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Ne manquez pas les deux derniers chapitres de Darkwatch, où s'affronteront Le Chevalier Noir et l'Empereur !

Clash of the Warriors & La Révolte

"Lors d'une rafle de la Ligue des Ombres, la Lignée décide d'intervenir et de massacrer les hommes de Ra's Al Ghul. Les habitants, excédés par la situation, décident de se révolter, avec le support de l'Empereur et ses troupes. Le G.C.P.D est dépassé et les justiciers n'ont d'autre choix que s'en mêler, Batman en tête."

(Petit aperçu des évènements en vidéo ici)


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 La leçon de l'Artiste (Charles Shreck)

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Andrew Blake/L'Artiste

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Date d'Inscription : 29/12/2012
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Vous à Gotham : Ancien commissaire de la ville. Possède une double identité en tant que justicier d'Etat sous le nom de l'Artiste et en tant que commissaire sous le nom d'Andrew Blake.
Citations : Chapeau, L'Artiste.

MessageSujet: La leçon de l'Artiste (Charles Shreck)   Sam 2 Mar - 17:23

Il devait être aux alentours de minuit quand le moteur vrombissant de la voiture d'Andrew s'arrêta dans un coin de rue. Le cigare sur la bouche, il observa quelques instants l'endroit, il était totalement désert à cette heure. Il devait être à quelques minutes de marche de l'imposant building qu'était Shreck's Industrie. Bâtiment servant à la construction d'armements ainsi qu'à la production de nanotechnologies, il était un des points importants pour l'économie de Gotham City. Ses revenus étaient conséquents, assez conséquents pour attirer n'importe quelle association mafieuse. Dès qu'il y avait d'énormes sommes d'argent en jeu, il y avait toujours un malfrat pour aller mettre son nez dedans dans cette ville. Charles avait dû malheureusement succomber à l'appât du gain, une tentation si forte que n'importe quel humain aurait pu tomber dans le vice. Triste sentiment que de devoir aller mettre fin à un avenir prometteur, un fils prodige qui a aussi mal tourné que celui dans la Bible mais qui ne recevra sûrement pas le même traitement que ce dernier. Toute action illégale entraînait la justice, forte et implacable.

Blake sortit de sa voiture, souffrant d'un bruit de métal grinçant, il referma la portière de sa voiture et se dirigea vers le coffre de celle-ci. D'un geste rapide, il l'ouvrit et commença à en sortir son contenu. Outre son armure de Justicier, il n'avait pas pris tant d'équipement que ça aujourd'hui. Ses deux Beretta comme à l'habitude munis de silencieux dans les opérations discrètes ainsi que quelques grenades fumigènes en cas de pépin. Il ne devait pas s'encombrer de trop, son âge avancé et sa carrure de colosse le mettait déjà mal à l'aise pour la discrétion donc il était d'ores et déjà prohibé de se munir d'armement lourd qui pouvait ralentir l'opération ou même pire encore : la faire échouer. L'échec n'était pas envisageable, une triste pensée passagère qui n'était que buée, il suffisait de souffler dessus pour la voir disparaître. Pour continuer l'inventaire du coffre, on pouvait aussi remarquer divers plans provenant du cadastre. Blake n'avait eu qu'à claquer des doigts pour les avoir. Avec une signature provenant du maire, la vie devenait tellement facile qu'on en devenait jaloux. Une fois le contenu extrait, il ferma le compartiment et étala les plans sur le capot de la bagnole, un léger filet de fumée émanant du bout du cigare.

L'Artiste avait déjà vu et revu ses cartes une bonne dizaine de fois pour se visualiser le bâtiment à la perfection. Il ne prenait jamais les choses à la légère, surtout venant de l'ordre d'un de ses supérieurs. Il posa son doigt sur l'itinéraire qu'il avait déjà visualisé à son appartement. D'un geste reposé, il jeta son cigare près d'une bouche d'égout environnante et commença à marmonner à lui-même pour remettre les dernières choses au clair.


"Allons donc bon, l'entrée principale est interdite... Ils ont foutu un perdu au bureau d'accueil pour surveiller la zone. Je dois passer par la porte venant du local à ordure, celle que les nettoyeurs de surface utilisent. Donc après, je débarque dans un couloir et je passe par le local des vestiaires du personnel. Non loin de là se trouve un escalier de service qui mène jusqu'au vingtième étage, escalier ne possédant aucune caméra pour mon bonheur. Bordel, je suis trop vieux pour cette merde..." Il ronchonna dans un sourire, le nombre de marches à monter n'allait pas le réjouir. "Là c'est le passage chaud bonbon, je dois passer par ce couloir là pour arriver à l'autre escalier se trouvant à l'autre bout. Apparemment il y aura un garde mais aucune caméra de surveillance, c'est quoi cet immeuble de plouc j'te jure. Donc ensuite, je monte jusqu'au trente-cinquième et je prends l'ascenseur de service tout en veillant à ne pas me faire voir par la caméra en me collant à la porte d'entrée. Là j'arrive au cinquantième, où je dois passer par les recoins et sûrement m'occuper de deux trois glandus pour atteindre le bureau de ce cher Charles." Il souffla de répit et rajouta d'un ton humoristique : "Si je ne meurs pas d'un arrêt cardiaque avant, ça devrait pouvoir se faire."

Il plia les plans soigneusement et les déposa dans un de ses poches. Ensuite, il se mit en costume et le décora de son magnifique pin's de Justicier d'Etat. L'Artiste rangea ses habits rapidement dans sa voiture puis, après une rasade expéditive de whisky de basse qualité, commença à se mettre en route pour l'énorme construction qu'était Shreck's Industries. Une longue soirée se préparait pour Andrew mais comme le dicton dit, après l'effort, le réconfort. Il ne fallait pas s'étonner si Charles allait déguster du réconfort de Blake après tous les efforts qu'il allait devoir faire pour atteindre cette crapule.

Après environ cinq minutes, il arriva sur le parking de la société. Quelques voitures gisaient ci et là, grandes victorieuses des amoureux du travail de nuit. Sur les centaines de places disponibles, seule une trentaine était occupée. Mais cela n’intéressait en rien Andrew, il n'en cherchait qu'une, garée à sa place de prédilection, la place réservée au directeur. La voiture de Charles était encore présente, autant dire que le véhicule était loin d'être un monospace pour toute la famille. Siège en cuir de bonne qualité, carrosserie d'exception luisante tellement elle était bien nettoyée. Cet homme savait prendre soin de ce qui lui appartenait. Après avoir rapidement reluqué la magnifique automobile, Andrew se dirigea vers le local où les bennes à ordures reposaient. L'odeur n'était certes pas des plus agréables mais cela ne posait pas de problème à Blake. Il avait passé des années dans des tranchées, à sentir la pourriture des corps et d'autres senteurs que le commun des mortels qualifierait de nauséabondes. Et puis, il valait mieux passer par des poubelles que par une fosse septique si on voulait voir le positif.

L'Artiste fut confronté à une porte en métal, fermée à verrou depuis l'intérieur. Sous ses airs de militaire ressemblant à un Rambo mal tapé, Andrew avait quand même appris à crocheter les portes. Certes il préférait l'habituel coup de pied et l'entrée fracassante sous les yeux ébahis de ses ennemis mais malheureusement la situation n'était pas adéquate. Après plusieurs coups de crochet, il débloqua la porte et la poussa doucement, scrutant d'un œil attentif si aucune personne ne se situait de le couloir. Sentiment de relâchement, personne ne s'y trouvait. Il referma la porte sans aucun bruit et se dirigea, rasant le mur du mieux qu'il pouvait, vers le local des vestiaires. Une porte blanche, rien de particulier à dire dessus, elle était ouverte apparemment. Encore une corvée que Blake n'avait pas à faire, il n'était pas un adepte du crochetage et ne l'avait jamais vraiment utilisé pour ainsi dire. Les services spéciaux de Gotham apprenaient des tonnes de choses mais Andrew était tellement tête brûlée qu'il n'utilisait quasiment que la manière forte.

Divers casiers étaient disposés pour ranger les affaires du personnel dans ce local. On trouvait aussi des costumes de service tel des tenues de gardes ou de nettoyeur. Si Andrew n'avait pas eu cette carrure de monstre, il aurait peut-être pu s'habiller avec ces fameux costume et s'infiltrer mais difficile d'imaginer cet homme massif passer à côté des gardes sans être repéré. Soupirant, il passa sa main sur un des pantalons puis se décida à quitter la pièce. L'escalier devait être techniquement à deux mètres sur la droite de la porte. Comme un agent secret, il posa délicatement son oreille sur la porte pour essayer d'entendre si le couloir s'animait de bruits de pas. Malgré son ouïe défaillante suite aux trop nombreuses explosions qu'il avait entendu, rien ne paraissait sortir du couloir. Il prit une grande respiration et ouvrit la porte, il devait s'attendre à tout. Hormis un sol parfaitement nettoyé, rien ne lui faisait face et d'une attitude détendue il commença à se diriger vers la fameuse porte menant aux escaliers. Non verrouillée, non surveillée, là était vraiment le point faible de Shreck's Industries.

Quand il regarda la chaîne énorme de marches faites de métal qui s'étendait au-dessus de lui, il poussa un énorme râle de mécontentement. Avec environs dix marches pour chaque étage, cela lui faisait deux-cents marches à monter pour arriver à l'étage concerné. Après avoir intériorisé sa contrariété, il se décida à les monter. Son souffle devenait de plus en plus insuffisant. Rien d’étonnant à cela, il fumait environ trois cigares par jour minimum et ses poumons devait ressembler plus à une mine de charbon qu'à un paradis blanc. Il s'arrêta vers le quinzième étage pour reprendre sa respiration, cela ne prit pas longtemps, il avait enduré pire. Autant pouvait-il exceller dans les combats grâce à l'adrénaline autant les escaliers lui semblaient un calvaire sans fin. Il devait rester une cinquantaine de marche, de quoi faire fuir n'importe quel blanc bec mou du genou. Une fois arrivé au vingtième, il se posa sur la rampe finale de l'escalier et poussa un grand souffle rauque de satisfaction. Andrew essuya la sueur se trouvant sur son front avec soulagement et se pencha vers l'avant, main sur les genoux pour reprendre autant de force qu'il le pouvait.

La première partie sensible approchait à grand pas, il savait que ce couloir était protégé par un garde. Bien entendu, aucune caméra ne protégeait ce bout de l'étage, d'où le fait de sa présence. Blake ouvrit discrètement la porte et commença à se faufiler sur un coin de mur, essayant de recopier un James Bond qui avait déjà quelques années dans le coffret. Il passa un coup d'œil et remarqua qu'effectivement un espèce de mec d'une trentaine d'année se tenait là, assis sur une chaise, l'air à moitié endormi par le calme de la nuit. Il f allait trouver un moyen de s'en débarrasser discrètement. L'Artiste sortit un de ses fusils et, d'un coup sec, tapa sur une des surfaces métalliques du bâtiment. L'homme de sécurité bondit ridiculement de sa chaise et replaça sa casquette, tombante, correctement sur sa chaise. Il se dirigea naturellement vers la source de bruit, ne se doutant pas de ce qui l'attendait. Quand il vit Andrew, il ouvra les yeux comme si il avait vu un monstre. L'homme n'eut pas le temps de toucher à son talkie-walkie qu'il fut pris dans une prise d'étranglement sanguin par son opposant. Il se débattit, tapant maladroitement sur les avant-bras musclés de son assaillant mais faiblit puis s'évanouit. Blake le tira vers l'escalier de service et le déposa du mieux qu'il pouvait sur un bord. Il resterait inconscient pour au moins une demi-heure, largement assez de temps pour Andrew.


"Fais de beau rêve mon mignon." rigola-t-il en laissant le pauvre inconscient à son triste sort.

L'adrénaline procurée par cette action l'avait mis dans un état d'énergie incroyable. Il était bien décidé à monter jusqu'au dernier étage et à expliquer à ce brave Chip qu'on ne rigolait pas à Gotham, encore moins avec l'Artiste. D'un pas décidé, il commença à se diriger vers la prochaine cage d'escalier. Charles ne devait sûrement pas s'attendre à la délicate visite à l'improviste qui l'attendait.



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Dernière édition par Andrew Blake/L'Artiste le Mer 6 Mar - 2:43, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La leçon de l'Artiste (Charles Shreck)   Mar 5 Mar - 10:27

[HRP]Belle intro Wink[/HRP]

Shreck's Indsutries s'était lentement vidée de ses employés et le building n'était dès lors vivant que grâce à quelques gardiens et son nouveau PDG. Chip était sombres ces temps-ci, sa dernière visite à son père n'avait pas été à la hauteur de ses espérances. Tandis qu'il s'approchait du bar pour prendre un petit verre de bourbon, son regard mélancolique tomba sur l'immense toile que son paternel alors à cette fonction avait accroché au mur. Elle le représentait, lui, fier avec une main sur l'épaule de Maximilien. Il se souvint des séances de poses qu'elle avait nécessité, de la complicité qu'il y avait eu jadis entre eux. Sa main agrippa le goulot de la bouteille et il se versa un verre anormalement plein. Il soupira avant de lever son verre. Il ne savait pas à quoi il trinquait, seul dans cet immense bureau emplit de plus de souvenirs que d'espoirs quant à son avenir. Seul le bruissement de sa chemise contre son gilet ouvert l'accompagna dans son geste.

Le liquide coula le long de son tube digestif et le brûla, elle lui rappela la flambée de la cheminée du salon du manoir de la famille alors qu'il rendait sa visite à son père. Depuis Boston, rien n'était plus pareil. Il avait un faux pas...deux, pour être plus exact, deux qui déplurent définitivement à l'homme pour qui il avait le plus d'estime. Sa mémoire lui projeta la scène glaciale qu'il lui avait réservé. Maximilien n'avait pas apprécié à l'époque que son fils ne montre pas l'étendu de ses compétences en matière financières, oui, il n'avait pas réussi à décrocher de nouveaux contrats, pis encore, il avait perdu des partenaires à Boston. Et lorsqu'on lui avait appris que Chip avait fricoté avec une femme durant son séjour là-bas... s'en fut trop. Définitivement trop

Une nouvelle lampée. Tant de froideur alors qu'il n'avait fait qu'un...deux faux pas. Il se passa une main dans les cheveux et repensa à son père, ce geste si familier qu'il avait coutume de faire alors qu'il était fier de lui. Il faisait chaud. Comme cette nuit-là tandis qu'il désirait obtenir le pardon de son père. Nommé PDG de Shreck's Industries, il avait pensé qu'on lui offrait une seconde chance. Alors qu'il s'effondrait dans son siège, juste devant son ordinateur portable, son téléphone sonna. Il posa le verre à distance de récupération et décrocha. La voix qui sortit fut celle d'un membre du Conseil d'Administration, un vieil ami de son père, un espion parmi tant d'autres. Il s'inquiétait, la belle affaire.

- Allo, Chip? Encore au bureau? C'est pour l'ouverture des marchés ?

- Oui, fit-il brièvement.

- Je suis content de l'entendre, répliqua la voix, si lointaine, si fausse. Votre père serait fier de vous.

Il raccrocha sans même un mot et saisit son verre comme s'il le protégeait du mal lui-même. Vivant dans l'ombre, il ne s'attendait pas à être submergé par les ténèbres que son père avait semé derrière lui. Il pianota un instant sur son clavier, les mains tremblantes de tristesse. Ce qui n'était qu'un vague puzzle vaporeux dans les brumes de l'alcool devint une vision d'effroi. Le tapis qui trônait dans le bureau était identique à celui dans le salon de son père. Tout lui revint, comme un coup de poignard.

Le feu crépitait dans l'âtre de la cheminée et Maximilien, comme à son habitude, potassait des dossiers de la Mairie, confortablement installé dans un fauteuil en cuir, son verre de cognac sur la table basse. Il avait mis ses demi-lunes, elles rappelaient chaque fois à Chip que son père vieillissait, pourtant il gardait un rythme de vie de trentenaire. C'était presque affolant. Lorsqu'il était entré ans le bureau, il avait senti sur lui le regard glacial de son père. Il s'était pourtant approché et avait même posé une main sur un fauteuil qui lui faisait face. La lumière des flammes de la cheminée dansaient sur son visage parcheminé. Chip avait difficilement déglutit. La voix de son père avait brisé le silence.

- Tu as peur de t'asseoir? lui avait-il demandé.

Sans un mot, il s'était assis. Il jouait avec le chapeau qu'il avait entre les mains. Il n'avait pas eu le courage d'enlever son écharpe et son manteau. Son père, d'un calme inquiétant s'était détourné de ses dossiers et s'était enfoncé dans son siège. Patient.

- Le Conseil a encore demandé ton expertise, déclara Chip avec une voix monotone, presque humiliée.

- Le Conseil fait ce qui est bon pour l'entreprise, affirma son père.

- Non, il fait ce que tu lui suggères toujours de faire. Tu as beau être devenu un simple actionnaire, elle te demande toujours tout!

- En tant qu'actionnaire, il est de mon devoir de toujours tout faire pour...

- Je suis le PDG de Shreck's Industries!
s'était-il emporté. L'entreprise devrait me faire confiance.

- Comme à Boston?
trancha nette la voix froide de son père. Ne crois pas avoir mérité ce poste, tu l'as simplement le temps que la situation se stabilise autour de Gotham.

Tout se résumait ainsi. C'était tout aussi simple et tout aussi précis. Il n'était qu'un engrenage dans le mécanisme de Gotham que son père cherchait à maîtriser. Il était l'ombre derrière l'ombre, la marionnette que l'on ne sort du placard que lorsque vient le temps de jouer un numéro au monde entier. Il n'avait pu se résoudre au silence et s'était levé d'un bond.

- Comment oses-tu parler ainsi de ton fils?! avait-il hurlé. C'est tout ce que je suis pour toi? C'est tout ce que je représente?

- Mon fils est un jour parti à Boston, expliqua calmement Maximilien en enlevant ses lunettes. Je prie pour qu'un jour il me revienne.

- Je...tu...Ne me pardonneras-tu jamais? Ne crois-tu pas que je m'en veuille?

- Quoi que tu ressentes à ce propos, ce n'est rien par rapport à la déception que tu es aujourd'hui, poursuivit son père. Je t'avais tout donné, tu avais tous les moyens, et tu as échoué. Crois-tu que j'ai envie de voir ainsi sombrer Shreck's Industries? Aucune de tes propositions n'est viable, on dirait que tu n'as pas le sens de la réalité.

- Non, je n'ai juste pas la même vision que toi de l'avenir
, avait-il commencé à sangloter. Toutes mes propositions étaient ...

- Nulles et non-avenues, lamentables et naïves, analysa son père. Elles sont ce que malgré mes plus sincères efforts tu es devenu.

Les coup que lui avait asséné son père avait détruit les dernières retenus qu'il s'était imposé.

- J'ai toujours voulu que tu sois fier de moi, j'ai fondé ma vie pour qu'un jour tu puisses dire "Mon fils...mon fils, je suis heureux pour toi, je suis content de toi!", sa voix était presque noyée dans ses larmes. J'ai toujours voulu faire pour le mieux juste pour ça!

Son père s'était alors levé de son siège, déposant calmement son dossier sur la table basse, près de ses lunettes et avait posé deux mains sur ses épaules.

- Tu as échoué.

Cette réplique résonna un temps dans son esprit, elle le hantait depuis cette nuit-là. Il n'en dormait plus, elle était gravée en lui comme au fer rouge. Il était ensuite sortit sans un mot mais la tête pleine de malédictions. Et aujourd'hui il était dans son bureau, à une place qu'il ne méritait pas. Il attendait que les marchés ouvrent pour qu'il parachève une opération de fusion et acquisition foireuse qu'il avait lui-même lancé contre l'avis de son père. Il avait choisi de mener un bras de fer alors que la campagne électorale approchait, un bras de fer qu'il était sur le point de perdre en même temps que l'OPA. Il se souvenait du visage de son père lorsqu'il lui avait annoncé avec défi qu'il lançait cette opération avec l'accord d'un Conseil qu'il n'avait pas pu retourner à temps, c'était il y a cinq jours. Une fois encore Maximilien avait joué la carte de la sobriété dans sa réponse, de ces réponses qui faisaient si mal.

- Tu le regretteras.

Chip avait brisé un enseignement de son père, "choisi les adversaires qui ne pourront jamais frapper aussi fort que toi". C'était bientôt l'heure. Il était temps de se concentrer malgré l'alcool et la tristesse...
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Andrew Blake/L'Artiste

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MessageSujet: Re: La leçon de l'Artiste (Charles Shreck)   Mer 6 Mar - 3:34

Durant quelques instants, la détermination sans faille d'Andrew se relâcha. Tout en passant dans le couloir, il se permit de se relâcher quelques instants et de regarder par la fenêtre vitrée l'allure de la ville pendant la nuit. Même au vingtième étage, on pouvait remarquer quelques lueurs dans les rares appartements prenant place autour de l'industrie. Bien entendu, la plupart des citoyens étaient déjà en train de dormir à poings fermés depuis deux bonnes heures mais il y avait toujours ces tardifs, ces personnes qui allaient dormir à des heures perdues sans se soucier du lendemain. C'était un peu la façon d'agir de Blake, ne pas se soucier de l'après mais bien du présent. Vivre au jour le jour, savourer l'instant présent. Il aurait été grec pendant l'antiquité, certains philosophes auraient peut-être pu le traiter de pourceau d’Épicure mais à notre époque, il n'était qu'un vieux fou se battant pour les causes qu'il jugeait juste. Après avoir admiré pendant un court moment le paysage magnifique en face de lui, il se gratta le dessus de la tête puis se décida à se remettre en marche pour atteindre le bureau du directeur.

Quel désappointement lors de l'ouverture de la seconde cage d'escalier. Des marches, toujours des marches, ENCORE des marches. C'était sans fin, un enfer continu. Si Andrew avait été plus subtil, il aurait pu se comparer à Prométhée, le titan qui fut châtié dans la rage de Zeus et obligé de devoir subir la douleur constamment. C'était tout de même un peu disproportionné pour quelques marches d'escaliers mais l'Artiste se lamentait devant son calvaire. Il posa lourdement sa botte sur la première marche puis tapa dans le mur et, ensuite, de manière rapide et sportive, se mit à grimper les cents-cinquante marches à bonne vitesse. Pour lui, c'était comme un marathon outre le fait qu'il savait déjà qu'il allait être le grand gagnant. Une volonté sans faille même avec un corps endommagé. Ce qui permettait à l'homme de dépasser ses limites, de pouvoir devenir quelqu'un, c'était la volonté. Si il n'en avait pas eu, ce vieux serait peut-être sûrement déjà mort dans les tranchées aux Vietnam où tout laissait à penser qu'il allait mourir comme un chien transpercé par des baïonnettes de bridés fanatiques.

Une fois arrivé en haut, il se retourna par satisfaction et posa son regard sur toute la rampe qu'il venait de monter, d'escalader sans broncher une seule fois. C'est dans ces moments-là qu'on se sentait vivant, rempli d'espoir et prêt à écraser tout sur son passage. Par contre, pour tout écraser, il fallait tout d'abord emprunter l'ascenseur de service sans se faire repérer par la caméra à l'intérieur de celui-ci. Fort heureusement, les rapports de logistiques semblaient montrer qu'il n'y avait pas de micros pour entendre ce qu'il se passait dans la machine mais juste un haut-parleur en cas de panne pour rassurer la personne. Shreck's Industries s'était construit sur des principes basiques mais efficaces, sans surplus de sécurité. Une action honorable fallait-il l'avouer mais qui dévoilait un vrai tendon d'Achille dans les défenses de la société.

Andrew poussa le bouton de l'ascenseur et ce dernier s'ouvrit directement. Il était déjà à l'étage prévu, un souci de moins à prendre en compte. Une fois rentré dedans, il remarqua que la caméra était bel et bien pile au-dessus de la porte d'entrée et donnait vue sur tout le fond de l'engin mais pas sur l'extrême avant, quelle aubaine. Blake se plaça quasiment collé à la porte et d'un geste maladroit appuya sur le boitier de chiffres. Tout d'abord dans la précipitation, il mit 51 mais la machine montra des signes d'erreur puis après avoir maudit l'engin avec divers jurons mal placés, il réussit à marquer 50. La machine se mit en route et lança une petit musique d'attente ridicule.


"Encore un peu et je me mettrais à danser en plein milieu de la cabine dis-donc." lança-t-il en rigolant dans le silence du compartiment.

Un petit bruit retentit, il marquait l'arrivée à destination. Rapidement et sans aucun bruit, Andrew effectua une roulade jusqu'à un petit muret se situant à côté de l'ascenseur et commença à reluquer autour de lui. Il l'avait fait, il avait atteint le dernier étage, le saint Graal se tenait en face de lui. Cependant il fallait encore passer par les recoins de l'étage au vu de la surveillance des pièces principales. Chose amusante, le bureau du directeur était totalement dépourvu de caméras de surveillance, sûrement pour garder l'intimité du dirigeant ou pour peut-être ne laisser aucune trace possible si on l'accusait de se réunir avec des criminels dans ses bureau. Dans la tête de Blake, Charles était un malin, il avait prévu la plupart des choses pour pouvoir arriver à ses fins et savourer le butin pendant que les pauvres employés devaient se contenter des misérables restes. Le roi jetait à ses vassaux les saloperies en les considérant comme des moins que rien. Il n'en fallait pas moins pour mettre l'Artiste hors de lui et augmenter de manière exponentielle son envie de botter les fesses à ce gamin pourri gâté.

Après avoir soufflé quelques instants, Andrew se dirigea accroupi vers un couloir extérieur à l'étage, sûrement celui emprunté par les femmes de ménages ou les techniciens divers qui travaillaient ici. Rien de spécial n'était à remarquer, le couloir possédait un genre de carpette permettant aux engins à roues de mieux se déplacer dessus, une petite attention de la part de l'ingénieur qui avait conçu le bâtiment sûrement. Blake se contenta de coller le mur comme si sa vie en dépendait, ça lui rappelait les entraînements à l'armée. En dehors des typiques exercices où il fallait ramper sous les barbelés et escalader des filets dans un temps imparti, on apprenait aussi aux soldats à travailler en équipe à la façon des commandos. Longer les murs, dialoguer par signes, l'Artiste avait appris tout ça au fur et à mesure de sa formation et il fallait avouer que celui ne lui manquait pas. Au fil de son périple, il commença à remarquer le bout du couloir et se préparait déjà au grand final face à Charles ou Chip pour les intimes, il se déplaça au milieu du couloir et, au tournant, se retint de sursauter.

En face de lui se trouvait un garde, les deux hommes se regardèrent et mirent du temps à réaliser la situation dans laquelle ils étaient. Une fois ce temps de latence terminé, le milicien se contenta de poser la main immédiatement sur son arme de fonction et de la braquer le plus rapidement qu'il le pouvait sur Andrew. Tout en effectuant son geste, il somma à Andrew :


"Les mains au-dessus de la tête et mettez-vous face au mur ou je tire. Tout geste brusque pourrait entraîner des conséquences regrettables, pensez-y"

Une phrase sûrement pré enregistrée mais à quoi bon se soucier des cris ? Les murs du bâtiment étaient insonorisés pour ne pas déranger les salles de réunions. Tandis que Blake obéissait calmement à l'homme, il remarqua un tremblement dans ses gestes. La carrure du Justicier semblait le mettre extrêmement mal à l'aise et il ne pouvait pas contenir sa peur. Une fois Andrew collé au mur, il avança à petit pas, le fusil à la main et les menottes prêtes à l'emploi, vers sa cible. Une fois proche, il commit son unique erreur, abaisser son fusil pour décrocher ses menottes de sa ceinture. Même vieux, l'Artiste avait encore ses réflexes d'antan, il se retourna rapidement et attrapa le bras de l'homme en le serrant du plus fort qu'il le pouvait, l'empêchant ainsi de presser la détente et d'alerter le personnel. De son autre main, il attrapa l'arme de fonction dans la main du garde et le frappa avec la crosse brutalement sur tempe. En quelques secondes, il avait réussi à mettre un homme entraîné à terre de manière efficace et silencieuse. Il jeta le pistolet dans une poubelle avoisinante et rangea l'homme assommé dans un coin de couloir, il allait probablement avoir une sacrée migraine à son réveil.

Dérangé par ce qu'il venait de se passer, Andrew pressa le pas vers le bureau principal de l'étage. Il ne devait être qu'à un ou deux mètres de là où il était, la fin était proche. Collé à un recoin de mur, il scruta les alentours et ne vit aucun autre membre de la sécurité dans les parages. Cet homme devait sûrement quadrillé le secteur. Le temps pressait, peut-être que dans quarante minutes la salle gérant les gardes remarquera l'absence de réponse de la part de cet homme. De façon méthodique, il dégaina un de ses fusils silencieux et mit sa main sur la magnifique porte en bois de l'office principale. Il poussa brusquement l'ouverture et rentra le plus rapidement qu'il pouvait dans le bureau. Ce Charles était là, en face de lui assis à son bureau en train de boire et de travailler. Blake ne lui laissa pas le temps de réaliser ce qui se passait, il lui demanda promptement :


"Lève-toi et déplace toi de ton bureau vers le côté droit de la pièce, tout action imprévue de ta part et je te descends sans aucun remord." Il se permit pendant ce temps accordé de fermer la porte d'entrée du bureau avec la clé laissée dessus puis se remit à fixer le gamin. "Nous avons à parler tous les deux, vos exactions ont assez coûtés à la ville et à votre entreprise misérable fripouille. Tu pensais réellement pouvoir te la couler douce à traficoter avec n'importe qui pendant que tes employés payent les pots cassés ? Il est temps pour toi de recevoir la rançon du succès gamin."

Il continua à le garder en joue, attendant qu'il obéisse à l'injonction précédemment donnée.

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MessageSujet: Re: La leçon de l'Artiste (Charles Shreck)   Jeu 7 Mar - 22:35

Chip était toujours attentif à son écran d'ordinateur alors que l'horloge décomptait le temps qu'il restait à attendre. Encore 15 minutes. Le silence devenait oppressant, trop propice à la réminiscence. Il repoussa son siège et se dirigea vers la chaîne Hifi qui trônait sur un meuble, juste à côté du bar, l'occasion de remplir son verre au passage. Il sortit la bouteille de Whisky du bar pour la poser bien en évidence, mieux valait observer et écouter une sirène de son choix que d'entendre aux travers de ses souvenirs les hurlements de ses désillusions. Il ouvrit un tiroir pour révéler les disques que son père avait l'habitude d'écouter. Il saisit d'une main tremblante le premier boîtier plastique. Beethoven...le suivant...Bach... Il referma bruyamment le long tiroir. Tout ceci était étrangement douloureux. Résolu à se changer les idées, il alluma la radio.

"C'est désormais officiel, Maximilien Shreck se porte de nouveau candidat à..."

Il éteignit. C'était un véritable complot de la ville toute entière! Heureusement, il avait avec lui son MP3 dernière génération et le brancha au port USB de la chaîne. Il arriverait à l'oublier et à se concentrer sur l'essentiel car il était un Shreck! Il était Charles Shreck, héritier et descendant de cet homme ignoble que tous semblaient admirer! Il prit la carafe de whisky et la porta directement à ses lèvres alors qu'une lourde larme roulait sur sa joue. Le clapotis du liquide brun fit la transition vers la musique qui noya le bureau. Lorsqu'il s'autorisa à lâcher le goulot, ce fut pour prendre sa respiration maintenant durement parfumée et fixer le portrait, ce maudit portrait. Un souvenir de plus, un coup de poignard de plus, lui souriant aux côtés de cet espèce de monstre qu'il avait pris pour son père! Décidé, au sein d'un brouillard éthylique à résoudre ses problèmes, il monta sur l'armoire basse située sous le cadre et le décrocha. Il observa un temps le grain de la toile et une de ses larmes s'écrasa pile sur l'œil gauche de sa représentation.

- As-tu seulement été un jour honnête avec moi? demanda-t-il au sourire immobile de son père. As-tu seulement voulu de moi?

Descendant maladroitement de son perchoir, le tableau toujours en main, Charles manqua de s'effondrer. De son bureau émanait une petite sonnerie qui indiquait que l'heure propice était arrivée, les marchés ouvraient à l'autre bout de la planète. Les pieds lourds, il frotta le tapis jusqu'à son bureau, trainant le tableau à côté de lui. Lorsqu'il s'effondra sur son fauteuil pour regarder l'écran, il vit son propre reflet. Un petit coup de souris dévoila l'état des marchés à l'ouverture, il devait donner ses instructions aux traders sur place, son système de visio clignotait. L'entreprise avait besoin de lui, il était le PDG, il était... le pantin de son père et de ce système. Il ne pouvait renier ce qu'il était même s'il n'aimait pas cela. Il tendit une main vers son casque. La musique changea et la porte de son bureau s'ouvrit à la volée. Chip resta figé un instant, tout alla trop vite pour son cerveau ralentit par le mélange d'alcool.

Une voix tonitruante aboya des ordres et des menaces. Les ordres restaient relativement flous, les menaces avaient réveillé toute son attention, surtout appuyées par le canon de son arme à feu. Lentement ses synapses se reconnectaient et rassemblaient les pièces du puzzle, il était question de vie ou de mort. Avant que sa bouche pâteuse ne s'ouvre, son hôte incongru fermait la porte et continua son petit discours. Chip essayait de faire trois choses, écouter, réfléchir et se souvenir. Lui qui cherchait à oublier deux minutes plus tôt, il se maudit de ne pas se souvenir des règles de sécurité. Il y avait un bouton? Bah, au diable le bouton, de toute façon il n'arriverait pas à se rappeler où il était à temps. Il leva docilement les bras, mieux valait être prudent et faire des geste lents pour éviter les mésententes.

- Je...écoutez, je suis assuré contre le kidnapping, nous devrions nous arranger très facilement. Je..je...je...

Il cherchait ses mots, désespéré, fatigué et surtout terrifié. Son cœur cherchait à démolir sa cage thoracique tandis que ses jambes flageolaient lamentablement. Il sentit son estomac se contracter, l'alcool plus l'effroi commençaient à le rendre nauséeux.

- Je ne sais pas ce que...

Ses yeux rougis essayèrent de détailler l'individu, un criminel? Un justicier vengeur nouvelle génération? Il cherchait quelque chose qui puisse l'aider, mais rien ne... Non... Ce pin's, cet emblème! Il s'en souvenait et il le voyait, cet étendard qui flottait lors d'une conférence de presse. Ce sigle simple et ignoble, il se souvint l'avoir vu flotter derrière son père! Il le voyait encore s'agiter derrière un pupitre alors que les flash photos rendaient ses traits indistincts, mais cet étendard qui flottait était gravé dans sa mémoire. Chip agita un instant la tête.

- Tu le regretteras...regretteras...regretteras...

En cet instant il regrettait, comprenant soudain pourquoi son père avait eu tant de réussite. Toutes ses leçons firent sens tandis que ses yeux s'emplissaient de larmes brûlantes comme de l'acide. Non... "Un adversaire n'est un adversaire que s'il se révèle un frein ou un obstacle, un concurrent est souvent un bon ami qui t'aide à progresser" ... "Il n'y a pas de mauvais moyens lorsqu'une entreprise et ses employés sont en dangers" ... "Ne crois pas qu'un bon ami ne puisse devenir un bon ennemi, où qu'il se trouve autour de toi". En cet instant il comprit que son père était devenu un ennemi avec les moyens de faire ce qu'il voulait de cette ville. Ses institutions marchaient au rythme qu'il leur imposait et il n'hésitait pas à user des mesures les plus extrêmes sur sa partition politique. Pas de fausse note et le spectacle continuait. La scène politique relève le rideau sur une sinistre coulisse où les comédiens jouent avec des vies et où le public est aveugle.

- Il vous a menti, balbutia-t-il alors que ses bras devenaient douloureux de la tension qu'ils exerçaient. Quoi qu'il vous ait dit, tout est faux.

Il marcha vers la partie droite de son bureau. Qu'allait-il lui arriver? Finirait-il au fond de la Gotham River? Allait-il le tuer, le torturer? Allait-il juste lui faire peur? Il ne savait plus quoi penser de tout cela, il n'arrivait plus à mettre de l'ordre dans ses idées bousculées par la terreur et l'incertitude.

- Je vous en supplie, sanglota-t-il, quoi qu'il vous ait dit, je suis innocent, je...je... je n'ai rien à me reprocher, j'ai..j'ai...

Il ne savait pas comment le dire, il ne savait pas comment convaincre de sa bonne foi son adversaire, il n'avait pas l'air commode, loin de là et si son père l'avait bel et bien envoyé alors il devait avoir des ordres particulièrement précis sur son but. Lui revinrent alors les Hiboux et leurs propositions. Comment avait-il fait pour en arriver là? Et derrière lui, Gotham s'endormait paisiblement.

Dans son bureau de la Mairie, Maximilien attendait un coup de fil de son Justicier qui devait l'avertir de la réussite de l'opération. Devant lui s'étendaient des dossiers ouverts. Il n'arrivait pas à se concentrer, trop accaparé par sa campagne et l'avenir de son fils. Toute leçon recèle sa part de déplaisir voire de souffrances et parfois ce n'est pas tant l'élève que le professeur qui en souffre...
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Andrew Blake/L'Artiste

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Vous à Gotham : Ancien commissaire de la ville. Possède une double identité en tant que justicier d'Etat sous le nom de l'Artiste et en tant que commissaire sous le nom d'Andrew Blake.
Citations : Chapeau, L'Artiste.

MessageSujet: Re: La leçon de l'Artiste (Charles Shreck)   Ven 8 Mar - 2:34

Le jeune homme perdait ses mots, il devait être sous l'emprise de l'alcool ce qui rendait la chose encore plus pittoresque. Sincèrement, Andrew n'aimait s'attaquer qu'à des gens frais et parfaitement lucide, hors ici il était face à une espèce de dépressif à moitié saoul qui n'avait pas remarqué tout de suite l'entrée de Blake dans la pièce. Qu'est-ce qui pouvait pousser à un gamin aussi bien loti que lui à se mettre dans des états aussi pitoyable ? Exaspéré par la situation, Andrew laissa un peu plus de temps à l'homme pour exécuter les ordres. Il se retint de partir en fou rire quand cet olibrius lui jura qu'il était assuré contre les kidnappings. Quelle idée de kidnapper un fils à papa pareil, son père ne payerait même pas la rançon ! Et de toute manière, l'enlever serait un châtiment trop doux à son égard, il fallait lui faire comprendre que l'alcool était bien le dernier plaisir qu'il s'était attribué pour oublier ses odieuses exactions envers Gotham. Tout en le pointant du viseur, il regarda attentivement le jeune homme lever les bras docilement.

Plus le jeune homme essayait de parler, plus il s'embrouillait. On aurait dit un petit animal sans défense qui essayait de se débattre tant bien que mal de l'étreinte mortelle de son prédateur. L'étreinte d'Andrew n'allait sûrement pas se détacher de sitôt, après tout ce qu'il venait d'accomplir pour atteindre cette misérable loque, il comptait bien faire comme bien des animaux et jouer avec sa proie avant d'en finir une bonne fois pour toute. Cela aurait été tellement facile d'entrer, de le maîtriser et de le corriger de manière expéditive, TROP facile. Blake avait devant lui un trentaine de minutes pour faire comprendre au jeunot qu'on ne jouait pas avec les pieds des impuissants et encore moins avec ceux de son père. L'Artiste s'imaginait ce pauvre maire tiraillé par les remords d'avoir ordonné le passage à tabac de son gosse, même les hommes les plus puissants de la ville n'était pas ceux les plus tranquilles. Il oublia cependant vite son patron tout en esquissant un sourire du coin des lèvres face à la pitoyable attitude de son interlocuteur.

Et devait arriver ce qui arriva, le fils traita le père de menteur et le père traitait le fils de menteur. Situation typique de ce genre d'évènement. Au vu de l'état de sobriété déficient de sa victime, Andrew ne put pas lui accorder le bénéfice du doute. Il n'avait aucun argument valide, il ne ressemblait même pas à un homme important. On aurait dit un charlot, un esclave mal traité qui se lamentait sur son sort. Pendant quelques instants, Blake crut même qu'il allait vomir sous la peur... Quelle déchéance pour le PDG d'une des plus grandes sociétés de la ville. De tous les gars qu'Andrew avait dû tabasser, celui-là se voyait décerner la palme de la chochotte de service avec les compliments du jury et un bouquet de fleurs en cadeau. Outre le fait des pitoyables accusations du fils, la situation commençait à devenir de plus en plus longue. Blake le pressa en armant le pistolet, le petit "clic" de l'arme eut l'effet de le réveiller un peu plus et il se mit alors à se déplacer vers la droite de la pièce comme précédemment ordonné par l'Artiste.


"Tu me supplies, moi... Tu me supplies de laisser une ordure telle que toi telle qu'elle et de retourner auprès de mon associé les bras vides..."

Dans un soupir, il s'approcha du bar personnel de Charles et l'ouvra brutalement. A l'intérieur se trouvaient divers liqueur de bonne qualité. Andrew en profita pour s'emparer d'une bouteille ainsi que d'un verre de cristal et commença à se servir un verre devant le regard apeuré du jeune homme. Il n'avait aucune gêne à le faire, après tout ce bureau était devenu un peu le sien pour la prochaine demi-heure à venir... Il avala d'une seule traite le liquide puis s'alluma un de ses cigares cubains avec le briquet calé dans sa poche. La fumée malodorante émanant de la chose enveloppa la pièce en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire. Tout en se resservant un autre verre, il s'approcha du gamin qui s'était appuyé sur un meuble de la pièce.

"Tu sais" dit-il en le fixant avec le bout du cigare. "Ce que je ne comprends pas, c'est le fait que tu gâches tout ce qu'on t'a donné jusqu'à présent gamin... Je vais t'expliquer parce que tu n'as pas l'air très malin aujourd'hui. Ton père, l'homme influant et puissant qu'il est, t'a légué le fruit de son travail, des années de dure labeur et toi, petite souris insouciante que tu es, tu fous tout en l'air. Tu t'allies avec des malfrats de tout poil et tu te permets de renier l'autorité de ton papa chéri sur toi. Je dois te dire qu'il y a une chose qui m'énerve atrocement, c'est le fait qu'on renie l'autorité de ceux qui nous éduque. Bordel, tu ne vas pas me dire que c'est demander la lune d'obéir à ton père quoi... En plus je suis sûr qu’il n’est pas de si mauvais conseil que ça. Oh et merde, tu m’énerves à trembler comme une lavette là, tu comptes me répondre un jour où je dois aller chercher du papier pour essuyer quand tu vas te faire dessus ?"

Devant l'incapacité de l'homme à pouvoir ne sortir qu'une seule phrase sensée de sa bouche, Andrew s'énerva brutalement. D'un geste rapide et précis, il sortit son couteau de sa poche et attrapa la main de Charles brusquement. En quelques secondes, il planta la lame tranchante en plein milieu de la paume du jeune homme et rentra le bout restant dans le meuble sur lequel il s'était appuyé. La main du jeunot était dorénavant complètement bloquée dans le meuble en bois, les couteaux de l'armée avaient toujours des dents pour rester accrochés dans les surfaces dures et il fallait pas mal de force pour les en enlever une fois plantés dedans. Naturellement, le fils se mit à crier de douleur mais à quoi bon, la pièce était totalement insonorisée et le garde le plus proche se trouvait dans les vaps. D'un autre geste, il attrapa le col de la chemise de Charles et lui donna un coup de poing dans la figure pour lui remettre les idées en place. Ensuite il le rejeta contre le meuble et écrasa la bouteille de liqueur à moitié vide sur la tête de la pauvre victime qui s'écroula sur le sol. Sa position restait cependant pitoyable, sa main étant accrochée au meuble, il pendait comme un objet inanimé.

Andrew en profita pour retourner au bureau et boire l'autre verre qu'il s'était servi. Charles s'était probablement évanoui, il n'avait jamais eu à faire à tant de brutalité de sa vie. Blake cependant n'éprouva aucune peine à faire ce qu'il venait de faire, c'était la routine depuis des années et encore heureux qu'il ne fallait pas refroidir la cible. Attristé par la misérable position du gamin, Andrew enleva d'un coup sec le couteau de sa main et le laissa tomber au sol comme une marionnette inanimée. Il se mit à genoux devant sa figure et essaya de le réveiller délicatement en lui donnant des baffes attentionnées sur la figure. Le jeune homme finit par ouvrir légèrement une de ses paupières et, fraîchement réveillé, empoigna sa main de douleur tout en regardant avec peur la masse de muscle qui se trouvait en face de lui. L'Artiste le fixa dans les yeux quelques instants puis lui agrippa le menton pour qu'il tienne bien sa tête droite.


"Tu vas me dire précisément avec qui tu travaillais et pourquoi, espèce de crapule, sinon je fais un méchoui avec ton autre main. Ton père m'a demandé de faire ça le coeur brisé, tu lui as causé beaucoup de peine tu sais. Il est temps pour toi de mettre court à ce pugilat et d'avouer les crimes que tu as commis. Je sais être indulgent tu sais, ne te méprends pas à mon sujet... Allez gamin" dit-il en tapotant son visage délicatement. "Raconte-moi avec qui tu as manigancé ces vilaines choses et je te laisse tranquille."

Il sourit de satisfaction, ce n'était qu'un avant-goût de ce que Charles allait déguster, l'entrée en quelque sorte. Même si il avouait ses crimes, il serait puni brutalement d'une manière ou d'une autre. Blake pensait juste pouvoir en dire plus au maire une fois sa mission accomplie, le professionnalisme à l'américaine en quelques sortes...

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MessageSujet: Re: La leçon de l'Artiste (Charles Shreck)   Ven 8 Mar - 19:51

Encore complètement perdu dans sa déchéance, Chip se noyait littéralement dans les évènements. Le déclic de l'arme à feu l'avait un moment aider à fixer quelques priorités dans les tâches de son esprit, mais seulement un temps. Le type lui parlait, d'un ton agressif avec, si ses sens alcoolisés ne le trompaient pas, une touche d'amertume et de déception, du dégoût voilà, c'était ça, du dégoût... Lentement il se demanda si son père était bel et bien au courant, s'il savait tout ou s'il se vengeait simplement en profitant d'un pion qui se complaisait dans la punition. Il parlait d'obéissance, toute sa vie il avait obéit à son père! Mais un jour il faut sauter du nid. Penser ainsi pour un type qui se surnommait "chip" était plutôt cocasse et il songeait à présents aux piaillements désespérés d'un petit oisillon qu'il avait un jour trouvé dans le jardin de la propriété Shreck.

C'était un soir d'été. Il revenait de l'enterrement de sa mère en compagnie de son père. A l'entente du bruit, il avait accouru malgré les protestations énergiques de Maximilien. A cette époque déjà avait-il un cœur de pierre? Charles avait pris l'oisillon dans ses main, il avait une aile brisée, il semblait démuni, malheureux sans plus aucun famille. Et l'ombre de son père avait surgit pour se poser sur le petite corps frêle. Il se souvint lui avoir demandé s'il allait s'en sortir. Froidement il lui avait répondu qu'un oiseau devait un jour quitter le nid et voler de ses propres ailes, sans aucun état d'âme il lui avait dit que les meilleurs s'en sortaient et que les plus faibles tombaient pour finalement mourir. "Comme maman" avait ajouté son père à son immense désillusion. Les meilleurs vivent et les faibles meurent, tout était si simple. Cet homme qui dirigeait la ville pensait-il toujours avec cette simple maxime? Mais il n'eut pas le temps de réfléchir plus longtemps. Le discours de son adversaire devenait encore plus agressif, il le surnomma "lavette" entre autre et il ne sut quoi dire en retour, tout était si soudain. La nausée toujours présente le fit hoqueter de peur lorsqu'il lui agrippa fermement la main. La vue du couteau provoqua irrésistiblement l'appel à son imagination la plus terrible. Ça y était, finalement il allait mourir là. Trahi et acculé, Chip commençait à ouvrir et fermer la bouche tel un poisson hors de l'eau.

Le hurlement qui jaillit de sa gorge ne fut qu'un faible ersatz de la douleur qui avait transpercé son être et ses nerfs. Un couteau qui vous coupe provoque de légers picotements, des petites entailles qui vous font respirer par légères inspirations, histoire de diffuser un minimum ce sentiment désagréable, un couteau qui vous transperce la main perfore vos os et les brise. Les nerfs lancent leurs appels irréfléchis, mais les éclats blanchâtres de la moelle osseuse vous perfore l'épiderme à la façon d'aiguilles métalliques qui surgissent de vos muscles eux-mêmes. Son cerveau, malgré la vapeur à 8 pourcent qui l'enveloppait enregistra la plupart des crans du couteau qui lui rongèrent les bords des os fragiles de sa main de bureaucrate. Les petits éclats de bois rajoutèrent à l'ignoble souffrance. Lorsque l'Artiste lâcha son couteau, le cri était mourant et les larmes de peur se transformèrent pour laisser place à leurs homonymes de douleurs. La gorge maintenant aussi brûlante que sa main perforée, son estomac faillit régurgiter lorsqu'il vit son propre sang commencer à couler le long de son bureau. Il aurait dû essayer quelque chose, de dire, de faire, mais il en était incapable, tout était trop. La violence du coup et de l'action l'avaient réduit à un silence gémissant. Il cogna un moment sa tête contre le bureau pour essayer de penser à autre chose qu'à l'alerte tourmentée de son corps. Il serrait son poing et les dents comme jamais. Il entendit le bruit lointain de son bar et des pas qui revenaient vers lui. Lorsqu'il releva le regard ce fut pour voir un liquide opaque au travers d'un cristal fin. Puis plus rien.

Des bris de verre, une sensation étrange de ruissellement et rien, un néant presque reposant dans le tumulte des sensations passées. Était-il raisonnable de perdurer dans cette voie? Il se souvint des Hiboux hauts perchés qui lui avaient tendus la main, il se souvint des Galantes. Cet individu tout de noir vêtu et qui lui avait proposé de l'aide pour éviter que Shreck's Industries ne prenne l'eau de toute part à cause de ses petits écarts de conduite. Chip se souvint d'Isabelle, Hélène, Maria et Madeleine, quatre femmes qu'il entretenait encore et qui l'avaient toutes poussé à dilapider un peu de son patrimoine. Tout ceci n'aurait jamais été si l'ombre de son père avait dispersé ces vautours, mais la vie est ainsi et longtemps privé, il avait cru pouvoir gérer ses désirs et ses devoirs. Comment son père faisait-il? A quel sacrifice avait-il dû consentir pour être ainsi? Calculateur, froid, si égoïste en apparence, toujours réfléchit, jamais un moment de déviance, il ne savait presque rien de son père ni de son passé, qu'est-ce qui avait pu le conduire sur le chemin de cette existence monotone? Son cerveau lui lança des décharges en rythme avec les claques qui le rappelaient à la réalité.

Ses yeux s'ouvrirent, tout était légèrement flou et les couleurs acides. Sa main perforée était inerte à coté de lui et son sang imbibait lentement son tapis. Il saisit sa main comme pour la protéger d'un autre assaut. La douleur était toujours présente, mais elle n'était rien par rapport aux autres messages venant de son crâne. Il sentit irrésistiblement l'envie de vomir monter avec la commotion que le choc de la bouteille avait dû provoqué. Seule la voix de son agresseur perçait le sifflement continue de ses oreilles. Il voulait tout savoir, tout, tout ce qu'il avait fait de mal depuis qu'il était là... S'en fut trop et lorsqu'enfin ce fut à lui de parler, il vomit sur le tapis du bureau l'intégralité de son repas pré-digéré du soir. Il vit en penchant la tête quelques gouttes de sang, de son sang sur du verre brisé et une nouvelle goutte vint se mélanger au résidus brunâtre qu'il venait de régurgiter en jet. Il était temps pour lui de faire ce qu'il fallait et d'être honnête autant avec lui qu'avec cet homme. Son regard abattu et désemparé se fixa sur son adversaire.

- Mon père, balbutia-t-il.

Mais son adversaire eut des paroles réconfortantes, il lui suffisait de parler pour mettre un terme à toute cette mésaventure. A l'intérieur de lui-même, un Soleil nouveau s'embrasa. Un léger sourire apparut sur son visage tandis qu'il avalait la boule de peur qui s'était forgée dans sa gorge. Il eut presque envie de pleurer de joie après toute cette douleur. Son corps meurtris fut le guide de son esprit, il ne pourrait pas supporter plus de la part de son ennemi, il allait donc faire le mieux pour lui, il allait parler. Il prit une profonde inspiration. Étrange confession en cette heure incertaine, mais c'était le prix à payer.

- Je... j'ai... accepté quelques pots-de-vin de la part d'un dénommé Galante Ernesto pour laisser quelques docks de Shreck's Industries à sa disposition. ça... a... ça m'a permit de renflouer la caisse des retraite dans laquelle j'ai dû prendre de l'argent pour Isabelle. Je ne pensais pas que ça irait si loin, mais...

Sa main le lança un instant, coupant sa déclaration. Ses yeux s'embuèrent. Il n'était pas fier de ce qu'il avait fait, mais il croyait que ça ne ferait de mal à personne.

- Mais... ce Galante m'a demandé s'il pouvait acheter des armes à l'entreprise de façon... enfin illégalement, avec de l'argent d'un de leurs réseau de drogue, il pensait que je... il pensait que je ne le savais pas, mais... mais voilà, j'ai appris. Je m'en fichais, il me fallait ces ventes pour ne pas montrer à l'entreprise que je prenais de l'argent sur les notes du personnel.Je suis vraiment désolé.

Il fallait aussi qu'il parle d'une affaire, mais il avait juré à Hélène qu'il n'en parlerait jamais... C'était ainsi, il avait juré. Il ouvrit un instant la bouche et la referma. Il baissa les yeux et rouvrit la bouche.

- Je suis tellement désolé, je ne pensais vraiment pas faire de tort... pitié.
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Andrew Blake/L'Artiste

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MessageSujet: Re: La leçon de l'Artiste (Charles Shreck)   Lun 11 Mar - 0:46

Du dégoût, c'était le seul sentiment qu'avait Andrew pour cette raclure de Charles. Gamin prodige, il passait pour celui qui allait le plus réussir dans la famille, peut-être même dépasser son père mais il avait tout gâché. Les pots de vin de la famille Galente, cette bande de pourriture sans nom, si ce gamin avait eu une quelconque idée d'où venait cet argent il en aurait vomi. Trafic d'être humain, vente de drogues, vendettas à gogo et kidnapping d'innocent, voilà ce qu'avait Chip sur ses mains, c'était pire que du sang, c'était indélébile. Heureusement qu'Andrew avait jeté cet imbécile de David dans un bûcher de bienvenue. L'Artiste se souvenait encore des cris, des hurlements de douleur qui émanait de l'homme brûlant vif sur son bateau et cela ne lui déplaisait pas. C'était comme au Vietnam, on cramait les bridés par dizaine et on trouvait ça normal, sûrement parce qu'on avait reçu l'ordre de le faire ou peut-être parce que l'on y prenait plaisir à force. Blake n'était pas obsédé par cette idée d'avoir massacré ces soldats, il avait toujours été réceptif aux ordres, c'était un bon soldat.

Tout en regardant dans les yeux emplis de peur de ce pauvre gamin, il écouta sa sérénade, ses jérémiades dont il n'avait que faire. Il savait au fond de lui qu'il ne dirait pas tout, il allait sûrement dire le strict minimum en preuve de bonne foi. Peu importait après tout, il n'était pas là pour avoir des aveux écrits de la part de l'homme mais bien pour lui faire comprendre ce qu'il avait commis. Outre l’association avec les mafieux, ce qui énervait le plus Andrew était le fait que ce riche, dans sa folie de puissance et son sentiment d'invulnérabilité, avait osé toucher à l'argent des pauvres gens travaillant d'arrache-pied pour nourrir leurs enfants. A quoi lui servait tout cet argent ? Pouvait-on se demander, peut-être à payer une nouvelle limousine à une de ses dix courtisanes qu'il baisait comme si de rien n'était. C'était toujours le problème des hommes riches, ils ne se rendaient pas compte à quel point les femmes ne leur voulait que leur fric, le vice n'avait pas de limite.

Une fois les brèves paroles de sa victime finies, il donna quelques petites tapes sur la joue pour lui montrer qu'il avait bien fait. L'autre devait sûrement se sentir déjà en sécurité, peut-être même sain et sauf mais il n'allait pas en croire ses yeux pour ce qui allait suivre. D'un geste fort et brutal, l'Artiste souleva le jeune homme par le cou et le claqua contre le mur tout en le regardant avec mépris puis lui expliqua deux trois petites choses :


"Tu sais, c'est marrant que tu me parles des Galente. Tu as sûrement du lire les journaux et apprendre le décès de David, un des hauts membres de cette famille. Mon petit doigt m'a dit que je l'avais jeté sur un bateau en feu avec sa drogue et qu'il avait cramé vif, tu le crois ça toi ? Allez stresse pas, je te réserve pas le même sort, tu ne vends pas de la drogue toi, t'en vends pas hein ?"

Tout en rigolant, il souleva le gamin au point où ses pieds ne touchaient même plus le sol. Ensuite, il le jeta brusquement au milieu de la pièce. Charles retomba violemment sur son torse et commença à ramper de désespoir vers la sortie. Peut-être s'était-il pété une côte en retombant ? Un humain bien constitué aurait pu se relever d'une telle blessure qui n'a rien de spectaculaire. Les gens prennent tout de suite panique dès qu'ils entendent "os brisé" mais il faut revenir à la réalité, il n'y a rien de plus facile que de casser un os. Le moins handicapant était peut-être les côtes, à moins qu'elles ne rentrent dans les poumons bien sûr, mais cette loque de Charles était aussi baraqué qu'un bout de bois et bien imbibé d'alcool. Quelle déchéance, il n'en fallut pas moins pour énerver encore plus Blake, de rage il souleva le gamin en l'agrippant à la ceinture et au col puis le lança brutalement contre son bureau. Le corps retomba lourdement et roula le long du meuble pour finalement aller s'écraser contre la chaise de bureau qui tomba par terre en même temps que l'homme.

L'Artiste recommença à marcher doucement, en prenant bien son temps, vers le jeune homme et le découvrit presque dans le coma écroulé à côté de sa table. Il était couvert de feuilles et d'autres saloperies qui traînaient sur le bureau auparavant. Les verres étaient aussi tombé mais la moquette avait permis qu'ils ne se brisent pas, encore heureux sinon l'autre nul aurait pu se couper les veines avec. Essayant de ne pas laisser sa proie tomber dans un sommeil irrécupérable, Andrew remit sur ses pieds le gamin puis le secoua pour le rappeler à l'ordre. Voyant bien qu'il ouvrait les yeux légèrement, Blake continua rapidement sa petite correction :

"Non mais franchement, regarde-toi un peu. Ton père est un si grand homme comparé à toi, il a la prestance et le charisme d'un dirigeant alors que toi, tu pourrais tourner dans une pub pour éponge à la télévision. Tu sais je pense sincèrement que tu es... intr... Merde comment ça se dit déjà ? Intrinsèquement ! Ouep, t'es intrinsèquement incapable d'exercer une fonction aussi importante que celle où tu es déjà. C'est regrettable, t'avais toutes les cartes en main pour réussir mais tu les as toute lâché... Bon trêve de bavardages, j'ai pas toute la nuit devant moi."

Ayant fini officiellement son discours méprisant auprès du fils, il commença à le maraver de coups de poing. Au fur et à mesure, il pouvait remarquer la tête pendante dans le vide du pauvre bougre qui cracha deux dents face à la violence qu'il endurait. Au diable les sentiments, ce type avait assez d'argent pour se refaire la bouche avec de l'or massif. Andrew relâcha deux secondes sa victime puis commença à réfléchir, il fallait le mettre hors d'état de nuire pour quelques mois mais cependant ici il serait remis sur pied en même pas une semaine. Ce n'était pas facile pour Blake de calmer quelqu'un sans lui mettre une balle entre les deux yeux. Comme disait un de ses amis, la subtilité c'est bien mais c'est gravement chiant. Il se décida à faire le premier pas quand il attrapa le bras du gamin à deux mains, pour mettre son coude en évidence. Ensuite, d'un coup extrêmement dur, il frappa violemment droit sur le coude de l'homme ce qui eut pour effet de faire littéralement sortir l'os du bras. Dans un cri effroyable, Charles n'osa même pas regarder l'horrible réalité en face : son os était totalement brisé et sa chair avait été complètement perforée par ce dernier, le sang giclait par l'ouverture mais cela n'était pas encore assez, il pouvait encore agir avec un seul bras.

Tout en relevant une dernière fois Chip, l'Artiste se souvint d'une prise que son instructeur lui avait enseignée. Initialement, elle servait à bloquer l'ennemi pour pouvoir lui faire passer un interrogatoire mais avec un peu plus de force elle pouvait le paralyser pendant six bons mois. C'était très simple, de base on donnait un coup de pied droit dans la colonne vertébrale, ce qui avait pour effet de déplacer légèrement une vertèbre et de bloquer tout mouvement de l'homme pour un certain temps. Avec quelques soins, on pouvait le réhabiliter en deux semaines mais si le coup était porté avec fureur, les vertèbres pouvaient être endommagées à vie. Soit l'homme était paralysé à vie, ne pouvant utiliser ses jambes pour le reste de ses jours, soit avec l'aide de médecins de talent, il avait une chance de retrouver l'usage de ses jambes en une demi-année. Blake s'exécuta et d'un coup sec, donna un coup de pied en plein dans le dos de Chip qui s'écroula, évanoui sous cet amas de douleur. Tout en tirant un coup sur son cigare, Andrew murmura délicatement à son oreille :


"Fermeture du rideau, désolé gamin, la pièce est terminée."

Il le laissa exactement où il était, dans son bureau totalement en pagaille. Il ouvrit le tiroir du meuble et trouva l'ordinateur portable du PDG, il l'embarqua en le prenant sous le bras puis commença à faire la route qu'il avait empruntée en sens inverse. Les deux gardes qu'il avait assommé n’étaient toujours pas réveillé et les escaliers passaient beaucoup mieux en descente qu'en montée. Outre le fait qu'Andrew faillit se casser la figure sur une marche, tout se passa pour le mieux dans son long retour au parking de la société. Une fois arrivé en bas de l'immeuble, après dix bonnes minutes, il estima que les gardes avaient peut-être dû se rendre compte qu'il y avait eu une intrusion. Les ambulances débarqueraient peut-être dans vingt minutes si elles étaient rapides. Tout en jetant son cigare près d'une bouche d'égout, Blake s'empara du téléphone que la mairie lui avait refourgué et laissa un message sur le répondeur de Maximilien, il ne pouvait s'attarder à parler avec, la sécurité allait sûrement fouillé le parking d'ici peu.

"Monsieur le maire, l'opération est un succès. Votre fils est officiellement hors d'état de nuire et vous pourrez l'inculper pour les crimes qu'il a commis. J'ai en main l'ordinateur portable contenant les preuves comme vous avez demandé. Je suis désolé mais étant complètement nul en informatique je me suis permis de ne pas rentrer de tout ce machin bordélique. Je vous l'apporterai quand le soleil se lèvera, courage Monsieur Shreck, il n'est pas mort et les ambulances ne devraient tarder. Pour votre information, il m'a confessé qu'il avait reçu des pots de vins de la part de la famille Galente et qu'il vendait des armes illégalement. Il a probablement traîner dans d'autres choses mais je n'avais pas le temps pour un interrogatoire développé. Fin du message, je dois m'éclipser avant qu'on me prenne en chasse."

Il referma le téléphone rapidement puis courut aussi vite qu'il le pouvait, malgré la fatigue, vers sa voiture. Une fois le véhicule atteint, il se hâta de rentrer à l'intérieur et d'avaler une flasque de whisky, ce n'était pas tous les jours qu'une masse telle que lui réussissait une infiltration. Il alluma le contact puis se dirigea vers son appartement pour récupérer ses heures de sommeil manquantes. Dans cinq heures, il serait devant la mairie l'ordinateur en main prêt à le délivrer au père du criminel.

[Post clôturant ma partie, les élections étant proche je me suis permis de clôturer ça maintenant, j'espère que tu n'y vois aucun soucis. Tu peux faire un rp de fin où tu reçois l'ordinateur ou juste après avoir reçu le message, à toi de voir !]

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MessageSujet: Re: La leçon de l'Artiste (Charles Shreck)   Mer 13 Mar - 22:21

Dans son bureau, Maximilien était attentif à la petite silhouette de son téléphone portable, il avait le dos légèrement voûté, les mains en cloche et son buste était légèrement décollé du dossier de son siège, l'on eut dit un aigle qui observait sa proie avec la plus grande attention. Le petit objet reposait au milieu d'un dossier ouvert dont les graphiques et les colonnes de chiffres ne signifiaient plus rien à l'esprit préoccupé du maire. Habituellement, il pouvait entendre le bruit de l'horloge qui décomptait le temps et parfois même le bruit de certains véhicules qui quittaient le parking, mais obnubilé par l'appel qu'il attendait, ses oreilles n'enregistraient plus rien. Ce fut Thomas, son fidèle et dévoué secrétaire quoique toujours aussi accroc aux jeux de tout poil, qui interrompit son expectative immobilité. Les coups qu'il frappa à la porte reconnectèrent l'esprit du maire et il quitta sa posture. Ses deux mains se séparèrent et il se renfonça dans son fauteuil en cuir. Le bruit de la matière contre l'arrière de son gilet en soie fut un instant le seul bruit de la pièce, il mit un temps que l'on pouvait considérer de formidable connaissant le personnage avant de répondre.

- Entrez, ordonna-t-il avec une voix lointaine.

Thomas ouvrit timidement la porte. Shreck leva les yeux du petit appareil pour se concentrer sur les traits fatigués de son employé. La veille il s'était sans doute encore vautré dans un casino pour flamber, c'était son truc. Thomas appartenait à un monde complètement en décalage avec Gotham. Il voyait d'un côté l'envers du décors du pouvoir et de l'autre la réalité qui miroitait depuis les faubourgs. Il était comme un traître, jamais une explication dans son entourage sur ce qui se passait, il pouvait le résumer en un mot: Ambition. Lui n'en avait aucune, il était bien payé pour ce qu'il faisait et le maire remplissait le tonneau qu'il vidait inlassablement, mais il avait nagé dès son arrivée à Shreck's Industries dans un bassin d'ambitieux carnassiers sans autre but que la destruction de son prochain pour prendre sa place et son pouvoir. Et de tous ceux qu'il avait croisé, Maximilien Shreck était un champion toute catégorie, jamais un moment de faiblesse, toujours une phrase ou un bon mot pour retourner les situations, riche, puissant, influent, manipulateur, la liste était longue et l'avait aidé à grimper les échelons, à croire qu'il n'y avait aucun obstacle qui ne puisse l'arrêter. Mais lorsqu'il vit le visage fatigué de son supérieur, il fut étonné, il y avait quelque chose d'étrange, une émotion humaine transparaissait dans ses traits inquiets. Le secrétaire prit alors le temps de formuler la raison de sa visite.

- Désirez-vous que je fasse appeler votre chauffeur? demanda-t-il finalement.

La conversation donnait l'air d'avoir été mal apprise lorsque l'on analysait les blancs que laissaient les deux protagonistes pour adapter leur esprit à la situation, d'un côté l'un attendait un appel capital et de l'autre Thomas essayait de rassembler ses esprits pour se faire à l'idée que Maximilien Shreck était préoccupé et pas par sa campagne électorale vu l'assurance qu'il avait sur cette question. Le maire réfléchit, il ne fallait pas qu'il rate l'appel, de l'autre il ne devait pas s'oublier dans cette affaire, mais la vie de son fils, l'avenir de son nom et de sa famille était en jeu. Si L'Artiste échouait c'était sa campagne et son propre avenir qu'il lui faudrait justifier, mais s'il réussissait...s'il réussissait...

- Oui, répondit-il pour chasser les idées les plus noires que ses bribes d'imagination bousculaient à son esprit.

Sans un mot, le secrétaire sortit pour s'exécuter. La scène avait été inédite, pas un mauvais regard, pas une petite pique pour souligner que s'il avait voulu son chauffeur il aurait été capable de le demander seul. Non, ce soir quelque chose n'allait pas chez lui.

Puis le téléphone sonna. Maximilien voulu le décrocher mais... ce n'était pas ce qui était convenu, il devait attendre. Prenant une grande inspiration, il observa l'écran qui s'illuminait et affichait le surnom du Justicier d'Etat. Une fois... L'image de Chip lui apparaissait comme un sinistre souvenir. Deux fois... Il passa une main sur ses lèvres, il ne devait pas se jeter sur ce maudit téléphone. Trois fois... Il ferma les yeux, attendant une quatrième sonnerie qui ne vint pas. L'appareil fit quelques secondes après une petite ritournelle, il avait un message vocal. Ainsi l'opération était terminée, quoi qu'il fasse, qu'il entende ou non ce que son associé avait dit, la réalité était ce qu'elle était, il avait accomplit sa mission. Sa main trembla anormalement, même selon son point de vue, pour rejoindre la petite boîte lisse tactile. D'un geste peu assuré il fit coulisser la petite barre grise pour le déverrouiller. L'image de la mairie de Gotham apparut et une petite icône affichait un "1".

Pourquoi était-ce si dur? Ce n'était qu'un message sur une opération qu'il avait pensé et qu'il avait aidé à organiser dans les grandes lignes, c'était un plan dans un plan qui devait l'aider à s'élever et montrer son visage le plus humain. Mais en cet heure lui-même doutait. Il appuya sur la petite image, la longue liste d'appel et de message de sa boîte vocale apparut. Il écrasa avec désespoir son doigt sur le nouveau message et porta l'appareil à son oreille. En cet instant, son coeur accéléra, sa bouche devint sèche et la voix monotone enregistrée lui paraissait prendre une éternité à donner son message.

"Vous avez 1 nouveau message. Message reçu à...."

Et laissant derrière lui la voix féminine qui animait sa messagerie, la voix caractéristique de son associé, vraisemblablement pressé, lui délivra le résultat de sa soirée. Ce qu'il avait voulu être un simple coup montée pour récupérer ce qui de droit lui revenait se transforma en cauchemar. Son fils...la chair de sa chair avait belle et bien trahie. L'image du fils à qui il inculquait ses valeurs et sa vie avait finalement passé le pas dangereux de se choisir de mauvais amis. Il porta un main à sa bouche tandis que son cœur se convulsait sous la douleur. Il se partageait entre la colère, la douleur et le désespoir. Sa main si plaqua si fort sur sa bouche que ses phalanges blanchirent. Il ferma les yeux pour se forcer à ne pas se remémorer ce message, mais tout repassait en boucle, d'abord les images de la coercition de son fils avec le crime puis de ses écarts lamentables et dangereux qu'il n'avait pas su gérer lui-même. Et pour la première fois depuis des années, ses yeux le brûlèrent pour finalement faire rouler une larme cristalline chargée de regrets sur ses joues parcheminées.

Sentant ses forces vaciller, le maire laissa choir son téléphone pour cacher son visage entre ses mains, les coudes fermement posés sur son bureau. Il n'avait que faire du dossier qui recevait ses larmes, il n'avait que faire du bruit que fit l'appareil en rejoignant le sol. Ses souvenirs, comme pour Chip plus tôt, furent pénibles et douloureux, monstrueusement révélateurs des erreurs du père et du fils, mais lui ne devait pas succomber!

Cette pensée percuta toutes les autres. Alors que ses yeux pleuraient toujours, rougis par le chagrin, le maire se leva d'un seul bond, la soudaine montée de colère ne lui ressemblait pas, il avait d'un seul coup redirigé inconsciemment toute la volonté qu'il lui restait pour faire surgir cette vérité: son fils avait fait des erreurs, mais voilà, il lui avait donné une leçon, dure oui, mais mérité aux vues de la situation. Prenant une profonde inspiration pour ne pas retomber dans une nouvelle crise de larmes, le maire se posta devant une fenêtre et posa les main sur la vitre froide. De l'autre côté de la vitre, c'était une ville et en arrière plan la haute tour de Shreck's Industries. Il aurait pu tenir, ne pas sombrer dans la tristesse, mais les sirènes des ambulances et de la police lui rappelèrent l'horrible vérité, il avait trahi son fils comme il avait trahi ses anciens collaborateurs, sa femme et tous ceux qui avaient cherché à le renverser ou le faire vaciller. Il avait calculé sa vie familiale avec une calculatrice en laissant pour seul mot à son coeur que celui de la fin et des lamentations. Complètement perdu, il posa son front sur la vitre. Son contact le calma d'avantage...

Derrière lui, Thomas ouvrit la porte.

- Monsieur, votre chauffeur est ar... mais il se tut en voyant le regard rougis de son supérieur.

Il s'attendit alors à une remontrance exceptionnelle, à une sorte de colère froide mais dure qui se refléterait dans un discours abominable riche de sous-entendu. Mais rien ne vint. Face à lui son supérieur prit une grande inspiration. L'arrivée de son subordonné venait de remettre les choses en perspective. Il était Maximilien Shreck, maire de Gotham City, un homme devenu riche et puisant parce qu'il avait toujours su faire face et n'avait justement jamais laissé ses sentiments interférer avec les évènements, parce qu'il avait fait un choix et bien d'autres depuis, parce qu'il n'avait eu aucune pitié pour sa mère, son père, ses associés qui avaient voulu le doubler, les collaborateurs qui avaient voulu l'arnaquer. Chip était un peu tout cela à la foi et il avait aussi fait son choix, celui de jouer et comme Thomas, il devait savoir perdre en temps voulu. Ce qui était tout à l'heure un nuage de mélancolie se transforma en la flamme conquérante que le secrétaire lui avait toujours connu.

- Merci, se contenta-t-il de répondre en se dirigeant vers le téléphone qui gisait sur le sol.

Le portable sembla peser une tonne à l'esprit du maire. Une nouvelle vague de larme tenta une percée que son esprit refoula avec difficulté. Une fois la digue brisée il est toujours difficile de laisser à bonne distance les vagues déraisonnables. Il ouvrit le logiciel de SMS et tapa.

"Félicitations, merci d'avoir fait ce qui était nécessaire, nous en parlerons demain à tête reposée."

L'appui sur la touche "ENVOYER" aurait dû le calmer, elle fut un coup de poignard supplémentaire qu'il s'infligea lui-même. Thomas était sorti et tandis qu'il mettait son écharpe et son manteau, Maximilien tomba pile sur une photographie qu'il avait fait installer le jour de son investiture, une photographie de lui et de son fils alors qu'ils étaient tous deux à un congrès d'économie comme invités d'honneurs. Charles avait été si prometteur en ce temps là, mais Max ne perdait pas espoir de le faire redevenir un bon businessman. Il mit quelques secondes avant de quitter le cadre du regard. Son coeur voulait y rester pour le contempler encore un peu mais son esprit lui disait clairement ceci: Ne pleure pas, tu as fait le nécessaire et il t'en sera reconnaissant. Oui, il était un bon père toujours soucieux du bien-être de son enfant, il était là pour lui rappeler ce qui était bon pour lui et mauvais pour l'entreprise. Lorsqu'il posa le chapeau sur sa coiffure, la tristesse avait laissé place à la fatigue. Il y avait eu quelque chose de soulageant dans ses larmes, il ne pouvait le nier, mais c'était également une absence de retenu qui pouvait désormais lui coûter cher. Alors qu'il fermait la porte de son bureau, il savait que la blessure ouverte qu'il avait laissé un temps à nue ne se refermerait jamais vraiment et que l'avenir avec ce poids serait probablement plus compliqué, mais il ne devait pas la laisser être un obstacle.

Thomas raccrocha derrière lui un téléphone.

- Monsieur, fit-il de sa voix la plus triste. Votre fils est admis au Gotham Hospital! Il semblerait qu'il...

- Je sais, le coupa la voix vacillante de son supérieure.

Le secrétaire se tut. La phrase avait été à la foi sûre et incertaine.

- Pensez à acheter des fleurs demain Thomas, reprit le maire, toujours se rapporter à des faits et des obligations morale qui font une excellente façade pour se cacher du monde comme pour le leurrer allègrement. Et je ne veux pas être dérangé ce soir, veuillez transmettre mes appels sur votre ligne.

- Très bien monsieur.

- Si l'on me cherche expressément, je serais au Gotham Hospital. Je ne devrais pas être en retard pour mon premier rendez-vous de la journée.

- Bien monsieur.


Et alors qu'il franchissait le perron de l'établissement, il indiqua à son chauffeur de le conduire à l'hôpital...

[HRP]Cela clos également ma participation à ce sujet intense. Merci Andrew pour ta participation, ce fut un plaisir![/HRP]
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