçant à l'ignorer. Lorsqu'enfin il eut fini de nettoyer le couloir, il se dirigea vers la porte de la cellule de Danny, et le fixa au travers des barreaux.

"T'as d'la chance qu'il y ait ce mur entre nous deux. Ça sera pas toujours le cas. J'espère pour toi que tu cours vite, parce que si j't'attrape, j'te jure que tu pourras plus jamais marcher, sale crevard."

"Ah ouais ? Et qu'est-ce que tu comptes faire ? Me bouffer les jambes ?"

"Pire que ça."

Puis Waylon prit les affaires de nettoyage et se dirigea vers la sortie du couloir pour les ramener.

"T'oseras jamais rien m'faire !" s'exclama Danny en parlant assez fort pour qu'il l'entende.

"Et tu sais pourquoi, gueule de monstre ? Parce que t'as pas d'couilles ! Que d'la gueule !"

==============================================

Le lendemain, dans la cour.

C'était l'heure de la pause. Une dizaine de militaires surveillait la cour remplie de détenus avec une totale liberté de mouvements. Ils étaient prêts à interagir à la moindre petite bagarre, et elles étaient fréquentes ici. Waylon marchait tranquillement, seul, comme d'habitude, faisant le tour de la cour pour se dégourdir les jambes, les mains dans les poches. Danny était nouveau, il ne s'était pas encore fait d'amis ici. Il était seul. Alors, il alla à la rencontre de la seule personne à qui il avait adressé la parole jusque là : Waylon.

"Alors l'affreux ? J'ai toujours mes jambes ! On se dégonfle ?"

Waylon porta un regard en direction des militaires qui surveillaient l'ensemble de la cour. Il remarqua que l'un d'eux les regardait. Il détourna alors le regard pour fixer droit devant lui et reprendre sa marche. Danny avait suivi le regard de Waylon et avait également remarqué le gardien.

"Oh je vois, t'as peur de ces petites tapettes en uniforme ! C'est ce que je disais, t'as pas d'couilles !"

Waylon resta silencieux et continua d'avancer tandis que Danny le suivait tout en le provoquant.

"Ça m'étonne même pas, venant d'un déchet comme toi !... Dis-moi un peu, quel genre de créature ta mère a baisé pour faire un monstre comme toi ? Un crocodile ? Un serpent ? Peut-être même le monstre de Frankenstein, vu qu't'es à moitié zombie. Une sacré pute pour faire dans la zoophilie et la nécrophilie, hein ?"

Mais Waylon ne réagissait pas. Il n'avait pas connu sa mère, elle était morte en accouchant. Alors peu importe ce qu'il pouvait dire à son sujet, cela lui était égal. Voyant qu'il ne trouvait pas la corde sensible, Danny tenta autre chose.

"Mais vu qu't'es là, ça doit être parce que tes parents t'ont abandonné ! Pas étonnant, imagine leur réaction quand ils ont vu ta gueule ! Ha ha ha j'imagine la tête de ton père en voyant sa femme accoucher d'un monstre quasi-lépreux !"

Waylon serra les poings et soupira longuement tout en continuant de marcher.

"Lui qui croyait avoir un beau petit garçon à son image, il s'est retrouvé avec une monstruosité de la nature, une bête de foire ! Ça a dû faire un choc ! Imagine sa déception ! T'es quand même un sacré bâtard pour faire ça à tes parents, toi ! Franchement, t'aurais mieux fait de pas naître, regarde toi ! Tu ressembles à rien, personne ne veut de toi, c'est pour ça que t'as pas d'amis ! Même ici, on veut pas de toi !"

Cette fois-ci, Waylon se retourna brusquement vers Danny, le prit par le col et le souleva avec sa main droite. Le garçon aux cheveux noirs sourit.

"Ben alors, on est sensible ? On va pleurer ? Tu veux un mouchoir pour essuyer la morve qui te sert de peau ?"

Waylon remarqua un militaire descendre précipitamment les marches pour se diriger vers eux, alors il relâcha Danny aussitôt. Le militaire arriva auprès d'eux et les regarda tous les deux.

"Un problème ?"

"Aucun." répondit Waylon d'un air renfrogné.

"Si, moi j'crois qu'il a un problème ! Du genre épidermique. Faut le mettre en quarantaine sinon il va filer la gale à tout le monde, m'sieur !"

"Vous feriez bien de vous tenir à carreaux tous les deux, sinon ça va mal tourner. Séparez-vous."

Waylon s'éloigna, et Danny s'écria :

"A plus tard, face de croûtes ! Sans rancune, hein !"
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