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Ne manquez pas les deux derniers chapitres de Darkwatch, où s'affronteront Le Chevalier Noir et l'Empereur !

Clash of the Warriors & La Révolte

"Lors d'une rafle de la Ligue des Ombres, la Lignée décide d'intervenir et de massacrer les hommes de Ra's Al Ghul. Les habitants, excédés par la situation, décident de se révolter, avec le support de l'Empereur et ses troupes. Le G.C.P.D est dépassé et les justiciers n'ont d'autre choix que s'en mêler, Batman en tête."

(Petit aperçu des évènements en vidéo ici)


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 Times They Are A Changing

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MessageSujet: Times They Are A Changing   Dim 16 Déc - 0:18

Le Globe tentait de fonctionner tant bien que mal depuis deux semaines. Depuis que Knox était mort. Dire que sa mort m’avait touchée était un euphémisme : en une putain de poignée de minutes, j’ai perdu un mentor, un professeur, et un ami. Et je n’étais pas la seule qui se prenait chaque jour une violente claque en réalisant à quel point il me manquait. Pourtant, rédacteurs, pigistes, ouvriers des presses, tout le monde avait remonté ses manches, et malgré le chaos ambiant, offrait aux Gothamites leur édition quotidienne du Globe. La moitié des journalistes s’étaient plongés corps et âme dans la quête du meurtrier d’Alexander Knox, moi y compris. Je crois qu’on a usé toutes nos ressources, nos contacts et nos pistes, sans succès à part des montagnes de cigarettes, de gobelets de café et de désillusions. Rien. C’était d’autant plus rageant que me mettre la tête sur une enquête, surtout celle de sa mort, était un moyen d’étouffer ma douleur en m’imaginant que dévoiler l’identité de ce ou ces salauds allait soulager ma peine. C’était con, mais c’était comme ça, surtout que c’était l’un des hommes les plus importants de ma vie qui venait de m’être enlevé, à peine un mois après Thomas. Je me retrouvais seule, complètement paumée et hébétée, sans repères, avec mon Tommy comme seule raison de me lever le matin et de mettre un pied devant l’autre. Sans lui, je crois que j’aurai été capable de faire une connerie. Une grosse.

Seulement on a commencé à sentir que les choses bougeaient du côté des actionnaires du journal, comité de gestion et tout le bordel. Des coups de fil brûlants derrière les parois en verre des bureaux administratifs, le défilé de gens qu’on avait jamais vus, des réunions interminables… Mais on ne s’accordait pas le temps pour ces conneries, ayant tous mieux à faire. Et puis un jour, le grand patron s’est pointé, et a balancé le nom de celui qui allait remplacer Knox : Kieran Marshall.
On en parlait dans les bureaux comme on parle de Winston Churchill ou du monstre du Loch Ness : il passait pour une légende aux yeux des collègues. A les entendre, il risquait même de chier de l’or, mais je m’abstenais de tout commentaire, étant donné qu’un Pulitzer avait ce don magique de me faire fermer ma gueule. Pour un temps. Mais je ne l’avais jamais vu, s’étant barré aux quatre coins de la planète peu avant mon arrivée, et n’était pas encore officiellement revenu. Et je sentais qu’un sacré « Wind of Change » allait se mettre à souffler dans la vénérable institution.

Et j’en eus la confirmation pas plus tard que le lendemain, quand je me pointai à mon box. Je venais à peine de faire trois pas dans la salle des rédacteurs qu’une des secrétaires, Mary-Ann, se précipita vers moi en petit tailleur rose et violet, choucroute nickel, pour me prévenir que le nouveau patron m’attendait dans son bureau. Putain, pour être rapide il était rapide. A moins qu’il ne commence à voir ses sbires en partant du plus récemment admis dans la maison. Et c’est vrai qu’à part Dan, mon compagnon de galère qui avait claqué la porte pour aller voguer vers d’autres aventures, et quelques stagiaires, j’étais la dernière officiellement intronisée parmi les rédacteurs, carte de presse à la clef. Mon cœur rata un battement, mais je tentais de me donner une contenance.
- Ok, merci de l’info ! Je vais me prendre un café et je monte.
- Il a dit que tu devais aller à son bureau à la seconde où tu arriverais.
- Sérieusement ? Bon eh ben c'est parti…


Je saluai Mary-Ann d’un signe de tête, et, blouson sur les épaules, lourdes bottes aux pieds et casque au creux du coude, j’allai toquer à la porte sur laquelle un nouveau nom, fraîchement posé, remplaçait celui de l’homme que je considèrerai toujours comme mon seul et unique patron.

Je pris l’éclat de voix provenant de l’intérieur pour une invitation et pénétrai chez Knox. Pendant une seconde, je restai sans bouger, surprise par les changements qui avaient eu lieu ici. Une pile de cartons se trouvait dans un coin, et des rectangles plus clairs s’étalaient sur les murs, à l’emplacement des anciennes « une » les plus mémorables et encadrées que Knox avait accrochées au-dessus de son bureau. Je grimaçai intérieurement en notant que sa machine à café italienne hors de prix, elle, était toujours là. Et puis je posai mon regard sur lui. Deux chocs : il était jeune. Au vu de sa réputation, je m’imaginais un type de la cinquantaine, cheveux grisonnants, rides d’expression, le mec qui a vécu en somme. Sauf que lui avait la trentaine. Et amenait au choc n°2 : il était beau. Du genre à s’en mordre la joue pour éviter de baver. J’inspirai profondément quand il posa ses yeux bleu acier sur moi, et avançai d’un pas, remettant sur mes épaules mon rôle de mauvaise fille, le même que j’avais servi à Knox et qui avait marché.

Bon… si je suis là c’est que je suis la dernière arrivée, restructurations, tout ça. Alors, juste pour savoir : j’ai le temps de rassembler mes affaires où je dois me barrer direct ?
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MessageSujet: Re: Times They Are A Changing   Dim 16 Déc - 15:10

"Vous avez le temps de vous asseoir, d'enlever votre blouson et de boire un café."

Je ne regarde pas Theodora Wesson. Je me suis renseigné sur elle, avant d'organiser cet entretien, et je sais désormais assez de choses sur son profil pour ne pas l'agresser de front. Elle n'est pas du genre à apprécier l'autorité, ou au moins l'autorité classique, donc c'est à moi de changer de méthode pour ne pas m'en faire une ennemie, au moins immédiatement.

"Vous n'allez pas être licenciée, mademoiselle Wesson. Du moins, tant que vous ne commettez pas d'erreur, et que vous abaissez un peu cette armure qui n'a aucune utilité ici."

Jusque-là de profil, je me tourne pour lui faire face et lui offrir un léger sourire, en plus d'une tasse de café que je dépose devant elle. Calmement, je m'approche de la chaise d'Alexander Knox, celle qui est si associée à mon vieil ami dans mon esprit, et je refuse de m'asseoir dessus. Je place une de mes fesses sur l'angle du meuble, et croise les bras sur ma chemise blanche et mon petit veston noir pour la fixer. Elle est belle, mais je sais déjà qu'elle est du genre rebelle et incontrôlable ; je vais devoir forcer ma nature pour converser avec elle.

"Je suis Kieran Marshall, et je suis enchanté de faire votre connaissance. J'ai voulu vous rencontrer dès votre arrivée car vous êtes nouvelle au Gotham Globe, et je ne connais pas forcément l'état actuel du journal après une année loin de la ville. J'ai besoin l'avis de nouveaux yeux, d'un nouveau regard sur le Globe, et j'ai décidé de vous missionner pour m'aider. Intéressée ?"

En réalité, j'ai choisi Theodora Wesson car elle est autant appréciée que crainte par ses collègues. Je sais ce qu'elle a fait durant Arkham City, je sais les risques qu'elle a pris face à Cobblepott, je connais sa relation avec Thomas "Catman" Blake et j'ai déjà vu des photographies de son fils adoptif.
Theodora Wesson est ou folle, ou monstrueusement courageuse, mais elle est définitivement une femme d'exception, et une journaliste précieuse. Maintenant que j'ai les fonctions de mon vieil ami, je vais avoir besoin d'aides, et j'espère qu'elle voudra bien occuper cette fonction.

"D'ailleurs, j'ai une autre mission pour vous, plus agréable et plus valorisante. Comme vous avez dû le remarquer, j'ai enlevé des murs tous les éléments rappelant Alexander Knox : les unes, les tableaux, etc. Ce n'est pas pour dépersonnaliser l'endroit, mais pour créer une pièce spéciale en l'honneur de mon prédécesseur... et ami. Mademoiselle Wesson, voudriez-vous utiliser tous ces objets pour mettre en place une salle où Alex sera honoré comme il se doit ? Je refuse de laisser son souvenir disparaître, et je ne veux pas m'en occuper moi-même... j'imagine que nos collègues questionneraient mes choix et les critiqueraient. Êtes-vous aussi intéressée par ce poste-là ?"

En un sens, je lui propose cela autant parce que je pense qu'elle est bien placée, vu sa relation forte avec Knox, pour réussir, que parce que je sais qu'elle se sentira mieux face à moi si je la valorise ainsi. Je me rends compte que je suis déjà en train de la manipuler... je n'aime pas ça. Je n'aime pas ce boulot, d'ailleurs, mais... quelqu'un doit le faire. Et autant que ça soit moi qu'un type placé ici par mes patrons et qui n'a aucun respect pour le Globe.
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MessageSujet: Re: Times They Are A Changing   Dim 16 Déc - 17:40

Là où je m’attendais à un rendez-vous expéditif, du type « Bonjour/Merci/Au revoir », il arrive à me surprendre en me proposant tout simplement un café. C’est pas donné à tout le monde d’arriver à déjouer mes petits scénarios mentaux, mais lui a réussi, avec une simplicité désarmante. Prise au dépourvu j’obéis et laisse glisser mon blouson de mes épaules en même temps que mon rôle de mauvaise fille, et j’accroche tous les deux au porte manteau près de la porte. Je m’assieds donc, en t-shirt noir Metallica passé par-dessus un t-shirt blanc aux manches longues. Je fais tellement tache dans le décor, et encore plus face à lui, nimbé de classe désuète, avec son petit gilet et son pantalon en tergal.

Cet entretien m’en rappelle furieusement d’autres. Celui où, habillée en Babe Ruthless, les cheveux noirs, les bras couverts de faux tatouages, il avait déchiré la manche de ma veste pour « faire plus vrai » avant de me donner une petite tape sur l’épaule et m’envoyer au casse-pipe. Je me souviens l’avoir détesté à cette minute, pour me faire prendre des risques inconsidérés. Et un autre, lorsqu’il m’avait présenté à Dan, et où je m’étais pointée avec ma hargne de bouledogue, allant jusqu’à entrer sans frapper et poser les pieds sur le bureau, basculée en arrière sur ma chaise… Dans un sens je le remercie de m’avoir jeté dans le grand bain comme ça, car il n’y avait pas de meilleur moyen de tester mes tripes. Pour lui comme pour moi.

J’attrape le café qu’il me tend et en sirote une gorgée. Le meilleur café de tout l’immeuble, voire même d’une partie de la ville. J’écoute son petit discours, enfin son espèce de proposition tout en donnant l’impression d’être totalement intéressée par le contenu de ma tasse. Hum…

Je me permets de vous corriger… ça fait un an que je suis ici. Alors, la plus jeune ici, sans doute, mais pas nouvelle…

Je lui accorde un sourire en coin pour faire passer l’info, et histoire qu’il ne me prenne pas pour un roquet hargneux. Il doit juste comprendre que c’est pas parce qu’il est officiellement mon patron que je vais me mettre à genoux devant lui et me prosterner en disant « Amen ».

Je n’ajoute rien de plus et le laisse continuer son petit speech. Alors comme ça il veut que je sois sa taupe au Globe ? Il a parié sur le mauvais cheval, surtout que je ne me permettrai pas de critiquer et juger le travail de mes collègues qui sont là depuis cinq, dix, quinze ans voire plus. Je ne suis pas une balance, et j’ai peut-être une grande gueule, mais je ne serai pas une taupe. La suite n’est pas mieux. Je ne pipe toujours pas mot, le laissant aller au bout de ce qu’il avait préparé.

Monsieur Marshall… vos propositions sont très intéressantes et alléchantes, mais pourquoi j’ai la très désagréable impression que vous êtes en train de m’acheter, et de me caresser dans le sens du poil pour rentrer dans mes bonnes grâces ? Je vous accorde que vous avez bien fait vos devoirs, et vous savez qu’il ne faut pas m’attaquer de face. Par contre, vous avez fait deux erreurs. La première ? Je suis une tête brûlée, j’agis avant de réfléchir, et je suis entrée ici au culot. J’ai fait deux ans d’école de journalisme, et je n’ai pas une assez haute opinion de moi-même pour donner des conseils sur la manière de tenir un journal, sachant que j’en apprends encore tous les jours, simplement dans le fait d’enquêter et d’écrire mes articles. Alors me donner l’opportunité de m’épancher dans l’oreille du patron… c’est trop beau. J’étais la protégée de Knox, parce que j’ai gagné ce titre. Rien ne vous y oblige, et Noël ne vient pas aussi tôt dans l’année…

Je m’arrête une seconde pour finir mon café. Peut-être que c’est le dernier que je bois ici avant un sacré moment, voire le dernier tout court, alors autant en profiter. Je sais que je montre à nouveau ma grande gueule, mais je ne suis pas du genre à entrer dans ses combines pour me faire bien voir. Si ça ne lui plait pas, tant pis. Je ne veux pas m’écraser, surtout qu’avec mes déboires à Arkham, et les scoops que j’ai eu la chance de glaner, je n’aurai pas trop de mal à trouver un job ailleurs. Ou arrêter de bosser tout court. Les rentes de Thomas me suffisent, et peut-être que reprendre mes études pourrait être sympa, me laissant plus de temps pour m’occuper de Tommy… Mais je sais aussi que maintenant que j’ai goûté au grand frisson, ça sera dur, voire impossible de tout plaquer.

Deuxième erreur : le memorial. Comme vous l’avez dit, je suis la dernière arrivée, et même si j’avais une liberté de ton que certains m’enviaient avec Knox, pourquoi je serai la seule à avoir le droit d’organiser ça ? En vertu de quoi moi, qui le connais depuis un an, je serai la mieux placée pour rendre hommage à quelqu’un qui a fait partie des murs depuis une vingtaine d’années ? Qui a sué sang et eau entre ses murs ? Galloway a couvert la guerre du Golfe avec lui, et il est allé en Serbie avec Stevenson. Certains ici le connaissent depuis avant ma naissance… A vouloir me donner ce traitement de faveur, vous me feriez passer pour la chouchou du patron, et s’il y a quelque chose que je veux éviter à tout prix, c’est bien ça…

Je me relève, repose ma tasse vide, récupère mon blouson et mon casque avant de le saluer d'un hochement de tête trop appuyé.

Si après ça je ne suis toujours pas virée, je vais prendre congé. J’ai une rubrique des fait-divers à couvrir.
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MessageSujet: Re: Times They Are A Changing   Lun 17 Déc - 22:28

"Revenez vous asseoir, mademoiselle Wesson."

Ma voix est lente, posée. Je pourrais m'énerver, je pourrais m'emporter après ce concert de provocations et de pseudo-révoltes, mais je ne le fais pas. Je sais comment elle fonctionne, je sais qu'entrer dans son jeu est la première étape vers la défaite ; il est hors de question que je perde cette conversation.

"Nous sommes entre gens civilisés, et je pense avoir quelques réponses à apporter à vos déclarations. Donc, si vous acceptez la possibilité d'un débat, d'un échange d'idées, rasseyez-vous, s'il-vous-plaît."

Un léger sourire apparaît sur mon visage alors que je pose mes yeux sur elle. Theodora Wesson est sauvage, ça se sent au premier coup d'oeil ; sa beauté est troublante, presque agressive, comme le reste de sa nature, de son comportement. Elle n'a pas encore été apprivoisée, et je doute même qu'elle puisse l'être encore après avoir vécu auprès d'un homme comme Thomas Blake, et surtout après l'avoir perdu dans de telles circonstances.

"De plus, vous n'êtes plus en charge des faits divers."

Je sais qu'elle n'appréciera pas, autant l'annonce que le silence que je laisse, volontairement, peser après ces quelques mots.
En face de moi, une jeune journaliste talentueuse est sur le point de se jeter sur moi, toutes griffes dehors, prête à me châtier pour ce qu'elle considère certainement comme une injustice. Au bout de quelques secondes bien choisies, je reprends la parole, avec un ton toujours doux et lent.

"Mademoiselle Wesson, j'ai eu certainement tort de vouloir vous pousser à me confier votre opinion sur le Gotham Globe et à vous charger de l'organisation du mémorial. Cependant, je reste persuadé de votre importance et de votre talent, et c'est pour cela que je veux vous mettre sur trois enquêtes de longue haleine. Vous n'êtes plus chargée des faits divers car toute votre activité sera occupée par ces trois dossiers."

Lentement, je me lève, fais quelques pas dans la pièce et m'empare d'un carton que je dépose sur mon bureau. J'en ressors un petit dossier, une simple chemise en papier, que j'envoie à Theodora Wesson.

"Premier dossier : Sandman. Je veux tout connaître sur ce justicier, que Wesley Dodds incarna longtemps. Apparemment, d'autres hommes ont utilisé ce pseudonyme, et quelques rumeurs locales indiquent qu'un nouveau Sandman erre dans la ville. Je veux en savoir plus."

Je n'ai ni le temps, ni les compétences pour enquêter sur ce qui me ronge la nuit. Je ne sais pas pourquoi je suis les demandes, les ordres mêmes de Wesley Dodds, mais je sens au fond de moi que quelque chose ne va pas. Autant lancer Wesson sur cette affaire, pour que je puisse en apprendre plus sur ce nouvel aspect de ma vie.

"Deuxième dossier : Batman. Selon les dernières informations, il aurait tué Quincy Sharp, passé à tabac Nite-Wing et aurait tué le Joker, avant qu'on découvre que celui-ci n'était finalement pas mort. Le Batman n'a jamais agi ainsi, même dans ses pires moments. Je veux comprendre ce qu'il s'est passé, et je vous charge d'un article-bilan sur l'année écoulée. Expliquez-moi, expliquez aux lecteurs, ce qui a changé, et imaginez une hypothèse pour justifier ces changements. Je suis sûr que vous trouverez assez d'éléments chez vos collègues."

Je pousse un léger soupir en préparant mes mots pour le troisième dossier. Theodora Wesson ne dit rien, elle encaisse et doit certainement fulminer. Maintenant, soit mon annonce achève de la transformer en furie, soit mon annonce me permet d'entamer une meilleure relation avec elle. Quitte ou double.

"Dernier dossier : Alexander Knox. C'était votre employeur et ami, tout comme moi. Alex m'a aidé dans plus de dossiers et de rubriques que je peux m'en rappeler, et je ne supporte pas l'idée que ses meurtriers soient encore libres. Tous vos collègues vont vouloir enquêter, mais je vous connais, mademoiselle Wesson : vous n'abandonnez pas, et vous êtes prête à tout pour découvrir la vérité. J'ai besoin de quelqu'un comme vous pour remonter la piste de ce qui est arrivé à Alex, et j'ai besoin de quelqu'un qui n'est pas forcément très connu.
Si je place sur ce cas vos collègues plus expérimentés, plus connus, leurs enquêtes seront rendues plus difficiles et nos ennemis vont devenir prudents. Si je mets sur ce cas une journaliste hargneuse mais débutante, nos adversaires seront sur leurs gardes mais pas autant qu'avec d'autres. Ce sera leur erreur."


Je me redresse, croise les bras et fixe mon regard dans les yeux de la journaliste.

"Alors ? Intéressée ?"
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MessageSujet: Re: Times They Are A Changing   Mar 18 Déc - 21:43

Même si je suis une des plus grandes gueules du journal, et que j’ai souvent fait enrager Knox quand il voulait tenter de me faire entendre raison, je sais aussi quand ne pas faire d’esclandre, surtout avec son nouveau boss. Aussi séduisant, célèbre et talentueux puisse-t-il être. Je tourne les talons et m’assieds docilement sur le fauteuil qui fait face à son bureau, et lève les yeux vers lui. Et je lui accorde même mon plus beau sourire quand il insiste, appréciant toutes les formes et la délicatesse qu’il glisse dans ses paroles. Comme s’il marchait sur des œufs, pour être sûr de ne pas me brusquer après l’avoir proprement remballé quelques secondes auparavant.

Par contre mon sourire disparaît en un clin d’œil quand il m’annonce, en tant que tentative de « conciliation » que je ne m’occuperai plus des faits divers. Alors c’est ça, il ne veut pas me virer mais il veut me saquer ? Putain je suis sûre qu’il va m’envoyer aux mariages, et autres conneries mondaines. Tout mais pas ça ! La dernière fois que j’ai dû couvrir ce genre de trucs, c’était Knox qui m’avait envoyée au Penthouse de Morand, et je me souviens du procureur Lindenberg qui m’avait collé au train toute la soirée. Eh ben bravo ma grande, t’aurais mieux fait de fermer ta gueule, de dire « Merci monsieur, oui monsieur, bien sûr monsieur » et t’aurais gardé ta place. Envie de me mettre une gifle.

Il se remet à parler, et là je reste encore un peu sur ma réserve. Il admet de but en blanc qu’il a merdé point de vue prise de contact, puis me repasse une couche de pommade, et me valorise en me disant qu’il me réserve un traitement particulier. Je suis assez sceptique, mais sa proposition a le don d’éveiller ma curiosité, plus en tout cas que l’idée de fliquer mes collègues ou de jouer la collègue éplorée de mon défunt patron. Je bloque le dossier avec deux doigts puis l’attrape et l’ouvre, jetant un coup d’œil rapide à son contenu en même temps que j’écoute les explications de Kieran. Une enquête sur un autre mystérieux justicier. De vieilles photos en sépia montre une silhouette d’un type portant un long trench, un masque à gaz et un chapeau en feutre. Etrange… et intéressant. J’avoue que l’appât a marché, et que j’ai mordu à l’hameçon.

Pendant qu’il me parle je sors mon ordi portable de ma besace, amoureusement bricolé par mes soins. Mes doigts courent sur le clavier comme deux araignées qui tissent leur toile alors que je continue à l’écouter. Il me laisse faire, je n’ajoute rien. Il mentionne la suite des réjouissances. Cette fois-ci, c’est Batman qui est dans sa ligne de mire. Ou plutôt l’inverse : il a l’air de vouloir que je prouve son innocence par rapport aux derniers coups d’éclat du chevalier masqué. Moins ma came, sachant que je tiens toujours le volatile pour responsable de la mort de mon père. Mais bref, peut-être qu’il le sait déjà, peut-être que non. De toute façon, je ne vais pas entrer dans le débat maintenant. C’est quand même cool qu’il m’ait laissé des enquêtes assez intéressantes.

J’attrape la deuxième pochette cartonnée et la pose par-dessus la première, et attends la 3e mission. Il passe quelques secondes à me contempler, comme s’il tentait de lire mon avis, l’impact de ce qu’il me balance, sur mon visage. Mais je tente de rester de marbre, le laissant d’abord dévoiler son jeu. Knox cette fois…

Ok… je marche. Batman, ça va pas être facile, même si je vais tirer quelques ficelles parmi mes contacts… Mais Knox… ça fait depuis sa mort que la moitié du Globe se consacre jour et nuit à chercher le fils de pute qui a fait ça. Et y’a une sacrée équipe de limiers ici. Sauf que… rien, pour l’instant. On a remué ciel et terre, harcelé le moindre contact, et niet. Pas besoin de me demander de bosser dessus, j’en fais une affaire d’honneur de retrouver ce salaud. Il doit payer. Au fait… le premier dossier… c’est réglé. Pour la partie qui concerne le vrai Dodson.

Je me relève et pose mon ordi devant lui. Il peut voir une dizaine de fenêtres ouvertes, affichant chacune des informations et des documents différents. Rapports de police, vieux articles de journaux, témoignages en tous genres issus de la presse à scandale comme de journaux plus « respectables », ses propres aveux.

Je pense que vous aurez tout ce dont vous avez besoin. Par contre je vais devoir reprendre mon pc… Si vous voulez lire tout ça tranquillement, vous pouvez toujours le faire sur votre ordi. J’ai pris la liberté de vous transférer les fichiers.

Je m’approche, referme mon ordi et le glisse à nouveau dans ma besace, fière de mon petit effet mais sans trop le montrer. Il faut qu’il comprenne que je suis une habituée de ce genre de trucs. J’attrape mon casque, mon blouson, mes pochettes cartonnées et je sors tranquillement du bureau sans me retourner. Il faut toujours soigner ses entrées, mais encore plus ses sorties !
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MessageSujet: Re: Times They Are A Changing   Sam 22 Déc - 22:04

Je reste silencieux.

Durant tout l'exposé, durant toutes les réponses de Theodora Wesson, je n'ai exprimé aucun mot. Voulant lui laisser une chance, voulant véritablement voir les capacités de cette journaliste, j'attends et j'observe, notant dans mon esprit tous les éléments qui peuvent me servir pour la suite. Il y en a beaucoup.

Cette jeune femme est impressionnante, mais aussi agaçante.
Même si elle ne le fait pas exprès, même si elle ne s'en rend même pas compte, elle irradie d'une confiance extrême, qui se transforme très rapidement en suprême arrogance. Malgré son jeune âge, elle donne l'impression de tout connaître, de tout savoir, et tourne les propos de ses interlocuteurs dans un sens qui leur donne le mauvais rôle dans la conversation.

Je ne suis pas un homme de mots, je suis et serai toujours un homme d'image. Cependant, le silence que je garde très souvent m'a appris à voir, à observer et à comprendre le monde mieux que ceux qui veulent combler les blancs et les trous dans une conversation.
Et je sais que Theodora Wesson, même si elle ne le veut sûrement pas, donne une impression d'arrogance, de supériorité qui la rend insupportable. C'est exactement ce que je cherche.

Je ne dis toujours rien quand elle quitte la pièce, dans une sortie théâtrale mais qui ne veut pas dire grand-chose. Lentement, j'ouvre mon ordinateur et découvre bien tous les éléments envoyés par la journaliste, et qui me permettront d'en savoir plus sur mon prédécesseur - cet homme que j'ai rencontré il y a peu alors qu'il est censé être mort depuis des années.

Calmement, je m'empare de mon téléphone portable nouvelle génération et envoie un message sur son numéro, que j'ai récupéré dans les banques de données du Gotham Globe.
Le mot est simple, rapide, direct :

Citation :
Jolie démonstration, suffisante pour obtenir ces missions et le poste. Il en faudra plus pour les garder. J'attends la suite rapidement. Bonne chance.

Je n'aime pas être aussi dur et exigeant, mais je sais que je ne réussirai pas dans ce nouveau projet si je ne m'applique pas à adopter des attitudes qui ne me ressemblent pas. Alors que je contemple la ville par la fenêtre, que je me détends un peu après ces premiers pas, je me rends compte combien Alex était fort dans son rôle, et combien il a dû se battre pour parvenir à adapter son caractère avec ses obligations.

Je vais devoir faire de même.
Ce sera dur, ce sera terrible mais... je n'ai pas le choix. Cette ville a besoin d'un journal efficace et sûr, et je refuse d'abandonner le travail d'Alex. Je lui dois trop, je ne peux pas fuir mes responsabilités - je ne peux pas le fuir.
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