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Ne manquez pas les deux derniers chapitres de Darkwatch, où s'affronteront Le Chevalier Noir et l'Empereur !

Clash of the Warriors & La Révolte

"Lors d'une rafle de la Ligue des Ombres, la Lignée décide d'intervenir et de massacrer les hommes de Ra's Al Ghul. Les habitants, excédés par la situation, décident de se révolter, avec le support de l'Empereur et ses troupes. Le G.C.P.D est dépassé et les justiciers n'ont d'autre choix que s'en mêler, Batman en tête."

(Petit aperçu des évènements en vidéo ici)


CREDITS

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©Les images utilisées appartiennent à leurs auteurs
©Les bannières ont été crées spécialement pour le forum Gotham City Rpg par Deimos Hellhammer
©Le contexte de ce forum est inspiré du Batverse, arrangé et rédigé par le Staff. Merci de respecter notre travail.




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 Jonathan Crane, la génèse.

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MessageSujet: Jonathan Crane, la génèse.   Dim 9 Oct - 12:51

[HRP]Je développe ici les éléments de ma fiche de perso, son histoire, son évolution jusqu'à mon premier post dans ce forum. /HRP]
Première partie: Printemps

Chapitre 1: Ligne d'Horizon

Le bus qui traversait l'État du Rhode Island s'arrêta comme prévu à Washington. Le détour était conséquent pour rejoindre Gotham City et l'État de New York. Crane descendit du bus, le dos engourdit et les jambes flageolantes, il n'avait pas réussit à dormir alors que son corps ne rêvait que de repos. Il avait abandonné sans un regard sa province natale, laissant derrière lui la Famille qui lui avait volé son enfance. Il reviendrait probablement un jour les voir. Un jour d'orage certainement. Le jeune homme regarda sa montre et se dépêcha de récupérer les bagages que le bedonnant chauffeur de bus jetait au sol sans un état d'âme. Les voyageurs observaient pour la plupart leurs pieds, harassés par la traversée et par l'avenir qui se traçait devant eux.

Jonathan se dépêcha de soulever sa lourde valise et de tirer son sac à dos de la cohue générale qui se rusait sur l'amas de sacs. Il rejoignit le quais du terminal de bus qui devait l'emmener vers Gotham et sa prestigieuse université de médecine. Son oncle et sa tante l'attendait pour la nuit et une voiture était sensée l'attendre au terminal de la dynamique cité. Il s'assit sur sa valise, les bancs étant tous recouvert d'hommes d'affaires, de mères de famille et leurs enfants et parfois de jeunes silhouettes dégingandées, parfaits représentant de parasites que Jonathan avait dû affronter durant ses années d'écoles: racketteurs sans avenir, brutes sans cervelle qui hantaient le chemin du lycée et le bus scolaire du retour, spectres hideux qu'il ne retrouverait pas avant quelques années. Il observa ensuite par les vitres neuves la gigantesques cité. L'activité, le bruit furieux des klaxons, la précipitation des piétons, les "Taxi!" hurlés au détour d'une rue, les vendeurs à la sauvette... comme il était loin de sa campagne natale.

Un homme d'affaire le toisait depuis son banc. Il plia dédaigneusement son Wahsington Post. Jonathan portait son habituelle veste marron délavée, un gilet fait main de sa mère qui cachait un morceau de sa chemise blanche et un pantalon marron avec deux pièce de cuir au genoux, il baissa la tête en imaginant l'effet qu'il devait produire à cette homme dont les seuls boutons de manchette lui permettrait de refaire sa garde-robe. Pour se changer l'esprit, il sortit de son sac un livre de Lovecraft usé par la lecture. Cette littérature avait été sa seule amie durant bien des années et bien des nuits où son sommeil lui échappait à cause des hurlements terrifiant que sa sœur poussait. A dire vrai, la seule nuit où elle n'avait pas hurlé, Jonathan n'avait pas trouvé le sommeil du tout. Cela lui manquerait probablement, mais le médecin commençait à la guérir lentement. Plus de crise de terreur pour cette espèce de harpie qui les méritait amplement. Ne plus trouver une seule nuit de repos de son existence aurait de toute façon été une bien maigre punition.

Il commença sa lecture lorsqu'enfin le terminal annonça l'arrivée du bus pour Gotham City. Les hommes d'affaires se levèrent en cœur pour éviter d'être pris dans cette cohue et se dirigèrent un peu plus loin vers le terminal des taxis. Il aurait été surprenant de les voir monter dans un transport aussi commun. Jonathan mit ses bagages dans la soute sous le regard des passager qui n'avaient rien à y déposer. Il garda avec lui son sac à dos, espérant qu'il pourrait lire sans qu'un passager ne vienne lui parler.

Le bus partit enfin et ne s'arrêta qu'une ou deux fois pour des raisons futiles. Le Soleil se couchait lorsque Gotham fut annoncée à moins de 100 km. La lecture devint difficile et dès qu'il allumait une lumière, des grognements et des regards haineux lui faisaient faire manœuvre inverse. Le sommeil ne venait pas. Il était à la fois excité et terrifié à l'idée d'entrer dans la ville de Gotham, cette ville "dynamique" symbole rayonnant de la culture américaine et d'entrer dans les annales de sa grande et belle université. Le bus pénétra dans le périphérique de la ville, les lumières chatoyantes, les building qui cachaient la Lune, la vie grouillante à des heures tardives. Le bus s'arrêta enfin dans son hangar. Les gens se dépêchèrent de sortir et de héler des taxis ou de partir en groupe. Jonathan récupéra calmement ses affaires et aperçut son oncle, glacial. Il arriva vers lui sans un sourire. Il savait que son oncle et sa tante auraient préférés voir son frère arriver, mais sa carrière de marines l'avait conduit sur la côté Ouest. Il fut observé de la tête aux pieds par son oncle.

-Viens, la voiture est par là, lui déclara-t-il sans un bonjour.

Jonathan se tint parfaitement silencieux et obéit à son oncle lorsque vint le moment d'entrer dans la voiture.

-Te mets pas d'vant! C'est la place de ta tante et elle aime pas qu'on lui pique! Met ta valise dans le coffre ! Évite de mettre ton sac sur les sièges!

Le voyage en voiture fut finalement aussi silencieux que celui du bus si ce n'était que son oncle aimait mettre l'auto-radio particulièrement fort sur des morceaux de musiques particulièrement laids. Au loin, Jonahtan observa un bâtiment dans les hauteurs de la ville.

-Qu'est ce que c'est que ce bâtiment? demanda-t-il intrigué.

-Ce putain d'asile! cracha l'oncle. Si c'était que moi, je ferais démolir ce truc, ça attire les fous. J'te brûlerais tout ça moi!

La voiture s'arrête devant une petite maison de banlieue, loin de la turbulente cité. Sa tante lui réserva un accueil aussi froid qu'elle le pouvait. Elle lui donna la chambre des invités et lui expliqua sèchement les règles de la maison. Jonathan écouta, silencieux et passa la soirée à ranger ses affaires. Il se posa un court instant devant la fenêtre de sa chambre et observa la silhouette lumineuse de la ville. Elle se reflétait sur les verres de ses lunettes et au fin fond de son âme. Il était à Gotham et demain allait s'inscrire à l'université. Sa vie prenait un nouveau départ.

Chapitre 2: L'Université.

Levé tôt, prêt rapidement, Jonathan apprit qu'il allait utiliser la vieille bicyclette de son oncle pour rejoindre la ville. Ce dernier lui donna aussi à contre-cœur une carte au cas-où il se perdrait. Ils lui donnèrent quelques vagues indication pour rejoindre l'université, mais toutes relatives à des lieux qu'il ne connaissait ni de nom ni de vue. Grâce à quelques agents de police et la carte trouée de son oncle, Jonathan arriva à l'Université et fut heureux d'être parti en avance, il arrivait juste à temps. Il accrocha son vélo et arriva à l'accueil légèrement essoufflé.

On lui donna un sac dans lequel s'entassait documentation et paperasse officielle à remplir puis on l'entassa avec ses collègues dans un amphithéâtre où les pontes de l'université leurs firent d'interminable discours que Jonathan buvait. Son voisin lui donna une tape dans le bras.

-On pourrait presque croire que ça te saoule pas, lui fit-il.

-C'est...intéressant, répondit Jonathan peu sûr de lui.

-A mon avis tu finiras en tête de promo en pensant comme ça, continua-t-il alors que l'intervenant changeait. Ah oui, au fait, moi c'est Vivien Hawkwell, et toi?

-Jonathan Crane.


Un petit blanc s'installa entre les deux.

-Et, tu viens d'où comme ça?

-Chepachet, Providence.


-C'est la cambrousse là-bas. Moi je viens de Washington. Mon père est avocat et ma mère chirurgienne. Et les tiens, ils font quoi?


-Ils tiennent un exploitation fermière.

-ça doit te changer non? Gotham, les routes,
plaisanta-t-il.

-Un peu,
déclara Jonathan mal à l'aise, il n'avait jamais tenu une conversation aussi longtemps et surtout ne s'était jamais confronté à ce que l'on nommait communément l'"humour" qui ne le visait pas directement ou qui ne l'insultait pas.

-Tu vas habiter sur le campus?

-Je loge chez des parents.

-Pas cool hein? La vie sur le campus c'est le début de la liberté, moi j'ai un appart' dans les environs.


La cérémonie continua au rythme de la vantardise de son camarade qui l'invita à prendre le déjeuné avec lui. La cantine du campus était gigantesque par rapport à celle de son pauvre lycée campagnard. Vivien continuait de parler et de poser des question dont il n'obtenait que des réponses réduites au nécessaires. Un jeune homme s'invita à leur table en saluant Vivien, ils semblaient se connaître. Il était fascinant de voir l'effet que provoquait l'énergie de Vivien, un garçon exubérant au possible, il présenta brièvement son camarade qui se sentit mal à l'aise lorsqu'il regarda Jonathan. Ce dernier, sans s'en rendre compte les observait un peu trop intensément. Il quitta sa méditation lorsque Vivien le rappela.

-Ben alors, qu'est ce qui t'arrive?

-Désolé, j'étais ailleurs.


-T'as fait flippé Ben. Il sera probablement avec toi en cours de psychologie, perso je préfère la chirurgie.


Il l'avait déjà dit au moins dix fois en moins de deux heures. Jonathan salua Ben de la tête. Ce second personnage était plus bizarre, des regards en coin, des sourires qu'il cherchait à camoufler, il ne s'amuserait pas à s'en faire un ami, c'était sûr. Jonathan avait toujours été observateur. Il avait d'ailleurs, dans son mutisme quasi-permanent toujours préféré aiguiser ce petit talent. Il avait toujours aimé décortiquer les gestes et les langues non parlé, même si c'était toujours de façon brute sans pouvoir y mettre de vrai significations. Mais il comptait en apprendre beaucoup.

Les journées passèrent ensuite. Les cours se suivaient, les pauses étaient remplis par les bavardage de Vivien qui augmentait petit à petit son entourage, oblitérant Jonathan et le laissant parfois libre de pouvoir lire dans la bibliothèque du campus ou travailler dans une salle d'étude. Les gens le regardaient tous étrangement. A croire que plus il cherchait à passer inaperçu, plus on l'observait. Toujours à traîner dans la partie psychiatrie et psychologie de la bibliothèque, Jonathan commençait sans le vouloir à faire parler de lui. On le surnommait le rat de bibliothèque voire même l'Épouvantail à cause de ses vêtements. Vivien lui en parla et n'éveilla pas l'intérêt du jeune homme qui lui récita le passage d'un livre de sociologie qu'il avait lu à l'occasion.

-De quoi tu causes?

-Ces gens sentent le besoin de me surnommer parce qu'ils ne me comprennent pas, ils cherchent à porter en dérision une potentielle atteinte à leur vision de la "normalité". En quelques mots: je leur fais peur et l'humour et la dérision est leur mécanisme de défense.

-Tu devrais éviter de dire ça trop fort à mon avis, lui conseilla-t-il. Pourquoi tu sors pas? ça va faire bientôt huit mois et on t'a vu dans aucune soirée.

-"On" est un ami précieux n'est-ce pas?

-Quoi?

-C'est drôle, mais quand quelqu'un voit ou aperçoit quelque chose, il tient toujours à ne pas être seul. Aussi une observation personnelle peut se transformer par la seule utilisation du "on" en une généralité.


-Je crois que ça répond à ma question. T'en a pas marre, la seule relation que tu sembles avoir c'est avec le prof de pharmaco! T'es le seul qui le comprend et qu'il intéresse.

-Je ne veut pas paraître rude,
fit Jonathan diplomatiquement, mais pour l'heure je suis dans une université qui m'offre tout ce que j'aime, et je veux en profiter.

-Mais les gens, la société, tes bouquins doivent en parler non? Il faut un peu de social pour être humain non?


Jonathan chercha un argument mais n'en trouva pas. De toutes les recherches dans lesquelles il s'était lancé jamais il n'avait mit le doigt sur les groupes sociaux et leur nécessité. Voyant que son camarade restait silencieux, Vivien se considéra vainqueur.

-Demain, il y a une soirée dans le gymnase, et je veux t'y voir.


Il lui donna une tape dans le dos et partit sans lui laisser le soin d'accepter ou refuser.

Le lendemain, Jonathan était sur place. La musique était assourdissante, les étudiants et étudiantes étaient débraillés et alcoolisés. Pour la première fois depuis son arrivé, Jonathan ne se sentait pas sur ce campus comme chez lui. Vivien arriva avec une jeune femme au bras et le félicita d'être venu. Son regard éthylique signifiait qu'il avait déjà bien profité du bar.

-Tu verras, c'est génial, finit-il en partant vers le terrain de football américain.

Jonathan fut dès lors seul et décida de voir s'il y avait un quelconque rafraîchissement qui lui permettrait de tenir le coup pour rentrer chez lui. Il fut bousculé et happé à maintes reprise et il eut l'erreur d'arriver au bar alors que Ben était là.

-Eh les gars!
hurla-t-il en le voyant.

Un groupe de dix personnes garçons et filles se mirent autour de lui.

-Regardez! L'Épouvantail est de sortie! Avec ses plus beaux habits!

Le groupe éclata de rire et le serveur servit à Jonathan un cocktail sans alcool, reconnaissable à la couleur de la paille.

-Ouh, continua le primate, il prend pas d'alcool le petit.

Sans même le regarder, Jonathan fit demi-tour, ce qui acheva l'humour de Ben. Il lui attrapa l'épaule et le retourna face à lui.

-Alors, on est pas assez bien pour toi?

Tant d'actions réduisait Jonathan au silence, il observait et ne pouvait s'empêcher de réfléchir. Vraisemblablement, Ben devenait violent et passerait à l'acte, aussi sûr que son haleine le laissait prévoir. Que répondre?

-T'as perdu ta langue? fit une fille du groupe en riant.

Il ne savait pas quoi dire. Quelle que fut sa réaction, elle impliquerait nécessairement...Intérieurement, Jonathan sentit son estomac se nouer, sa main commençait à trembler et son visage devenait livide. Il n'avait jamais ressentit un tel état de terreur. Sa mâchoire refusait de s'ouvrir. Il chercha erratiquement une solution en lui, mais sa réflexion était complètement parasitée par la peur. Puis il se rappela son cours de psychanalyse, puis ses lectures, mais le temps sembla ralentir, Ben souleva son bras. Comme un automate, Jonathan lança:

-Typique de l'enfant frustré...

Puis il reçu un coup de poing qui l'envoya à terre. Son verre s'écrasa au sol. Jonathan se souleva avec ses coudes et observa droit dans les yeux Ben qui riait à gorge déployé. Il ne frappait pas aussi fort que dans son village, mais il fallait avouer que du sang coulait malgré tout sur sa joue. La musique s'arrêta et tout le monde observait la scène. Jonathan restait muet, aucune larme ne sortait, mais il réfléchissait comme jamais. Il se releva calmement. Ben arrêta de rire.

-T'aime ça j'imagine.

Jonathan tendit un doigt inquisiteur sur Ben et eut un large sourire, il pensait avoir trouver une conclusion logique à son comportement.

-Ton père est mort, lança-t-il.

Ben devint livide.

-C'est pour ça, continua Jonathan, qu'en cours de psychologie tu es devenu plus agité lorsque l'on parlait du complexe d'OEudipe. Tu n'as pas fait le tiens! Tu cherche à refouler les sentiments que tu as pour ta mère derrière ton agressivité. Tu cherches constamment à frapper et tu es agressif avec la moindre personne qui ne cherche pas à te plaire. Susie la semaine dernière, Fred en cours d'anatomie, William dans la bibliothèque il y a environ trois jours. Mais c'est bizarre que ça devienne de plus en plus fréquent.

Il s'arrêta un instant, Ben serra le poing et l'envoya dans l'estomac de Jonathan. La foule poussa un bruit de douleur.

-Tu te prends pour un psy? ça fait que huit mois qu'on est là! cria-t-il dans son oreille.

Jonathan eut un sourire de satisfaction et leva la tête pour lui répondre lorsque Vivien arriva. Il écarta tout le monde et le releva avant qu'il n'ait eut le temps de dire ce qu'il voulait dire. Lorsqu'il fut seul dehors avec Vivien, il lui parla.

-C'est génial, tu te rends compte, il a peur de moi! fit Jonathan.

-Il vient de te mettre au tapis et il aurait peur de toi? T'es pas net John.

-Au mais au contraire, j'ai deviné ce qui le tracassait et il est devenu agressif, je suis dangereux pour lui maintenant et le deuxième coup que j'ai reçu ne devait pas m'humilier mais me faire taire, sinon il aurait encore tapé au niveau du visage!


-Arrête un peu de te prendre pour un détective ou un psy!
lui fit Vivien brutalement.

-Tu ne comprends pas!

-Si, ce que je comprend c'est que tout le monde à raison sur toi...


-Vas-y invoque encore ton "on" magique.

-T'es complètement obsédé par tes études, tu te rends compte que tu cherches des choses là où il n'y en a pas...

-Le père de Ben est mort non?
le coupa-t-il.

-C'est pas une nouvelle, il t'en a parlé?

-Non, mais je l'ai déduit, ses rapports avec l'autorité sont compliqués, il frappe les garçon qui pourrait lui rappeller l'homme sur la photo avec sa mère qu'il a dans sa chambre et dans son porte-feuille, il ne cherche que des filles qui ressemblent à sa mère ! Un bon vieux complexe d'oeudipe!

-T'es malade, retourne plutôt chez toi...



Chapitre 3: Le concours

Une fois sa première année passée, Jonathan fut déclaré major de promotion et au vue de ses notes en psychologie, neurologie et psychiatrie invité à participer à un concours fédéral pour la rédaction d'un essai. S'attirant l'admiration des chercheurs et professeurs de l'université, Jonathan s'attirait la jalousie de ses camarades. Ses années d'études changèrent à partir de ce point précis.

Vivien ne lui parlait presque plus, Ben l'observait avec de plus en plus de malveillance, il mettait en péril leur relation social. On parlait de l'Épouvantail, de sa fixation sur les phobies en cours, il lui faisait peur, il en était maintenant persuadé. Il écrivit avec une joie redoublée son essai et le faisait relire à certains de ces professeurs qui le félicitaient sans cesse de sa qualité. Les examens de mi-parcours arrivèrent en même temps que l'envois de son essai, la plupart de ses collègues de travail souriaient à l'idée de la médiocrité de ses révisions, c'était mal connaître Jonathan.

Les examens se passèrent convenablement pour lui, moins pour ses camarades que les soirées étudiantes avaient focalisés. Cependant, lors de la remise des résultat, ceux de Crane furent plus que médiocre. Il examina avec ses professeurs ses copies et il s'aperçut qu'elles ne correspondait absolument pas à celles qu'il avait lui même rendu. Les chercheurs le rassurèrent, lui assurèrent qu'une baisse de régime n'était pas à écarter, un peu de repos lui feraient le plus grand bien. Vivien lui assura les mêmes sentiments, mais quelque chose clochait. Face à cet échec qu'il continuait de ne pas comprendre, Jonathan préféra rester seul, il coupa les derniers échanges qu'il avait avec son oncle et sa tante, restait des heures à réfléchir dans la bibliothèque. Il n'avait jamais subit d'échec scolaire.

Un jour il se promenait sur le campus, il entendit les éclats de voix de Ben et de ses camarades.

"...Vivien a eut un p'tit coup de génie pour démolir l'Épouvantail. ha ha ha..."

Crane s'immobilisa.

"...il arrêtera de nous faire chier et il retournera dans sa cambrousse."

"Ouais, lança une autre voix, y'en a marre de voir les prof en admiration devant lui. ça lui f'ra du bien."

La trahison, Jonathan ne connaissait pas non plus, pour la simple et bonne raison qu'il n'avait jamais réellement considéré la confiance, mais Vivien était quelqu'un en qui il avait pressentit pouvoir "avoir confiance". Il avait eu tort, on ne le reprendrait plus à ce petite jeu...

Alors qu'il se dirigeait vers sa salle de cours de pharmacologie, il croisa justement Vivien qui pensait pouvoir sécher le cours une nouvelle fois.

-ça va John? lui fit-il à la vue de sa mine sombre.

-Parfaitement bien, répliqua-t-il froidement en rentrant dans la salle où une nouvelle fois il allait faire les travaux pratique seul.

Pour Vivien, la journée avait été longue, levé 10 heure, trois cours de séchés, déjeuné avec Julia puis séance de sport pour le tournois de Football dont il était le capitaine, séance de moqueries diverses et variées avec Ben. Il était ravi de regagner sa chambre. Le réveil affichait 23:00, la soirée s'était éternisée. Comme à son habitude, Vivien posa brutalement la tête sur son oreiller, une habitude que Jonathan avait découverte quant il l'avait invité dans sa chambre pour lui rendre un livre. Il n'entendit pas le bruit de verre brisée, étouffé par le coussin. Il se releva alors, légèrement intrigué par des bruits dans le couloir. Il se leva et tomba sur une affiche de serpent. Il sursauta de peur. L'affiche commença à onduler désagréablement et il chercha à la détacher, mais un serpent tenta de le mordre. La porte de sa chambre s'ouvrit et il en jaillit des serpents qui lui atterrirent dessus. Il ne hurla pas, voulant braver autant que possible sa peur. Une autre affiche était posé dans la cuisine, une autre vers la salle de bain. Fou de peur, entendant le sifflement des reptiles, Vivien décida de passer par sa fenêtre. Il s'accrocha au mur pour passer dans la chambre d'à côté. il regarda les trois étages qui le séparait du sol dallé. Soudain, il vit une silhouette dans sa chambre et soupira de joie. Un serpent lui atterrit directement sur le visage, il lâcha prise.

Quelques heures plus tard, le gardien découvrit le cadavre. On examina la chambre, il n'y avait ni affiche ni serpent, l'oreiller avait disparut avec les draps du lit, on en resta là. Si l'enquête avait été menée judicieusement, il auraient retrouvé dans le ordures de la maison des Cranes des affiches et des jouets en plastique à l'effigie des serpents et des draps brûlés dans un terrain vague non loin. Quelques jours plus tard, Crane recevait le premier prix pour son essaie: "Comment la peur peut-elle surgir dans la réalité, quelles sont ses influences, comment intervient-elle dans les processus psychique et peut-on les reproduire par des moyens pharmacologique?", le professeur de Pharmacochimie se plaignit d'avoir perdu des produits, il ne fut fait aucun lien, la police enterra l'affaire et Jonathan se sentit vengé... Un petit hallucinogène qu'ils avaient appris à faire en cours quelques jours avant et quelques farces et attrapes avaient été suffisant, il imaginait déjà ce qu'il pourrait faire par la suite avec des moyens plus importants.
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MessageSujet: Re: Jonathan Crane, la génèse.   Mar 27 Mar - 16:09

[HRP]La suite de la vie de Jonathan Crane avant le forum continue. Comme je n'ai pas publié depuis un certains temps et que j'ai finit récemment sa relecture, j'en profite [/HRP]

Chapitre 4: Solitude

Rentré chez sa tante très tard après avoir travaillé sur un projet de pharmacochimie, Jonathan allait vivre les dernières brimades que la gorge presque séculaire de sa vieille tante au visage parcheminé lui vomissait. Sitôt la porte close, et ses chaussures humides sur le tapis usé de l'entrée à la décoration figée dans le temps, il vit arriver cette harpie à la chemise de nuit dont les pans battaient tels les les ailes noirs et décharnées de ces abominations mythologiques. Ces hurlements furent sans pareils et derrière elle surgit le bedonnant esclave de ses volontés et de son verbe, celui qu'il avait pour habitude de nommer son oncle. Jonathan n'écoutait même plus le flot malsain de ses remontrances, il n'entendait rien d'autre que le bruit déformé par la haine et la colère.

Il serre les dents, comme toujours, mais ne dit mot, il entend ses cris alors qu'il progresse dans la maison, c'est la première fois qu'il désobéit, c'est la première fois qu'il monte les escalier avec ses chaussures humides, la première fois qu'il n'attend pas la fin des hurlements de la vieille femme fripée et usée par le temps. Il n'observe plus le mouvement désarticulé de sa mâchoire ni les postillons qui peuvent en surgir, il n'a pas regardé son oncle, ni son odieux visage réprobateur et boursoufflé par une vie d'inactivité et de laisser-aller.

Il n'a pas enlevé son manteau, il n'a pas enlevé son écharpe, il monte, le regard pensif. Il n'a pas lâché sa mallette. Les phalanges de sa main blanchissent légèrement. Il pousse d'une main molle la porte de sa chambre et la ferme. Il soupire alors que les ténèbres le rassurent, l'entretiennent dans sa décision. Il s'assoit sur son lit et dépose sa mallette à ses côtés. Son manteau s'étire dans son dos, un petit bruit de textile que l'on étire accompagne le bruit des lattes de son lit qui ploient sous son maigre poids. Son regard ne quitte pas cette porte qui semble lui murmurer les dernières récriminations de ses locataires. Pour la première fois de la soirée il libère la poignée de son étreinte. Il tourne son regard vers sa mallette, seul le bruissement de son cou contre le col de son imperméable brise le silence.

Deux déclics. Un léger bruit métallique. Il saisit l'une des petites ampoules qui se tiennent confortablement dans un compartiment de son bagage. Son radio réveil passe à l'heure suivante avec un léger déclic, le même que celui qu'avait fait la baguette métallique de son professeur de méthodologie sur le tableau noir.

"Un scientifique qui se perd en conjecture n'avance pas, de même un scientifique qui avance par l'expérience seule est comme un enfant dans la nuit qui avance sur un sentier inconnu..."

Une petite liasse de papier se tenait sous le conteneur, une liasse que Crane avait mit un certains temps à rédiger et qui représentait les efforts de quelques semaines de travail pour améliorer l'expérience menée avec Vivien.

"Règle numéro 1: Ne jamais oublier la question qui mène vos recherches.
Règle numéro 2: Ne jamais s'écarter du protocole établit et s'assurer qu'il répond à votre interrogation."


Crane se lève, ses genoux craquent, il fait rouler l'ampoule entre ses doigts et se remémore les éléments de son protocole.

"Le protocole n'est qu'un plan, en cela il doit être utilisé avec un matériel adéquat, le choix des sujets est primordial."

Crane ouvre la porte de sa chambre, tombe sur le portrait de ses deux parents qui l'observent de l'autre côté de leur vitre à la propreté irréprochable. La lumière chaude du couloir détonne avec le teint grisâtre de Crane et les cernes qui contournent ses yeux d'un bleu glacial.

"Il est nécessaire de toujours maîtriser l'essentiel des caractéristiques du milieu expérimental..."

Crane s'approche du régulateur de la température ambiante et vérifie qu'il était bel et bien à 21°. Il descend les escaliers. Les marches craquent légèrement. Son cœur ne bat pas rapidement. Son pouls est normal. Le scientifique s'apprête à agir.

"L'important n'est pas la dernière étape du protocole, comprenez-le bien, le plus important est l'observation modulée par l'hypothèse de l'expérience."

Sa tante est encore fâchée et parle bruyamment dans sa chambre avec son oncle. Sa voix est une flèche de haine qui, telle un éclat vitrail conçue par un artisan démoniaque, transperce le silence du lieu expérimental et noie dans l'électricité insidieuse de la tourmente toute la maisonnée. Jonathan marche lentement, il décide de nettoyer ses chaussures sur le tapis de l'entrée. Dans le noir le plus total il se rend dans la chambre d'ami, mitoyenne à celle de ses deux abominables locataires et pousse une chaise contre le mur qui résonne en rythme avec les modulations rageuses de sa parente. Il monte sur le mobilier, approche son regard de la ventilation qui relie les deux chambres. Son visage cendreux est illuminé par les quelques rayons qui passent à travers le grillage en plastique. Il ouvre la petite cache, les pales du ventilateur tournent délicatement, évacuant l'air de la chambre. Il l'éteint grâce à la petite commande manuelle. Il sort un mouchoir de sa poche et le dépose de l'autre côté des pales. Il releve l'ampoule et avec dextérité la fait passer de l'autres côté. Avec l'aide de son autre main il brise les deux bouts en verre et un liquide brunâtre coule sur le chiffon.

Il n'est désormais plus question de perdre du temps. Il rallume la ventilation, ferme le cache, repositionne la chaise sans un bruit, ferme la porte de la chambre d'ami, remonte dans sa chambre à l'étage et y regarde l'heure. Il ouvre sa fenêtre afin de s'assurer de la non prolifération de son gaz dans cette partie de la maison. Il scotche le cadre et bourre le bas de sa porte. Il prend note de l'heure de début de l'expérience. Il s'assied sur son lit, attend quelques minutes et referme la fenêtre de sa chambre. Il entend une certaine agitation en bas. Il colle l'oreille sur les lattes de son plancher. L'on murmure, le ton monte. Il prend note de leur première réaction. Un petit cri, sa tante parle d'un Rat, son oncle d'un cafard...

Allongé sur son sol, l'oreille sur le plancher, il savoure ainsi durant toute la nuit la montée de la peur. L'angoisse de l'inconnu puis la découverte au plein jour de leur crainte jusqu'à son amplification démesurée, cette overdose d'hormones qui empêche l'esprit de considérer la situation avec calme et de dire qu'une telle prolifération de rats ou de cafards est inhabituelle. Le produit cesse malgré tout et ses deux sujets s'évanouissent. Il est temps de passer à la seconde phase. Jonathan sort un masque qu'il utilisait en laboratoire pour éviter des inhalations de poudres accidentelles. Il enlève le scotch, remet les chiffons qui bourraient le bas de sa porte dans ses tiroirs. Il descend dans la chambre d'ami, récupère le chiffon avec les débris de l'ampoule. Il termine la rédaction de son rapport en toute quiétude. Les patients -1 et 0 de la carrière du docteur Crane furent prometteurs...

Quelques semaines s'étaient écoulées depuis sa dernière expérience, son oncle et sa tante souffraient désormais de crise du sommeil et ne trouvaient leurs salue que dans des psychotropes plus ou moins fort. Sa tante restait la plus touchée par ces crises. L'on aurait pu croire Jonathan ravi de la situation, il n'en était rien. L'homme était désormais totalement voué à son travail universitaire. Il ne parlait plus qu'à ses professeurs et uniquement pour des détails techniques et théoriques. Il mangeait seul et souvent peu, il ne s'intéressait absolument pas aux êtres qui l'entouraient. Il était étudiant par fonction, mais aux yeux de tous, il était déjà membre de l'équipe de recherche. Il servait d'assistant lors des travaux pratiques de pharmacochimie et la direction se félicitait de l'excellence de ce garçon qui avait gagné trois années de suite le prix de l'innovation médicale. Cette année ne devait pas faire exception.

Perdu dans ses lectures et ses notes, ses recherches et ses brouillons, Jonathan quittait lentement toute forme de société. Il avait l'intention de porter à son paroxysme ses recherches et ce nouveau concours servirait à cet effet. L'on le pensait grand, fantastique, l'on connaissait ses talents, reconnaissait ses dons et ses compétences, son rêve devenait réalité. Il écrivait avec une force redoublée par l'excitation de sa situation. Son œuvre contiendrait son cœur et bien plus encore, son âme. Les pages s'accumulaient et son article prenait des allures de thèses. Il choisit alors d'en prendre la partie la plus belle et la plus représentative. Il extraya des notes, il enleva des lourdeurs, il touchait, retouchait son entreprise. Des nuits blanches se succédaient, son énergie était usée par cette tâche, absorbée par les quelques cours qu'ils suivaient.

Et finalement, il posa le point final à son article. Trente magnifiques pages qui lui ouvriraient une reconnaissance universelle. Ses parents regretteraient à jamais leurs affronts, ses professeurs achèveront leurs éloges et il aurait bientôt une salle...non, mieux, une aile de l'université à son nom! Il déposa avec une confiance inhabituelle son travail auprès du Jury. Trois semaines plus tard, le verdict tombait, on l'invita au commentaire de son travail. La salle était étrangement vide, seuls les quelques grands anciens de l'université, chargé de la lecture et la critique des travaux étaient là. De coutume le directeur de l'université se déplaçait pour le vainqueur. Il n'avait pas fait pas exception mais cette fois-ci, car Jonathan Crane, étudiant de médecine émérite n'avait pas gagné cette année là.

Les anciens de l'université, adorant habituellement la vue de ce garçon ne le regardèrent presque pas dans les yeux. Mais le pire fut leur opinion sur son travail. Le temple que Jonathan s'était intérieurement construit s'éffondra sous les coups furieux et ininterrompus des anciens. Un travail "gâté par la redite", "sans innovation", "redondant avec les précédents travaux", "n'offrant aucune nouveauté ni aucune amélioration des précédentes approches", "se basant sur des hypothèses simplistes"... Le jeune homme, sonné par la dureté de leur jugement ne put les souffrir jusqu'à la fin et ne les écouta pas. Ils lui tendirent son papier "indigne de son niveau" et il tourna les talons, sentant les regards de ces hommes sur sa nuque.

Démolit, complètement terrassé par ce jugement, il ne put se relever des marches de l'université sur lesquelles ses jambes avaient lâché. Assis sur une marche en marbre, il sentit sa gorge se nouer, les larmes salines montèrent, mais ne percèrent pas encore la puissante défense vaniteuse du jeune homme, ses joues se rougirent, la chaleur monta, comme ces tristes années lorsqu'étant plus jeune il avait été brimé par l'injuste traitement de ses parents. Ses mains se crispèrent, son esprit s'emporta dans la tourmente de sa colère, de sa haine et de sa déception. Ce qui n'était jadis que son seul compagnon, cette petite voix, semblable à une conscience avec qui il s'entretenait dans les moments de doute et d'incertitude surgit. Il froissa la papier souillé par les notes de ses "examinateurs" et tourna son regard vers l'édifice qui l'avait défié, lui, Jonathan Crane, le seul et l'unique Homme de cette Terre à avoir accomplit l'œuvre la plus aboutit sur les peurs et les phobies, lui qui pouvait d'un simple claquement de doigt faire des terreurs les plus enfouies les vérités les plus totales! Oui, ces vieillards avaient eu peur, peur de lui, il était un épouvantail pour ces corbeaux de tempête, il était leur peur du changement, son talent les épouvantait c'était l'explication de leur réaction. Ils avaient succombé...

Le monde n'était pas compliqué. Jonathan grimpa sur son vélo, son papier froissé entre sa main et son guidon. Il y avait un manichéisme évident qui mettait en exergue les bons individus des mauvais. L'on pouvait croire en la grisaille intermédiaire, mais on ne pouvait rien faire de plus que de supputer son existence, aucun fait de la mettait en avant. Jonathan avait été l'objet d'une sinistre conjuration sensée le mettre sur le carreau et cette conjuration n'était faite que d'individus foncièrement mauvais qui voulaient protéger les pires maux de l'humanité. Il était de son devoir de faire tomber cette conspiration ignominieuse, il devait, avec ses talents uniques et irremplaçables sauver l'humanité de cette terrible menace et lui, Jonathan Crane allait le faire! Il avait faire plier la peur à ses désirs et sa volonté et puisqu'il épouvantail tant cette cohorte de séniles dégénérés, il serait leur Épouvantail!

Arrivé chez sa tante, il déchira avec une violence toute nouvelle ce papier représentant la haine de la société envers ses recherches et ses méthodes. De sa fenêtre, sa tante ne vit pas son neveu si faible et si pathétique s'acharner sur un malheureux morceau de paperasse, elle vit un être étrange, le dos voûté, les yeux injectés de colère et d'amertume, elle vit des mains semblables à des serres déchiqueter des feuilles de papiers, elle vit des dents d'une blancheur qui rendait le teint cendreux de leur propriétaire ressortir sur le fond déjà orageux du temps. Les feuilles déchirées étaient emportées par le vent annonciateur de la tempête. Le ciel se chargeait de nuages noirs et alors que le tonnerre allait gronder, pour la première fois de toute sa vie, Jonathan s'autorisa à hurler sans limite...

Chapitre 5: La fin d'une époque

L'individu qui revint dans l'université était le même que celui qui était sortit. Jamais une parole envers ses semblables, jamais un instant en leur compagnie, seul changement, son rapport avec les professeurs. Ceux-ci n'osaient reposer d'espoirs supplémentaires dans ce talentueux jeune homme qui les avait à la fois déçu et qui commençaient à les inquiéter. Seuls ses collègues du laboratoire de l'université continuaient à voir en lui un brillant avenir, seuls ces hommes et femmes du laboratoire de pharmacochimie trouvaient son travail brillant. Ils étaient les seuls gens honnêtes, bons et loyaux qu'il avait rencontré dans ce monde. Malheureusement, il n'en était pas d'avantage ouvert, il restait courtois, riait poliment aux plaisanteries, n'élevait jamais la voix et parlait la plupart du temps de son travail et de ses recherches. Son diplôme arrivait, nul ne doutait qu'il l'obtienne haut la main.

Il ajouta à son planning déjà chargé des révisions assidues, noyant son temps libre dans le travail, allant jusqu'à sauter certains repas. Le jeune homme vivait d'espoir et de savoir. Ses parents n'insistaient jamais pour le voir à leur table et prenaient plaisir à l'éviter au maximum. Tandis que ses camarades perdaient leur temps en de futiles soirées et beuveries sans nom, il restait inflexiblement penché sur ses livres. La fatigue l'harassa finalement. Un soir, avant de reprendre ses livres, il sentit le sol se dérober sous ses pieds. Son corps lui fit comprendre qu'il venait d'atteindre ses limites. Il s'effondra sur son lit et perdit connaissance presque immédiatement.

Il ouvrit les yeux dans des ténèbres oppressants. Devant lui, une lumière se balançait nonchalamment et illuminait par intermittence un bureau derrière lequel se trouvait un fauteuil. Il s'avança et en deux pas sembla franchir les mètres qui le séparait du décor. Il posa une main incertaine sur le dossier du fauteuil. Le cri symptomatique de sa sœur pourfendit son esprit et les ténèbres vacillèrent pour devenir lumineux. Il porta ses mains à ses oreilles et le fauteuil se retourna de lui-même, révélant une silhouette émaciée semblable à lui, avec le même costume mais un visage fait d'une toile étrange.

-Surpris Jonathan? fit la silhouette avec une voix totalement distordue.

C'était une voix terrible et implacable, une voix à faire frisonner jusqu'à l'âme, un crissement de diamant sur du verre.

-Vous....je....nous...balbutia le piteux étudiant.

-N'as-tu pas l'impression de devenir fou? reprit l'insupportable voix semblable à un claquement de cercueil. N'as-tu pas l'impression de devoir faire confiance à une autre voix qui vient de toi et qui ne t'es pas étrangère? Ne sens-tu pas le monde tourner pour te voir ramper? Ne t'es-tu jamais demandé quelle était la limite de TA raison et de TA folie alors que tu étudiais celle des autres?

-Tais-toi, fit-il avec une voix affaiblie.

-Difficile de se faire taire semble-t-il...

Jonathan fit un geste ample pour dissiper ce mirage et ce fut efficace. Il se retrouva dans le noir le plus complet. Mais la voix continua de résonner.

"Qu'en penses-tu au fond de toi? Suis-je bête, c'est moi qui suis au fond de toi..."

-Je suis Jonathan Crane et je sais...

"Tu sais comme détecter la plupart des folies par des entretiens et de bonnes questions, tu sais exactement comment faire un procédé grossier pour synthétiser les peurs, tu connais les moyens que l'esprit peut mettre en place pour parer à toute phobie trop intense, tu sais comment gérer le dosage de stress pour que le patient s'auto-suggère ses terreurs les plus refoulés, tu sais comment pousser quelqu'un dans la folie la plus totale mais aussi comment les soigner...A dire vrai, moi aussi"

-C'est faux! Je sais parfaitement que tout ceci n'est rien d'autre qu'un cauchemar, je sais que je suis prometteur et que je suis un scientifique je...

"La science n'est pas un remède à la folie et tu le sais. La science explique, la science démontre, la science rationalise, mais elle n'est pas le nerf de l'Art d'explorer l'esprit humain."

-Tu n'en sais rien...

"Toi non plus et pourtant ça ne t'empêche pas de juger l'esprit des autres..."

-Rien de tout ceci n'est réel!

"Qu'est-ce que le réel?"

-Le réel est l'ensemble des percep...

"Les traitements de tes parents était-il réels? Ta tante hystérique et ton oncle apathique sont-ils réels?"

-ça n'a rien à voir,
fit-il en se tenant la tête.

"Et tes recherches..."

-Tout ceci est parfaitement réel.

"Et le résultat du dernier concours?"

-TAIS-TOI!
s'emporta-t-il. Où te caches-tu? Qui es-tu?

"Il faudrait savoir..."


La voix se matérialisa derrière lui et l'individu au visage de tissu réapparut devant lui. Il lui sauta dessus, mû autant pas la peur de l'inconnu que par la rage. Il tira un grand coup sur ce visage de tissu de jute et découvrit derrière de la paille ensanglantée. Il regarda l'intérieur du visage qu'il venait de retirer et découvrit avec l'horreur la plus totale le sien...

Il se réveilla en sursaut. Près de douze heures s'étaient écoulées, son dernier jour de révision commençait dans la sueur et le tremblement. Demain, la semaine d'examen commençait, il n'était pas question de flancher maintenant...


A suivre: Deuxième Partie : Été
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Jonathan Crane, la génèse.

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